Les jeux du cirque de la mondialisation
Les jeux du cirque se modernisent. La France goûte
le spectacle de fauves financiers et industriels se déchirant
sous les yeux du public et des actionnaires. Au bras de fer entre
la BNP
et la Société Générale,
s'ajoute la bataille féroce qui oppose Elf Aquitaine et Totalfina. Dans les deux cas, internet joue
un rôle réel dans la coûteuse et personnalisée
guerre de communication qui accompagne les assauts. Les arguments
échangés - centrés sur l'étalage
de puissance et l'annonce de mirifiques retour sur investissement
- n'ont qu'un lointain rapport avec ce que l'économiste
Elie Cohen voit comme un affrontement, dans
le secteur bancaire, entre deux conceptions du métier.
"Le Monde" rapporte que l'on se
félicite, aux Etats-Unis, de ce que la France connaisse
enfin les OPA sauvages qui sont monnaie courante Outre-Atlantique.
Ce serait un nouveau signe de "modernisation" du pays.
D'aucuns ne manquent pourtant pas de relever, pour le déplorer,
que l'Etat intervienne en coulisse dans ce jeu de meccano. Les
pouvoirs publics français soutiendraient en sous-main
le projet de Michel Pébereau. Dans une interview à
"Paris
Match", le PDG de la BNP invoque à l'appui de
ses thèse, "l'intérêt national"...
peu après avoir défini les chefs d'entreprises
comme "des mandataires au service de leurs actionnaires".
Le "Financial Times" peut brocarder
le "manque de préparation des autorités et
de l'establishment" français aux grandes manoeuvres
en cours...
Derrière ces batailles boursières se profile la
fameuse mondialisation que les anglo-saxons préfèrent
nommer globalisation. C'est elle qui contraindrait à la
formation d'entités géantes seuls à même
de survivre à la compétition planétaire.
Un colloque instructif a permis de confronter les visions antagonistes des journalistes du
"Financial Times", zélateur de la mondialisation",
à ceux du "Monde Diplomatique", qui la dénoncent
avec vivacité. Un dossier critique et fort détaillé
est, par ailleurs, consacré à la globalisation
sur le site OneWorld. Les amateurs de points de vue plus
nuancés liront le discours mi-chèvre mi-chou prononcé
à ce sujet par Kjell Magne Bondevik, le premier ministre
norvégien, au sommet de Davos de janvier 1999. Ce dirigeant
vante ses mérites économiques tout en déplorant
ses conséquences sociales. Mais peut-on avoir le beurre
et l'argent du beurre ?
E.D.
Voir aussi:
KOSOVO: PLUS LA GUERRE, PAS ENCORE
LA PAIX
LE SOCIALISME EUROPEEN N'EXISTE PAS
BALKANS: QUELLE VICTOIRE POUR L'OTAN
TROIS REMARQUES SUR LE CONFLIT DU KOSOVO
REFLECHIR AUTREMENT A LA GUERRE DES
BALKANS
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