Lettre d'analyses politiques

édition du 19 août 1999 - Rédacteur en chef: Eric Dupin

Les jeux du cirque de la mondialisation

Les jeux du cirque se modernisent. La France goûte le spectacle de fauves financiers et industriels se déchirant sous les yeux du public et des actionnaires. Au bras de fer entre la BNP et la Société Générale, s'ajoute la bataille féroce qui oppose Elf Aquitaine et Totalfina. Dans les deux cas, internet joue un rôle réel dans la coûteuse et personnalisée guerre de communication qui accompagne les assauts. Les arguments échangés - centrés sur l'étalage de puissance et l'annonce de mirifiques retour sur investissement - n'ont qu'un lointain rapport avec ce que l'économiste Elie Cohen voit comme un affrontement, dans le secteur bancaire, entre deux conceptions du métier.
"Le Monde" rapporte que l'on se félicite, aux Etats-Unis, de ce que la France connaisse enfin les OPA sauvages qui sont monnaie courante Outre-Atlantique. Ce serait un nouveau signe de "modernisation" du pays. D'aucuns ne manquent pourtant pas de relever, pour le déplorer, que l'Etat intervienne en coulisse dans ce jeu de meccano. Les pouvoirs publics français soutiendraient en sous-main le projet de Michel Pébereau. Dans une interview à "Paris Match", le PDG de la BNP invoque à l'appui de ses thèse, "l'intérêt national"... peu après avoir défini les chefs d'entreprises comme "des mandataires au service de leurs actionnaires". Le "Financial Times" peut brocarder le "manque de préparation des autorités et de l'establishment" français aux grandes manoeuvres en cours...
Derrière ces batailles boursières se profile la fameuse mondialisation que les anglo-saxons préfèrent nommer globalisation. C'est elle qui contraindrait à la formation d'entités géantes seuls à même de survivre à la compétition planétaire. Un colloque instructif a permis de confronter les visions antagonistes des journalistes du "Financial Times", zélateur de la mondialisation", à ceux du "Monde Diplomatique", qui la dénoncent avec vivacité. Un dossier critique et fort détaillé est, par ailleurs, consacré à la globalisation sur le site OneWorld. Les amateurs de points de vue plus nuancés liront le discours mi-chèvre mi-chou prononcé à ce sujet par Kjell Magne Bondevik, le premier ministre norvégien, au sommet de Davos de janvier 1999. Ce dirigeant vante ses mérites économiques tout en déplorant ses conséquences sociales. Mais peut-on avoir le beurre et l'argent du beurre ?

E.D.

Voir aussi:

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TROIS REMARQUES SUR LE CONFLIT DU KOSOVO

REFLECHIR AUTREMENT A LA GUERRE DES BALKANS
 

 

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La toile mondiale est un formidable moyen de compléter son information. Non seulement, l'internet offre un flux de nouvelles des quatre coins du globe en temps réel, mais il met à la disposition de chacun une incroyable variété d'analyses et de commentaires.
Encore faut-il s'y retrouver dans cette jungle d'informations. C'est pour aider l'internaute soucieux d'approfondir l'actualité que nous créons "Politiques". Cette lettre d'analyses a pour but premier d'offrir une sélection commentée de documents d'actualité. La politique est entendue au sens large, française et internationale, avec ses dimensions économiques et sociales. Il ne s'agira pas d'une simple revue de presse: des points de vue argumentés y seront développés. "Politiques" ne prétendra pas à la neutralité, mais se tiendra à l'écart du sectarisme comme du conformisme.
Tout ceci n'est encore qu'un projet un peu flou. Nous avons choisi de prouver le mouvement en marchant, au risque de tâtonner et d'offrir, dans un premier temps, un produit fort peu fini. Nos lecteurs excuseront ces temps de construction puis de rodage. Avec la perspective d'une lettre de plus en plus complète.
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E.D.
   
 
 

 

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