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Radu Roseti

La Roumanie et les Juifs (1903)

 

 

 

 

SOURCE OF MATERIAL

Radu Rosetti. La Roumanie et les Juifs, Bucharest: Socecu, 1903.

NOTES

 

CONTENT

Chapitre VII. État moral des Juifs en Roumanie; leur action morale sur les Roumains. État économique actuel des Juifs. Véritables causes-de l'émigration des Juifs              247

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TABLEAU XLI        Produit des octrois des communes rurales par district et par tête d'habitant en 1893—1894 .

TABLEAU XLII        Nombre des faillites en Roumanie, de 1878 à 1892, par district et par catégorie  

TABLEAU LXIII        Nombre des raisons de commerce par district et par nationalité au 1-er Décembre 1889  

TABLEAU XLIV        Proportion par chef-lieu de district des raisons de commerce appartenant à des Roumains, à des Juifs et à des étrangers soumis à diverses protections.

TABLEAU XLV        Raisons de commerce par 1000 habitants et par district

TABLEAU XLVI        Nombre des artisans en Moldavie en 1902, d'après la nationalité .

TABLEAU XLVII Nombre des patentaires chrétiens et juifs de la Moldavie par district et communes en 1903

TABLEAU XLVIII Accroissement comparé nombre des patentaires chrétiens et juifs en Roumanie, de 1879 à 1892 .

TABLEAU XLIX Nombre comparé des propriétaires chrétiens et juifs possédant des propriétés dans les communes urbaines de la Moldavie et valeur comparée de ces propriétés, évaluées sur la base de l'impôt foncier .

TABLEAU  L Nombre des travailleurs entrés en groupes en Roumanie, depuis 1885.

TABLEAU LI Bâtisses construites et surfaces bâties à Bucarest de 1896 à 1903  

TABLEAU LII Accroissement de la population en Roumanie par religions pour la période septennale 1895—1901.

TABLEAU LIII Mouvement de la population des communes urbaines de la Roumanie, de 1870 à 1893 .

TABLEAU LIV Mouvement de la population de la ville de Iassy pour la période 1869-1876

TABLEAU LV Excédents des naissances et des morts de la population urbaine, chrétienne et juive, de la Roumanie, par district et par ville pour les années 1900 et 1901

TABLEAU LVI Mouvement de la population rurale de la Roumanie pour les années 1900—1901, par district et par confession.

 


CHAPITRE VII. État moral des Juifs en Roumanie; leur action morale sur les Roumains. État économique actuel des Juifs. Véritables causes de l'émigration des Juifs.

Le niveau moral des Juifs polonais était bas.

Tous les témoignages contemporains sont, ainsi que nous l'avons constaté, unanimes à nous dépeindre les Juifs polonais, aussi bien avant qu'après leur émigration en Moldavie, comme un élément dont le niveau moral était très-bas. Tous concordent à nous les montrer comme étant rapaces, âpres au gain, dénués de scrupules, et de conscience, n'ayant d'autre but, d'autre objet, d'autre idéal que le gain, fût-il le fruit des fraudes les plus révoltantes; faisant du dol leur occupation journalière, bas et rampants devant la force, ne reculant devant aucune bassesse pour se concilier la faveur des puissants.

Je ne nie nullement que les mauvais traitements auxquels ils ont été en butte pendant des siècles, les humiliations dont ils ont été journellement abreuvés, l'abaissement et le mépris qui ont pesé pendant dix-huit cents ans sur leurs têtes ne soient, du moins en grande partie, les causes de ce déplorable état moral. Ce ne sont pas les causes du fait qui nous intéressent mais bien le fait lui-même. Il est positif, nous ne connaissons et il n'existe aucun témoignage le contredisant.

L'influence morale des Juifs sur les Roumains ne pouvait être que pernicieuse.

L'influence exercée par un pareil élément sur n'importe quel peuple avec lequel il se serait trouvé en contact ne pouvait être que déplorable. Pour le peuple roumain cette influence était plus pernicieuse que pour tout autre. L'existence précaire qui avait été le lot des Principautés pendant des siècles, l'insécurité continuelle, les changements incessants des Princes, leurs exactions pour se dédommager des frais faits pour arriver à la Principauté, les intrigues des grands pour obtenir la faveur de ces éphémères souverains et pouvoir à leur aise exploiter le peuple, n'avaient, certes, pas eu une influence heureuse sur le moral du peuple roumain. Les vices et les abus du despotisme oriental n'avaient pu développer que des défauts et non des qualités.

Cette influence est d'autant plus pernicieuse que le Juif se trouve en contact direct avec le peuple.

Il est d'autant plus regrettable qu'au changement de régime amené par la paix d'Andrinople, cette paix qui mettait fin à l'influence désastreuse de Constantinople, les Roumains se soient trouvés en contact immédiat, de tous les moments, avec un nouvel élément corrupteur. Et ce nouvel élément corrupteur était bien plus redoutable que les Turcs et les Grecs de Constantinople, d'abord parce qu'il arrivait dans le pays en nombre infiniment plus considérable que ceux-ci n'y étaient jamais venus et puis, surtout, parce qu'il se trouvait en contact immédiat et continuel avec le peuple.

En effet, les Turcs n'avaient jamais habité le pays qu'en nombre infime; c'était comme oppresseurs et non comme corrupteurs qu'ils s'étaient fait connaître au peuple. C'étaient les grands du pays, seuls, qui s'étaient contaminés à la vénalité et à la corruption des vizirs et des pachas de Constantinople.

C'était également la classe élevée qui s'était trouvée en contact immédiat avec les Grecs, et qui avait souffert de l'influence délétère du byzantinisme. Si les Grecs venus dans le pays à la suite des Princes phanariotes, avaient été assez nombreux pour accaparer une grande partie des dignités publiques et pour déteindre sur la classe élevée d'une manière aussi sensible que pernicieuse, ils ne l'avaient pourtant pas été assez pour pouvoir journellement fréquenter le peuple.

Celui-ci n'avait guère ressenti que le contre coup du système néfaste introduit par eux.

Mais le Juif, au contraire, était en contact surtout avec le peuple. Le mépris, l'infériorité dans laquelle ce nouvel arrivant était tenu, rendaient rares les occasions de contact entre lui et le boyard: celui-ci ne s'abouchant guère avec le Juif que lorsqu'il avait besoin d'argent ou que l'occasion d'une affaire fructueuse se présentait et encore, la plus part du temps, l'affaire était-elle conclue par l'intermédiaire du vekil ou homme d'affaires du boyard. Avec le paysan, le contact du Juif était permanent et immédiat. Il était de l'intérêt du cabaretier de connaître à fond son homme, de savoir quel était son point faible, d'être continuellement au courant dé ses ressources et de ses besoins.

À force de voir le Juif duper journellement le Roumain, le paysan finit par s'habituer à la duperie, à ne plus la considérer comme quelque chose d'insolite et s'essaya lui-même dans cet art. A force de voir le Juif acheter des objets volés ou les recevoir en dépôt, il finit par croire que le vol était un péché beaucoup moins grand qu'il ne l'avait cru jusqu'alors et s'y livra plus fréquemment.

Cependant le paysan moldave possédait, malgré les mauvais exemples qu'il avait sous les yeux, un tel fond de droiture et d'honnêteté natives que les mauvais exemples du Juif n'ont guère réussi à le pervertir sous ce rapport.

Le Juif exploite le paysan en le prenant par ses vices.

Mais, malheureusement, le Juif s'adressa à un défaut développe chez le paysan par les circonstances dans lesquelles il vivait depuis des siècle: à son imprévoyance. Il développa en lui le goût de la boisson et, une fois ce levier entre ses mains, il l'exploita à sa guise. Produits des récoltes et de l'industrie domestique vendus d'avance, à vil prix, charrois engagés en hiver pour l'été suivant au quart du prix habituel, tout cela payé, en général, moitié en boissons, un tiers en mauvaises marchandises dont le prix était plus que surfait et un tiers à-peine au comptant, voilà ce qui forma le gros des transactions entre Juifs et paysans. Et je ne parle pas dos autres duperies, des fausses mesures et des faux poids, des comptes de cabaret majorés en profitant de l'état d'ivresse du chrétien.

Ces pratiques furent surtout dangereuses pour le paysan après l'application de la loi rurale de 1864 et Jusqu'au moment où il finit d'acquitter les rates pour le rachat de la corvée.

Situation dangereuse du paysan moldave après la loi rurale.

Libéré alors de la tutelle du propriétaire, le paysan se trouvait dans la situation d'un mineur brusquement émancipé et jouissant tout à coup d'une liberté de laquelle il n'était pas accoutumé et contre les dangers de laquelle il n'était pas armé. Les rates du rachat étant relativement élevées car toute la dette s'amortissait en quinze ans et quelques unes des années qui suivirent 1864 ayant été mauvaises, le paysan se vit plus d'une fois obligé de s'adresser au Juif pour se procurer le montant de la rate. Ces circonstances procurèrent aux Juifs l'occasion d'excellents placements rapportant souvent plus de 100 pour cent par an; les paysans moldaves y perdirent une grande partie de leur bétail. Du reste, si les terres qui leur avaient été dévolues ne se trouvèrent pas, au moment où le rachat fut complété, en 1880, aux mains des Juifs, du moins en grande partie, c'est que, ainsi que nous l'avons vu au chapitre IV, le législateur avait pris la sage précaution de les rendre inaliénables et que les Juifs ne pouvaient pas acquérir d'immeubles ruraux. C'est à ces deux précautions seules qu'on doit de ne pas voir en Moldavie le pitoyable état de choses existant dans la Galicie Orientale et dont il sera question au chapitre suivant.

L'alcoolisme

Mais c'est l'alcoolisme qui constitue le mal irrémédiable apporté par le Juif au paysan moldave. Le nombre dès cabarets avait été toujours en croissant jusqu'en 1873, quand la loi des licences vint arrêter les progrès du mal. Les Juifs ne lui ont pas encore pardonné aujourd'hui et ne se gênent pas pour la dénoncer comme l'origine et le point de départ de tous leurs maux. Mollement appliquée pendant les premières années, à cause des difficultés du dehors que les Juifs surent susciter au gouvernement roumain, on peut dire que ce n'est que depuis 1880 que, grâce aux mesures énergiques de Jean Bratiano et de C. A. Rosetti, date sa véritable mise en vigueur.

Résultats de l'application de l'article 8 de la loi des licences.

Les résultats de ces mesures ne se firent pas attendre.

De 33865 [1] en 1878, le nombre des débits de spiritueux, diminua continuellement pour tomber en ce moment à 21.545. [2]

Cela nous fait donc une diminution de 37,57% dans le nombre des cabarets.

La consommation de l'alcool qui était d'environ 15,000,000 de litres en 1869, avait atteint pour les années de 1881 à 1885 une moyenne annuelle de 21,775,471 litres ; elle ne se montait plus qu'à une moyenne annuelle de 8,618,683 litres pour la période 1899—1902.

Ces chiffres se passent de tout commentaire; la Roumanie rend hommage à la mémoire des hommes qui, par leur clairvoyance et leur énergie, ont su enrayer le vice terrible qui rongeait la Moldavie. Les critiques et les plaintes intéressées des Juifs ne sauraient en rien diminuer leur mérite.

C'est en Moldavie qu'on consomme le plus d'alcool.

Le tableau suivant, qui nous donne le produit des octrois des communes rurales et nous montre les districts rangés d'après le produit de ces octrois par tête d'habitant en 1893 -1894, nous donne les moyens de constater quels sont les districts consommant le plus de spiritueux. On sait que ce sont les taxes sur ces boissons qui forment presque la totalité du produit des octrois communaux. Le produit de ces octrois par tête d'habitant est évidemment en rapport direct avec les spiritueux consommés, également par tête d'habitant. Le rapport entre le produit des ces octrois communaux par tête dans les différents districts est également, par conséquent, et en réalité, le rapport des spiritueux consommés par tête dans chaque district.

J'ai pris, pour la population, le chiffre de 1899, évidemment supérieur à celui de 1893 —1894 parce que les chiffres antérieurs ne sont pas de nature à m'inspirer confiance, mais il est évident que par ce fait, la proportion n'a pas pu être modifiée d'une manière sensible.

TABLEAU XLI Produit des octrois des communes rurales par district et par tête d'habitant en 1893—1894. [3]

On le voit, ce sont le districts de la Moldavie dans les communes rurales desquels les octrois rapportent le plus par tête d'habitant et où, par conséquent, il se consomme le plus de spiritueux: c'est une des conséquences néfastes de l'invasion juive en Moldavie.

L'influence morale exercée par les Juifs sur la classe marchande a également été loin d'être moralisatrice. Ils ont commencé par tuer ce qu'il y avait de plus considérable et de plus solide dans cette classe; ne laissant subsister, dans la plupart des villes, que des restes qui mènent une vie des plus précaires.

Si d'une part, ils ont introduit des procédés plus nouveaux, plus modernes, ils ont aussi apporté avec eux la fraude, la mauvaise foi, les tromperies de tout genre.

Nous avons vu ce que Neigebauer dit de leur manière de faire le commerce vers le milieu du siècle passé: c'est celle qu'ils pratiquent encore aujourd'hui. Le commerçant juif, à de rares et très-honorables exceptions près, compte moins pour faire fortune sur une série de profits que sur son habileté à tromper vendeurs et acheteurs.

Le capital lui appartenant, mis par lui dans son commerce, est presque toujours insignifiant; tout est pris à crédit. Il achète, en général, de la mauvaise marchandise, à bas prix et s'efforce de tromper l'acheteur tant sur la provenance que sur la qualité de cette marchandise. A cause de la multitude des magasins la concurrence est grande et les prix sont bas, aussi les marchands font-ils en général de mauvaises affaires. Il y en a beaucoup qui, en réalité, sont déjà en faillite au moment où ils ouvrent leur magasin. Aussi attendent-ils souvent avec impatience le moment où elle est déclarée car, pour la plupart du temps, ils ont eu soin de mettre de côté quelqu'argent soigneusement dissimulé aux créanciers. Le plus souvent on conclut un arrangement; le commerçant en déconfiture s'arrange avec ses créanciers moyennant 50, 40, 30, 20 pour cent de ses dettes et recommence son commerce, plus riche de quelques milliers de francs. Si la faillite est déclarée, il échappe, en général, aux pénalités prévues par la loi quand elle est frauduleuse car il est rare que les créanciers juifs veuillent le faire emprisonner. Il en est quitte, une fois le jugement prononcé, pour ouvrir un nouveau commerce sous le nom de sa femme, de quelque parent ou d'un associé et, très-souvent, sous un nom d'emprunt. Presque tous les Juifs que nous avons connus en Moldavie ont passé par des alternatives de succès et de revers, de richesse et de misère; presque tous ont cessé et recommencé leur commerce dix fois et en ont varié le genre. A peine a-t-on entendu qu'un Juif a fait faillite qu'on le voit commencer un nouveau commerce pour apprendre, au bout de quelque temps, qu'il a de nouveau été obligé de le cesser.

Voici ce que dit sur les banqueroutes et les Juifs, un homme qui s'est spécialement occupé de cette question et qui, par les fonctions de juge d'instruction et de Président du Tribunal de Commerce d'Ilfov, est à même de la bien connaître.

„Une statistique précise, nous indiquant la manière dont se sont terminées les 736 faillites déclarées sous le régime du nouveau Code de Commerce, jusqu'au commencement de 1893, nous prouverait que près des trois quarts d'entre elles se sont terminées par des concordats. Les articles 843 et 852 du nouveau Code permettent aussi au failli de mauvaise, foi faire un concordat avec n'importe quel dividende et d'être de nouveau mis à la tête de ses affaires, parfois réhabilité, dans n'importe quel moment de la procédure, même si une action publique de banqueroute frauduleuse est ouverte contre lui ou s'il n'a pas tenu ses registres en règle. Cette disposition a donné lieu à la plupart des faillites accompagnées de créanciers fictifs et avec des concordats favorables aux faillis, dans lesquels les dividendes varient entre 10 et 20 pour cent. Pour prendre un exemple, je cite le district de Iassy où les faillites, à partir de l'application du nouveau Code de commerce ont de nouveau suivi une marche en progression et où, d'après le tableau ci dessous, pour 80 faillites nous avons 40 concordats.

 

Années

Nombre des faillites

Déclaration de faillites

Résultats

Observations

D'office

Demande des faillis

Demande des créanciers

Concordat

Union

Défaut d'actif

Levée

1888

15

3

1

11

8

4

3

Dans ce tableau ne figurent pas les faillites pendantes

 

1889

8

2

6

4

2

2

1890

12

2

10

8

3

1

1891

21

6

15

10

7

1

3

1892

24

11

2

11

10

4

1

5

Total

80

22

6

53

40

20

3

13

 

Si, de toutes les faillites constatées dans le pays sous le régime du nouveau Code, il n'y en a que 59 qui soient passées comme banqueroutes frauduleuses, il ne fout pas croire que toutes les autres ont été des de faillites bonne foi. Soit que les fraudes aient été combinées avec habileté, de manière à échapper au contrôle des facteurs chargés de les poursuivre, soit que les faillis, se sentant pris, aient payé cent pour cent aux créanciers et, obtenant de cette manière la levée de la faillite pendant l'instruction pénale, ils ont pu annuler l'exercice de cette action . . .

Il est à observer, de plus, que sous le régime du nouveau Code aussi, les étrangers et surtout les Juifs entrent dans le nombre des faillis pour une proportion considérable . . .

....... Sur 1773 faillites constatées en 25 ans il n'y en a que 28% à la charge des Roumains.” [4]

Ce qui étonne surtout, c'est de voir les fabricants d'Allemagne et d'Autriche, pays d'où les Juifs se fournissent presque exclusivement, ne pas se lasser de leur faire crédit pour perdre au moins une partie de la valeur de leurs marchandises. Il parait pourtant qu'ils ont commencé à devenir moins confiants. Voici un trait entre mille illustrant les procédés employés par les Juifs.

„Herscu Pascal, originaire de Bêrlad, vient dans la capitale sous le nom d'emprunt de Herman Hellinbrandt et, déjà en 1884, commence des opérations de commission on qualité de représentant de différents fabricants de l'étranger. Pendant l'automne de 1890, voyant venir l'échéance de plusieurs de ses traites, il change son nom et celui de sa raison commerciale en mettant tout simplement au-dessus de la porte de son bureau, une enseigne avec un nouveau nom: R. Pascal Sohn. De cette manière, il travaillait, à la fois, avec deux raisons commerciales pour mieux abuser de la bonne foi des tiers et, en cas de besoin, il écrivait aux fabricants de demander des renseignements sur la maison Herman Hellinbrandt à la maison Pascal Sohn et réciproquement; envoyant des traites signées par une de ses raisons de commerce pour payer les dettes de l'autre.

À la suite de la réclamation de l'avocat R. Orghidan, auquel on avait envoyé de l'étranger une traite falsifiée par notre escroc, portant la signature d'un commerçant de Bucarest et qui en refusait le payement en déclarant que sa, signature avait été falsifiée et qu'il n'avait aucune connaissance de cette traite. Ayant fait venir Herscu Pascal à mon Cabinet d'instruction, celui-ci changea pour la quatrième fois son nom en pré-tendant être Ghersin Hellinbrandt et en alléguant que son frère, Herscu Hellinbrandt, qui avait falsifié la traite, était parti pour Constantinople. L'inexactitude de cette allégation et son identité n'ont pu être constatées qu'après la perquisition faite chez lui et plusieurs confrontations auxquelles je l'ai soumis .....

J'ai trouvé à la porte de son comptoir une enseigne à deux faces, avec ses deux noms ; il tournait l'enseigne selon qu'il lui convenait et selon le visiteur qu'il attendait.

Il avait deux comptables, un pour chacun des noms qu'il portait et, pendant la perquisition, plusieurs visiteurs arrivant dans le comptoir, l'un l'appelait:

Monsieur Pascal Sohn, l'autre: Monsieur Helinbrandt.

........ Herscu Pascal a trompé, pendant près de deux ans, plusieurs maisons de l'étranger; entre autres: Paschold & Dœger et les Frères Bein de Ber-lin, Théodore Held de Leipzig et Frédéric Lappe de Wermelskirchen.” [5]

Il est bien entendu qu'il y a en Roumanie des maisons de commerce juives existant depuis des générations, d'une solidité et d'une honorabilité à toute épreuve, mais, malheureusement, elles forment l'exception et non la règle.

Le Juif chez nous est, d'ailleurs, plutôt un brasseur d'affaires qu'un négociant; il est très-enclin à risquer dans une entreprise, tout aussi bien l'argent lui appartenant en propre que celui ne lui appartenant pas et sur lequel il peut mettre la main: il a un tempérament de joueur.

Voici le tableau des faillites en Roumanie pour la période 1878 —1892. Il est bien regrettable que la statistique n'ait pas été continuée et publiée.

TABLEAU XLII Nombre des faillites en Roumanie, de 1878 à 1892, par district et par catégorie [6]

 

Il résulte de ce tableau que le nombre total des faillites en Roumanie, entre 1878 et 1892, a été de 1773 nombre dans lequel les Roumains entrent pour 509, les Juifs pour 1039 et les étrangers soumis à diverses protection pour 225.

Les Juifs qui, ainsi qu'il résulte du tableau XLIII ci-après, forment 40% du nombre des raisons de commerce, donnent 60% des faillites.

J'ai parlé de la multiplicité des magasins: C'est un fait qui frappe tous les étrangers. Nulle part ailleurs on n'en voit autant dans des centres aussi peu considérables que le sont nos villes. Je ne parle déjà pas des bourgs. Dans une misérable bourgade, composée d'une seule rue et comptant trois ou quatre cents âmes au plus, l'étranger est tout surpris de voir que chaque maison on plutôt chaque baraque est une boutique dans laquelle on vend presque toujours les mêmes marchandises: des cotonnades de dernière qualité, de la quincaillerie ordinaire, de la mercerie, des chaussures et les denrées coloniales les plus usitées. On se demande avec étonnement où tous ces marchands prennent des clients étant donné la pauvreté du paysan moldave.

Statistique des raisons de commerce.

Voici un tableau montrant le nombre des raisons de commerce existant, an 1-or Décembre 1899, en Roumanie.

Il est un peu ancien, a, la vérité, mais il n'existe pas de données plus nouvelles. Les chiffres ont certainement changé depuis, mais les proportions sont, sans le moindre doute, restées identiques. Pour la Moldavie elles sont spécifiées par district, pour la Vala-chie et la Dobrogea je me suis borné à indiquer les totaux. Le tableau montre le nombre de raisons de commerce se trouvant dans les communes urbaines ainsi que celui de celles existant dans les villages. Elles sont, de plus, divisées en raisons de commerce appartenant à des Roumains, à des Juifs ou à des étrangers soumis à diverses protections. Cette dernière division fait malheureusement défaut pour la capitale et le district d'Ilfov: j'ai donc ajouté ce district à la fin du tableau.

TABLEAU XLIII Nombre des raisons de commerce par district et par nationalité au 1-er Décembre 1889 [7]

Le tableau suivant nous montre la proportion, dans le nombre des raison de commerce, des Roumains, des Juifs et des autres étrangers.

TABLEAU XLIV Proportion par chef-lieu de district des raisons de commerce appartenant à des Roumains, à des Juifs et à des étrangers soumis à diverses protections.

 

Il résulte de ce tableau que dans huit des treize chefs-lieux de district de la Moldavie, (Botoşanĭ, Dorohoi, Vasluĭ, Roman, Bacău, Iassy, Piatra) les Juifs possèdent plus de 80 % des raisons de commerce. Dans deux chefs-lieux de district (Husi et Bêrlad) ils en possèdent plus de la moitié, dans deux autres (Galati et Focsani) plus du tiers et dans un seul (à Tecucĭ) moins du tiers.

En Valachie et dans la Dobrogea, ils n'atteignent nulle part le tiers et, sauf quatre villes, restent considérablement audessous de 20%.

Voici, enfin, un tableau nous donnant le nombre des raisons de commerce par district et par 1000 habitants.

TABLEAU XLV Raisons de commerce par 1000 habitants et par district [8]

Ce qui nous frappe dans ce tableau, c'est le grand nombre des raisons de commerce par 1000 habitants en Moldavie: il y est, pour presque tous les districts, de beaucoup supérieur à la proportion constatée en Valachie. Tandis qu'en Moldavie elle est, dans six districts, de plus de 10 pour 1000 habitants, en Valachie elle ne dépasse cette proportions que dans trois districts contenant chacun par un centre de commerce de premier ordre: Bucarest, Braïla et Craiova. Cette disproportion est d'autant plus frappante que la population en Moldavie est incomparablement plus pauvre qu'en Valachie. La différence est surtout plus sensible pour la population rurale qui, en Valachie, possède de grandes épargnes qui lui font complètement défaut en Moldavie.

Cette multiplicité des raisons de commerce en Moldavie, est certainement due au fait que la nombreuse population juive de ce pays fuit les labeurs pénibles et s'obstine à s'adonner au commerce malgré l'énorme concurrence existant déjà et la pauvreté de la population chrétienne.

Ce nombre élevé des raisons de commerce et, par conséquent, des boutiques est, à cause de l'énorme concurrence qu'elles sont forcées de se faire et du peu de souci que les Juifs ont de remplir leurs engagements vis-à-vis des fournisseurs en gros, une invitation perpétuelle à la dépense pour la population chrétienne.

C'est aussi une des raisons qui contribuent à empêcher les Roumains de s'adonner aux entreprises commerciales. De plus, ils savent bien que les Juifs n'hésitent jamais à s'entendre pour abaisser encore les prix déjà si bas toutes les fois qu'il s'agit de tuer une concurrence chrétienne.

Qualités des artisans juifs.

S'il ne m'est pas possible de dire du bien du négociant juif, il m'est tout aussi impossible de dire du mal de l'artisan appartenant à cette race: il est digne de tout respect.

Sobre, paisible, ordonné, travailleur infatigable; il ne donne pas de prise à la critique. Il est vraiment regrettable que cet élément soit aussi peu assimilable qu'il l'est: c'est la partie la plus fanatique de la population juive de la Moldavie. On lui reproche seulement d'être en trop grand nombre et de travailler à des prix de famine. Les deux allégations sont fondées.

Statistique des artisans juifs en Moldavie.

Voici un tableau résumant les données, par rapport aux artisans de la Moldavie, recueillies par le Ministère des Domaines à la suite de l'enquête industrielle faite l'année passée.

TABLEAU XLVI Nombre des artisans en Moldavie en 1902, d'après la nationalité. [9]

 

Il ressort de ce tableau que, dans les villes, 60% des artisans sont des Juifs; dans les campagnes, au contraire, les quatre cinquièmes des artisans sont roumains. Ce n'est que dans les dernières années que, grâce aux mesures protectrices prises par l'État, le nombre des artisans roumains a commencé à augmenter.

Le système suivi par les Juifs au début est rigoureusement observé encore aujourd'hui. De même que les négociants, jamais les artisans juifs ne prennent de compagnons ou d'apprentis chrétiens. Les chrétiens. par contre, prennent souvent pour les former, des apprentis juifs.

Pléthore de certaines catégories d'artisans dans les villes.

Il y a certainement pléthore de certaines catégories d'artisans dans les villes: il y a trop de tailleurs, trop de bottiers, trop de maçons. Ces professions sont encombrées parles Juifs qui, par conséquent, travaillent à devrais prix de famine et, malgré leur sobriété exemplaire, malgré l'appui et les facilités qu'ils trouvent chez leurs coreligionnaires qui ne se fournissent que chez eux et leur vendent les matières premières au plus bas prix possibles, ils ne parviennent, que difficilement à nourrir leurs familles.

Les banquiers en Moldavie.

La banque, en Moldavie, est entièrement entre les mains des Juifs: il n'y existe pas de banquiers chrétiens. On se tromperait fort si on attribuait au mot banquier, en Moldavie, la même acception qu'il a en Occident. Les spéculateurs se donnant cette qualité sont, à très-peu d'exceptions près, des gens faisant une foule d'affaires plus ou moins propres, dont l'usure forme la base et l'essence, souvent le commerce des céréales et, en tout dernier lieu, la banque.

leurs procédés dans le passé. Exploitation des buyards.

Le métier de banquier à été très-profitable tant que la boyarie à encore possédé quelque chose en tant que classe.

Les Juifs, arrivant d'un pays où l'une de leurs sources principales de profit était l'exploitation de la fortune et des vices de la noblesse polonaise, surent tout-de-suite comme s'y prendre avec les boyards moldaves. Ceux-ci avaient toute l'imprévoyance des nobles polonais et des appétits de luxe et de jouissances d'autant plus puissants qu'ils étaient plus neufs. Ils n'avaient, en revanche, ni la même culture, ni autant de puissance et, surtout, leurs fortunes étaient incomparablement moindres.

Les Juifs surent admirablement exploiter leurs vices et leurs faiblesses. Auprès de chaque boyard de quelque conséquence, vint s'ingracier un Juif, souvent deux ou trois qui, sous prétexte d'être des hommes à lui, prêts à le servir en toute occasion avec les ressources de leur intelligence et leur expérience des affaires, connaissaient à fond l'état de sa fortune et étaient tenus au courant de ses vices, de ses désirs, de ses besoins qu'ils savaient s'arranger pour faire naître à l'occasion.

Ils savaient faire intervenir leur associé secret, le banquier, à point, au moment où le besoin était le plus pressant, le désir le plus intense. Le boyard était lentement amené dans l'engrenage des dettes, avec toutes sortes de précautions, par un chemin semé de rosés: ce n'est que quand il était bien engagé dans cette voie que les conditions devenaient plus dures, le langage des Juifs moins mielleux.

La boyarie se montra presque incapable de lutte, en trente ans sa ruine était consommée; il ne restait plus, en 1866, que des bribes de sa puissance qui, depuis, ont aussi presque complètement disparu.

Une classe d'hommes nouveaux acheta leurs terres et, en ce moment, nombre de fils de ces hommes  nouveaux ont déjà laissé entre les mains des banquiers juifs une belle partie de leur héritage.

Qu'est devenu l'argent soutiré aux boyards.

Et on se demande avec étonnement où est passé le nombre très respectable de millions gagnés par les Juifs aux boyards et à leurs successeurs car, en Moldavie, il y a peu, très-peu de capitalistes juifs méritant vraiment ce nom.

Une partie des Juifs, une fois leur fortune faite, s'est retirée en Allemagne ou en Autriche, emportant les millions faits en Roumanie, mais la masse est restée, nous les avons connus, nous les avons vus mourir et leurs fils, pour la plupart, ne sont pas riche-tant s'en faut. C'est que le Juif a un tempérament de joueur, qu'il ne sait jamais s'arrêter et se retirer des affaires, une fois sa fortune faite. Il adore les opérations hasardeuses, il s'obstine à poursuivre la chance et finit généralement par une faillite plus ou moins frauduleuse. L'argent pris par eux aux Roumains est parti à l'étranger, englouti dans toutes sortes de krachs et d'entreprises manquées.

Et maintenant qu'il n'y a plus de boyards, que les propriétaires actuels de domaines en Moldavie n'hypothèquent plus guère leurs terres qu'au Crédit Foncier et, que beaucoup d'entre eux, rendus sages par les ruines antérieures et l'éxpérience des dernières années, restreignent ses dépenses et mènent un train de vie plus conforme a leurs moyens, les banquiers juifs ne trouvent plus facilement les mille affaires qu'ils affectionnaient autrefois ni les énormes profits qu'elles donnaient. Aussi vivent-ils difficilement en faisant le change ou le commerce des céréales et en prêtant aux fermiers, à des taux qui, ailleurs, les feraient passer en police correctionnelle; tous se plaignent amèrement de la dureté des temps.

Les Juifs s'occupant d'affraires.

Outre les artisans et les commerçants, il existe. une nombreuse catégorie de Juifs vivant d'affaires (Geschäftsleute). Ce sont des gens à l'affût de toute occasion de gagner de l'argent d'une façon honnête et surtout d'une façon malhonnête. Cette dernière manère obtient même la préférence parcequ'elle rapporte beaucoup plus d'argent. S'agit-il pour un débiteur peu scrupuleux de frustrer ses créanciers et de faire disparaître sa fortune? Le Juif est là qui, moyennant une commission, se charge de l'opération et la réussit neuf fois sur dix. Un négociant mécontent de la marche de ses affaires, veut-il se remettre à flot au détriment de ses créanciers? Il y a des agences juives dont, c'est la spécialité d'arranger des faillites. Un prodigue désire-il escompter d'avance un héritage devant lui revenir? Il y à des Juifs dont cette espèce d'escompte est la profession mais, sachant que les tribunaux, dans les cas de cette nature, ont la mauvaise habitude de considérablement réduire la créance, ils ont bien soin de faire signer une traite pour vingt, trente, quarante fois la valeur prêtée. Il n'en manque pas qui, pour être plus surs de tenir le prodigue lui font, sous leurs yeux, apposer une fausse signature sur la traite qu'ils escomptent.

Les Juifs jugés par un Juif.

Mais c'est surtout dans l'achat des consciences et des scrupules qu'ils excellent, confirmant ainsi l'opinion portée sur eux par un de leurs coreligionnaires qui leur reproche: le penchant à croire que tout à vendre et qu'il est légitime de tout acheter. [10]

Les Juifs à tout faire.

Qu'il s'agisse d'acheter la conscience d'un fonctionnaire pour l'amener à fermer les yeux, a commettre une injustice ou un abus de pouvoir, qu'il s'agisse d'acheter un taux témoignage, qu'il s'agisse de suborner le serviteur d'un adversaire, qu'il s'agisse d'obtenir à prix d'argent les faveurs de la femme ou de la fille pauvre, un Juif est toujours là, prêt à vous conseiller et à vous servir. Il saura quel est le fonctionnaire corruptible dans l'administration à laquelle vous avez affaire et le prix exact de sa complaisance ou de sa complicité. S'il n'y en a pas dont la corruptibilité soit avérée, il se mettra en dix pour découvrir chez l'un d'entre eux le désir, le vice ou le besoin par lequel ou peut l'amener à se vendre.

Il saura faire venir un faux témoin de l'autre bout du pays et lui apprendra comment jouer sou rôle à l'audience avec succès. Il saura se faire bien voir, s'aboucher avec le Cerbère le plus revêche et trouver le moyen de le corrompre.

Il pourra, par sa femme, par sa sœur pénétrer auprès de la femme ou de la fille que vous voulez séduire et faire miroiter devant ses yeux le prix de son déshonneur au moment du besoin ou du désir le plus impatient.

Frapper sur l'illicite c'est frapper sur le Juif

Il excelle à éluder la loi car la loi est l'ennemie du Juif, il lui à voué une haine mortelle et met son amour-propre à l'éluder et à la vaincre.

Un homme d'esprit à très-bien défini le fait en disant que: en Roumanie, frapper sur l'illicite c'est frapper sur le Juif.

Les Juifs et la prostitution

Le proxénétisme est un métier auquel, il se livre volontiers et avec succès. La prostitution est un commerce essentiellement juif en Moldavie, plus des neuf dixièmes du nombre des maisons publiques sont tenues par des Juifs ou des Juives.

Ils font la traite des blanches sur une vaste échelle: exportant juives et chrétiennes a Constantinople, au Caire, jusqu'à Shang-Hai et à Buenos-Ayres ainsi qu'il résulte de plusieurs procès retentissants.

La proportion, des prostituées juives aux prostituées chrétiennes, en Moldavie, est quatre fois plus considérable que ne le comporte le rapport entre la population juive et la population totale du pays.

Du reste, s'il est vrai que la famille, chez les Juifs en général, est fortement constituée et si les mœurs de leur classe aisée sont bonnes, il n'est pas douteux que ceux de la basse classe ne se font souvent pas faute de tirer profit de la beauté de leurs femmes ou de leurs filles. A Iassy, nombre de filles juives se livrent pendant des années au commerce de leur corps et, quand elles ont réussi à amasser de cette manière une petite dot, elles trouvent facilement à se faire épouser par un Juif.

Juifs en Roumanie

En Roumanie comme partout ailleurs, si les Juifs sont peu sujets aux crimes de violence, par contre, ils sont plus que les indigènes enclins à tous les délits de tromperie.

Au cours des cinq années 1893, 1891, 1895, 1896 et 1897, le mouvement total de la population des prisons centrales de la Roumaine à été de 40249 détenus des deux sexes. [11]

Ce nombre se décompose de la manière suivante:

35012 orthodoxes:

1316 catholiques et protestants:

630 mahométans;

3291 juifs.

Pour les mêmes cinq ans la, population des arrêts préventifs à été de 70702 détenus, se décomposant, par religion, ainsi qu'il suit:

64673 orthodoxes;

1634 catholiques et protestants:

1214 mahométans:

3181 juifs.

Le nombre total de la population de toutes les prisons centrales et des arrêts préventifs réunis a donc été de 110951 individus dont:

99685 orthodoxes;

2950 catholiques et protestants:

1844 mahométans;

6472 juifs.

Les rapports sont donc:

89,8% pour les orthodoxes;

2,7% pour les catholiques et les protestants;

1,7% pour les mahométans;

5,8% pour les juifs.

Ainsi que nous le verrons bientôt la population de la Roumanie pour l'année 1895, c'est-à-dire de celle du milieu de la période considérée, à été de 5515885 habitants se décomposant comme il suit:

5049030 orthodoxes;

157191 catholiques et protestants;

60952 mahométans;

248634 juifs.

Nous voyons par conséquent que la proportion des détenus à la population totale a été de:

1,97% pour les orthodoxes;

1,88% pour les catholiques;

3% pour les mahométans;

2,59% pour les Juifs.

On constate donc que la criminalité est sensiblement, plus considérable chez les Juifs que chez les chrétiens.

Et il ne faut pas oublier quo personne ne connaît comme eux les moyens de se soustraire an bras de la loi pour éviter la conséquence de leurs méfaits, à s'assurer la complaisance des autorités et à produire des témoins prêts à jurer on faveur d'alibis aussi faux que, sauveurs.

Le serment more Judaïco.

Ce n'est guère qu'au moyen du serment more judaïco, prêté suivant tous les rites de leur religion qu'on peut avoir quelque chance de tirer la vérité des témoins juifs. Le serment ordinaire tel qu'ils le prêtent on généal, devant les tribunaux, est une formalité n'ayant aucune valeur pour eux. Aussi font-ils leur possible pour se soustraire au serment more judaïco et pour obtenir que les tribunaux ne les y contraignent plus, en allégant que ce n'est qu'un prétexte pour les soumettre à une foule de cérémonies ridicules, humiliantes et complètement inconnues à leur religion. Si ces cérémonies exigées d'eux ne sont réellement pas conformes à leur religion, il serait certainement utile de les supprimer pour les remplacer par celles qui sont en accord avec leurs rites, sans pour cela abolir le serment more judaïco qui, je le répète, est le seul moyen d'obtenir d'eux la vérité[12]

Influence corruptrice des Juifs sur l'administration et sur la police.

Ce qui est étonnant, c'est de voir Sincerus et d'antres se plaindre de la vénalité de la police et de l'administration en Roumanie. Les faits qu'ils racontent sont, la plupart du temps, tout aussi véridiques que les gravures du Monde Illustré et les persécutions de Giurgevo en 1877. Mais je ne fais aucune difficulté pour avouer que la police et l'administration laissent encore beaucoup à désirer sur beaucoup de points, il n'en saurait être autrement. Comme le fait observer si justement M. J. Lahovary: „Ce n'est pas en moins d'un siècle qu'on peut arriver à avoir, à tous les degrés de l'échelle, une administration absolument irréprochable.” Le temps fera son œuvre et les progrès que la Roumanie a réalisés dans toutes les branches du service public sont une garantie que l'administration et la police ne resteront pas longtemps en arrière.

Seulement les Juifs sont, moins que personne, en droit de se plaindre des défauts de l'administration et de la police en Roumanie, car c'est, eux principalement qui ont contribué à la maintenir dans les ornières du passé et à la corrompre.

Ce sont eux qui, lors de la, formation de la police et de l'administration, sons le régime réglementaire, ont commencé à payer leur complaisance coupable, d'abord pour pouvoir passer la frontière et s'établir dans le pays et, ensuite, pour éluder les règlements édictés à leur égard. Plus tard, ils n'ont jamais hésité à payer le droit de se mettre au-dessus de toute loi, de toute disposition, quelque juste qu'elle pût être mais qui les gênait dans leurs pratiques illicites; à leur contact, la corruption, héritage inévitable de tant de siècles d'incertitude et de barbarie, s'étendait comme une tâche d'huile. Les pratiques pernicieuses léguées parle passé menaçaient de se perpétuer et même de prendre des  proportions plus considérables. Elles n'étaient nullement l'apanage exclusif de la police et de l'administration. Il y a quarante ans on pouvait encore citer bien des magistrats ayant chacun son Juif, chargé de négocier le prix de sa complaisance. Grâce à la stabilité peu-à-peu introduite depuis l'avènement de la dynastie, grâce aux tendances au progrès, innées dans la nation roumaine, la corruptibilité de la justice est une chose du passé. La police et l'administration sont déjà bien supérieures à ce qu'elles étaient il y a un quart de siècle: il n'y a pas lieu de douter que leurs progrès ne feront que s'accentuer et qu'elles ne tarderont pas arriver au niveau de celles des pays plus anciens. Mais il est certain que personne ne criera à l'arbitraire et à la violence autant que les Juifs quand tous les moyens usités par eux pour fléchir l'inexorabilité des règlements seront devenus vains.

C'est alors que, plus que jamais, la Roumanie sera, dénoncée au monde connue un pays barbare.

Les Juifs qui immigraient en Roumanie savaient tous lire et écrire.

Les Juifs, en arrivant, eu Moldavie, ont eu l'immense avantage de savoir tous lire et écrire: ou comprendra aisément l'énorme supériorité qui résultait pour eux de ce fait, la population roumaine étant, alors, presque complètement illettrée.

Vu les circonstances exposées dans les chapitres précédents, on pourrait croire que cette supériorité culturale des Juifs vis-à-vis des Roumains, a dû nécessairement tenir le pas avec leur supériorité économique. Il n'eu est rien: sous ce rapport les Roumains gagnent rapidement du terrain et le moment où leur niveau général de culture sera supérieur à celui des Juifs est proche.

Stérilité des Juifs, en Roumanie, sur le terrain littéraire et scientifique

Les Juifs, exclusivement absorbés par les préoccupations de lucre, ne se sont adonnés ni aux lettres ni aux sciences ni aux arts. Le fait est d'autant plus remarquable que, grâce aux fortunes rapidement faites, il y avait parmi eux, déjà peu après 1830, un nombre relativement grand de familles aisées: de gens pour lesquels le souci de l'existence journalière n'existait pas. Ils restèrent claquemurés dans le domaine des affaires d'argent. Bien peu parmi ceux qui furent envoyés à l'étranger suivirent des cours universitaires, presque tous se bornaient à ceux des écoles commerciales: la profession médicale qui assurait des profits considérables et rapides fut, seule, embrassée par eux.

Aussi, sauf un grand nombre de médecins, parmi lesquels il n'est que juste de reconnaître qu'il y en a eu et qu'il y en a d'éminents sons tous les rapports, n'ont-ils produit, à ma connaissance, sur le domaine scientifique, qu'un professeur de mathématiques. Si l'on y ajoute quatre on cinq hommes de lettres et deux on trois musiciens, on a tout ce que la race juive a produit eu Roumanie sur le domaine cultural depuis un siècle. Et, je le répète, il n'y avait, dejà alors, plus un seul illettré parmi eux.

Il faut avouer que les Roumains, partis de rien, ont fait, sous ce rapport, des progrès autrement considérables. Ils ont, dans toutes les branches de la science, des hommes marquants et connus à l'étranger, ils possèdent une pléiade d'hommes de lettres dont quelques uns de tout premier ordre. Le nombre des médecins roumains est très-considérable, ils ne sont nullement inférieurs, tant s'en faut, aux médecins juifs; beaucoup d'entre eux se sont fait connaître à l'étranger par leurs travaux. Nos ingénieurs, enfin, peuvent supporter la comparaison avec ceux de n'importe quel pays.

L'immense majorité, je puis dire que presque la totalité de la population juive en Roumanie, est restée enfermée dans ce que le Dr. Ganz appelle si bien: le Ghetto intérieur. La préparation de spéculations peu scrupuleuses, dictées par un esprit de lucre étroit et sordide avec la pratique des préceptes du Talmud, absorbent toute l'activité actuelle de cette race si supérieurement douée sous le rapport intellectuel.

Les Juifs de Roumanie sont presque tous talmudistes.

Les Juifs de Roumanie, à l'exception de la colonie espagnole de Bucarest, appartiennent à la branche des Juifs Ashkénazi qui, d'Allemagne ont, à diverses époques du Moyen-age, émigré en Pologne. Nous avons vu plus haut la différence qu'il faut faire entre eux et leurs congénères d'Espagne et du Portugal, appelés Sefardim. Tandis que ceux-ci s'en tiennent aux seuls préceptes de l'ancien Testament, les Ashkénazi suivent les doctrines du Talmud. Nous avons vu avec quel mépris mal déguisé, Hugo Ganz lui-même, parle de ces doctrines: voici une opinion beaucoup plus ancienne mais émanant également d'un Juif:

Opinion d'un Juif sur les talmudistes.

„La religion des Hébreux a subi, il y a vingt siècles, un changement notable dans les principes comme dans la pratique; le code de la Bible a été remplacé par une loi de tradition. Cette réforme a produit un résultat tout opposé à celui que nous rencontrons ailleurs; au lieu d'éclairer l'esprit, elle l'a, au contraire, obscurci; au lieu de supprimer les erreurs, ce changement n'a fait que les engendrer. La Parole de Dieu brille par sa clarté et a pour but le bien corporel et spirituel de l'homme, taudis que le Talmud a émis des ordonnances confuses, inexplicables, et a rendu celui qui les observe, moralement et matériellement malheureux.

Nous n'avons pas besoin de démontrer théoriquement la nullité de la tradition rabbinique et le mal que cette innovation religieuse a causé aux Juifs: les faits qui se passent sous nos yeux en sont des preuves irrécusables.

Pendant les quatorze siècles qu'il professait le culte enseigne par les patriarches, Israël grandissait, comme nation, et chacun de ses membres prospérait en tout: mais depuis qu'il observe la lui des Pharisiens, sa nationalité est brisée en morceaux et la grande majorité du peuple juif gémit dans une profonde misere.

L’œuvre des pères de la synagogue, quoique faite avec une entière bonne foi, est pourtant une vraie calamité, pour la race d'Abraham: elle seule exerce plus de ravages parmi la nation exilée, que toutes les tyrannies réunies des gouvernements despotiques. Enchaînés à une foule de cérémonies bizarres et impraticables, le fidèle doit passer sa vie dans les angoisses continuelles du péché; il lui faut prendre tant de précautions pour sa nourriture, que l'action de manger lui devient un vrai péril; il à tant de prescriptions à remplir pendant le sabbat, que ce jour de repos est pour lui une charge écrasante. La tradition à même édicté des lois concernant la mise et la coiffure de l'homme, et cette ordonnance ridicule expose les malheureux Juifs habitant le Nord de l'Europe, à la, risée de la populace.

Nous n'exagérons pas en disant qu'il est impossible de vivre sous le régime d'une religion qui défend tout, attache le péché à chaque pas de l'homme, martyrise le corps et épouvante l'âme du croyant.

Ce serait donc une folie d'admettre qu'Israël, rétabli dans sa nationalité, conserve une religion qui porte dans ses flancs les éléments d'une destruction inévitable.” [13]

On m'avouera, qu'une population fanatiquement attachée à une religion telle quelle est décrite ci-dessus ne saurait constituer un élément de progrès et de civilisation pour aucun État.

Inassimilabilité. Les Juifs sont restés une nation à part.

Cette religion, étroite, constitue aussi l'obstacle contre lequel se brise et se brisera toute tentative d'assimilation. Le Juif est aussi Juif aujourd'hui en Roumanie, qu'il l'était il y a cent ans. Que dis-je? Il l'est même plus, il l'est ouvertement.

Le sionisme a fait des progrès en Roumanie aussi bien que dans les antres pays d'Europe. C'est au grand jour que les chefs des communautés juives du pays, le Dr. Niemrower, le Dr. Nacht et d'autres, proclament que le peuple juif doit sortir de sa captivité chez les gentils et se refaire une patrie dans la terre de ses ancêtres.

Les discours tenus à l'occasion de l'arrivée de Bernard Lazare, lors de sa visite au club sioniste de Iassy, ceux qui se tiennent au congrès sioniste réuni dans la même ville an moment où j'écris ces lignes, ne sauraient laisser le moindre doute à ce sujet. Ce ne sont là, du reste, que des manifestations du grand mouvement sioniste qui remue, tous les Juifs d'Europe et qui est un fait indubitable, ne pouvant être nié de personne.

Je m'empresse de déclarer que je ne saurais trouver un seul mot de blâme à l'adresse des Sionistes. Si j'étais Juif, je serais certainement avec eux de cœur et d'âme.

Mais alors, pourquoi s'indigner quand les Roumains ne veulent pas croire aux sentiments roumains de ces Juifs impatients de retrouver une véritable patrie sur les bords du Jourdain?

Et nulle part le fait, que les Juifs forment un peuple à part, ayant une antre langue, d'autres aspirations, d'autres intérêts, d'autres lois que les indigènes ne ressort comme en Roumanie.

Les Juifs, en Roumanie, parlent et pensent dans le jargon hebraïco-allemand.

Leur langue usuelle, celle qui est parlée dans la famille, celle dans laquelle ils pensent, n'est pas le roumain, mais un jargon fait d'allemand et d'hébreu, corrumpus tous deux.[14] En Moldavie il n'y a pas de Juif en état de parler le roumain sans accent trahissant son origine à une oreille exercée.

noms des Juifs.

Leurs noms patronymiques sont ceux en usage dans l'ancien testament ou bien des formes corrompues de ces noms: Itzic, Isaak; Avram; Moake, Moise; Schmil, Samuel; Tule, Naftule, Nathaniel; Leib, Leibisch, Lévy; Strul, Israël; Dudi, David; etc., etc.

Quant, à côté de ce nom hébraïque, ils portent aussi un nom en usage chez les chrétiens, c'est toujours un nom usité parmi les nations de l'Europe occidentale: Albert, Adolphe, Arthur, Émile, Édouard, Léon, Jacques, etc., presque jamais un des noms orthodoxes eu usage dans la pays, (Je dis presque jamais, parceque je connais deux Juifs portant tous deux le nom de Constantin).

Leurs nums de famille sont, pour la plupart, des noms allemands: l'or, l'argent, les pierres précieuses, les couleurs, les noms de ville, d'animaux et de végétaux entrent presque exclusivement dans leur composition: Goldstein, Goldberg, Goldmann, Freigold, Feingold, Silbermann, Silberfeld, Silberberg, Silberstein, Diamant, Rubin, Wolf, Baer, Katz, Ochs, Rosenstock, Rosenberg, Rosenzweig, Weiss, Schwarz, Grün, etc., ou bien des noms hébraïques slavisés: Herscovitz, Solomonovitz, Bercovitz, Marcovitz, etc.

Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent, je suis sûr qu'il n'y a pas cinq cents noms différents pour les cinquante mille familles juives de Roumanie. [15]

Ce n'est que dans les tout derniers temps qu'un certain nombre de Juifs à profité des facilités accordées par la loi sur les noms pour traduire les leurs en roumain. De Bergmann, Schwarz, Weiss, Wolf, Goldberg, etc., ils ont fait: Deleanu, Negreanu ou Cernea, Albu, Lupu, Aurescu, etc. C'est du reste à ceci que se sont bornés jusqu'à présent leurs efforts pour s'assimiler aux Roumains.

Exclusivisme des Juifs.

Ces deux éléments habitent la même ville, souvent la même maison mais restent complètement séparés: leurs goûts, leurs aspirations, leurs mentalités diffèrent du tout au tout.

Jamais le Juif ne fera ses achats dans un magasin chrétien tant qu'il trouvera les mêmes objets chez un Juif.

Jamais un Juif n'oserait employer un artisan chrétien tant qu'il y a des artisans Juifs exerçant la même profession.

Tout ce qu'il dépense doit, autant que possible, profiter à son peuple.

Si les Juifs avaient le droit d'exercer la profession d'avocat, il n'y aurait, plus guère que des Juifs exerçant ce métier en Moldavie car, le s Juifs ayant le monopole des affaires, n'employeraient que des Juifs et imposeraient leur emploi aux chrétiens. Il ne faut pas oublier qu'en Roumanie, où (il n'y a point de notaires, ce sont les avocats qui rédigent les actes notariés).

Rapport du Procureur Général Remus Oprano sur l'état de choses existant à Dărăbani en 1876

L'organisation des Juifs, eu État dans l'État roumain, a été rendue manifeste surtout à l'occasion des différends que les Juifs de Dărăbani ont ou avec Madame Cimara, la propriétaire de la terre et du bourg, de ce nom, différends qui ont donné lieu aux excès du 22 Mai 1877, dont il a été question plus haut.

Les réclamations des doux parties avaient été tellement vives et s'étaient tellement multipliées que le gouvernement, dans le courant de l'année 1876, avait chargé d'une enquête le Procureur Général auprès de la Cour d'Appel de Bucarest, Rémus Oprano, un magistrat jouissant dans toute le pays d'une réputation très-méritée d'intégrité et d'impartialité.

Voici quelques passages du rapport que ce magistrat adressa au Ministre de la Justice après avoir terminé son enquête. [16]

„. . . Il ne m'a pas fallu long temps, Monsieur le Ministre, pour voir que je me trouvais en face de deux causes distinctes: celle des Juifs de Dărăbani et celle de M. Cimara. Pour vous les faire connaître, il est indispensable que je vous donne quelques détails sur leurs intérêts et les forces dont elles disposent.

Le commune de Dărăbani consiste en un bourg (Dărăbani proprement dit) et plusieurs villages.

Les villages sont habites par des paysans roumains agriculteurs; le bourg est composé uniquement de Juifs. Une fois qu'on est entré dans le bourg de Dărăbani, on ne peut plus se considérer en pays roumain.

à chaque barrière, deux grands poteaux reliés par dos fils de fer, sous lesquels il faut passer pour entrer dans le bourg, montrent que la Roumanie ne va pas plus loin ....

L'église, située au centre de la localité, a l'apparence d'un temple désert; toutes les maisons qui l'ontourent appartiennent à des Juifs qui ne paraissent avoir aucun respect pour l'endroit dans lequel, aux jours de fête, on célèbre encore les rites de la religion de l'État roumain. La cour de l'église, qui servait autrefois de cimetière, a été creusée en dessous pour servir aux caves des cabaretiers juifs, les os des morts chrétiens ont été enlevés de leurs sépultures et jetés de tous côtés. Et cette profanation de tombeaux s'est faite sans qu'on y prête attention, tellement les indigènes se sont déshabitués de considérer le bourg de Dărăbani comme territoire roumain.

Le bourg est étranger, non seulement par sa population mais encore par la langue et les habitudes. Les Roumains y venant pour affaires ont l'air d'arriver dans un pays inconnu: ils se perdent dans la foule des Juifs qui les entourent de tous côtés.

Le nombre des familles juives habitant le bourg de Dărăbani varie de 350 à 400: je ne crois pas que ce chiffre puisse être déterminé, à un moment donné, avec précision.

Car ce bourg,   de même que les autres: Radauţi , Herţa etc., situés à proximité de la frontière, sert aussi comme une espèce de dépôt pour la population juive qui immigre en Roumanie. Il y a des familles qui y possèdent des maisons  bâties  depuis la fondation du bourg . Mais il y en a beaucoup qui viennent d'au-delà de la frontière en se glissant furtivement enire les piquets, se mêlent à leurs coreligionnaires, y apprennent, parfois quelques mots de roumain, y obtiennent ceux des objets de première nécessité dont ils ont besoin — grâce au système d'assistance mutuelle admirablement organisé et, ensuite, se répandent, vers le Sud du pays.

Ces familles dont la plupart sont en réalité sans aveu, sans profession, sans aucune fortune, viennent de Russie on d'Autriche où il paraît que la chance ne leur a pas souriet, après s'être bien organisées sur la limite de notre territoire, elles se répandent dans l'intérieur du pays.

Les Juifs de Dărăbani forment une communauté serrée, compacte, puissante. Leur union, les moyens et les soutiens tant visibles qu'occultes dont ils disposent, en font une force réellement formidable pour la localité. Ils savent que pour que la communauté soit puissante, ainsi qu'ils le comprennent, elle a besoin d'un fonds commun servant à ses intérêts et à ses objets.

C'est pourquoi les plus marquants et les plus considérables d'entre eux sont élus pour former un comité destiné à diriger les affaires et les intérêts Communs. Ce comité est occulte, il travaille à l'ombre, mais il ne m'a pas fallu de grands efforts pour établir son existence indubitable ainsi que le fait qu'il est composé de Motal Horovici, l'entrepreneur des octrois communaux, de Schaï Kahale, l'avocat et le courrier de la communauté, de Schimscha Hecht, Haim Nussen Segal, Schoil Schor et d'autres. Le comité impose des taxes sur la viande, la volaille, la farine, la levûre, les oeufs, le poisson et même sur le gâteau de Pâques. Il encaisse de cette façon une somme annuelle variant de 1500 à 2000 ducats 18 à 24 mille francs). Cette somme sort, en premier lieu, à acquitter les contributions personnelles de la communauté, le reste demeure disponible pour tout besoin éventuel.

J'ai pu constater à Dărăbani l'horreur que les Juifs ont du recrutement ainsi que la peur que leur inspire toute autorité ne s'inspirant pas de leurs intérêts. Ces faits n'ont pas besoin d'explication. Le comité a soin d'y veiller.— C'est à lui de faire en sorte qu'aucun Juif, si possible, ne soit recruté, et d'arriver à ce que l'autorité locale soit toujours à leur dévotion. Depuis 1870 jusqu'à présent et y compris l'année courante, parmi les 38 jeunes gens qui ont été recrutés dans la commune, on ne voit figurer que deux Juifs et parmi ceux-ci, Aron Boronceanu, frère d'un sorgent-major baptisé, appartient à une famille excommuniée par la communauté. Comment cela s'est-il fait? Il est évident que la population juive formant à-peu-pres la moitié de la population totale de la commune de Dărăbani, devait fournir la moitié du contingent de la commune . .. Il ressort d'une pétition que j'ai reçue dans la localité et d'après toutes les informations prises, j'ai tout lieu de croire ces affirmations véridiques, que 106 Juifs en âge de tirer au sort ont réussi à éluder cette obligation...”

„. . . Aux élections communales, les Juif quoi-que ne possédant pas de droits politiques, prennent un part plus active que les paysans roumains qu'elles ne laissent que trop indifférents ... Et comment la communauté juive ne s'intéresserait-elle pas à la personne du maire et à celle des conseillers municipaux?

Toutes les entreprises communales sont aux mains des Juifs, tout ce qui se produit dans la commune est exploité par eux. Bêtes et gens sont autant de sources de profit pour eux. Dans cette infinité de relations avec les paysans, relations de chaque jour et même de chaque minute, que feraient les Juifs si l'autorité communale était sévère et honnête? Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous exposer quelques exemples des relations existant entre les paysans et les Juifs de Dărăbani.

Le Juif Gherschen Russu fait charrier du blé à Mamorniţa par le paysan Nicolas Molniceanu et le transport fait, il lui retient, de sa propre autorité, 20 francs 60 centimes.

Le Juif Sendel Sacagiu donne à Grigore Vecliuc un jeune bœuf à nourrir contre payement. Au bout de 32 jours, il voit Vecliuc passer devant la mairie avec le jeune bœuf et il le lui prend sans lui rien payer pour le temps pendant lequel le paysan avait nourri le bœuf.

Toader Moga charrie du vin d'Odobesti pour le compte du Juif Iţic Croitoru. Celui fait si bien les comptes, qu'au retour du paysan qui, en route, avait perdu son chariot et ses bœufs, il lui prend 15 brebis et un jeune bœuf . . . qu'y-a-t-il besoin encore de jugement à Dărăbani?

Constantin Andronic ne demande pas la protection de la loi parce que, après avoir payé deux fois, au même Iţic Croitoru, une dette de 9 ducats (105 francs 75 et.), celui-ci l'appelle devant le juge de paix pour la lui payer une troisième lois. Toader Naucu avait, chose étonnant, 20 ducats (235 frcs.), à prendre de David Iancu Russu. Il se juge avec lui et obtient une décision condamnant le Juif à lui payer 18 ducats (211 frcs.50 et.), plus 30 francs de frais de justice.

On l'appelle à la mairie et là, devant le maire et l'adjoint, il reçoit de son débiteur 11 ducats (129 frcs. 75 et.) Il donne quittance pour la somme reçue, en apposant en guise de signature, car il ne sait ni lire ni écrire, son doigt sur le signe de la croix. Il avait à prendre encore 7 ducats (82 frcs. 25 ct.) plus les frais de justice. Qu'est ce qui arrive?

La quittance faite devant le maire et l'adjoint portait que Toador Naucu avait reçu toute la somme qui lui était due. Cette escroquerie on ce faux, selon que vous voudrez bien le qualifier, a été constaté par le procureur près le tribunal de Dorohoĭ qui m'accompagnait, mais il est en son espèce digne de toute attention. Toader Naucu avait été 7 fois chez le juge de paix de Radauţi pour son procès! La fille de Toader a Irinei, une enfant de 7 ans, trouve sur le fumier un pot en terre. Elle le prend, le lave et le pose, plein d'eau, sur le feu. Etait-ce un piège? La juive Keila, femme de Marcu, vient avec l'adjoint du maire et le commissaire de police du bourg, faire une visite domiciliaire chez le paysan. On trouve le pot sur le feu, car il n'y avait pas pourquoi le cacher. Toader a Irinei est immédiatement conduit à la mairie où, à son effroi, il entend l'accusation suivante: on a volé à la Juive Keila une foule d'objets parmi lesquels un pot en terre, c'est Toader a Irinei qui est l'auteur du vol. Il ira certainement en prison. Le malheureux se défend, jure qu'il est complètement innocent, mais en vain. Enfin, après plusieurs heures de détention, on lui fait une proposition: S'il donne sa vache — c'était je crois sa seule fortune — la Juive Keila le sauvera et il ne sera pas enfermé.

Que pouvait faire le malheureux? Il donne tout ce qu'il possédait et ce n'est qu'à ce prix que l'adjoint du maire concilie les choses, met l'inculpé en liberté et, tenant sa parole, ne dresse aucun acte. Quel est le prix touché par le fonctionnaire communal pour cette opération? Tons ces faits ont été constatés par le pro-cureur.

Un mineur, Vasile Molniceanu, était serviteur chez le meunier juif Itzic Kohn. Il lui vola une charge de de farine. Le maire arrive, amené par le plaignant, arrête l'inculpé et le maintient en état d'arrestation pendant une demi-journée puis, pour ne plus donner cours à l'affaire, il donne a Kohn deux chevaux, une vache ainsi que tous les effets personnels de Molniceanu. M. le procureur, à la suite de mon intervention, a fait une enquête et a établi ce fait aussi.

Les réclamations de cette nature paraissaient, du reste, ne plus devoir prendre fin. Pour finir, je mentionnerai encore le fait suivant:

Le Dimanche, 3 Octobre passé, M. le procureur se rendant dans le bourg, voit plusieurs paysans se disputant avec les Juifs et maltraités par ces derniers.

Il intervient et apprend que les négociants juifs vendaient et achetaient, avec de fausses mesures. Le procureur instruit l plainte et constate que l'oka[17] n'a que 240 drames. (60 % de son poids légal). Il saisit l'instrument et constate que les balances n'ont point d'aiguille à la poignée et que ce sont des pierres de toute sorte qui servent de poids. On a, trouvé une aune (65 centimètres) ayant une largeur de main de moins qu'elle n'aurait dû avoir.

Ces fraudes sont prouvées et quatorze Juifs sont reconnus coupables. A Dărăbani de pareils faits se passent journellement.

Un Juif, surpris des constations de M. le procureur Ropală, eut l'audace de me dire que ceci était de la compétence de l'administration, nullement de celle du procureur et qu'il allait dénoncer aux journaux le lait de cette immixtion.

Telles sont, Monsieur le Ministre, les relations entre les Juifs du bourg de Dărăbani et les paysans roumains. J'ajouterai encore quelques mots pour compléter ce tableau du bourg de Dărăbani. Dans une commune qui ne comprend pas plus do 4 à 500 familles chrétiennes, il y a 42 cabarets. Les consommateurs de spiritueux ne sont, en général, que des chrétiens. Combien de familles cela-fait-il donc par cabaret? Les licences sont payées par les Juifs et figurent sous leurs noms. L'article 8 de la loi des licences parait ne pas avoir encore été promulgué pour Dărăbani — qui est une commune rurale quoiqu'il soit en vigueur dans les autres communes rurales de la Moldavie. Il est facile de comprendre l'état dans lequel ces cabarets nombreux et les spéculants de toutes les catégories et en toutes choses ont amené les paysans de Dărăbani? Dans toute la commune il n'y a pas plus de dix cultivateurs ayant leur charrue propre. C'est ce qui m'a été assuré, par toutes les personnes que j'ai interrogées à ce sujet. La plus grande partie des paysans est dans la misère et ceci, comme pourra s'en convaincre n'importe quel observateur impartial, uniquement à cause de l'avidité et du manque de scrupule des Juifs du bourg. Les malheureux Roumains sont trompés et spoliés à chaque pas, il paraîtrait qui leur existence n'a pas d'autre objet que de nourrir et d'entretenir à la sueur de leur front les nombreuses familles juives établies à Dărăbani ou passant par ce bourg.

De ce qui précède, il est facile de comprendre l'intérêt qu'avait la communauté juive de Dărăbani de posséder une autorité communale favorablement disposée pour elle. Ils ont réussi jusqu'à-présent. Le peu d'exemples que j'ai cités suffisent à le prouver. Rien de plus vrai que les paroles échappées à un des nombreux plaignants qui se sont présentés à moi: Quand le Juif a mis la main sur quelquechose, il devient impossible au paysan de lui faire lâcher prise. Le Juif ne cède jamais. C'est toujours eux qui finissent par avoir raison.”

Si les paysans de Dărăbani, un an après ce rapport, ont rossé les Juifs de ce bourg et saccadé leurs boutiques, il faut avouer que les provocations n'avaient pas manqué. Et maintenant, je le demande, des paysans français, italiens, allemands ou anglais n'auraient ils pas été, en de semblables circonstances, beaucoup moins patients que ceux de Dărăbani?

Boycottage d'un propriétaire par les Juifs.

J'ai déjà dit que le magistrat auquel est dû le rapport dont nous avons extrait les fragments ci-dessus était un homme jouissant d'une haute réputation d'intégrité et d'impartialité.

Aussi son rapport est-il loin d'être une œuvre partiale, faite pour le bénéfice des propriétaires de Dărăbani. La fin de cette pièce contient une critique sévère de certains actes de M. Cimara et des ses employés auxquels il reproche d'être trop enclins à se faire justice, eux-mêmes. Mais à quelles provocations n'avaient-ils pas été en butte?

Écoutons encore le Procureur Général:

„Aprés avoir essayé de livrer M. Cimara à l'exécration publique sans avoir pu y réussir ... .la communauté israélite, par son comité, ne borna, pas à ceci son action. Elle chercha à frapper et de toutes ses forces, dans les intérêts du propriétaire. Elle tenta, des fois avec succès, de pousser les paysans paisibles et contents de leur sort à ne pas exécuter les travaux contractés avec M. Cimara, afin que ses champs restassent non cultivés ou que les récoltes ne pussent être rentrées.

L'autorité communale remplissait bien les forma-lités prescrites par la loi des travaux agricoles mais les réclamations fréquentes et l'inefficacité des mesures prises justifiont le soupçon qu'elle était loin de rester indifférente dans cette lutte d'intérêts et qu'elle ne se bornait pas à faire purement et simplement son devoir. Mais ceci ne lui suffisait pas non plus. Les magasins à céréales du propriétaire restaient fermés jusqu'à ce que les prix avantageux eussent passé.

Les acheteurs dans cette région sont tous Juifs. Quand ils se préparaient à acheter les produits de M. Cimara et qu'ils se dirigeaient vers Dărăbani, Schaia Kahal, le membre le plus actif du comité, les arrêtait en route eu leur disant que le propriétaire les tromperait sans faute et qu'ils risquaient leur vie à Dărăbani. J'ai eu des preuves positives des pertes qui avaient été causées au propriétaire de cette manière. Un espèce de siège en règle contre le propriétaire est eutrepris, siège qui, se resserrant de plus en plus, devait arriver à écraser l'ennemi commun ou à le forcer à se déclarer vaincu. Dois-je encore parler de la tentative d'assassinat dirigée contre M. Cimara? [18]

 L'anathème (hirem) lancé contre Moscu Bacal Weinberg

Nous avons vu que les Juifs, furieux d'avoir vu un Juif: Moïse Bacal Weinberg déposer en faveur du propriétaire, avaient fait lancer contre lui l'excommunication majeure, au son de la corne de bélier, par cinq cents Juifs de Botoşanĭ, où il avait son domicile.

Voici le facsimile de cette pièce. [19]

Voici maintenant la traduction.

Béni soit-le nom de l'Éternel,

Écoutez, vous tous, qui vivez à l'époque présente, Vous avez entendu et vous connaissez, ô nos frères, les atrocités auxquelles ont été en butte de la part du terrible oppresseur Cimara — que son nom périsse — nos frères du bourg de Dărăbani; c'est-à-dire qu'en un jour ils ont été pillés, tués, battus, blessés et ont vu leurs maisons saccagées! Quel cœur n'a pas tremblé d'effroi et n'a pas tressailli en entendant cette infamie?

Quel est celui qui, possédant, un cœur de chair, même ne fut-il pas Juif, ne se sent pas troublé en  voyant des hommes cruels et sans pitié se jeter sur des gens honnêtes pour les battre sans miséricorde, anéantir leur avoir et les laisser se tordre dans leur sang nus et dans la misère—quoiqu'ils ne se soient rendus coupables d'aucune injustice? Les cris de désespoir de cette malheureuse communauté arrive jusqu'aux extrémités du monde et, dans chaque ville, les Juifs éprouvent une profonde douleur; tous les plus illustres parmi nos frères, hommes notables et honorés dans les pays civilisés, font retentir le cri: à l'injustice, aux oreilles de ceux des gouvernements et des princes, qui régnent avec équité et gouvernent avec raison, les suppliant de diriger leurs regards vers ce qui se passe dans ce pays et d'améliorer notre situation car, autrement, nous disparaîtrons bientôt ayant tous péri. Nous avons apporté devant les juges du pays les preuves de notre malheur pour qu'ils nous jugent avec un jugement droit car, à la vérité, le gouvernement nous regarde d'un oeil favorable et il dé-sire que justice nous soit faite: mais comment se fait-il qu'il ne punisse pas le misérable scélérat et qu'il ne lui fasse pas subir un châtiment proportionnel à son crime? Comment se fait-il qu'il garde le silence quand de pareilles infamies se passent dans le pays qu'il gouverne?

Lorsque les juges appelèrent les témoins qui avaient vu les faits se produire, pour entendre leur témoignage, ils appelèrent aussi un de nos frères nommé Moïse Bacal Weinstein qui habite ici, dans notre ville, depuis plusieurs années, qui en réalité n'a pas vu et ne sait pas comment se sont passés les faits de Dărăbani, mais il avait autrefois habité ce bourg et il était un ami de l'oppresseur et lui voulait du bien car l'oppresseur Cimara, était connaisseur du droit et des lois et il avait souvent aidé Moïse Bacal Weinstein de ses conseils (légaux) dans ses entreprises de lucre. Ce Moïse, par son témoignage menteur, à donc justifié l'oppresseur devant les juges on disant que c'était la main des Juifs qu'il fallait chercher dans l'infamie qui avait eu lieu, qu'ils avaient été coupables et qu'ils avaient nui au sieur Cimara; tandis qu'il ne leur avait été causé aucun dommage car ils étaient tous pauvres et ne possédaient rien dans leurs maisons.

A la suite de ce témoignage les juges ont prononcé une sentence injuste car l'oppresseur Cimara est sorti du procès innocent et justifié de l’accusation qui pesait sur lui et ce furent seulement les malheureux Juifs qui se virent condamnés à une amende et à la prison. Lorsque l'action du misérable, du maniaque, du scélérat qui, en vue de son avantage personnel, a vendu les fils de son peuple et les a livrés en proie à l'outrage et au mépris des ennemis qui nous persécutent, est parvenue à nos oreilles, elle nous à frappés d'épouvanté! Et nous nous efforçons en ce moment même, nous mettons tous nos efforts pour nous disculper des accusations et des infamies que nos ennemis inventent contre nous pour excuser et justifier les atrocités qu'ils commettent. Ah! que de lettrés et que d'hommes de bonne volonté se lèvent en ce moment pour proclamer devant le monde notre droit! Ah combien d'hommes illustres interviennent en notre faveur auprès des rois de la terre pour que ceux-ci nous ouvrent leur cœur et que les fils de l'infamie qe puissont plus nous torturer. Et maintenant s'est levé un misérable entre nous, un pervers et un scélérat qui à prononcé ces paroles infâmes pour accuser les justes et exculper les scélérats! Même les Nazaréens (chrétiens) qui ont un cœur droit et savent combien les pauvres (Juifs de Darabanï) ont raison, demeurent pétrifiés en entendant les paroles prononcées par ce maniaque et ne peuvent pas en parler sans émoi, car ils disent: Votre perte et votre malheur sont partis d'entre vous. C'est de votre milieu même que sont sortis des mécréants pour vous faire du mal!

C'est pour cela que nous nous sommes assemblés, nous, la communauté de Botoşanĭ, au nombre de cinq cents hommes pour maudire et expulser de notre seinle misérable qui s'appele Moïse Bacal Weinstein — que son nom périsse — et le vouer au mal; en conséquence, que sur lui retombe tout l'anathème qui se trouve écrit dans la livre de la loi de Moïse sur l'homme qui détourne son cœur de son Dieu pour suivre les errements de ses sentiments pervers, en disant: pourvu que mol seul j'aie le pain! et n'a pas de compassion pour le malheur de son peuple.

Celui-ci aussi a commis des méfaits faisant tomber sur nous le malheur et la honte sans crainte de Dieu! Mais vous tous, ô nos frères, sachez que nous l'avons maudit au son du cor et d'après tous les rites prescrits par nos lois; c'est pourquoi il est défendu d'échanger uno parole avec lui, ou de demeurer en sa compagnie et qu'il n'entre pas dans la Synagogue car il n'est que de la chair souillée pour l'Éternel et pour Israël. Haïssez-le avec haine et qu'il soit pour vous un objet d'épouvanté, car il est maudit. Botoşanĭ, Dimanche, le 9 Elul, la veille du jour du Grand Pardon.” [20]

Et maintenant, si eu Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en n'importe lequel des pays se trouvant aujourd'hui à la tête de la civilisation, on voyait affiché, sur les murs du temple de n'importe quelle confession, un pareil blasphème envers un habitant du même pays, un pareil, appel à l'intervention étrangère, un pareille dénonciation du pays et de ses institutions, le peuple ne se soulèverait-il pas comme nu seul homme pour châtier ceux qui ont osé proférer de pareilles paroles?

On n'attendrait, certes, pas que la justice informe mais, le soir du jour même où on aurait découvert le blasphème, il ne serait plus resté pierre sur pierre de l'édifice dans lequel il aurait été prononce.

Les grands coupables sont les autorités roumaines qui ont en la faiblesse et l'insouciance de laisser impuni ce défi audacieux jeté à leur pays, à leurs lois, à la civilisation moderne.

Les Juifs peuvent-il, après ceci, nier qu'ils forment aux sein de l'État roumain, un État à-part, ayant ses institutions, ses coutumes, ses lois, ses tribunaux et, qu'aux décisions delà justice roumaine, ils opposent les décisions de la justice juive?

Déposition de Moïse Bacal Weinstein à l'audience, alyant motivé anathème.

Voyons maintenant si la déposition de Moïse Bacal Weinstein, à l'audience du 8 Septembre 1877, était de nature à justifier un pareil anathème.

Je l'extrais du compte rendu sténographié des débats.

„On introduit le témoin Moïse Bacal Weinstein. Moïse Bacal, Weinstein. Je ne sais rien par rapport à l'incident du 22 Mai 1877. — Moi, M. le Président, j'ai quitté Darabanï il y a trois ans et, depuis, je ne me suis plus intéressé à ce qui s'y passait.

le President. Pourquoi avez-vous quitté, Darabanï?

Moïse Bacal Weinstein. Je me suis retiré à Botosani parce que mes enfants demeuraient sans instruction à Dărăbani où il n'y a pas d'école et puis, aussi, parce que les négociants juifs de ce bourg me témoignaient quelque haine.

M. Cimaru. Que le témoin veuille bien nous dire si, à l'époque où il vivait à Dărăbani, il ne se trouvait pas dans les meilleures relations avec moi! S'il ne venait pas intercéder auprès de moi tantôt en faveur d'un des commerçants tantôt en faveur de l'autre et s'il n'était pas à me prier sans cesse de rendre service à l'un d'entre eux? Et si à cause de ceci il n'était pas soupçonné par les commerçants d'être trop lié à moi contre leurs intérêts tels qu'ils les comprennent? En un mot, qu'il dise si ce n'est pas leur haine qui l'a forcé à quitter Dărăbani?

Moïse Bacal, Weinstein. J'étais eu très-bonnes relations avec M. Cimara, j'insistais auprès de lui pour beaucoup de commerçants: c'est toujours par mon intermédiaire que les conflits étaient aplanis. Quand il s'élevait quelque mésintelligence entre mes coreligionnaires et les gens de M. Cimara, ce dernier me faisait toujours la faveur de donner raison aux commerçants et, ceci, souvent à son détriment.

M. Cimara. Je prie le témoin de dire s'il n'a pas été forcé de quitter Dărăbani à cause de ses coreligionnaires?

Moïse Bacal Weinstein. Oui ..... c'est ainsi. M. Cimara. A-t-on apporté au témoin, à Dărăbani une Thora pour qu'il l'achète.

Moïse Bacal Weinstein. Une Thora appartenant à une de mes filles a été laissée par celle-ci, en mourant, en partie à la synagogue et eu partie à son mari. Je n'ai pas voulu racheter car j'aurais déposé mon argent en pure perte vu que la Thora, ne pouvant pas se partager, serait tout-de-même restée à la synagogue. S'il avait été question d'une Thora entière, je l'aurais achetée mais ceci se passait il y a deux ans.

M. Cimara. Je vous prie de dire, si pendant le temps que vous êtes resté à Dărăbani, vous qui dans ce bourg étiez le seul Juif honnête et ayant de la fortune, et qui connaissez mes relations avec les autres commerçants, si vous nous avez vu, moi ou ma femme, commettre une injustice à leur égard.

Moïse Bacal Weinstein. Dieu préserve! Au contraire, vous leur faisiez beaucoup de bien et souvent vous pardonniez les torts qu'ils avaient envers vous.

M. Cimara. Lors de l'incendie qui menaçait de réduire en cendres les habitations des Juifs, n'ont-ils pas envoyé tons leurs effets au château pour plus de sûreté?

Moïse Bacal Weinstein. C'est exact, mes effets aussi y ont été envoyés.

M. Cimara. Le bourg aurait-il échappé à l'incendie si je n'étais pas accouru au secours avec mes gens dont plusieurs se trouvent en ce moment parmi les accusés?

Moïse Bacal Weinstein. C'est exact, personne ne peut nier que vous êtes venu au milieu de la nuit avec Madame et tous les gens du château et que vous nous avez sauvés de l'incendie.

M. Cimara. Je prie le témoin de dire ce qu'il sait du cimetière.

Moïse Bacal Weinstein. Vous avez fait cadeau aux Juifs du terrain nécessaire à leur cimetière.

M. Cimara. Et la, chaussée, comment a-t-elle été faite?

Moïse Bacal Weinstein. La chaussée a été faite par vos insistances, auparavant les enfants se noyaient dans la rue au milieu du mois de Juillet.

M. Cimara. Que le témoin veuille bien nous dire quelle est la fortune qu'à eu on qu'à Simsa Hecht.

Moïse Bacal Weinstein. Qui-est-ce qui peut connaître la fortune exacte d'un autre ... Il n'a pas eu de for-tune considérable.

M. Cimara. Fait-il un grand commerce?

Moïse Bacal Weinstein. Il ne l'ait que peu d'affaires.

M. Cimaru. Ne prête-il pas de l'argent?

Moïse Bacal Weinstein. Non, Il faisait, il y a dix ans, le commerce des céréales, mais il ne le fait plus. M. Cimara. Avait-il du crédit?

Moïse Bacal Weinstein. Il avait peu de crédit.

M. Cimara. Lui auriez-vous prêté, sur son crédit personnel mille ou deux mille ducats

Moïse Bacal Weinstein. Non.

M. Cimara. Lui auriez vous prêté deux cents ducats?

Moïse Bacal Weinstein. Non.

M. Cimara. Mais lui auriez-vous, au moins, prêté cent ducats?

Moïse Bacal Weinstein. (quelque peu à contrecœur). Non.

M. Cimara. Mais sa maison était-elle richement meublée ? Il a dit ici qu'elle l'était aussi bien que celle de Michel Daniel à Iassy.

Moïse Bacal Weinstein. Ses meubles étaient comme ceux d'ici (il montre les fauteuils recouverts de toile cirée sur lesquels siègent les jurés); pourquoi mêler à tout ceci un nom comme celui de Michel Daniel?

M. Cimara. N'avez vous pas entendu que Simsa Hecht étant allé chez Jean Molocea pour acquitter à celui-ci un billet de cent, ducats et Molocea lui ayant donné un paquet de créances afin qu'il y choisisse la sienne, Simsa Hecht a profité de cette confiance pour voler son billet?

Moïse Bacal Weinstein. J'ai entendu . . .

M. Cimara. Lequel des deux croyez-vous? Molocea qui prétend avoir été volé ou Simsa qui nie.

Moïse Bacal Weinstein. Jean Molocea est un honnête homme.

M. Cimara. Dites si vous ne connaissez pas Simsa Hecht comme un homme chicanier qui aime les dis-putes et les intrigues?

Moïse Bacal Weinstein. Ce n'est pas précisément un homme tranquille.

M. Cimara. Pendant tout le temps que vous êtes resté à Dărăbani, c'est-à-dire pendant trente ou quarante ans, avez-vous vu une persécution quelconque dirigée par les chrétiens contre les Juifs? Moïse Bacal Weinstein. Non! Jamais!” [21]

Il est difficile d'imaginer une déposition plus anodine que celle qui précède et que j'ai transcrite en entier.

Elle n'a, assurément, pu peser d'aucun poids sur la décision des jurés et n'a jamais pu être considérée que comme une marque très-mesurée de sympathie et de reconnaissance envers un ancien protecteur. Mais, d'un autre côté, c'était contrevenir an premier devoir du Juif polonais: celui de soutenir ses congénères avant tout, même quand ils ont tort et de charger le chrétien toujours, même au prix d'un parjure. Il fallait, à la faute de Moïse Bacal Weinstein, une punition exemplaire: elle lui a été infligée par l'autorité juive, en plein pays roumain, à la barbe des autorités roumaines. Pour échapper aux conséquences du hérem qui auraient amené sa ruine complote et celle de sa famille, Moïse Bacal Weinstein dût se racheter en payant une très-forte amende à la communauté.

Les Juifs font souvent usage du hérem.

Le cas de Dărăbani est loin d'être isolé: des hérem sont lances chaque jour eu Moldavie, soit contre des Juifs soit contre des chrétiens. Le boycottage de l'individu dont les intérêts sont contraires à ceux de la communauté est d'un usage courant. Du moment où le hérem est prononcé contre lui, le patient voit le vide se faire autour de lui. Les produits ou les marchandises qu'il a à vendre ne trouvent plus d'acheteurs si ce n'est à des prix dérisoires, ses serviteurs sont subornés et le quittent, ses ouvriers agricoles sont débauchés en une nuit et laissent sa récolte se secouer sur les champs; il lui devient impossible d'obtenir des charrois, enfin, c'est un homme ruiné s'il n'arrive à composition.

Grand anathème et petit anathème.

L'anathème qui est reproduit plus haut est un hérem, sorte d'excommunication majeure: prononcée pour un temps indéterminé.

Il v a en outre, une autre espèce de malédiction plus légère, appelée niddui, qui peut être prononcée même par un seul rabbin et elle n'a qu'une durée de 30 jours, à l'expiration desquels le patient reçoit son pardon et se voit de nouveau accepté dans le sein de la communauté. Pendant tout le temps que le niddui dure, le patient doit porter des vêtements de deuil et aucun fidèle ne peut l'approcher à moins de quatre aunes. Cette forme d'anathème ne se prononce que contre les Juifs qui se rendent coupables d'infractions aux règles du Talmud.

Hérem de Nova-Selitza.

A la première forme du hérem se rattache l'anathème qui va suivre et qui  été prononcé par les Juifs de la communauté du bourg de Nova-Selitza (Bessarabie russe), contre celui des leurs qui oserait contrevenir à la défense qu'ils avaient faite de s'approvisionner d'eau-de-vie au cabaret du propriétaire, M. Michel Sturdza, qu'ils appelaient le Comte Sturdza.

Voici le facsimile de ce hérem, écrit en caractères cursifs judéo-allemands (dentsch-jüdische Kursive), tel que je l'ai décollé moi-même de la porte d'une des synagogues de Nova-Selitza pendant l'été de 1885, suivi de sa transcription en caractères hébraïques. [22]

   

Facsimile de l'original du hérem de Nova-Selitza

Transcription en caractères hébraïques du hérem de Nova-Selitza

Voici maintenant, la traduction de cette pièce:

Décision de l'entière communauté d'ici, de Nova-Selitza

Nous nous sommes imposé par serment et avec malédiction (hérem), qu'il soit détendu à qui que ce soit de notre bourg de boire de l'eau-de-vie du cabaret d'ici, de Nova Selitza qui appartient à Monsieur le Comte car il opprime et il tourmente les pauvres gens d'ici pour les chasser avec leur bagage, comme cela ne s'est pas encore entendu dans toutes les communautés d'Israël, d'un bout du monde à l'autre bout. C'est pourquoi vous saurez, ô nos frères, fils d’Israël, que personne de notre ville ne doit boire d'eau-de-vie venant du cabaret d'ici, de Nova-Selitza.

Que celui qui violera cette décision soit mordu par le SERPENT, que celui qui l'observera soit béni et heureux.

Nous les soussignés: Toute la communauté.

Le mot serpent XXXXX (nahasch) que j'ai transcrit dans la traduction avec des majuscules, ainsi qu'il se trouve écrit dans l'original est une synthèse cabalistique des trois mots suivants, dont les initiales le composent:

 = nidui = exil.

 = herem = anathème.

 = chamtha = malédiction

 

De sorte que les mots: „que celui qui violera cette décision soit mordu par le serpent”, signifient en réalité: „que celui qui violera cette décision soit frappé d'exil, de malédiction et d'anathème.

Motifs du hérem de Nova-Selitza.

Cette pièce est plutôt un acte de boycottage qu'un anathème car, ici, l'anathème ne s'adresse qu'a celui qui oserait violer la décision prise par la communauté et cette décision est prise en vue de faire du tort au propriétaire du cabaret.

M. Sturdza et les Juifs de Nova-Selitza étaient en procès parce que le premier avait voulu forcer les seconds à acquitter l'emphythéose et les octrois tels qu'ils étaient spécifiés dans les actes de fondation du bourg. Les Juifs avaient profité de la longue absence du propriétaire et du fait que pendant ce temps la terre avait été affermée à des coreligionnaires à eux pour s'exempter de la plupart des taxes dues au propriétaire. Fidèles à leur tactique habituelle, ils voulaient affamer le propriétaire et l'amener à composition eu ne fournissant pas leurs débits d'eau-de-vic provenant de son dépôt.

Il faut ajouter que Nova-Selitza se trouve au point où se rencontrent les frontières: roumaine, russe et autrichienne et que, par conséquent, la contrebande d'eau-de-vie y était exceptionnellement facile.

Les événements prouvèrent que leur calcul était absolument juste: le propriétaire qui avait à payer des annuités considérables, privé d'un partie très-importante de son revenu, ne put effectuer ses payements à terme et se vit forcé de vendre sa, terre pour ne pas être exproprié.

Ce qu'il y a de piquant dans cotte affaire, c'est que M. Michel Sturdza était le propre fils de Madame Cimara, la propriétaire de Dărăbani et celui même qui, venant voir sa mère le 22 Mai 1877, tomba à l'improviste dans la bagarre qui, en ce moment, battait son plein et y mit fin par son autorité et son énergie. Il avait, à la suite de ce fait, été vivement loué par tous les journaux juifs, la Neue Freie Presse en tête. Isidore Lœb, dans son ouvrage sur la situation des Juifs en Turquie et en Roumanie dit que „la belle conduite de M. Michel Sturdza se passe de tout éloge” [23]. On voit donc que, dans nos pays, la faveur des Juifs est capricieuse et changeante.

Il me semble aussi que c'est bien à tort qu'on à attribué aux Irlandais l'invention du boycottage.

Il est facile de s'imaginer le parti que des gens peu scrupuleux sont à même de tirer d'armes de cette espèce étant, surtout, donné le fanatisme et le manque de culture de la masse qu'ils dirigent.

Encore une fois, dans quel autre pays de pareils procédés resteraient-ils longtemps sans recevoir le châtiment exemplaire qu'ils méritent?

Les mesures légales prises par le gouvernement roumain ne sont par les causes de l'emgration des Juifs.

Les Juifs donnent comme raison à l'intensité prise par le courant d'émigration de leurs coreligionnaires de Roumanie, les lois d'exception dirigées contre eux qui leur ferment, disent-ils, toutes les carrières, toutes les professions et les empêchent de gagner leur vie:

ils émigrent pour ne pas mourir de faim.

Nous avons vu à quoi se réduisent les lois soi-disant d'exception et spécialement dirigées contre les Juifs.

Nous avons vu au chapitre précédent ce que le Dr. Ganz, qui ne peut guère être soupçonné de partialité pour les Roumains, pense de ces allégations.

Nous avons vu que les mesures prises étaient imposées par la plus élémentaire prudence, qu'elles étaient indispensables pour le relèvement économique du peuple roumain et que, jusqu'à un certain point, elles avaient atteint leur but.

Situation économique actuelle des Juifs en Roumanie.

Mais voyons si la situation créée aux Juifs est aussi intolérable qu'ils veulent bien le dire. Je m'occuperai surtout de la Moldavie, la question juive étant, malheureusement, une question exclusivement moldave.

Ce n'est pas le commerce qui leur a été fermé, nous avons vu qu'ils y ont la part du lion: sur 18062 raisons de commerce dans, les treize districts de la Moldavie, il y en a 10942 entre les mains des Juifs, soit plus de 60%.

Ce ne sont pas, non plus, les métiers car sur 27273 artisans, 12426, soit 46% sont des Juifs. Si ce sont les chiffres des villes qu'on prend en considération, on a 10446 Juifs sur un total de 18106 artisans, soit plus de 58%.

Si c'est le total, des patentaires qu'on prend, voici un tableau comparatif, pour la Moldavie, du nombre des patentaires juifs et chrétiens eu 1903.

TABLEAU XLVII Nombre des patenterais chrétiens et juifs de la Moldavie par district et communes en 1903 [24]

Aceroissement comparé du nombre des patentaires.

les Juifs, qui forment les 10,7 centièmes de la population de la Moldavie, entreat pour 53,7% dans le nombre total des patentaires de cette province.

Voici d'autre part, un tableau nous donnant l'accroissement comparé du nombre des patentaires roumains, juifs et étrangers soumis à diverses protections, dans toute la Roumanie, depuis 1879, avec spécification à part de cet accroissement pour la Moldavie d'un part, la Valachie et la Dobrogea de l'autre, depuis 1888 jusqu'à 1901.

TABLEAU XLVIII Accroissement comparé nombre des patentaires chrétiens et juifs en Roumanie, de 1879 à 1892 [25]

 

Le nombre total des patentaires, en Moldavie, était donc de 27462 en 1888. Dans ce total, les Roumains et les étrangers soumis à diverses protections étaient représentés par 46,7%, les Juifs par 53,3%.

Ce même total étant, pour 1903, de 31900, l'accroissement a été de 4438. 

Dans ce total de 31900 patentaires, les chrétiens sont représentés par 46%, les Juifs par 54%.

C'est-à-dire que la proportion des Juifs, dans le nombre total des patentaires de la Moldavie, n'a pas diminue de 1888 à 1903, malgré les mesures législatives des différents Gouvernements roumains, mais qu'elle a même légèrement augmenté, de 53,3% à 54%.

En Valachie et dans la Dobrogea, l'accroissement des chrétiens a été légèrement plus considérable que celui des Juifs. La proportion de ces derniers au nombre total des patentaires est tombée de 6,08% à 5,27%.

Il ne faut pas oublier que la proportion des Juifs à la population totale est de 1,8% en Valachie et de 1,66% dans la Dobrogea.

Si le Juif ne veut, à aucun prix, cultiver la terre de ses mains, il est loin de dédaigner les bénéfices que donne l'exploitation des terres. Aussi sont-ce les Juifs que forment la majorité des fermiers de domaines en Moldavie.

Les grands domaines sont, presque sans exception, tenus en ferme par des Juifs. Un capitaliste juif se vante de tenir, en ce moment, en ferme plus de cent domaines pour lesquels il paye des baux s'élevant à plusieurs millions. Il a même commencé dernièrement à étendre ses entreprises en Valachie.

La plus grande partie des exploitations forestières est entre les mains des Juifs.

L'industrie roumaine ne date guère que d'hier, pourtant les encouragements et les sacrifices faits par l'État ont commencé a porter des fruits, les entreprises industrielles commencent à se multiplier.

Il ne m'a pas été possible de me procurer une statistique des fabriques du pays par nationalité, ce travail se faisant en ce moment, mais je ne crois pas que je trouverai des contradicteurs eu affirmant, qu'en Moldavie, trois quarts, au moins des entreprises industrielles sont aux mains des Juifs.

Part des Juifs dans la propriété urbaine.

Le tableau qui suit nous donne le nombre des propriétaires d'immeubles, chrétiens et juifs dans les communes urbaines de la Moldavie, en Janvier 1903, ainsi que la valeur comparée des propriétés des uns et autres.

TABLEAU XLIX Nombre comparé des propriétaires chrétiens et juifs possédant des propriétés dans les communes urbaines de la Moldavie et valeur comparée de ces propriétés, évaluées sur la base de l'impôt foncier. [26]

 

Il résulte de ce tableau que les Juifs possèdent 31% de la propriété foncière dans les communes urbaines de la Moldavie.

J'ai déjà dit que la banque est complètement entre leurs mains. En Moldavie, à de très-rares exceptions près, tous les capitaux de quelqu'importauce se trouvent entre leurs mains.

Quand les Juifs parlent de la misère et des souffrances de leur congénères en Roumanie, c'est évidemment, surtout de ceux de la Moldavie qu'il s'agit, car c'est dans cette province que se trouve leur gros.

En Valachie, sauf à Bucarest, Braïla et Crajova, leur nombre est partout insignifiant. C'est de Moldavie qu'est partie la masse des émigrants juifs dans les trois dernières années.

Résumé de la situation économique des Juifs.

Est-il possible de prétendre que cette émigration des Juifs de la Moldavie est dûe à des persécutions, à un état légal intolérable, à une impossibilité de gagner leur existence journalière, quand nous voyons set élément, qui représente 10,7% de la population du pays:

Posséder la presque totalité des capitaux en numéraire, avoir le monopole des affaires,

Exploiter les plus beaux domaines de la Moldavie (sauf ceux soignés par leurs propriétaires), la plus grande partie des forets,

Posséder les trois quarts, au moins, des entreprises industrielles de la Moldavie,

Posséder 31% de la valeur des propriétés urbaines,

Figurer pour 53,7% dans le nombre des patentaires,

Posséder plus de 60% des raisons de commerce,

Former 60% des artisans dans les villes, et 46% du nombre total des artisans de la campagne?

Et qu'on n'oublie pas que toutes les professions libérales, sauf celle d'avocat, leur sont ouvertes.

Mais, si les Juifs avaient plus que ce qu'ils ont aujourd'hui, que resterait-il donc aux Roumains de Moldavie?

Le Juif ne veut pas travailler la terre.

Si les Roumains, seuls, cultivent la terre, c'est parce que les Juifs ont horreur de l'agriculture faite par leurs propres mains, nous en verrons les preuves dans le chapitre suivant.

Il est faux que la culture de la terre leur soit

interdite parce qu'il ne leur est pas permis de demeurer dans les communes rurales, jamais la permission d'amener des ouvriers agricoles, de quelque nationalité ou de quelque religion qu'ils pussent être, n'a été refusée à personne.

Le salaire moyen d'un ouvrier agricole en Moldavie pendant les mois de Juin, Juillet, Août et Septembre est de 60 frcs. par mois plus la nourriture, de la moitié pour les femmes de même que pour les filles et les garçons au-dessous de 16 ans. Dans les districts de Braïla et de Ialomiţa (Valachie) ce salaire varie de 3 à 5 francs par jour pour un homme. La demande de travailleurs est illimitée.

Statistique des ouvriers étrangers entrés en Roumanie.

Chaque année, dès le printemps, des milliers de Hongrois, de Bulgares, de Serbes, de Macédoniens, de Ruthènes sont amenés dans le pays pour remédier au manque de main-d'œuvre agricole.

Voici les chiffres pour les travailleurs amenés en groupes de 1884 à 1901 [27].

TABLEAU  L Nombre des travailleurs entrés en groupes en Roumanie, depuis 1885.

 

Comme le dit très-judicieusement M. Bibicesco:

„ce ne sont pas les persécutions qui chassent les Juifs du pays, mais bien le fait qu'ils sont impropres au travail qui, en Roumanie, est le plus nécessaire, ou bien qu'ils ne veulent pas s'adonner au travail agricole, pénible et peu rémunérateur.” [28]

L'inaptitude, l'aversion du Juif pour les travaux agricoles a, du reste, de nouveau été illustrée par les essais infructueux de la „Jewish Agricultural and Industrial Aid Society”, aux États-Unis.

Cette association a essayé de placer dix familles d'émigrants de Roumanie dans des formes choisies avec soin aux environs de Woodbine: huit d'entre elles ont déjà abandonné leurs fermes.

Les essais faits en Asie Mineure n'ont guère mieux réussi .[29].C'est dans cette obstination des Juifs à fuir le travail des champs qu'il faut chercher la raison principale de la misère régnant dans certains centres juifs, misère qui les pousse à l'émigration.

Nous avons vu au chapitre précèdent, le Dr. Ganz avouer que les mesures législatives prises par les Roumains ne sont pas cause de l'émigration des Juifs.

La misère régnant parmi les Juifs a naturellement été exaspérée par le manque total de récolte en 1899, et par la crise qui s'en suivit.

Arrêt des travaux de bâtiment à Bucarest.

Pour donner un exemple de l'intensité de cette crise, j'emprunte à l'excellent opuscule de M. Bibicesco le tableau suivant montrant la diminution étonnante des travaux de bâtiment dans la capitale qui en fut une des conséquences.

TABLEAU LI Bâtisses construites et surfaces bâties à Bucarest de 1896 à 1903 [30]

 

Il est évident que cette stagnation du bâtiment a été, en proportion, tout aussi forte dans les villes de province. Le nombre de maçons, ferblantiers, charpentiers, menuisiers, vitriers, peintres etc., restés sans ouvrage fut très grand. Les Italiens qui, dans certaines villes, avaient la spécialité de ces travaux, quittèrent le pays on masse. Il tombe sous le sens que les artisans juifs, en Moldavie, partagèrent cette détresse qui ne se bornait pas aux professions plus particulièrement engagées dans le bâtiment mais était naturellement commune à tous les métiers, et au commerce.

Ce sont là les causes de l'accélération du mouvement d'émigration des Juifs.

Il est certain que ce mouvement, qui existait déjà depuis longtemps, a pris des proportions très-considérables depuis 1899.

Chiffres relatifs à l'emigration des Juifs.

Les statistiques publiées par les Ministère de l'Interieur accusent un total d'environ 20000 Juifs ayant quitté le pays. Ce chiffre me semble être au-dessous de la vérité et je crois que celui qui à été communiqué au mois de Janvier, par des Juifs de Galati, au Colonel Trotter, Consul Général britannique dans cette ville et transmis par lui dans son rapport au Foreigne-Office du 28 Janvier (n. s.) 1903, se rapproche beaucoup plus de la vérité.

D'après les renseignements du Colonel Trotter, le nombre des Juifs ayant quitté la Roumanie depuis 1899, aidés par les fonds de diverses sociétés juives, se monterait à 31615 qui auraient été dirigés sur les endroits de destination suivants:

New-York

8054

en

1900.

 

 

 

4921

1901

 

 

 

8540

1902

 

 

Philadelphia

2000

de

1900

à

1902

Canada

2500

République Argentine

500

Egypte

1500

Londres et Paris

3000

 

A ce total de 31615 émigrants assistés par diverses sociétés, il faut ajouter celui des Juifs émigrés par leurs propres moyens.

Il est, bien entendu, très-inférieur au premier; je crois qu'il faut l'évaluer à un nombre compris entre 5 et 8000 nous donnant pour l'émigration juive de 1899 à 1903 un total qui serait de 36 à 40000 âmes.

Voici les raisons qui me font adopter ce chiffre:

Statistique de la population en Roumanie pendant la période 1895-1901.

Le tableau suivant nous donne le mouvement et l'accroissement de la population en Roumanie, par religion, pour la période 1895—1901.

TABLEAU LII Accroissement de la population en Roumanie par religions pour la période septennale 1895—1901

 

Natalité et mortalité comparées

Ce tableau présente les résultats dûs à l'accroissement naturel et ne tient, pas compte de l'émigration dont les chiffres n'étaient pas connus à son auteur. Il résulte des données du tableau relatives à la population juive que, pendant les cinq premières années de la période: 1895, 1896, 1897, 1898 et 1899, pendant que l'émigration avait un caractère pour ainsi dire normal, la natalité chez les Juifs était, en moyenne de 41,6 pour 1000: le mortalité de 22,3 pour 1000. Pour les années 1900 et 1901, nous les voyous tomber brusquement la natalité à 33,5 en moyenne, la mortalité à 20.2. Or ces chiffres sont, sans le moindre doute, beaucoup trop bas.

La natalité moyenne des orthodoxes, pendant les deux mêmes années a été de 40,4. pour 1000; la natalité des Juifs est, en effet, inférieure à celle des orthodoxes mais elle ne l'est pas à ce points. Le tableau nous montre que, pendant les 5 années 1895—1899, la natalité moyenne des orthodoxes était de 42,5 pour 1000 c'est-à-dire supérieure à celle des Juifs d'environ 1 pour 1000.

les chiffres de la natalité des Juifs en 1900 et 1901 nous prouvent donc que le total de la population juive pendant ces deux années, a été bien inférieur à celui qui est indiqué par le tableau.

Nombre actuel probable des Juifs.

Pour avoir le nombre très-approximatif des Juifs habitant la Roumanie en 1900 et 1901, il faut calculer ce chiffre en admettant que la différence entre la natalité des orthodoxes et celle des Juifs en 1900 et 1901 était sensiblement la même que pendant la période quinquennale 1895—1899. Ceci nous donnerait pour cette natalité (des Juifs) un rapport de 40,4 pour 1000 et pour le total des Juifs un nombre d'environ 225000 âmes. Ce calcul n'est, bien entendu, qu'approximatif mais je ne pense pas que leur nombre dépasse en ce moment de beaucoup 230000 âmes. Ce seraient donc environ 40000 Juifs qui auraient quitté le pays depuis 1899.

Du tableau ci-dessus il résulte que si la natalité des orthodoxes est plus considérable que celle des Juifs, la mortalité de ceux-ci est, en revanche, inférieure à celle de toutes les autres confessions habitant le pays. En effet, elle a été eu moyenne, pour la période 1895—1899:

De 29,3 pour les orthodoxes

    27,9 „    „ catholiques et les protestants

   32,1 „    „ mahométans et  autres.

Cette circonstance prouve que la situation matérielle présente des Juifs en Roumanie, loin d'être aussi mauvaise qu'ils veulent bien le prétendre est, en moyenne, meilleure que celles des Roumains qui, soi-disant, les persécutent.

Si les Juifs n'étaient pas mieux logés, mieux nourris, mieux vêtus, s'ils n'exerçaient pas des métiers moins pénibles, moins dangereux que les Roumains, pourquoi donc mourraient ils moins qu'eux?

Mais cette différence, de surprenante qu'elle nous apparaît sur le tableau général devient effrayante quand on prend eu considération les statistiques relatives au mouvement de la population dans les villes.

Voici un tableau nous donnant le mouvement de la population chrétienne et juive des communes urbaines du pays de 1870 à 1893, par districts.

TABLEAU LIII Mouvement de la population des communes urbaines de la Roumanie, de 1870 à 1893 [31]

 

Il résulte du tableau que, pendant ces vingt trois ans, dans les communes urbaines de la Moldavie, l'excédent des morts des chrétiens sur les naissances a été de 29786. Pendant cette même période, l'excédent de naissances des Juifs, dont le nombre n'était que la moitié de celui des chrétiens, a été de 38350. On dirait vraiment que ce sont les Roumains et non les Juifs qui sont persécutés en Roumanie!

Voici le tableau du mouvement de la population de la ville de Iassy pour la période 1869—1876.

TABLEAU LIV Mouvement de la population de la ville de Iassy pour la période 1869-1876

 

Les statistiques publiées pour la période 1893— 1900 ne sont pas encore complètes mais, de celles qui sont imprimées, il résulte que la population chrétienne des villes de la Moldavie continue à donner des excédents de morts.

Le tableau LIV résume les chiffres relatifs à 1900 et à 1901; il en résulte que pendant la première de ces années, la population chrétienne de ces villes, formant plus des 60 centièmes de leur population totale, a donné un excédent de 407 naissances. Pendant la même année les Juifs qui ne formaient pas 40 centièmes de la population totale, présentaient un excédent de 1794 naissances, c'est-à-dire quatre fois et demie plus grand. Et encore l'année 1900 a-t-elle été exceptionnellement favorable sous ce rapport et a-t-elle donné un excédent pour les naissances chrétiennes. L'année 1901 a donné un résultat bien plus désastreux. Les chrétiens ont un excédent de 235 décès, les Juifs un excédent de 1411 naissances.

Voici du reste le tableau en question:

TABLEAU LV Excédents des naissances et des morts de la population urbaine, chrétienne et juive, de la Roumanie, par district et par ville pour les années 1900 et 1901 [32]

 

Et à ce fait évident, incontestable, que la population chrétienne des villes de la Moldavie s'éteint pendant qu'elles voient leur population juive croître de jour en jour par l'excédent des naissances, il faut opposer le fait, qu'en Valachie, la population chrétienne des communes urbaines croît lentement mais incontestablement ainsi qu'il apport du même tableau et que la population rurale de toute la Roumanie, presqu' entièrement chrétienne, offre un des plus grands rapports d'accroissement de l'Europe (près de 1.7%).

Le tableau suivant résume les données relatives au mouvement de cette population pendant les années 1900 et 1901.

TABLEAU LVI Mouvement de la population rurale de la Roumanie pour les années 1900—1901, par district et par confession. [33]

 

Si la natalité est sensiblement la même en Moldavie et en Valachie, la mortalité est certainement plus considérable dans la Roumanie du Nord.

Causes de la grande mortalité des chrétiens dans les villes de la Moldavie.

Quelle peut donc être la cause qu'une race prolifique et vigoureuse comme la race roumaine, présente dans les villes de la Moldavie une mortalité aussi élevée?

A cette question il ne peut y avoir qu'une seule réponse: la misère.

En effet, il ne peut être question ici de la, population chrétienne urbaine appartenant à la classe aisée. Il est évident que chez elle, prise à part, la mortalité est aussi peu élevée que possible, inférieure peut-être même à celle des Juifs; elle est hors de cause. Mais c'est de la masse de la population chrétienne urbaine qu'il s'agit. Les Juifs ne lui ont laissé que les métiers les plus pénibles, les plus malsains, les moins productifs. Logés dans des masures infectes ou dans des trous creusés en terre (bordeie), leurs enfants périssent en masse à la moindre maladie; insuffisamment vêtus, devant se contenter d'une nourriture malsaine et insuffisante, leurs organismes affaiblis n'offrent qu'une faible résistance aux maladies auxquelles ils sont continuellement exposés.

La générosité avec laquelle est dispensée l'assistance publique leur vient bien en aide, mais fut-elle encore dix fois plus généreuse, elle ne pourrait arriver à changer l'état de choses existant. Pour mettre cette population dans un état hygiénique satisfaisant il ne suffit pas de la soigner quand elle est malade, il faudrait la loger, la vêtir, la nourrir ou lui procurer les moyens de gagner une existence moins difficile.

Bernard Lazare et le Dr. Ganz s'apitoyant sur les misères observées dans certains quartiers juifs mais sont-ils allés voir celles qui se cachent dans les mahalas ou faubourgs habités par les chrétiens? Ils auraient vu que la pauvreté dont se plaignent les Juifs est l'aisance auprès de celle dont souffrent les chrétiens.

La preuve que cette misère des chrétiens, dans les villes de la Moldavie, est dûe au fait que les Juifs ont accaparé tous les métiers, résulte du fait que tant dans les villes de la Valachie que surtout dans les campagnes, c'est-à-dire là ou la population chrétienne n'est pas en contact avec une nombreuse population juive, les chrétiens donnent de grands excédents de naissance sur les décès. Le seule ville, de la Moldavie qui, pendant la période 1870—1893, a donné un excédent de naissances chrétiennes est Tecucĭ, c'est-à-dire précisément la ville la moins enjuivée de la Moldavie, la dernière où les Juifs ont pris pied; celle où ils comptent le moins de commerçants et le moins d'artisans.

Il y a encore une cause à cet excédent de décès chez les chrétiens des villes de la Moldavie, c'est l'alcoolisme introduit, entretenu par les innombrables cabarets juifs qu'elles contiennent et qui empoisonnent la population avec leurs boissons frelatées.

Voudrait-on qu'il se trouvât un gouvernement roumain qui expose la population des campagnes aux maux qui anéantissent celle des villes, en permettant aux Juifs de se répandre dans les villages et en provoquant de cette façon une nouvelle invasion de Juifs de Pologne et de Galicie?

Il me semble douteux qu'on puisse trouver un gouvernement roumain capable de prendre une pareille responsabilité.

En Bukovine les paysans roumains, ruinés par les Juifs, commencent à émigrer en Amérique; nous ne voulons pas que pareille chose arrive chez nous. Nous préférons voir émigrer les Juifs, nous ne trouvons pas qu'il y ait trop de Roumains dans ce pays. Par contre, Hugo Ganz lui-même, a trouvé qu'il y a trop de Juifs dans nos villes.


 

[1] Expunerea Situatiei Tesaurului Public la 30 Sept. 1887, p. LVI.

[2] D'après une statistique communiquée par le Ministère de l'Intérieur.

[3] Statisticii Debitelor de Beuturi dans le Buletin Statistic Général. An. Il, p. 385.

[4] D. G. MAXIM. Causele înmultirii falimentelor in România, p. 154.

[5] D. G. MAXIM Op. cit., p. 156 et suiv.

[6] D'après D. G. MAXIM. Op. cit. Tableau A.

[7] C. E. CRUPENSKI. Statistica Firmelor comerciale dans le Buletin Statistic Général. An. II, p. 187.

[8] Ibid., p. 150.

[9] Chiffres fournis par l'enquête industrielle faite par le Ministère des Domaines an 1902.

[10] 1) Voir l'article: Juifs par Theodore reinach dans la Grande Encyclopédie. XXI, p. 273.

Le caractère du Juif est dépeint avec tant de vérité que je crois utile de reproduire ici le passage entier:

„.... L'âme du Juif est le produit de son histoire et, à cóté d'analogies tenant à des destinées longtemps communes, cette âme présente d'un pays à l'autre de grandes différences qui justifient le mot de Metternich:  «Chaque pays à les Juifs qu'il mérite.» En résume, le caractère et l'intelligence du Juif moderne sont le produit des facteurs suivants:

1) La Bible (Thora et prophètes); 2) l'éducation talmudique (soit des générations actuelles, soit de leurs ancêtres); 3) les persécutions prolongées; 4) l'abstention forcée pendant de longs siècles de certaines occupations; 5) la pratique exclusive également imposée, d'autres branches d'activité, le passage, souvent très-brusque, de l'oppression à la pleine liberté, de la misère à l'aisance ou à la richesse, de l'ignorance et de la foi dociles à l'émancipation complète de l'intelligence. Il n'y a presque pas une des qualités ou un des défauts des Juifs actuels qui ne puisse s'expliquer par une de ces six causes, sans faire intervenir le moins du monde la notion de race, c. a. d. de fatalité.

A la première cause (éducation biblique), on rapportera les ver-tus de famille des Juifs, leur sobriété, leur charité, leur respect de la légalité, la rareté parmi eux des crimes de violence comme aussi la persistancede l'esprit prophétique et messianique qui est une des formes de l'esprit révolutionnaire des Juifs. A la deuxième (éducation talmudique) appartient le remarquable développement des fa cultes mnémoniques et dialectiques des Juifs, leur rare puissance d'abstraction et de combinaison, avec ses applications heureuses, (ils sont nés mathématiciens, linguistes, jurisconsultes, philosophes, comédiens, musiciens, joueurs d'échhecs) et, aussi ses abus: éristique, vaine subtilité etc. La précoce, intelligence des Juifs, leur vivacité de conception, leur es-prit de mots qui se peignent dans la conversation, dans mille anecdotes, dans la saveur particulière de leur style, ont aussi, en partie, leur source dans l'école raffinée de la casuistique talmudique.

Les persécutions, en prenant ce mot au sens le plus large, ont qui se plie merveilleusement aux conditions d'existences les plus variées.

d'autre part, dans une certaine humilité qui s'associe parfois an manque de courage et de point d'honneur, au penchant pour la ruse arme des faibles et le mystère, refuge des opprimes. La servilité apparente de certains Juifs est, au reste, parfaitement, compatible avec un grand fonds

d'orgueil à la fois individuel et national, — le Juifs comne l'Espagnol mendie insolemment, et avec une ambition ardente, qui ne se tient jamais pour satisfaite tant qu'il lui reste un échelon à gravir, et poursuit toutes les jouissances sans jamais jouir complètement.

La quatrième cause (occupations interdites) explique le peu d'aptitude ou de goût, des Juifs pour certaine professions (agriculture, marine, métiers exigeant un grand effort physique, etc.,) l'absence ou l'insuffisance de certaines qualités que ces professions contribuent à développer; il est assez remarquable que les Juifs, qui ont produit dans ce siècle tant de littérateurs, de musiciens et d'hommes d'État supérieurs, Inversement, la longue spécialisation des Juifs dans le commerce d'argent explique leur supériorité, héréditaire dans cette branche et dans toutes les occupations qui s'y rattachent, comme aussi la fréquence des défauts qu'elle engendre: âpreté, goût démesure du lucre, finesse dégénérant en duplicité, penchant à croire que tout est à vendre et qu'il est légitime de tout acheter.

Enfin, les Juifs ont parfois les vices et les ridicules qui ont été, de tout temps, ceux des parvenus et des affranchis: vulgarité, ostentation, vanité, snobisme. Dans certaines villes, la société juive est divisée en castes, ou plutôt en conciles, graduées suivant l'opulence de leurs membres, dont chacune affecte de mépriser celle qui lui est immédiatement inférieure, et recherche a tout prix les fréquentations brillantes ou soi-disant telles, les alliances nobles et coûteuses, sans aucun égard à la vraie distinction, et au vrai bonheur: Jourdain et Poirier sont des types fréquents dans le monde israélite. La brusque émancipation intellectuelle et religieuse, produit d'autres effet de déséquilibre: en rompant les liens qui l'attachaient au judaïsme traditionnel, le Juif ne trouve souvent plus dans sa conscience vidée ni frein ni guide moral qui l'arrête; il s'abandonne comme un cheval échappe à toute, l'effervescence de son imagination et de sa logique, à tous les excès de la pensée et, de l'action. La société berlinoise, dès la fin du siècle dernier, a offert de remarquables exemples de ce radicalisme ou plutôt de ce nihilisme moral.

[11] Les chiffres relatifs à la criminalité sont pris dans: Rapport general asupra Inchisorilor centrale si aresturilor préventive par GR. I. dianu, Directeur Général des  Prisons, Bucarest, 1898, pag. 45 et suiv.

[12] Nous trouvons dans l'ouvrage déjà cité de THÉOPHILE hallez: Des Juifs en France, p. 247 et suiv, quelques détails intéressants sur le question du serment more judaïco:

„Nous avons dit, vers la fin de la première partie de notre ouvrage, qu'il existait pour les Juifs d'Alsace une formule de serment toute spéciale, laquelle parait avoir été ordonnée d'abord par les rabbins, et qui de là passa dans la législation des empereurs d'Allemagne, et plus tard dans la jurisprudence du Conseil souverain d'Alsace.

Dès le 10 Avril 1809, la Cour de Colmar eut à décider si cette forme de serment était encore obligatoire. Elle se prononça pour l'affirmative, et ce qu'il y a de remarquable, c'est quo cette délation du serment eut pour résultat un aveu constamment dénié jusque-là. La cour de Colmar ne s'est jamais départie de cette jurisprudence, elle l'a confirmée, depuis l'abrogation du décret de 1808, par plusieurs arrêts, dont le dernier est soumis en ce moment à la Cour de Cassation.

. . .  Le sermont more judaïco est réclamé presque toujours par les Juifs eux - mêmes, quand ils sont en litige entre eux. L'on en a eu des exemples remarquables relativement à l'affirmation des créances en cas de faillite, et à l'affirmation qui doit être faite lors de la clôture de l'invention après décès. Des co-créanciers et des co-héritiers juifs demandèrent que ces affirmations fussent prêtées more judaïco.

Le second fait, non moins grave, c'est que les Juifs ne prêtent qu'un tiers des serments décisoires qui leur sont déférés dans cette forme: que dans les deux tiers des cas ils transigent, ou même abandonnent complètement la réclamation.

Le troisième fait enfin, c'est que les juges de paix placés, comme le dit l'auteur du Mémoire qui nous fournit ces détails, auprès des parties, et connaissant très bien leur moralité, s'expriment de la manière la plus énergique sur l'importance de main-tenir la formule more judaïco, comme étant seule un appel efficace à la conscience des Juifs.

Pour corroborer cette dernière assertion et pour donner une idée de l'empire exercé sur la conscience de beaucoup d'Israélites par les pratiques les plus superstitieuses, l'on nous permettra de citer une anecdote très caractéristique et qui est bien connue dans le pays. Nous supprimons le nom propre.

Un Juif, plusieurs fois millionnaire, sur le point de prêter un serment qu'on lui avait, déféré, prit la précaution de quitter l'estrade carrée qui se trouve au milieu de la synagogue et d'aller s'appuyer sur un banc Voisin. C'était ôter à l'avance toute efficacité au serment. Mais l'adversaire de l'ingénieux Israélite, con-naissant ou devinant ce moyen n'échapper aux liens du serment, fil observer au rabbin que le Juif n'était pas à la place prescrite. Le rabbin reconnut la vérité de cette observation et le Juif, invité, à se mettre en la, place consacrée, demanda et obtint la remise au lendemain pour réfléchir à la chose. La réflexion lui profita, et le serment ne fut pas prêté.

Ces faits sont, graves, et si, par respect pour la lettre de la loi, l'on pense qu'il faille interdire le serment more judaïco, l'on reconnaîtra sans doute qu'il faudrait que la loi elle-même fût, modifiée. Possédant un moyen dont l'expérience prouve l'efficacité pour réprimer des fraudes constantes, l'on ne voudra pas le laisser échapper, par respect pour nous ne savons quel principe abstrait, qui, même, n'est pas véritablement en cause.”

Voici maintenant des fragments des considérants de l'arrêt rendu le 13 Janvier 1828 par la 3-me Chambre de la Cour de Colmar, pour résoudre la question de savoir si le serment déféré aux Juifs doit être prêté more judaïco.

 

„... que l'utilité et l'efficacité du mode de serment sont telles que lorsqu'il a été proscrit de nouveau par l'arrêt de la cour du 10 Février 1809, tel qu'il était prété avant la révolution des Juifs, auxquels ce serment avait été déféré, d'abord sans la formule spéciale, et qui avaient eux-mêmes assigné, pour voir faire cette affirmation pure et simple devant, le juge, ont ensuite refusé du faire celle qui leur a été imposée devant le rabin, et oui préféré payer des sommes importantes;

Que d'un autre côté, il est arrivé aussi, et à la même époque que le Juif, chargé, par arrêt, de prouver avoir fourni valeur entière et sans fraude, en conformité du décret du 17 Mars 1808, avait offert de faire la preuve à lui imposée et avait, même as-signé les témoins juifs, dont il entendait invoquer le témoignage; mais, qu'au moyen du mode spécial de serment, admis depuis cette assignation, le Juif a renoncé à faire entendre ses coreligionnaires comme témoins, qu'alors leur témoignage ayant été invoque par l'adversaire contre ce même Juif, ils n'ont pas hésité de déposer contre lui, après le serment more judaïco qu'on leur a fait prêter.

..... La première (observation) en droit, est, que, comme on l'a déjà indiqué, les Juifs du Midi, en faveur des quels ces arrêts sont intervenus suivent, le rite hébraïque portugais et la seule loi d e Moise, abstraction faite des commentaires qui forment la Talmud; tandis que ce même Talmud est l'unique loi que suivent les Juifs d 'Alsace; que, sous ce rapport, on peut admettre, une forme spéciale de serment, sans qu'elle soit pour cela obligatoire polir les Juifs d'Alsace, et que réciproquement, on peut décider que le rite adopté par les Juifs du Midi n'admet, aucune formule spéciale quant au serment, sans que cette décision soit exacte et obligatoire pour les Juifs d'Alsace ...

. . . Que la seconde observation que comportent ces arrêts est que ce qui serait le plus à désirer, tant pour les Juifs d'Alsace que, pour les habitants de cette province, serait que l'on puisse, avec vérité, plaider devant la Cour du ce ressort comme on parait l'avoir fait devant celle de Nîmes: que depuis dix années aucun Juif n'a paru sous le poids d'un délit ou d'un crime; que quant à l'habitude d'usure qu'on leur a tant reprochée, deux seulement ont été pour-suivi dans tout le Midi, et encore sur de, légères accusations, dans ces derniers temps, où mille procédures ont signalé tani, d'usuriers.

Que l'énorme disproportion qui existe, sous ce rapport, entre les deux localités, explique assez l'énorme différence d'entre les Juifs qui les habitent, et que si, en fait, les juges du Midi ont la douce satisfaction de ne voir dans les Juifs qu'ils ont sous les yeux que des hommes probes, actifs, industrieux, en un mol, des citoyens qui, à l'égard de tous, sont utiles à leur patrie comme à eux-mêmes, on conçoit qu'ils peuvent avec pleine sécurité de conscience pour les justiciables, se relâcher d'une formule spéciale de serment qui n'est plus nécessaire, ou qui peut même n'avoir jamais été légalement prescrite, quant à ces Juifs du Midi, mais qu'encore une fois, ces arrêts ne décident rien quant aux Juifs d'Alsace, puisqu'ils ont un rite et une législation spéciale, surtout quant au serment, et qu'il importe d'autant plus d'en main-tenir la formule, qu'elle remplit plus efficacement le but de la loi, celui d'ajouter le lien religieux au lien civil: TH. hallez. Op. cit., p. 352 et suiv.”

 

La, Cour de Colmar, on le voit est, sévère pour les Juifs d'Alsace. Il va sans dire qu'elle se prononça pour le maintien du serment more judaïco. Si une cour d'appel française, en 1828, se prononçait d'une manière aussi catégorique pour le maintien du serment more judaïco en Alsace, je crois qu'on peut hardiment soutenir son maintien, en 1903, en Roumanie où, sauf les Juifs espagnols de Bucarest, tous les autres sont des Juifs talmudistes allemands, venus de Pologne et se trouvant dans un état de culture autrement bas que celui des Juifs d'Alsace en 1828.

 

[13] Du Rétablissement de la Nationalité Juive par I. fränkel, Paris 1868, p. 30.

[14] V. aussi J. LAHOVARY. Op. cit.

[15] V. aussi J. LAHOVARY, Op. cit., loc. cit.

[16] Procesul locuitorilor din Dărăbani înaintea Curtei cu Jurati din Dorohoi, .Bucuresti, F. Göbl, 1879, p. ix.

[17] L'oka est une ancienne mesure pesant environ 1250 grammes.  Elle se divisait en 400 drames.

[18] Ibid, p. XVII

[19] Ibid, p. 469.

[20] Je dois cette traduction à l'amabilité de M. Octavian ISOPESCU, Docteur en théologie de l'Université de Czernowitz.

[21] Procesul locuitorilor din Dărăbani, p. 165.

[22] La traduction de ce hérem ainsi que les explications qui le précédent et le suivent sont également dûes à l'obligeance de M. OCTAVIAN isopescul, Docteur en théologie.

[23] ISIDORE LOEB. Op. cit. p. 416

[24] D'après des renseignements pris au Ministère des Finances

[25] Voir les Comptes-rendus de la situation du Trésor Public au 30 Sept. de chacune des années 1879—1900.

[26] D'après les renseignements pris au Ministère des Finances.

[27] D'après I. BIBICESCU. Op. cit., p. 26.

[28] Ibid., p. 27.

[29] Ibid., p. 32.

[30] Ibid., p. 32.

[31] Buletinul Directiunei Generale a Serviciului Sanitar. An. XI Nos. 21 et, 22, p. 350.

[32] D'après L. COLESCU. Miscarea Populatiunei Romaniei în anul 1900 et le même ouvrage pour 1901.

[33][THIS FOOTNOTE IS MISSING. AS SOON AS POSSIBLE IT WILL BE correctED]

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