Tiaret. Journée nationale
de l’artiste Hommage à Berque et à Maâchi
Tiaret, à l’instar de beaucoup de régions
du pays, a célébré la Journée nationale
de l’artiste avec un cachet quelque peu particulier cette
année en présence d’une délégation
française, dont Julia Berque flanquée de son fils
Julien, M. et Mme Sur et beaucoup d’autres hommes de lettres
et de culture afin de rendre hommage à Jacques Berque,
mais aussi à tous ces artistes vivants ou morts et ceux
anonymes, dont Ali Maâchi, qui ont partagé ensemble
dans sa diversité le sort de l’Algérie et
continuent d’être cette sève nourricière.
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et maire de Belfort,
tout autant qu’Adonis n’ont pas fait le déplacement
à Frenda, la ville adoptive de Jacques Berque qui s’est
parée pour la circonstance de ses plus beaux atours. L’émotion
était grande et perceptible avant-hier matin aux abords
de l’annexe de la Bibliothèque nationale là
où une grande kheima a été érigée.
Mme. Khalida Toumi, arrivée en retard, n’a pas été
de la fête mais s’est reprise en replaçant
la rencontre dans son contexte fortement marqué par certaines
appréhensions dues principalement à des approches
sur la commémoration d’événements culturels
d’une grande portée. Fêter à la fois
Berque et Ali Maâchi fut une idée géniale,
mais la perception des faits a fait apparaître des divergences,
quand bien même les principaux acteurs de la société
semblent s’ouvrir à ce vent d’ouverture qui
souffle sur les deux rives de la Méditerranée.
Khalida Toumi, qui disait beaucoup devoir à Bouteflika
qui l’a nommée au ministère de la Culture
et qui continue de l’assumer, œuvre passionnément
à donner aux strates de la culture algérienne tous
les sens et leurs lettres de noblesse à travers les immenses
chantiers culturels ouverts ou à ouvrir dans leurs dimensions
locale, régionale, nationale et même universelle.
Natale Frenda
Le colloque international sur Jacques Berque, organisé
à la Bibiothèque nationale, s’inscrit donc
dans cette vision de celui-là même qui a beaucoup
contribué par ses écrits au raprochement des peuples,
de leurs cultures et d’une bonne compréhension des
religions dont l’Islam plus que jamais au cœur de la
tourmente. Hommage appuyé à cet orientaliste convaincu
qui a fait don de son trésor livresque à l’Algérie
et une occasion pour parler de cette civilisation islamique pour
laquelle il s’est beaucoup dépensé. Dans un
entretien paru dans El Watan, Jean-Pierre Chevènement,
absent à Tiaret, a parlé d’un fonds documentaire
qui lui a été remis par Julia Berque pour lequel
un remarquable travail a été fait pour classer,
répertorier, ficher et microfilmer. Travaux déposés
actuellement à la mairie de Belfort, dont il préside
aux destinées, et dont certains, à l’exemple
de Julia, espèrent un jumelage entre Frenda et Belfort.
Cela n’a pas été possible hier bien que les
Frendéens continuent de nourrir des espoirs de voir se
réaliser ce pont culturel.
Fondation Maâchi
Au-delà de l’hommage à Berque dans sa ville
adoptive Frenda, à 50 km du chef-lieu, dans l’annexe
de la Bibliothèque nationale qui porte désormais
son nom, les Tiarétis continuent de vouer leur cœur
à cet autre enfant martyr, Ali Maâchi, dont l’ombre
a beaucoup plané hier sur Tiaret. Un cérémonial
devenu au fil des ans une coutume pour les fils du bled que de
se remémorer le chantre de la musique algérienne
qui a chanté pour la postérité Angham El
Djazaïr, Hadhak el youm fel achia, Ouassit el goumri, Tahta
sama El Djazaïr et Ya babour qu’on continue de fredonner
avec nostalgie. L’anniversaire de sa mort pour lequel le
ministère de la Culture a institué la Journée
nationale de l’artiste n’a pas été cette
autre occasion pour ses nombreux amis dont ceux vivants de la
célèbre troupe Safir Ettarrab de transcender les
clivages pour redonner du standing à l’homme dont
les œuvres musicales riches et intenses exprimaient le nationalisme,
l’amour et bien sûr cet humanisme qui fait tant défaut
de nos jours. La fondation nationale Ali Maâchi, malgré
toute la volonté de ses animateurs, n’a pas su donner
de l’épaisseur à l’homme, à ses
œuvres et par conséquent à une recherche poussée
pour baliser le chemin à tous ces artistes en herbe de
sa trempe. Le programme concocté cette année pour
la célébration du 46e anniversaire de sa mort reste
chétif, voire symbolique, bien que certains jusque-là
en retrait aient commencé à parler de marginalisation
que le directeur de la culture, le poète et journaliste
Mustapha Nator réfuta en ayant recours à des allégories.
Une journée de l’artiste qui, malgré le tumulte
qui traverse les tréfonds de cette corporation, continue
d’apporter son lot de satisfaction, de préjugés
mais beaucoup d’ouverture sur cette société
quelque peu ébranlée.
Par A. Khalid http://www.elwatan.com
Jacques Berque et Ali Maâchi ressuscités
le matin
Coïncidant avec la célébration de la Journée
nationale de l'artiste, le colloque sur Jacques Berque, organisé
lundi à Tiaret en présence de son épouse
Giula, son fils et autres personnalités étrangères
et algériennes comme le pédagogue Jean Sur et sa
femme, la ministre de la Culture et le directeur de la Bibliothèque
nationale, a permis de mieux faire connaître le défunt
et son uvre à travers les témoignages et les interventions
de ceux qui l'ont côtoyé de longues années
durant.
Outre le volet communications sur la vie et l'uvre du penseur
français, mettant en exergue ses idées, sa pensée
sur la civilisation arabo-musulmane et son rôle d'humaniste
dans le rapprochement entre les peuples, il a été
aussi prévu une visite guidée de Taghazoult, une
région riche par ses vestiges historiques et archéologiques
dont la fameuse grotte où Ibn Khaldoun a rédigé
sa célèbre Mouqadima.
A Frenda, la ville qui a vu naître Berque, la délégation
a marqué une halte pour visiter le siège de la fondation
baptisée en son nom et l'annexe de la Bibliothèque
nationale où l'on peut trouver un important lot d'ouvrages
et de manuscrits offerts par la famille Berque. Parallèlement,
et pour fêter le 8 juin, Journée de l'artiste, les
différents espaces culturels comme la salle Mekki-Mustapha
et la galerie d'art Safir-Ettareb ont connu une ambiance bon enfant
en abritant des festivités artistiques concoctées
par la Direction de la culture en collaboration avec le mouvement
associatif.
Les adeptes de la musique ont assisté à des spectacles
variés agrémentés par la chanson raï,
chaâbi, moderne, rap, etc.
La clôture de cette commémoration devait être
couronnée par la décoration par la ministre de la
Culture d'une pléiade d'artistes locaux à l'image
de cheikh Mihoubi, Mohamed Oudhhai, cheikh Abdellah Tiarti, cheikh
Miloud El Vialari, Besebbane et autres Khelifi El Alia.
Aux yeux de certains, ce geste exprimé à titre de
reconnaissance en cette circonstance aurait été
plus significatif s'il avait ciblé d'autres artistes ayant
brillé par leur production, tels les poètes Benaïssa
Benzama, El Hadj Bouziane, le trio El Hidhab de Sougueur et bien
d'autres talents.
Mourad Benameur www.lematin-dz.net

|