Tihert Premier Club
Virtuelle des Etudiants Tiartiens
Historique
À 1083 mètres d'altitude, aux confins du Tell et
des hauts plateaux, sur le versant sud du Djebet Guezoul, Tiaret
a toujours occupé une position stratégique pour
les hommes, toutes civilisations confondues.
Tiaret a largement participé à l'histoire du monde.
Du phéhominien (4 à 500.000 ans avant J.C.) à
l'homo sapiens en passant par le néenderthalien, tous ont
laissé à Tiaret des vestiges.
Le pays a toujours joui d'un climat chaud et humide créant
des conditions idéales d'autant que ce site remarquable,
qualifié par les auteurs, tour à tour, de "balcon
du Sud" ou de "Porte du Sahara" est situé
au croisement de deux grandes voies naturelles de circulation
Tingratia
Un tel site n'allait pas échapper aux légions romaines.
Le fort bien connu des Tiaretiens occupait l'emplacement d'un
établissement romain qui avait nom Tingartia.
D'après plusieurs auteurs l'ancienne Tingartia fut le siège
d'un important évêché au IV, siècle,
et la région jouissait à l'époque d'une réelle
prospérité.
- -Les romains tenaient les principaux points stratégiques
pour organiser la pacification du territoire. La France reprendra
ce schéma et établira fidèlement la plupart
de ses garnisons sur l'emplacement des villes et des camps romains.
LE ROYAUME DE TIHERT LES ROSTEMIDES
La carte politique de l'Afrique du Nord qui va de la Tripolitaine
à l'Océan Atlantique, présente au IXème
siècle, la division que nous connaissons encore. Trois
royaumes se juxtaposent : Tunisie, Algérie et Maroc.
Au Maghreb central, l'Algérie est gouvernée par
la dynastie des Rostémides, qui règnent dans Tihert,
près de l'actuel Tiaret. A leur simplicité d'ascètes,
ces Imams joignent le goût de l'étude et une culture
de savants. Dans Tihert, ils assemblent de riches bibliothèques
et ils envoient en Orient des missions pour acheter des manuscrits.
La science passionne leur entourage : les femmes de leurs familles
s'adonnent à l'examen du dogme, de l'exégèse
coranique, des pratiques du culte et de la jurisprudence islamique.
D'autres sciences captent leur intérêt, en particulier
l'astronomie au sens large du terme
Tahert ou Tihert
En 681, lors de l'invasion arabe, Tingartia occupée alors
par des grecs soldats de Byzance, subit le sort de presque toutes
les villes de l'Afrique du nord : Okba ben Nafi la saccagea et
la ruina. Les tribus berbères beni Iffren et Maghraoua
vassales des byzantins quittèrent la région. D'autres
berbères alliés, eux, aux conquérants arabes
élevèrent sur les ruines Tahert ou Tihert la vieille.
Mais cette ville ne retrouvera plus son lustre précédent
car bientôt Tahert la neuve, construite à Tagdempt
parle célèbre persan Abderrahmane Ibn Rostem,allait
l'éclipser. Ibn Rostem suivi de ses fidèles marchait
vers l'ouest, cherchant une contrée où il pourrait
s'établir. Quelques temps gouverneur de Kairouan affranchie
du joug des Kalifes, il tut contrait de fuir cette ville après
la destruction de l'Imanat par une armée abasside. Ibn
Rostem était un Kharedjite c'est à dire un de ces
croyants qui proclamaient l'égalité entre tous les
musulmans arabes ou non, et ne reconnaissaient comme chef qu'un
homme élu en fonction de ses qualités religieuses
supérieures.
- Les fugitifs s'arrêtèrent près de l'actuel
Tiares, à Tahert où les habitants séduits
par leur doctrine les accueillirent favorablement. Ils s'installèrent
sur le terrain concédé : une épaisse forêt
peuplée de lions, de bêtes sauvages et de petits
reptiles.
De 761 à 909 la dynastie des rostémides allait créer
un véritable état Ibadite d'Afrique du Nord dont
l'influence s'étendra de Tlemcen à Tripoli. Nous
reviendrons plus tard sur cet état Rostémide qui
connut un rayonnement important. La théologie, la controverse
religieuse, la grammaire, l'astronomie parmi d'autres disciplines
s'épanouirent sous l'influence Rostémide.
- Sous le règne des descendants d'Ibn Rostem qui avait
reçu le titre de Kalife, Tahert la neuve connut la paix,
la prospérité et l'abondance. La ville possédait
d'importants bazars très fréquentés. C'était
le rendez - vous des caravanes sahariennes et des commerçants
génois et vénitiens qui s'y rencontraient en été
pour de fructueux échanges.
; Cette situation florissante lui suscita des envieux. D'autre
part, la puissance des Rostémides inquiéta le roi
de Fez Idris, celui - ci attaqua le royaume de Tahert mais il
échoua et reprit le chemin de sa capitale. En 909 l' armée
fatimide commandée par Arouba, attaqua Tahert alors affaiblie
par plusieurs guerres malheureuses contre des tribus voisines.
Le dernier descendant rostémide régnant
Yakhtan fut défait et mis à mort. La ville fut saccagée
et détruite, les Ibatites rescapés du massacre et
poursuivis sans relache s'enfuirent vers le désert où
après un séjour à Sédrata au Sud de
Ouargla ils s'installèrent dans l'oued M'Zab. Leurs descendants
les mozabites y vivent toujours. Signalons qu'une communauté
chrétienne subsista à Tatien dans le royaume rostémide
jusqu'à sa destruction.
- Pendant une longue période de confusion et de désordre,
la région, convoitée pour sa richesse, connut bien
des vicissitudes. L'histoire ne mentionne aucun fait saillant
concernant la ville de Tahert jusqu'à l'arrivée
des Turcs.
- Sous la domination turque Tahert fût rattachée
à l'Odjak et devint le siège d'un caïdat dépendant
d'Oran. Il semble que l'emprise turque sur la région eut
vraiment peu d'effets et que les chefs religieux et quelques grandes
familles détenaient le pouvoir. Au cours de l'occupation
Turque Tahert périclita. Ce n'était plus qu'une
misérable bourgade, une partie de sa population émigra,
l'autre se joignit aux nomades pour échapper aux vexations
et à l'exploitation fiscale des janissaires et agents turcs.
Ainsi pendant 318 ans, Tahert n'offre rien d'intéressant.
Après la ruine du corps des janissaires de l'empire Ottoman,
ce fut la conquête de l'Algérie par la France.
Vers 1836 l'émir Abd El Kader avait fait de Tagdempt (Tahert
la neuve) une citadelle sur les ruines de l'ancienne capitale
Rostemide. Dans cette place forte occupée par une nombreuse
garnison, il avait fait édifier plusieurs constructions
: fabriques d'armes et de munitions, magasins de matériel,
réserves de vivres. Il entreposait aussi une partie de
son trésor et frappait monnaie. Tagdempt débordait
d'activité et comptait environ 500 foyers. L'émir
croyait son arsenal à l'abri dans la citadelle. Le gouverneur
général Bugeaud résolut de détruire
Tagdempt. Il arriva le 24 mai 1841 devant la citadelle qu'il prit
après un violent combat. Ces troupes rasèrent toutes
les constructions ainsi que le village.
Le lendemain 25 mai, les troupes, commandées par le général
de Lamoricière, se présentèrent devant Tiaret
(Tahert la vieille), la bourgade évacuée la veille,
était déserte. Sans combattre, les troupes s'y installèrent
et, le jour même, le génie après avoir relevé
le plan des ruines romaines commença le creusement des
fondations des remparts et des bâtiments militaires.
La ville d'abord placée sous l'autorité militaire
devint le siège d'un commissariat civil puis fut érigé
en commune de plein exercice (décret du 27 janvier 1869).
Au point de vue administratif, Tiaret faisait partie de l'arrondissement
d'Oran, pour les affaires militaires mais dépendait de
la subdivision de Mascara en cette fin de siècle
Tiaret de 1880 à 1925
La ville moderne, (la redoute) fût fondée en 1843
par le général Lamoricière. Lamoricière
insistait sur la situation stratégique de Tiaret à
la limite méridionale du Tell, mais Bugeaud préférait
la position qui allait devenir Orléansville. Finalement
le site fut retenu non comme un grand centre militaire, mais comme
un poste magasin destiné au ravitaillement des colonnes
qui occuperaient et transiteraient sur les Hauts Plateaux.
- Ce n'est qu'à partir de 1880 que la ville commence à
prendre de l'extension. Son marché redevient important,
il est fréquenté par tous les nomades du Sud oranais.
Tiaret comprend la ville haute vers ses remparts flanqués
de bastions, ses bâtiments militaires : casernes, hôpital,
matériel, entrepôts, pavillons des officiers, cercles,
ses bâtiments civils : magasins, bains maures, maisons fondouks,
cafés.
Il est communément admis par l’usage d’appeler
les différentes familles de pur-sang arabe par le nom des
pays qui, au cours de leur histoire, ont importé les souches
de base à partir du berceau de race, on parle ainsi de
souche polonaise, espagnole, anglaise, etc... Parmi celles-ci,
l’une d’elles a toujours pâti d’une reconnaissance
d’identité très approximative, il s’agit
de la famille d’arabes issue des souches importées
au siècle dernier de la Syrie par les Français et
élevées à la jumenterie de Tiaret en Algérie.
Tour à tour baptisées de tunisienne, marocaine voire
française, ces origines ont toujours fait l’objet
de confusions et d’amalgames préjudiciables tant
au niveau de la vérité historique que de la reconnaissance
des particularismes qui leur sont propres et qui forment leur
spécificité. C’est donc dans le but de réhabiliter
cette famille particulièrement importante pour notre élevage
national que nous allons brièvement tracer les grandes
lignes de son histoire en nous attachant à cerner les motivations
des hommes qui ont fait aboutir le projet d’établissement
de la jumenterie et en essayant de définir le plus fidèlement
possible la conception qu’ils se faisaient alors de l’arabe.
La création de la Jumenterie
Dès leur entrée à Alger le 14 juin 1830,
les Français sont déçus par la piètre
qualité des chevaux trouvés sur place. Aussi, très
rapidement, germe l’idée d’élever à
Tiaret les montures dont notre cavalerie a grand besoin en utilisant
celui que l’on qualifie à l’époque d’améliorateur
universel : le pur-sang arabe. La seule solution envisageable
pour s’en procurer les précieux spécimens
reste l’achat dans le berceau de race, mais deux causes
freinent l’enthousiasme de l’administration à
organiser de nouvelles missions en Syrie : d’une part la
rareté de l’améliorateur dans le berceau de
race, et ensuite, évidemment l’enjeu financier...


Il y a 27 ans, « Le Regina » disparaissait du centre-ville
Le lundi 16 février 1976, à 7h55, une forte explosion secoua la ville de Tiaret. Un immeuble de trois étages comprenant un hôtel de 17 chambres, un bar-restaurant, des appartements et des magasins au sous-sol, s’effondre, faisant 60 morts et beaucoup de blessés.
« Le Regina », implanté au centre-ville, dans un angle du carrefour du même nom, entouré de stations d’essences et de blocs administratifs et à quelques encablures du château Rousseau, est complètement détruit. La puissance de l’explosion, les dégâts tant humains que matériels dans un contexte politique de l’époque marquée par une vive tension dans les rapports entre l’Algérie et le Maroc alors qu’éclataient les évènements d’« Amgala » (Sahara occidental), ont fait penser à un attentat, alors que d’autres l’imputaient à une importante fuite de gaz. La ville était sous le choc et le concert des ambulances en direction de l’hôpital ajoutait une note macabre au décor ainsi planté. Le secteur hospitalier qui venait de perdre 12 membres de la mission médicale soviétique dans un accident de la route, n’a pas été un atout dans l’organisation des secours. Ce qui, ajouté à la faiblesse des moyens mis en branle, a été fatal à certaines victimes restées prisonnières des décombres ou d’autres évacuées vers le CHU d’Oran. Une femme a été, au bout du onzième jour, extirpée des décombres. Déjà endeuillées par la perte de plusieurs parents, l’attente de certaines familles devenait intenable. Les secouristes, dont des éléments de l’armée ramenés de loin, continuaient d’extirper les corps sans vie. Certaines victimes, dont des membres des familles Skander et Si Merabet étaient demeurées sous terre plusieurs heures après l’explosion. Si Merabet Driss, un jeune appelé à l’époque, a été retiré vivant à 16 heures du soir par une équipe de secouristes militaires. Il a fallu employer les gros engins prêtés pour la circonstance par l’entreprise italienne qui réalisait l’usine Sonitex. Les mauvaises odeurs avaient même amené le wali de l’époque, M. Belhadj, à ordonner le déminage de la carcasse de béton. Une tragédie forte en ampleur, jamais égalée de mémoire de Tiarétis et qui a fait jaser beaucoup de monde à l’époque où l’on avait spéculé même sur une éventuelle visite du président de la République, Houari Boumediene, mais qui reste aussi cette affaire qui n’a pas révélé, 28 ans après, tous ses secrets. S’agissait-il d’une explosion due au gaz ou à un attentat ? Le mystère reste total bien que les lieux aient retrouvé leur superbe en devenant l’une des attractions du centre-ville. (A Khalid El watan
2004-12-06)
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