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LE DEMON | 08.02.05 | 12h17

Nação Zumbi 2004. Avec un premier dvd tout fraîchement démoulé, le combot de Recife jete un regard sur ses dix années d’existence, célèbre la vie et rend hommage à ses morts. Pense à l’avenir. Em Novembre, ils étaient présents lors de la 4e édition du monstrueux Ceará Music festival. Nous y avons rencontré Jorge du Peixe, Frontman et percussioniste. Propos recueillis par Vanessa Almeida.

Vous fêtez cette année vos 10 ans de carrière. J´aimerais que vous fassiez un bilan de cette histoire.
Ça a été 10 années de route, 10 année d´idées dans les airs. On s´est toujours dédiés à cela, à la fluidité des idées, à faire tomber des monolithes, à ne jamais s´attacher à un rythme unique, à fuire des modèles tradicionnels, à essayer de dribler les problèmes de l´industrie de la musique. On est passés par tout cela, et par des accidents de parcours... Je parle du déces de Chico (Science). Mais on s'est relevés, et on est allés au delà des scénarios préecrits. Et nous sommes là aujourd´hui, 10 ans après, vivants, et conscients qu´il reste beaucoup à faire. On a l´habitude de dire qu´il y a encore beaucoup de boue à remuer, que 10 ans c´est juste un début, que c´est bien peu pour faire un bilan, et on est bien nouveau pour raconter l´histoire. On en fait encore partie.

Dans le dvd, à un moment ou à un autre, tout le monde parle de Chico. Comment gérez-vous sa perte aujourd´hui?
Il est impossible de ne pas le citer. Chico est devenu un icone de la culture du Pernambuco (état du nord-est brésilien, capitale: Recife), et c´est mérité, parce qu´il a réussi à rassembler toutes ces personnes qui sont ici aujourd´hui. On a commencé cette histoire ensemble, on a tout pensé ensemble, donc c´est impossible de ne pas le citer. Les médias ont tenté d´une certaine manière de dissocier Chico de la Nação Zumbi, mais il n´existe pas de séparation. Personne n´a jamais pensé à séparer, c´est toujours la Nação Zumbi de Chico, sauf que sans lui. En fin de compte, on continue à penser avec la même posture depuis le début. C´est toujours la Nação Zumbi. On a l´habitude de déconner qu´en fait on fait des reprises de Nação Zumbi. C´est impossible de dissocier. Chaque concert, chaque fois qu´on monte sur scène, c´est toujours dans un esprit de célébration, d´hommage.

Vous avez agité la vie culturelle de Recife, vous l´avez fait apparaitre pour le reste du pays. Quelle est la situation actuelle? En émerge-t-il toujours des nouveautés?
Malgré la distance, les médias du sud et du sud-est ont commencé à s´interesser à Recife. Après le cri, le premier manifeste "mangue", Recife aujoud´hui marche de ses propres jambes, 10 ans après. Il y a eu une évolution, la ville a muri, elle est devenue plus professionnelle, elle a plus de moyens, et je pense qu´il n´y a plus cette histoire d´icone, d´un groupe qui va mener. On a provoqué pas mal de chose, on le sait, mais faut rester les pieds sur terre, tout le temps; on a jamais eu l´intention d`être en haut du podium, ni en bas. L´idée c´est de faire de la musique et de donner une continuité à tout cela. On est juste une interface entre le public et la musique. Notre intention est de créer un son et il vient toujours en premier plan. C´est pour cela qu´on est encore là aujourd´hui. Parce qu´on a toujours été sufisamment authentiques pour que cela se passe comme ça.

C´est votre deuxième passage au Ceará Music. Que pensez vous de cet évènement?
Il est important. Pour le Nordeste (Nord-Est) c´est important un évènement de cette envergure. Le Nordeste en a besoin, pour que les gens y investissent d´avantage, il faut montrer d´avantage sa culture. C´est un ... culturel énorme, une culture immense, vaste et il faut qu´elle se propage, il faut qu´elle soit exhibée, toujours plus.

Vous divulguez le dernier disque depuis l´an dernier, avez-vous un nouveau projet?
On a lancé un dvd dernièrement, qui fait encore partie du cycle du dernier disque. Ça a été compliqué pour qu´il soit comme on le voulait. On y a participé depuis le concept inicial, en passant par le projet graphique, jusqu`à la post production. Il y avait 23 cameras sur scènes, on savait que ça allait pas mal compliquer les choses après, on s´y est collé en permanence, à montrer des réfèrences, pour préserver l´aspect cru du show, avec des effets qu´on a essayé de limiter pour que cela ne paraisse pas répétitif. Le réultat est très proche de ce que l´on voulait. Pour l´année qui vient, on est tous super anxieux à l´idée d´appuyer sur le bouton du prochain disque, de donner le start à cette idée. Le prochain disque devrait arriver courant du deuxième semestre de l´année prochaine.

Quelle est votre relation avec le public en dehors du Brésil?
On voyage depuis 95, quand même. La relation est la meilleure qu´elle puisse être. La langue n´est plus une barrière, la musique passe au dessus de tout ça, elle finit toujours par montrer les intentions du groupe. L´authenticité est bien perceptible. Avant cet album on a fait dans une tournée de clubs; ça ressemblait à du foot; c´était 40 min, pause de 20, pour que les gens aille chopper une boisson, et de nouveau 40 min. En seconde "mi-temps", les gens déliraient encore plus, parce qu´il avaient eu le temps de digérer la première impression, mais au premier abord ils restaient là à se demander "mais qu´est ce que c´est que ce truc", et au fil du concert ils assimilaient et ça terminait toujours dans le délire.

Qu´est ce qui vous est arrivé de plus important depuis votre dernier passage au Ceará Music?
Chaque jour qui passe on se comprend d´avantage, on apprend les uns avec les autres. L´important c´est qu´on soit ici aujourd´hui, ensemble, entiers, actifs, et avec toujours plus d´envie de faire de la musique.

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.10.05
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