liens vers :

Le site anglais de la Fondation Bannister

Le site canadien de la Coalition Canadienne Contre la Peine de Mort

Le site allemand de Petra Richter (1)

Le site allemand de Petra Richter (2)

Le site très actualisé de Rick Halperin

Le site d'Amnesty International

Le site des Familles de Victimes pour une Réconciliation

Le site de "Lamp of Hope"

Le site Suisse alémanique de Walter Giger

Le site de Nanon Williams en anglais pour l'instant

lisez la campagne que nous lançons, avec l'aide de la mère de Nanon, pour l'aider à obtenir un second procès

NOTE: ce site ouvre sur le site du Révérend René Mulkey (emails possible pour les prisonniers)

Le site excellent et très informé (mais en anglais) de Richard Dieter

Le site d'ABC News sur l'actualité de la peine de mort aux USA (en anglais)

Stop Barbarie
...STOP DEATH PENALTY !!!



IL VOULAIT MOURIR
anonyme, Arizona.

Arthur Martin Ross voulait se suicider et nous étions d’accord pour l’aider. Mais comme, ici, un suicide assisté est illégal, nous l’avons attaché à une table la semaine dernière et avons inondé son corps d’un poison à l’aide de seringues. Nous avons appelé cela: “une éxécution”.

Cette histoire n’a guère vraiment intrigué beaucoup de monde.
Après tout, ce n’était que la troisième sentence “exécutée” cette année en Arizona et la onzième depuis que l’Etat a réinstauré la peine capitale en 1992.

Ross avait 43 ans et avait été condamné pour avoir attiré un agent immobilier de 26 ans, James Ruble, dans un bureau vide de Tucson et l’avoir abattu d’une balle en pleine tête pour, ensuite, lui dérober son argent. Ruble était un type extra, tout le monde en a convenu. Son avenir était brillant. Il a été tué brutalement, sans motif apparent.

Des motifs, ça n’existe pas. Ou presque pas. Des centaines de gens meurent ici chaque année., et tous ceux qui sont en relation avec les victimes peuvent vous dire qu’ils ne comprennent pas les raisons du crime.

En revanche, lorsqu’un criminel est exécuté, les procureurs et les hommes politiques disent que la sentence devait être appliquée afin de montrer notre respect aux victimes.

Beau raisonnement. Mais creux.

Seule une poignée de criminels qui pénètrent dans le système jusdiciaire et sont condamnés reçoivent comme sentence la peine capitale. On pourra dire ce que l’on veut au sujet de circonstances atténuantes, aggravantes, au sujet de la préméditation du crime, oui, tout, à la fin on est là face aux victimes, aux meurtriers et des degrés de punition d’une variété infinie.
Il n’y a que deux explications pour cela:
-Ou bien nous sommes sous l’impression fausse qu’une victime a plus de valeur qu’une autre.
-Ou bien, simplement, nous n’avons pas assez d’estomac pour tuer tous ceux qui tuent en y gagnant, dans le crime permanent, une moins bonne place aux yeux des âmes sensibles que ne l’ont l’Iran, la Chine, l’Irak ou le Texas...

Mais ce n’est pas ce que nous faisons. Non.

Les jurés et les juges ne choisissent pas toujours la peine de mort. Et même s’ils le font, le processus des appels prend un temps fou, et peu importe l’impatience grandissante des supporters de la peine capitale!

Et puis, tiens, voilà Arthur Martin Ross. Il aurait pu remettre son exécution à plus tard, environ trois ans de plus s’il avait juste dit qu’il désirait continuer le processus des appels. Bien au contraire, Ross a dit qu’il préférait mourir.

Au bureau du Procureur général, on appelle les prisonniers comme Ross des “volontaires”. Ils veulent mourir le plus tôt possible et non le plus tard possible, et nous décidons de leur obéir.

Pourquoi?

Pourquoi prendre la peine de perturber un cérémonial élaboré alors qu’il suffit de remettre ces gens là d’où ils viennent, dans leurs cellules, leurs chaînes et les pieds dans leurs chaussures sans lacet?

Pourquoi les laisser choisir?

Pour quelle raison laisser un criminel décider du chatiment qu’il considère comme le moins douloureux?

Il n’y a pas d’explication raisonnable. Parce que ce cérémonial ne relève pas de la notion de civilisation. Même quand nous parvenons à nous mettre en tête que c’est justifié.

La Peine de mort est condamnée d’avance tout simplement parce qu’elle ne répond à aucune question.
Elle les efface, c’est tout.

Pourquoi la peine de mort n’est-elle pas appliquée de manière équitable?
Pourquoi est-ce que nous, nous nous sentons perturbés par ces exécutions alors que d’autres n’y font pas attention?
Pourquoi est-ce que les plus féroces supporters de la peine de mort ne peuvent pas -encore maintenant- se souvenir du nom d’Arthur Martin Ross sans avoir besoin d’attraper un journal?
Pourquoi ne peuvent-ils nommer aucune des victimes des onze condamnés exécutés depuis 1992?

La nuit où Ross fut exécuté, Joe Maziarz, substitut du Procureur général, a déclaré: “Nous sommes bien d’accord: s’il change d’avis avant son exécution (!), nous le laisserons poursuivre ses appels pour demeurer en vie...”

Ainsi, c’était à Ross d’être responsable du protocole de mise à mort.

Lorqu’ils lui ont demandé s’il avait une dernière déclaration à faire, il a répondu “Mais non !”

Evidemment, Ross n’avait rien à dire parce qu’il n’avait rien à prouver. Sanglé à la table d’injection létale et sur le chemin du ciel, le criminel était bien plus en mesure de contrôler son destin que bien des gens à l’extérieur.
Il n’a pas eu besoin d’appeler à l’aide un quelconque partisan de l’Euthanasie: il nous avait, NOUS.

Editorial publié dans le journal “Arizona Républic”.
Publié avec la permission de l’Association
CUADP (Citizens United for Alternatives to the Death Penalty)

http://www.cuadp.org



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Dernière mise à jour: 5 mars 2000

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