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Le site anglais de la Fondation Bannister

Le site canadien de la Coalition Canadienne Contre la Peine de Mort

Le site allemand de Petra Richter (1)

Le site allemand de Petra Richter (2)

Le site très actualisé de Rick Halperin

Le site d'Amnesty International

Le site des Familles de Victimes pour une Réconciliation

Le site de "Lamp of Hope"

Le site Suisse alémanique de Walter Giger

Le site de Nanon Williams en anglais pour l'instant

lisez la campagne que nous lançons, avec l'aide de la mère de Nanon, pour l'aider à obtenir un second procès

NOTE: ce site ouvre sur le site du Révérend René Mulkey (emails possible pour les prisonniers)

Le site excellent et très informé (mais en anglais) de Richard Dieter

Le site d'ABC News sur l'actualité de la peine de mort aux USA (en anglais)

Stop Barbarie
...STOP DEATH PENALTY !!!


RICHARD ROSSI (2)


PAS UN GRAMME DE PUDEUR

par Richard Rossi.

Grandir dans les années 50 n’avait rien à voir avec la vie
d’aujourd’hui. Peut-être que le mot "désuet" peut, le mieux, décrire cet écart. L’unité de la famille prévalait sur tout; et vous ne voyiez que fort rarement des familles monoparentales. Les valeurs de cette famille servaient de calendrier aux jours. On vous apprenait le respect et la décence aussi bien que la valeur de toute vie humaine.

A l’école, l’histoire était enseignée avec une emphase non ménagée pour prévenir la société de ne pas répéter -ou faire, tout simplement- les erreurs du passé. On ne nous cachait rien de la violente et barbare nature humaine. Comme c’était affreux d’apprendre que les Romains jetaient leurs esclaves et leurs criminels dans la fosse aux lions; que des hommes devaient s’affronter entre eux jusqu’à ce que mort s’ensuive. Puis venaient les Croisades, les guerres de religion, les guerres mondiales et tant d’autres crises où se développaient des actes totalement dénués de sensibilité mais pleins de violence et de mort. La misère et la folie avaient visité l’espèce humaine entière! Les pendaisons, les pelotons d’exécution, la guillotine. Tous ces exemples macabres du passé se devaient de nous donner une leçon. Plus sûr, encore, une telle leçon ne prévoyait pas d’injecter en nous la prédilection pour une telle adhésion au goût du sang.

Au fil des ans, j’ai compris que fort peu de choses changent vraiment dans ce monde. Nous sommes coupables, dans cette société, pour avoir permis à l’histoire de se répéter. La technologie de pointe nous permet de tuer avec efficacité plus de gens qu’auparavant. Nous utilisons des avions téléguidés et laissons tomber des bombes télécommandées. C’est un immense jeu vidéo. Plus la technologie devient sophistiquée, plus nos critères de pudeur s’écroulent et nos ennemis n’ont bientôt plus de visage. Pourtant, lorsque nous en revenons aux exécutions, nous préférons leur redonner la saveur du "bon vieux temps".

Qu’est-ce qui nous pousse à renvoyer les méthodes d’éxécution à nos plus barbares époques? Examinons la façons dont nous exécutons les nôtres -nous les pendons, nous les fusillons, nous les gazons et nous les électrocutons. Nous empoisonnons aussi
des personnes, mais il parait que ce soit la méthode la moins en vogue. Avec notre soif de plus en plus accrue pour lechâtiement et la vengeance, nous sollicitons plus déclats pour nos ruades. Après tout, nous le méritons, non? Nous ne voulons pas être dupés, nous réclamons le prix de notre kilo de viande. Pour être sûrs de ne pas être trompés, nous écrivons de nouvelles lois pour hâter la disparition de ceux d’entre nous que nous considérons comme "inutiles et bonnes à rien".
Comme nous aimons ce sport sanglant! Vraiment, peu de choses ont changé.

Si vous ne me croyez pas, alors observez les récents événements de Floride. Combien de fois "Old Sparky"- cette vieille chaise électrique- a-t-elle connu de mauvais fonctionnements enflammant des visages et provoquant des écoulements sanglants du nez avant que l’on en finisse avec elle? Mais à la place de ressentir de la honte pour ces grotesques exhibitions de cruauté pure, les politiciens restent fidèles à leur habitude de nourrir l’hystérie du peuple de Floride. Ils s’attirent la lumière des spots en se gargarisant de ce que des dysfonctionnements peuvent, à tout moment, tomber sur n’importe quel condamné, puni pour un crime commis dans
l’Etat. Que vous pouvez à votre tour, un jour, mourir d’une façon tout aussi effoyable, horrible et douloureuse. A mon sens, il y a là un léger manque de pudeur.

Récemment, lorsque Lee "Tiny" Davis a été exécuté sur la chaise électrique de Floride*, il a tellement saigné du nez que sa chemise a été rapidement couverte de taches de sang. L’Etat de Floride a récemment déclaré que les dysfonctionnements
du passé ne signifiaient pas que "l’usage de la vieille "Old Sparky" était un châtiement cruel ou dégradant**". L’outrage subi par Leander Smith, membre de la Cour Suprême, qui, une fois encore, avait été témoin d’une nouvelle exhibition de ce qu’il nommait une cruauté barbare, fut de la même nature. Il fit en sorte de faire publier trois photographies du cadavre de Davis sanglé sur la chaise électrique, sa poitrine éclaboussée de sang, afin d’établir la preuve que Davis avait bel et bien été "brutalement torturé à mort". Smith ne voulait rien d’autre que montrer l’indécence de ce cirque.

Les citoyens furent furieux et assez amal à l’aise à cause de ces photographies de l’exécution. Mais pas du tout pour les raisons que Smith prévoyait. Ils n’étaient pas choqués, ces gens, de contempler des photographies qui montrait une sorte de Grand Guignol d’une exécution-boucherie, non, ils étaient bien plus inquiets de savoir ces photographies publiées! Ils demandaient à ce que bien plus de photographies soient exposées. Quel manque de pudeur, certes, mais bien plus troublante est la terrible maladie endémique d’une société soudain si fière.
Une femme a criblé d’e-mails la Cour pour dire combien ces photographies étaient "magnifiques". On ne peut déduire de cela que nous sommes tous tombés dans l’obsession de notre jeu avec le sang. Comme si nous avions obtenu d’un droit
divin le pouvoir d’infliger autant de sang, de souffrance et de douleur que possible à ce pourcentage de la société que nous nommons "monstres du couloir de la mort". Comme s’il existait un gavage hystérique poussant depuis la barbarie même des exécutions-boucherie. Plus le spectacle et la douleur seront intenses, plus d’adorateurs viendront.

Ainsi que je l’ai dit au début de ce texte, for peu de choses changent à travers les siècles et nous apprenons mal les leçons d’hier. Nous tuons au nom de la loi ou de l’ordre au prix d’un lent abandon de toute décence, de toute pudeur. Après tout, quelqu’un doit payer pour les maux de la société. Au même moment nous ne pouvons pas nous expliquer pourquoi nos gosses emportent des armes dans leurs écoles et se mettent à tuer tant d’êtres leur ressemblant. Se pourrait-il que ce soit parce que notre jeunesse prend ses leçons à travers les exécutions que la vie humaine, soudain, aît si peu d’importance, de valeur, et que le sens de la pudeur soit perdu? Personnellement, je le pense.

Richard Rossi, 50337
ASPC Eyman -G.42
PO Box 3400
FLORENCE, ARIZONA, 85232 - USA. Janvier 2000.


NOTES: * =La chaise électrique où Allen Lee Davis a été
exécuté n’était plus "Old Sparky"
** = Richard Rossi fait, ici, mention du Huitième Amendement, selon lequel on ne doit pas
user d’un châtiement cruel et dégradant. (ndlt)

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Dernière mise à jour: 3 Février 2000

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