
liens
vers :
Le site
anglais de la Fondation Bannister
Le site canadien de la
Coalition Canadienne Contre la Peine de Mort
Le site
allemand de Petra Richter (1)
Le site
allemand de Petra Richter (2)
Le site
très actualisé de Rick Halperin
Le site d'Amnesty
International
Le site des Familles de Victimes
pour une Réconciliation
Le site de
"Lamp of Hope"
Le site
Suisse alémanique de Walter Giger
Le site de
Nanon Williams en anglais pour l'instant
lisez la campagne que nous lançons,
avec l'aide de la mère de Nanon, pour l'aider à obtenir
un second procès
NOTE: ce
site ouvre sur le site du Révérend René Mulkey (emails
possible pour les prisonniers)
Le site
excellent et très informé (mais en anglais) de Richard
Dieter
Le site
d'ABC News sur l'actualité de la peine de mort aux USA
(en anglais)
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Stop Barbarie |
 |
...STOP DEATH PENALTY !!! |
NANON WILLIAMS: TEXAS

IMAGINER
par
Nanon WILLIAMS, Terrell Unit
12002 F.M 350 South
LIVINGSTON, TX 77351
Une lumière aveuglante font se tarir les larmes
dhier.
Le soleil vient tout juste de se lever.
Un tout petit oiseau brun me regarde à travers la
fenêtre, et une expression de totale stupidité avait
lair dêtre peinte sur son petit visage.
Vibrillonnant, il sest mis à sautiller partout à
la fois et, ainsi, a gagné ma curiosité. Comme il
semblait mignon, ébouriffant ses minuscules plumes
devant mes yeux. Ou bien était-ce de la pure
imagination?
Un sourire rare et léger est venu sur mon visage: comme
cest beau de ressentir de lémotion dans un
sourire! Tout ce qui était doux en moi, tout semblait
avoir pris des vacances et ne plus trouver le chemin du
retour. Tout à part la rage.
Comme je suivais du regard loiseau espiègle, je me
suis senti flotter dans lair. En train de
contempler la terre depuis un recoin caché très haut,
mélevant de plus en plus haut bien au-delà des
nuages blancs. La fraîcheur de lair a caressé mon
visage, mais surtout pour me faire voler plus vite. De
plus en plus vite, mes minuscules ailes me propulsaient
très loin dans le ciel bleu.
Si je regardais en bas, je voyais le monde comme jamais
je ne lavais vu. Encore tant de forêts au vert
éternel à jamais perdues pour devenir des villes
surpeuplées. Malgré tout, des paysages dune
beauté surprenante attiraient mon attention comme je
volais tout près. Hé!Regarde donc ces gens, me suis-je
alors dit à moi-même, la mode vestimentaire est si
pleine de nouveauté! Et regarde aussi tous ces styles
étranges de coiffure!
Alors je me suis dis, mais quest-ce que je fous
là? Moi aussi jai des jambes, et alors jai
commencé à me balader dans les rues au milieu
dune foule terriblement pressée. Bon, cest
comme essayer de courir le marathon, mais en étant dans
le corps dun oiseau, cest un peu comme
dessayer de voler à côté dun avion!. Et
puis soudain, je me suis retouvé inconscient avec une
douleur atroce dans une de mes ailes.
Comme jhérissais mes plumes et me réveillais,
voilà que je me suis retrouvé enfermé dans une cage.
Hé là, quest-ce quil se passe? Question
stupide: personne ne comprend le langage des oiseaux...Je
ne parvenais pas à comprendre pouquoi mon aile droite
était emmitouflée dans tout un paquetage de tissus. Au
moment où je me suis mis à faire un boucan denfer
avec les sons les plus divers que je pouvais sortir de ma
gorge, la plus belle femme que javais jamais vu
sest amenée devant moi. Voilà quelle me
parle et quelle me dit combien elle est désolée
que mon aile droite soit blessée, mais avec les
guibolles quelle avait, jaurais pu être
blessé bien plus longtemps que ma convalescence le
permettait.
Même si je me trouve dans un état comateux et
douloureux, jaimerais bien savoir comment jai
atterri là. Hep, Milady, pourriez-vous mouvrir
cette cage, après tout je suis un être humain!
Dailleurs comment suis-je devenu un oiseau? Tout ce
dont je me souvienne est davoir contemplé un
oiseau et puis, vlan, me voilà oiseau à mon tour.
Jai quitté une cage pour être bouclé dans une
autre. Au moins en prison, javais un lit, mais
maintenant ma nouvelle cellule est rempli de graines...
Comme la cage sentrouvre, je me dis: "Bon, ça
y est, Milady!" Et je mapproche de la sortie.
Alors de larges serres essayent de mattraper. Mais
ces longues serres sont juste les immenses ongles de la
jolie Milady. Vous direz ce que vous voudrez, mais les
mains de cette femme étaient tout ce quil y a de
plus confortable. Tiens, la voilà qui se met à me
chanter un babil denfant, comme si jétais un
enfant ou quelque chose dapprochant. Dites donc,
cest à un homme que vous parlez... Mais les
oiseaux ont de sérieux avantages! Tiens: toc, toc, toc:
on frappe à la porte.
Milady quitte la pièce, et que croyez-vous quil
arriva? Me revoilà dans la cage. Jai
limpression de navoir habité que des cages
durant toute ma vie...Est-ce que le monde entier me prend
pour un animal ou quoi? Bah jai des nouvelles
fraîches à leur donner: je suis un être humain
parfaitement semblable à eux-mêmes -peut-être pas tout
à fait en ce moment dans ce corps doiseau, mais en
vérité je vous le dis: je vais menvoler
dici.
Au moment où Milady réapparaît, flanqué dun
type énorme à lair stupide, je me dis que le sort
dun oiseau nest pas si mauvais comparé à
celui dun type dans le couloir de la mort.
"Sam, pourrais-tu croire que je suis tombée
aujourdhui sur ce petit oiseau mignon tout plein
alors que jallais prendre ma voiture?"
"Bah, ce nest pas courant, Cindy", a
répliqué Sam.
Ah ah, voilà donc le prénom de la belle Milady...Et
Cindy sest rapprochée de la cage une fois de plus.
Tout mon corps sest ébranlé dans un sursaut
dépuisement -si je puis dire! Puis jai trébuché
et je me suis cassé la figure. Jamais vu un oiseau aussi
maladroit, me suis-je murmuré.
Doucement, elle ma pris dans ses mains et a
caressé mon plumage avec une tendre façon de faire.
Quand Cindy sest mise à reparler à Sam, jai
compris que ce gros bêta était son petit ami.
Quest-ce qui peut bien pousser une aussi belle
femme que ma Milady à trouver un quelconque intérêt à
ce tas chauve et stupide qui se nommait Sam? Tout en
continuant de
parler ensemble, Sam a soudain demandé:
"Quest-ce quon va faire de lui?"
Enfin, de moi. Sil avait une idée en tête,
jallais probablement devenir une espèce de dîner
de poulet, enfin quelque chose comme ça. Quest-ce
que vous en savez, vous? Ce type vient de parler du
dîner à Cindy! "Dis lui que tas pas faim,
jai faiblement gazouillé, on pourrait manger des
graines tous ensemble, ou autre chose, je sais pas,
moi". Coup de bol, Cindy a refusé. Elle avait une
excuse: est-ce que quelquun ne devait pas
surveiller ce petit oiseau blessé quelle tenait
dans ses mains?
Comme Sam continuait à la titiller en lui disant
quils pourraient se jouer la drague au clair de
lune, jai pigé que le gros type ne lâchait pas
prise facilement. Jai relevé le bec et jai
furieusement gazouillé: "Tarrête de taper
sur les nerfs de ma Milady, espèce de gros chauve, elle
passe la nuit avec moi". Après mon petit discours,
jai eu comme limpression que Cindy avait
compris. "Sam, a-t-elle dit, la journée a été
longue. On pourrait pas remettre ça?" Sam
sest tiré, bon jai eu des remords pour ce
grand mec, on aurait dit quil avait une bassine de
transpiration qui, soudain, coulait de sa tête.
Cétait un type constant, alors il mérite un 20
sur 20 pour leffort quil a fait.
"Maintenant, a dit Cindy, toute mon attention
test entièrement dédiée. Pour la nuit
entière." A force de regarder ses yeux qui vous
hypnotisaient, jétais sous son sort "Un
oisillon si touchant", a-t-elle murmuré. Bah tu
devrais me voir en vrai, ai-je pensé. "Et comment
va-t-on tappeler, petit oiseau, a continué Cindy.
Jasper?" Ciel, non jai pensé, est-ce que je
donne limpression dêtre une pierre
précieuse? "Et pourquoi pas Karen?", a essayé
Cindy. En bondissant avec férocité, jai
répliqué: "Je ne suis pas une fille, Milady, mais
un homme. Un adulte, qui plus est." Je pense
quelle avait capté ma peur, alors elle a décidé
de mappeler Tyrone. Jai un nom. Mais alors,
tout est meilleur que dêtre pris pour une
fillette. Je veux dire, il y a des tas de gays dans le
monde, bon, mais je nen suis pas un. Alors on fait
avec le surnom de Tyrone, ça me faisait un nom
dhomme de toute façon.
Après mavoir promené dans toute la maison -une
belle maison, qui ressemblait bien à Cindy- elle
ma demandé: "Tyrone, sais-tu quelle chance tu
as? Tu nas pas à te préoccuper de factures, de
problèmes sentimentaux ni même dessayer de
trouver du travail." Est-ce que cette femme est
dingue, ou quoi? Est-ce quelle sait de quoi elle
parle, ou simplement de la moitié de ce quelle
avance? Jétais dans le couloir de la mort,
derrière des murs de prison et soudain je me suis
retrouvé en train de voler dans des cieux amicaux...
Encore heureux quil ny ait pas de faucons par
ici, je me serais vite transformé en déjeuner! Par
ailleurs, je vois des hommes tous les jours dans la
prison, alors jai pas tellement envie de my
retrouver vite.
Puis voilà que jai une aile brisée. Alors,
sil vous plait Milady, me dites pas que jai
de la chance!
"Je dois être folle de parler à un oiseau" a
dit Cindy. Ouais, tu dois lêtre, ai-je pensé. Et
pourtant, elle avait tellement lair dêtre
douce et bonne... "Bon, cest lheure de
faire dodo", a-t-elle gazouillé à son tour. Elle
va arrêter ce babil de môme très vite, hein! Et voilà
quelle me remet dans ma cage et que ça me rappelle
les heures de supplice quand les portes de la prison se
fermaient. Assis dans la cage, je me suis demandé ce
quun véritable oiseau solitaire pourrait bien
faire. Si jétais un perroquet, je pourrais parler
anglais et lui demander de me laisser la télévision
pour la nuit. Malheureusement, tout ce que je sais faire,
cest gazouiller. Sentant le sommeil venir, la seule
chose à laquelle je pouvais encore penser cétait
de savoir comment javais fait pour devenir ce petit
oiseau brun avec son aile cassée..
"Williams, debout! Williams, debout!, hurlait
linfirmière. Voilà tes médicaments."
"Mais quels médicaments, Cindy ?", ai-je
faiblement répondu. "Appelle-moi infirmière",
a dit la dame.
"Mais pourquoi est-elle fâchée, Sam?", ai-je
imploré. Et puis jai regardé autour de moi et, de
nouveau, jétais dans ma cellule. Muet de peur,
jai pigé que tout ça n'était qu'un rêve, un
rêve avec linfirmière et le gardien. Et mon
imagination.
Après jai appelé Cindy- je veux dire
linfirmère- pour lui poser quelques questions au
sujet des médicaments. Elle ma dit que je
métais cogné la tête en jouant au Basket et que
jai été victime dune sévère commotion
cérébrale.
De nouveau assis dans ma cellule, le soleil sest
mis à se lever et un petit oiseau brun a gonflé son
plumage tout en me regardant à travers la fenêtre.
Bouffant toute mon attention, une fois de plus. Et une
fois de plus mon imagination la suivi dans le ciel.
Nanon
WILLIAMS
#999163
Terrell Unit
12002 FM 350 South
Livingston, Texas 77351, USA

VERS
L'HORIZON
par
Nanon Williams
Pemier jour d'Octobre, jamais je n'oublierai.
Lui, ses yeux de lumière brune
Quand il s'est assis avec sa solitude,
Avec sa mort, à quelques heures de là.
Avec majesté, devant ses assassins,
Il a préservé l'amour et l'espoir, immense sans
possibilité de finir,
Bien qu'opprimé, torturé
Et jeté en prison comme un animal.
Celui qui n'a pas répandu la haine existe,
Déjà le voilà sur le champ de bataille.
Et pendant que le combat se joue,
C'est là, je le crois, qu'est née notre amitié.
Puis, après qu'il s'en soit allé,
Je me suis réveillé au coeur du crépuscule.
Dans ma tête, silencieuse, la douleur hurlait
Comme si je sentais couler sur mon visage des pleurs à
jamais tatouées.
La raison? Sa mort aussi peu naturelle.
Comme tombait la nuit,
J'ai observé l'ultime rayon du jour
Rebondissant sur les barbelés.
Et j'étais là où je l'avais vu debout,
Si gracieusemement en rang,
Comme vont les soldats
Qui marchent au pas, là-bas, vers l'horizon.
Dédié
à Dwight Adanandus -1/10/1997-
Nanon Williams #999163
Terrell Unit
12002 FM 350 South
Livingston, Texas 77351, USA
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Dernière mise à jour: 3 Février 2000
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