liens vers :

Le site anglais de la Fondation Bannister

Le site canadien de la Coalition Canadienne Contre la Peine de Mort

Le site allemand de Petra Richter (1)

Le site allemand de Petra Richter (2)

Le site très actualisé de Rick Halperin

Le site d'Amnesty International

Le site des Familles de Victimes pour une Réconciliation

Le site de "Lamp of Hope"

Le site Suisse alémanique de Walter Giger

Le site de Nanon Williams en anglais pour l'instant

lisez la campagne que nous lançons, avec l'aide de la mère de Nanon, pour l'aider à obtenir un second procès

NOTE: ce site ouvre sur le site du Révérend René Mulkey (emails possible pour les prisonniers)

Le site excellent et très informé (mais en anglais) de Richard Dieter

Le site d'ABC News sur l'actualité de la peine de mort aux USA (en anglais)

Stop Barbarie
...STOP DEATH PENALTY !!!

GOVERNOR DEATH
par Christopher Hitchens

(back to Bienvenue au Texas)

A peu près de la même façon que l’on fabrique des “remakes” des films anciens, et que l’on en mesure l’audience aux bénéfices tirés de leur premier week-end, les nouveaux candidats à la Présidence des Etats-Unis deviennent des sujets d’évaluation selon les sommes sonnantes et trébuchantes de leurs caisses de campagne. Cette expression aussi laide qu’archaïque peut servir à aider à définir d’autres termes insipides tels que "crédibilité", "valeur électorale" ou encore "reconnaissance du nom", terminologies qui sont devenues attachées à la première, presque de façon subliminale.
Dans bien des cas, le fait d’évaluer grossièrement ce que l’on nomme le "cash-flow" est aussi important dans les décisions qui portent sur le choix d’un candidat que dans le choix du public devant les offres cinématographiques des salles multiplex. Vous pouvez tout aussi bien voir le film le plus nul que tout le monde a vu, ou bien exprimer votre intérêt quant à l’insupportable lumière qu’est le "favori": cela vous mettra en position de ne pas être un plouc dans les dîners.

Les coûts dissimulés dans ces comptes, hélas, incluent la disparition immédiate de toute faculté critique. Je suis tout aussi enthousiasmé que Monsieur Tout le Monde par les liasses de billets rassemblés pour George Walker Bush. (entre parenthèses: qu’est-ce qu’il a fait pour être rasé à la naissance de son nom d’Herbert?) Mais je suis bien plus effondré par le fait que, tandis que j’écris cet article, cet homme est en train de signer son 93ème mandat d’exécution. Le jour de son intronisation en tant que Gouverneur, il y avait une exécution, que je ne peux lui imputer, et puis il y en a eu à peu
près une toutes les deux semaines et demie.

Une large part du travail d’un Gouverneur consiste à réétudier les cas où la peine de mort est requise. L’ahurissant nombre d’exécutions au Texas me fait penser que:
-soit George Bush fait quelques petites choses sauf l’étude minutieuse de ces cas,
-soit George Bush n’a eu de cesse de signer des mandats d’exécution aussi vite que ceux-ci
pouvaient atterrir sur son bureau.
Il faut croire que cela l’aide aussi à gagner cette si nécessaire "expérience de la politique étrangère" au sujet de laquelle les experts n’ont pas manqué de lui faire les remarques désobligeantes habituelles. Des officiels du Guatémala et des Philippines ont fait la visite guidée des chambres pour injection létale de tous les Etats-Unis, signalant qu’ils faisaient des recherches personnelles sur les méthodes les plus améliorées. Selon Amnesty International, un officiel Philippin aurait même eu le
privilège d’assister à la mise à mort d’un individu au Texas en 1997.

L’épineuse question du racisme -toujours un champ de mines pour les Républicains qui aspirent à la Présidence- trouve là aussi une issue inattendue. Bien des gens se souviennent de l’affaire Karla Faye Tucker, chrétienne "re-born" qui fut, avant, deux fois meurtrière à l’aide d’une pioche. Elle avait montré -au moins à travers les critères du fondamentalisme chrétien- de nombreux signes de réhabilitation intérieure. Le Gouverneur Bush l’a brutalement supprimée en février 1998 malgré les protestations
de Pat Robertson et de bien d’autres.

Mais aurait-il commué la sentence de Karla Faye Tucker, voilà Bush aux prises avec l’exécution d’une femme de "race" Noire, Erica Sheppard, qui était la suivante sur la liste des femmes dans le couloir de la mort et avait laissé tomber ses appels. Epargner une si photogénique femme de "race" Blanche puis tuer une provocatrice Noire? Mieux valait se débarrasser des deux et les ôter du "couloir" ensemble. (Depuis, Sheppard a retrouvé sa force de combattre et de faire appel et a récemment fait partie d’une manifestation interne contre la fouille corporelle des condamnées devant les gardiens masculins, autre trait caractéristique du système pénitenciaire Texan.)

Puis viennent tous les aspects touchant à la "communauté de foi" -appelez cela comme vous
voudrez. Le Gouverneur Bush a suggéré que la sécurité de la société soit maintenue par les valeurs de la communauté Chrétienne, et il espère faire de ces atouts de lumière ses auxilaires pour en finir avec un bien-être quotidien dont nous savons tous,encore, ce qu'il est. C’est la tarte à la crème du chrétien baptiste dont on nous rebat les oreilles depuis que Théodore Roosevelt a parlé de remettre dans les mains de l’armée du Salut la protection de la nation américaine.

Seulement voilà: cela donne naissance à un éventuel conflit intéressant. Au moins 28 des groupes religieux les plus influents de ce pays se sont déclarés ouvertement abolitionnistes. Ce n’est peut-être pas le meilleur moment de leur demander de s’associer à cette gogo-charité au nom d’un homme qui se targue de se faire de la pub avec les exécutions et de les décider au gré des sondages.

Voici certains cas qui sont des étoiles oubliées de cet Etat pour que vous vous fassiez une opinion:
-un homosexuel déclaré, Calvin Burdine, a été condamné à mort après avoir eu "l’aide" d’un avocat d’office qui a parlé des homosexuels en les nommants "gays" ou "tapettes" et qui s’est endormi pendant le procès.
-En 1998, deux condamnés texans ont été exécutés pour des crimes commis lorsqu’ils avaient 17 ans. (La même année, parmi les 70 mineurs au moments des faits que l’on pouvait recenser dans les couloirs de la mort des Etats-Unis, le Texas en comptait 26)

Puis viennent les cas de Joseph Cannon et de Robert Carter, qui, tous deux, avaient souffert de blessures à la tête lors de leur petite enfance, avaient été l’objet d’atroces maltraitances physiques plus tard et avaient été considérés comme relevant d’un handicap mental abyssal. Le Texas les a exécutés quoi qu’il en soit, violant de fait les critères internationaux reconnus par le monde entier, qui interdisent la peine de mort pour les mineurs au moment des faits, passant aussi allègrement par-dessus la supposition que l’assassinat légal des malades mentaux ou des handicapés mentaux n’est pas quelque chose de tout à fait formidable.

Vous ne souhaitez probablement pas connaître combien la présentation des preuves par l’Etat a été faite le plus sommairement possible, combien l’avocat commis d’office fit un travail de dixième ordre et surtout comment la phase finale a été lamentable. (L’aiguille nécessaire à la très humaine injection létale a littéralement explosé du bras de Joseph Cannon au moment où la "procédure" a commencé, on a viré vite fait les témoins, puis on les a rappelés afin qu’ils puissent assister à un essai plus conclusif.)

Peut-être vous demandez-vous si la peine capitale est appliquée au Texas de façon inégale, en raison de la "race" et de l’origine sociale? Ne vous perdez pas en conjectures: lisez seulement le rapport d’Amnesty International: "Tuer avec des préjugés"*.
En fin de comptes, l’homme qui attend son exécution pendant que j’écris -Larry Robison- est un schizophrène paranoïde qui, avec toute sa famille, n’a pas cessé de réclamer des traitements appropriés à son état gravissime avant de craquer. L’Etat qui a failli à sa mission première, à savoir: le soigner, l’a maintenant- à des prix qui dépassent de loin ceux que son traitement nécessitait- enfermé dans le couloir de la mort et va le faire disparaître aux bons soins des taxes du contribuable.

Pourtant, bien des gens ne peuvent mentionner que deux choses à propos de George Bush: sa
corpulence extrême et son choix du "conservatisme compassionnel". Voilà l’unique histoire de George Bush -et les media avalent cette salade. A chaque fois que j’apparais à la radio ou à la télévision, je ne prive pas de rappeler sa politique d’exécutions à la chaine, et à chaque fois, on me traite comme si j’avais développé le syndrome de Tourette dans une église. Laissez tomber, et on passe à la question suivante.

Pourtant, la dépendance morbide de Bush pour le culte de la mort est intimement lié à tous les aspects importants de ce que l’on voudrait appeler "sa politique". Malheureusement, l’engagement respectif d’un Bill Clinton, d’un Al Gore ou d’un Bill Bradley pour la même politique favorable à la peine de mort nous empêche de traiter superficiellement d'un sujet, dont l'issue mérite quand même mieux.

© Christopher Hitchens

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Dernière mise à jour: 3 Février 2000

Fabian Gastellier

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