Escale aux Maldives...

Ha, les Maldives... une renommée de paradis terrestre... et un serieux un parfum de terre promise, pour nous qui les avons eues comme but, comme motivation dans notre lute contre vents et marées.
Hé ben, on peut dire que nous n'aurons pas été déçus du casse-croûte!
 
Résumé de l'escale:

Le 13, arrivée aux Maldives...

Male tel que vu du large, en arrivant...

Le 14, le bateau est dévalisé. Belle entrée en matiére.
Le long du quai, à Vilingili, ile située à un mille de Malé, la "capitale", à 17h30 de l'après-midi, sous les yeux complaisants des nombreux autochtones qui passent leur journée à prendre le frais sous les arbres... "Oui, oui, on l'a bien vu, c'est un jeune du village, qui a des problèmes de drogue... ha? il cambriolait le bateau?... non?... si c'est pas malheureux quand même!!! les Maldives ne sont plus ce qu'elles étaient..."
Bref... l'ordinateur portable, le moniteur du radar, les lecteurs MP3, tout les matériels informatiques ou électroniques qui traînaient...
Cela nous vaudra l'investissement du bateau par la police locale, avec relevé des empreintes, photos de la scène du crime, de toutes les reliques touchées mais laissées par le voleur...L'efficacité de nos braves pandores s'arrêtera là, hélas... le voleur, "connu des services de police", n'est pas resté à son domicile à les attendre, alors... finalement, à y bien reflechir, c'est grand, les Maldives...
Par contre, saluons leur efficacité à pourrir la situation; il aura fallu une journée complète, beaucoup de patience, de force de persuasion, et... de coups de gueule pour obtenir une copie de la déclaration de vol pour la transmettre à l'assurance... Cette copie était déjà classée confidentiel défense, sans doutes?...
En bref, trois jours de prise de tête pour commencer, et du matos à trouver d'urgence pour remplacer celui qui s'est envolé...
en fait de relache, de décompression après l'étape depuis Phuket... tout faux.

Après cet apéritif, passons aux plats de résistance;
Les Maldives sont accueuillantes pour les touristes normaux: c'est à dire ceux qui arrivent en avion, sont attendus par la vedette rapide du resort où ils ont loué un superbe bungalow "pieds dans l'eau", où ils profiteront de l'organisation en place pour découvrir les fonds sous marins ou se faire griller au soleil... et d'où ils repartiront vers l'aéroport pour rejoindre les réalités du quotidien laborieux.
Les plaisanciers que nous sommes ne sont pas dans ce schéma... aussi, tout se complique. 
L'arrivée au pays se fait via un agent (jusque là, c'est normal), l'agent dirige le bateau vers le seul quai de Malé où il soit accepté (un dock de déchargement de cargos) pour effectuer les démarches (coast guards, douanes, immigration, santé..) puis, en l'absence de la moindre marina ou installation portuaire autorisée (à noter que Malé est a 75% bordée d'installations portuaires, qu'elles soient industrielles, pour les transports, la pêche ou les loisirs...), est renvoyé illico vers le seul lagon ou les plaisanciers sont admis à mouiller, c'est à dire le lagon situé sous les pistes de l'aéroport... où on constate qu'il y a beaucoup de touristes normaux aux maldives, à en juger par le traffic aérien... 
Ensuite, pour naviguer dans les Maldives, il faut demander un permis spécial, validé par le ministère de la défense (!!!); il ne concerne que deux atolls (Malé nord et Malé sud), mais n'autorise toutefois pas à mouiller partout...  Mais ça, c'est un grand jeu; rien ne le précisant, c'est au fur et a mesure que l'on découvre si le mouillage est autorisé ou non... Juste un détail; les fonds sont généralement de l'ordre de 40 mètres, souvent de 15 à 25 dans les reefs, inférieurs à 1 mètre dans les lagons... les lagons avec des fonds entre 5 et 10 metres ne sont pas si nombreux...

Vue du haut du mât de Male et l'aeroport
Pour les autres zones, autres permis. Suivant les zones, c'est jusqu'à dix jours pour l'obtention du permis. Sachant que le visa initial est de 15 jours... bien sûr, il y a moyen de payer pour prolonger le visa!!
Pour nous qui voulions quitter les Maldives par Uligamu, situé tout au nord, nous avons obtenu un permis... qui nous permettait de traverser les Maldives de Male jusqu'à Uligamu, soit 180 mN, mais seule halte autorisée: Uligamu.
L'atlas cité plus bas indique que l'archipel est composé d'une myriade de 1190 iles ou ilôts, dont 990 seraient inhabitées et 220 habitées, il reste toutefois particulièrement difficile de trouver des iles désertes sur les atolls près de la capitale, ceux précisement auxquels "nous avons droit" avec le permis de naviguer "de base"... Les iles sont louées par un ministère (peut être celui de la défense?), sous forme de concessions, aux resorts ou aux particuliers, qui en interdisent alors l'accès aux visiteurs, ou encore leur "tombe sur le poil" dès débarquement en réclamant tout de go 3 dollars par personne débarquée...
Les plaquettes touristiques signalent les spots de plongée, assez nombreux... L'atlas des atolls, destiné aux "travellers, divers and sailors", recense ces spots... malheureusement, les points GPS associés sont précis au demi mile nautique près! ce qui rend difficile la localisation précise des spots... 
Evidemment, en passant par un resort ou un club de plongée...
Mais soyons objectifs; une fois découverts, ces sites de plongée ont constitué une bonne part du déssert; 
disséminés sur les différents atolls, des sites ont été déclarées "zones marines protégées", et sont effectivement fantastiques, d'une richesse incroyable, tant en variétés de coraux qu'en diversité et taille de poissons... Dommage, nous avons été frustrés de raie manta... mais il faut bien en garder un peu pour la mer rouge, on va dire...
Gageons par ailleurs qu'il y aura bientôt quelques corps-morts fixes installés à proximité pour faciliter l'exploration de ses sites protégés aux bateaux de passage... 
En tous cas, le compresseur de plongée a eu là enfin son rodage, en acceléré, et les équipements de plongée ont été largement appréciés! En bref, l'agrément coté plongée aurait (presque) fait oublier le reste...
Citons comme autres désserts des rencontres sympatiques, de Français expatriés (Patrick et Madeleine sont installés aux Maldives depuis 2 ans; Patrick supervise l'installation d'extentions du réseau d'antennes pour GSM... je ne les trahirai pas en disant qu'ils trouvent le temps long.), de quelques Maldiviens gentils, communicatifs, serviables et désinterressés, désolés de nos mésaventures, de l'impression négative que l'on retient de leurs administrations, ou de l'ambiance générale...
Et nous retiendrons, tout de même, les paysages paradisiaques, tels qu'habituellement montrés sur les cartes postales...
 
850 kms du nord au sud... les liaisons inter-iles se font par hydravion... ...mais c'est évidemment par bateau que les iles sont approvisionnées en toutes sortes de matériels... et vivres frais! C'est la pleine saison des bananes... de la à dire que nous sommes en republique bananière...
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Les Maldives ne produisent RIEN. tout est importé...
         ...sauf le poisson!!! (et les noix de coco!)
et ils en consomment! marché aux poissons (quasiment exclusivemment des bonites) nettoyées sur place. autre facette de l'industrie de la bonite; les bonites sont sechées sur les iles et revendues sous le nom de "Matsuni".
L'autobus local; pas confort pullman, mais jolies lignes.... chantier artisanal "délocalisé"; peu de moyens... ...mais des resultats sympatiques.
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la clarté des fonds permet de choisir où poser l'ancre... ...et de trouver les passes d'acces aux lagons...  pour profiter de leur calme quand on ne s'en fait pas refouler! un invité surprise... lui-même assez surpris!
Enfin, de chouettes paysages, une certaine serenité... finalement, quand même la belle vie!

C'est donc de Uligamu que nous quitterons les Maldives... sur une dernière note Kafkaenne;
Uligam est situé sur l'atoll le plus nord des maldives. La position de l'atoll le prédestinait donc à devenir une porte d'entrée/sortie sur les Maldives... Sur les iles de cet atoll, deux villages de plus de 2000 habitants (c'est pas rien, aux Maldives!), dont un avec un petit port, facilement accessible, des quais, des installations pouvant recevoir, à l'occasion, des bateaux de passage en escale pour des formalités d'entrée ou de sortie, donc...
à 15 miles de la, sur l'atoll voisin, il parait meme qu'il y a une marina...
Nous n'avons l'autorisation de nous rendre ni dans les villages, ni à la marina, évidemment...
C'est donc Uligamu qui a été déclaré port d'entrée; ne retiront pas à Uligamu son coté sympatique, son autenticité, son calme olympien... ce village de... 400 habitants vaut sans contestes le détour, et un séjour ici vous place hors du temps...
le problème, alors? hé bien, comme port de départ ou de formalités, on ne peut pas dire qu'Uligamu avait vraiment beaucoup d'arguments pour être élu... à moins, bien sur, que ce ne soient d'autres critères que ceux liés aux contraintes de la navigation qui aient présidé au choix...
 L'accès n'en est pas facile; il faut mouiller à l'extérieur du lagon (à moins d'avoir un tirant d'eau inferieur à 50 cm...), à environ 500 mètres de l'estacade du village...les déplacements se font alors en annexe... c'est sympa, mais ça complique sérieusement les approvisionnement en eau ou en gazole...
et pour les approvisionnement en vivres, frais ou pas frais, les 3 épiceries qui fournissent les 400 habitants n'ont évidemment aucun stock pour des bateaux qui se préparent à 2 ou 3 semaines d'isolement en navigation... les épiciers prennent donc les commandes, et sont obligées d'aller aux villages d'a coté pour répondre à la demande. Demande qui sera, ou ne sera pas honorée, puisque les villages d'a coté, même plus importants, ont eux aussi des problèmes d'approvisionnement...
Dans notre cas, partant à 2 (comment font les équipages plus nombreux?)  pour les 3 semaines de nav' jusqu'à Aden, nous avons du oublier nos envies de tomates, de carrotes, de fruits divers... et prier pour que Neptune accroche régulièrement du poisson à nos lignes! Nous n'avons pu avoir, en frais, que des patates, des oignons, des noix de coco rachitiques, des bananes... et 4 pommes!
Le ponton de débarquement
la "station service"
et "Sailor Choice", le centre commercial...
L'internet café? oui, l'épicier du "Sailor Choice" y pense... sans doute, un jour, nous pourrons lui envoyer nos commandes d'appro sur messagerie...
Notre approvisionnement de départ a donc été assez folklorique, et pour tout dire exessivement simplifié.

 On se demande tout de même quel est le but poursuivi dans cet acharnement du gouvernement Maldivien à ne pas simplifier les choses, ou doit-on dire, a si bien faire sentir aux bateaux de passage qu'ils ne sont pas les bienvenus....
Certains affirment que les représentants du gouvernement, avisés, ont su investir personnellement dans des resorts... et focalisent sur cette source de revenus (pour l'état, bien sur!) à défaut de toute autre... Par ailleurs, les touristes de passage en bateau seraient considerés à priori comme des incontrolables, des fauteurs de trouble potentiels qui pourraient porter la subversion dans les atolls reculés...
Mais ce ne sont là que des spéculations, bien entendu.
Le discours officiel est plutot que les touristes ont besoin d'être protégés de la racaille Maldivienne (les atolls reculés auraient de plus en plus de problèmes de drogue...), et que tous ces interdits ne sont là que pour assurer notre protection... Oeuf corse! sommes nous bêtes!...

P.S.: les iles desertes, finalement, elles existent, nous les avons rencontrées... et explorées... mais chuttt, personne ne doit savoir, nous n'avions pas le droit de nous y arreter!

Toujours est-il que ce 10 décembre, à 23 heures, nous quittons Uligamu, le coeur leger, les cales aussi... direction le golfe d'Aden.
Et là, le bonheur!!!
La mousson de nord-est est installée (enfin!), et nous nous installons nous aussi dans une routine appréciable après les traversées précédentes: un vent de 15 à 20 noeuds régulier, un vrai alizée, nous prélève à la sortie de l'atoll et nous emmène gentiment, avec des moyennes journalières de 150 miles nautiques... 
Neptune aura même la gentillesse de pourvoir aux vivres frais... Il nous a même servi un épisode un peu sportif, puisque un espadon de belle taille a trouvé notre rapala a son goût... 
Pour le goût de l'espadon? dois-je dire que nous l'avons relaché? ou qu'il n'a pas voulu se laisser faire au moment de monter à bord? Ma mémoire se brouille...
Je vais me servir un autre punch-coco!

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