Last update Dierin ramidraedje : 13-JUL-2003

Les rattachistes
Rattachisme ? Non merci !
Les raloyisses


Bonjour la France ? Adieu la Wallonie ? Un texte de Jean-Pierre Lemaître

Qui sont les rattachistes ?

Ce sont des personnes qui n'ont pas foi en la Wallonie et veulent en faire un département français.
Ils pensent que lorsque la Flandre aura acquis son indépendance, la Wallonie ne pourra pas survivre seule, pas même avec la région bruxelloise.

C'est faux bien sûr, mais hélas, difficile à leur faire admettre. En fait, les rattachistes le sont par francophilie (qui n'est pas un mal) mais surtout par wallonophobie (qui EST un mal).

Ci-dessous figurait une liste des rattachistes les plus connus. Elle a disparu suite aux pertes électorales de mai 2003 du RWF et de FRANCE et à aux réclamations de certains qui ne supportaient pas de se voir appelés "traîtres à la Wallonie". De toute façon il vaut mieux ne pas leur faire de publicité gratuite.


Cwè çki c' est d' ça po ene sacwè, paret, les raloyisses ?

C' est des djins ki n' croeyet nén a l' Walonreye eyet ki volet fé di nosse payis on dipårtumint francès.
I pinsnut k' li djou wice ki les Flaminds s' dislaxhront del Beldjike, li Walonreye ni pôrè nén viker tote seule, avou u sins Brussele.

Podbon, c' est des mintes, mins ci n' est nén åjhey d' elzî fé dire ça. Po dire li vraiy, les raloyisses sont des djins ki voeyet voltî li France (ci n' est nén ene mwaijhe sacwè) mins i sont eto walonofobes (et cila, po des Walons, ci n' est nen acceptåve).

Padzeu gn aveut ene lisse di sacwants pus cnoxhous raloyisses. Ele a stepé evoye paski les raloyisses ont stî spotchîs ås elijhaedjes di Maey 2003 et paski gn a des djins ki n' inmet nen d' esse lomés "traites vindeus del Walonreye". Gn a pont d' avance, fini di fé ene pub gratis po zels.



Bonjour la France ? Adieu la Wallonie ?

Ces derniers temps, un nombre impressionnant d'hommes politiques, dont certains furent proches du Rassemblement Wallon, évoquent le rattachement ou la réunion à la République française.
Ils sont rejoints en cela par des jacobins nostalgiques de la Belgique des 100 familles, qui après avoir déserté nos terres wallonnes pour Bruxelles se verraient bien complimenter à Lutèce avec les honneurs de la Légion ou les Palmes Académiques.
Les amis de monsieur Bernard Dorin (*) utilisent leurs énergies à rebaptiser nos provinces en départements, de l'Ourthe ou des Forêts, alors que d'autres, restés au pays, luttent contre le déclin.

Est-ce cohérent de la part de ceux-là même qui se revendiquaient du fédéralisme intégral et européen, pacifiste et progressiste, et qui proclamaient haut et fort que la Wallonie ne retrouverait la prospérité que lorsque les wallons redeviendraient eux-mêmes ?
N'est-ce pas une fuite et une démission que de croire une fois de plus que le salut viendra d'ailleurs ?

Est-ce raisonnable ?

Le régime présidentialiste de Paris, qui n'a signé la Charte des minorités du Conseil de l'Europe qu'en y faisant acter l'inexistence de minorités en France, sera-t-il accueillant à nos populations pétries des libertés locales de la Charte de Huy, de la Paix de Fexhe, de l'autonomie jalouse de nos maisons de ville et de nos beffrois?
Notre histoire témoigne de l'ouverture, libre ou subie, à tous les peuples, voisins proches ou lointains, immigrés ou conquérants. Notre imbrication dans la francité implique-t-elle un enfermement dans l'hexagone ?

Quel sera, dans le cas de la dissolution de la Wallonie dans le pré carré, le sort de Bruxelles, et que restera-t-il de l'intégration entre francophones de Bruxelles et Wallons ?
Disparaîtront-ils comme les minorités francophones de Flandre ?
Quel sera le sort de nos compatriotes des Cantons de l'Est ?

L'Europe tournera-t-elle enfin la page des nationalismes, avec son corollaire, le bellicisme de la première moitié du vingtième siècle, qui a fait d'elle un cimetière ? Veut-on réveiller le chauvinisme grand-français, le pangermanisme, ou d'autres déclinaisons slaves ou latines ?
L'Europe sera-t-elle un patchwork de territoires épurés linguistiquement ?
Quelle sera la fécondité de cet apartheid culturel ?
Entre le grand brouet du bazar anglo-américain et le développement séparé des républiques ethnocentriques, il y a toutes les riches variétés de conjugaisons entre les diverses cultures qui ont fait l'immense richesse humaine de notre sous-continent.
Au secours Grandgagnage, Mockel, Wilmotte, Baussart, Leclercq, vous tous apôtres de l'aile culturelle et humaniste du mouvement wallon !

Peut-on trouver une issue à la crise wallonne en niant sa nature économique et sociale ?
La mondialisation aidant, les Renault, Suez, Usinor, Axxa, Total, avec des salaires ouvriers français inférieurs aux nôtres, migrent vers des régions sans protections syndicales.
Vont-elles donc recréer chez des milliers d'emplois détruits dans l'industrie ?
Si l'on observe le sort que Paris réserve à nos voisins de la région de Champagne-Ardenne, il n'y a rien à nous faire mousser ou à réveiller nos ardeurs ré-unionistes.
Les hommes d'affaires de Lille se sentent plus concernés par le commerce avec le plat pays que par la solidarité avec les francophones.

Des pays comme le Danemark ou même le Luxembourg existent et sont parfaitement viables, mais le drame des wallingants démissionnaires, francolâtres, montagnards comme jacobins, dont les visées sont tellement étroites que leurs regards ne peuvent que fuir vers le sommet de la tour Eiffel, est qu'ils n'ont jamais fait confiance aux populations de Wallonie.

(*) Bernard Dorin ancien ambassadeur de France, animant le groupe France-Wallonie-Bruxelles, qui compte les dirigeants du mouvement « régionalistes français » Wallonie-France, André Schreurs et J. Hardy et deux membres « départementalistes » du Mouvement wallon pour le retour à la France.

Jean-Pierre Lemaître



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Waiburlin : Stéphane Dohet - 2003
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