[Eugène Guillevic, Etier, Gallimard (coll. Poésie), p. 67]
Souvent,
Je me demandais
Ce qu’on peut bien faire
En haut d’une tour
Quand on est tout seul.
Depuis,
J’y ai été enfermé
Pendant des années.
Maintenant je sais
Comme on y rêve d’effondrement.
[Eugène Guillevic, Autres, Gallimard (coll. Poésie), p. 220]
A flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. A l’époque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante d’une fille dont les bras se sont occupés durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l’auréole de clarté serait de parfum, elle s’en va, le dos tourné au soleil couchant.
L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin. Peut-être aurez-vous la chance de distinguer sur ses lèvres la chimère de l’humidité de la Nuit ?
[René Char, Fureur et mystère, Gallimard (coll. Poésie), p.20]
Comment vivre sans inconnu devant soi ?
[René Char, Fureur et mystère>, Gallimard (Coll. Poésie), p. 169]