APOLOGIE DE LA GUERRE

« Fascismes étriqués, communismes bafouilleurs, surréalistes hystériques et vous mystiques éperdues qui vous élèverez demain sur une Amérique épouvantée soudain de sa platitude, vous êtes de faibles signes avant-coureurs d’une faiblesse terrible. »

« La guerre purifie les corps jeunes si elle achève la pourriture des corps vieillis. »

Drieu La Rochelle

L’Occident pourri s’ennuie. Saturé de spectacles narcotiques, noyé sous l’accumulation mortifère de la matière, coupé du Temps et de l’Esprit – qui est troué dans la Matière même – ce sinistre continent de minuscules sous-humains croulants sous une fausse richesse répugnante dont il ne sait que faire et qu’il n’a plus les moyens de transformer en Orgie et en Luxe débordant, intensifiant la vie et la mort d’un même geste poétique et radicalement révolutionnaire et archaïque à la fois, n’arrête plus de pourrir et de mourir lentement sous le poids angoissé de son propre néant habillé en morale castratrice et dévirilisée. L’Occident sous-nihiliste, dépravé de confort, de certitudes, de peur et d’incrédulité face à toute violence, toute énergie, toute puissance mortifère et destructrice, toutes pulsions méta-agressives, s’effondre comme au ralentie sous l’irrésistible décomposition maintenant visible et accélérée du monde.

Les évènements se précipitent, et nous devons tout faire pour les précipiter encore davantage.

Les jeux sont faits, et le pire est à venir.

Les Etats-Unis, pôle avancé de cette décrépitude surpuissante, ont inconsciemment compris qu’il leur fallait mourir, et ils se jettent dans le suicide. Au lieu de pacifier la planète et de couper l’herbe sous les pieds de leur double négatif, l’islamisme terroriste, ils se précipitent dans l’affrontement « civilisationnel », ils embrasent les poudrières et jettent de l’huile par bidons entiers sur le feu à peine éteint des décombres New Yorkais. Saisit d’une irrésistible envie de mettre le globe à feu et à sang ils se ruent en avant dans l’aventure guerrière comme on se plante un revolver dans la bouche. Toutes les tentatives de rationalisations échouent, car on ne peut rationaliser ce qui est fondamentalement irrationnel, à savoir que notre monde de mort glaciale et de vie émasculée dans la positivité blanche du calcul marchand n’en peut plus de lui-même, et qu’il appelle la mort de manière aussi irrésistible que le trou noir mange toute lumière qui passe à sa portée. L’Occident n’est plus qu’un immense charnier de corps ignorant la vie, et cette dernière fait retour sous la seule forme reconnaissable par ceux qui l’ont niée, sa propre négation, la destruction et la mort. Les consciences occidentales ont frémi de jouissance à la vision proprement spectaculaire de leur propre anéantissement lors de l’attaque sauvage d’il y a deux ans. D’aucuns se sont extasiés au point de nous reconnaître « tous américains » (et effectivement, nous le sommes tous) c’est-à-dire tous morts. Ce monde ignare de la mort ne peut que réclamer et vouloir sa propre mort. Ce monde de la tolérance zéro envers toute économie de la violence, qui la consomme comme on exorcise, cette utopie littéralement profane du Bien, ne peut bien sûr qu’engendrer ce qu’elle réclame à corps et à cris, ce qui lui est consubstantiel, ce qui lui donne vie, à savoir, bien entendu, le Mal. Et l’on a que le Mal que l’on mérite. Et ce Mal parfaitement identifié, parfaitement localisé et parfaitement extérieur, restera tel – extérieur donc étranger, donc inconnaissable, inassimilable, et donc attrayant, fascinant : et finalement désirable. L’Occident désacralisé, refoulant la pourriture aussi bien que l’extase (sous forme de parodies intégrées et gérées), c’est-à-dire toutes pulsions non-utilitaires, négatrices de l’ordre positif du réel, a sapé le fondement de l’humain et les bases mêmes de la vie intense – autrement dit, dans le chaos ordonné d’une organisation totale de la vie comme survie pauvre et misère enrichie, il a plongé dans la narcose rationnelle et massifiée, à la poursuite incessante de sa part refoulée, haïe et désirée, la mort, la violence, le mal.

Ce monde mort part à la recherche de sa propre mort.

Les guerres qui viennent, loin de s’y opposer pour sauver quelque chose de cette civilisation en déroute, il faut les souhaiter, pour l’évidente raison que le choc en retour ne peut qu’être bénéfique. La violence fait retour dans notre monde irréel – les consciences brisées doivent soit disparaître soit exploser afin d’accéder à un niveau supérieur de la REALITE.

Tout ayant faillit, en pure perte, c’est à une révolution (au sens premier du terme) par le chaos et la destruction pure que nous devons faire appel.

C’est dans le brasier, la haine, la folie, l’angoisse et les orages d’acier qui nous attendent que nous nous régénérerons nous-même, ou que nous faiblirons plus encore et serons –avec raison– anéantis.

Quoiqu’il advienne, il est inutile de reculer – la civilisation est morte, et c’est le cœur dur que nous devons entrer dans la nouvelle Barbarie.

Front des Forces Sacrées 1