Il s'agit de la pratique qui mêle stabilité sereine et vue pénétrante dans la saveur unique du yoga de l'absence de tout objet de méditation. Ainsi l'apaisement du cours de toutes les pensées conceptuelles faisant cesser toute activité mentale, se trouve combiné à la destruction de toute conceptualisation par la pure sagesse qui ne trouve aucun objet à la dite activité mentale.
"Sachez que la voie de l'union de ces deux (pratiques) est le voeu (essentiel)." (mDo sDe rGyan)
En ce qui concerne la manière de la mettre en pratique, elle est à peu près semblable à ce qui a été auparavant décrit. Sans jamais se départir de la sagesse qui reconnaît que le yoga de l'objet de la méditation, la méthode de la méditation et le sujet méditant sont tous trois par nature dépourvus de réalité, il convient de développer la stabilité sereine qui établit l'esprit dans une parfaite concentration sur la part de clarté incessante de la cognition, de pair avec la vue pénétrante qui comprend intérieurement que tout n'est qu'apparence dépourvue de naissance. Il convient donc de demeurer ainsi clairement dans l'indifférenciation de l'essence propre de ces deux aspects. Si la stabilité est grande, il faut alors aiguiser le tranchant de la sagesse discriminante. Si l'activité de celle-ci est trop intense et que l'esprit répugne à demeurer concentré, il faut le détendre. Alternant ainsi entre ces deux pôles, et demeurant dans l'union, tous les risques de déviation sur la voie sont évités. Si on ignore ces points essentiels, quelque soit la force de la stabilité sereine, elle demeure du domaine de l'un des quatre états méditatifs mondains, et, quelque soit la justesse et l'acuité de l'examen de la vue pénétrante, elle dévie vers l'un des quatre royaumes du sans-forme. C'est ainsi qu'il est très important de pratiquer en détruisant tout risque de déviation dans le Samadhi.
Dans les intervalles entre séances, sans laisser la conscience des organes sensoriels s'échapper entièrement vers son objet (les divers objets des sens), il faut demeurer dans la connaissance que toute la perception n'est qu'une porte pour le déroulement de la cognition qui ne quitte en fait jamais la sphère de l'espace (de la vacuité). C'est dans cette connaissance qu'il faut accomplir le bien des êtres.
Ici s'achève l'exposé de la voie commune (au Vajrayana)
et aux Bodhisattvas.
II- MEDITATION SUR L'INTIME CONVICTION DE LA NAISSANCE D'UNE EXPERIENCE EXTRAORDINAIRE (dans la voie du Vajrayana)
Il est dit (dans le Traité Racine):
"Le yogui extraordinaire en Samadhi extraordinaire, a la vision de l'expérience extraordinaire."
Le yogui extraordinaire est celui qui pratique la voie du Vajrayana qui va plus tard être expliquée (dans la Triple Ligne), le Samadhi extraordinaire est la voie de la maturation et de la libération avec tous ses enseignements annexes, qui va suivre. Quant à la vision de l'expérience extraordinaire, il s'agit de celle qui naîtra alors en s'appuyant sur ces pratiques. Bien que la description détaillée en soit impensable, en bref, il y a trois voies: la voie pour dissiper (les obstacles) prévenant l'entrée (dans la voie), la voie détruisant l'attachement et la voie du grand éveil. Il y a aussi trois expériences (principales), à savoir l'expérience du corps, celle de l'esprit et celle du rêve, trois réalisations de "chaleur", à savoir la chaleur précédée par la conceptualisation, la chaleur qui fait se rassembler les neuf fluides, et la chaleur qui brûle et concentre le nectar. Il y a trois évènements se produisant en interdépendance, à savoir le renversement des airs, une perception visionnaire et les rêves; il y a aussi trois Samadhis (absorption méditative profonde), à savoir le Samadhi des caractéristiques multiples, le Samadhi de la nature propre de vacuité, et le Samadhi de l'essence propre de l'union. Tous ces quinze éléments se trouvent résumés dans le seul Samadhi.
En ce qui concerne la manière de développer la conviction inébranlable à cet égard, rJe bTsun Rin po che dit:
"Dans les intervalles de la méditation sur les deux esprits d'éveil, il faut s'efforcer de lire les Sutras et de faire offrande aux Bodhisattvas."
Le disciple qui ayant purifié son substrat mental par la voie commune, développe une petite expérience des deux esprits d'éveil ou autre, doit alors guider son esprit par la grande compassion en pensant: "Bien que la durée de trois éons incalculables afin de parvenir à la bouddhéité pour le bien des êtres, ne soit pas vraiment très longue, il est probable que les Tathagatas habiles dans les moyens et à la grande compassion, aient enseigné une méthode encore plus rapide pour parvenir à l'état de Bouddha parfaitement accompli. Si on lit, consulte, pense et réfléchit aux précieux Sutras, il en est un qui s'appelle mDo sDe gDams Ngag 'Bogs pa'i rGyal po et qui est aussi connu sous le nom de gSang ba Lung sTon pa'i mDo, dans lequel il est dit ceci:
"Puisque le Bouddha a bien enseigné les trois véhicules qui guident les êtres (il s'agit du Véhicule des Auditeurs, de celui des Bouddhas Solitaires et de celui des Bodhisattvas), pourquoi n'a-t-il pas enseigné un véhicule ultime où l'on pratiquerait à la fois la cause et le fruit sans avoir besoin de chercher ailleurs la bouddhéité? (Le Bouddha) répondit: "Après que la roue de la doctrine de la cause ait été ainsi mise en mouvement pour (le bénéfice) de ceux qui aspirent à la cause, viendra plus tard dans le futur la voie courte du Vajrayana."
Le Lang Kar gShegs pa dit:
"Les détenteurs du mantra qui aspirent à réaliser le mantra s'abstiendront de consommer de la viande car elle fait obstacle à la réalisation du mantra et de la libération."
Lorsqu'on voit ainsi ces paroles des Sutras, on comprend qu'il existe un véhicule supérieur au Véhicule de la cause ou Paramitayana et que ce véhicule est celui du fruit, dit encore Vajrayana ou bien Corbeille des discours des détenteurs du mantra. Le désir de rechercher les enseignements de ce véhicule apparaît alors et on pense ainsi:
"Si, par la seule mise en pratique de la voie de la Perfection des Vertus, j'ai pu obtenir ces expériences intérieures et cette compréhension de l'esprit d'éveil il est certain que si je peux rencontrer et mettre en pratique la voie du Vajrayana qui réalise à la fois la cause et le fruit, une expérience et un Samadhi indescriptibles naîtront en moi. A ce moment, quelques soient les bonnes ou mauvaises expériences qui surgiront, il me faudra les reconnaître et les considérer comme elles surviennent, sans attente ni crainte, sans tenter ni de les stopper ni de les provoquer.
Quant à la raison pour laquelle il est nécessaire de méditer à ce moment des préliminaires, sur la conviction intérieure à l'égard des expériences qui vont naître plus tard, elle s'explique ainsi: lorsque plus tard, on mettra en pratique la voie du Vajrayana, des expériences agréables telles que la vision de Bouddhas ou autres, et des expériences désagréables telles que l'attaque de démons et d'ogres, etc..., surgiront. A ce moment, quelques débutants, ne reconnaissant pas ces visions comme des expériences de méditation, croiront véritablement à la présence des Bouddhas et des démons ou ogres, etc... Ils ne sauront pas conduire dans la voie les sentiments d'attente ou de crainte qui les envahiront alors et ceux-ci feront alors obstacle à la naissance des qualités. C'est pour éviter cela que l'on tranche tous les doutes et les erreurs de jugement à l'égard de ces expériences avant qu'elles ne naissent.
Bien que le Sutra précédemment cité du gSang ba Lung sTon pa'i mDo n'ait pas été réellement traduit en tibétain (du sanskrit), certains extraits tels que "La roue de la doctrine de la cause ayant été mise en mouvement pour ceux qui aspirent à la cause...", ont été cités par Jnyana Shri dans son mTha' gNyis Sel ba (Ecarter les Deux Extrêmes) et par le grand traducteur Rin Chen bZang po dans son sNags Log Sun 'Byin (Réfutation de la Pratique Erronée des Mantras). Bien que certains érudits affirment que le gSang ba Lung sTon et le gDams Ngag 'Bogs pa'i rGyal po sont deux Sutras différents, il s'agit en fait là du même titre sanskrit Awabad byakarana traduit de deux manières différentes, mais se référant au même Sutra.
Comment réfléchir à ceci? "Lorsque j'entrerai dans la voie profonde du Vajrayana, un nombre incalculable de visions d'expérience de la voie surgiront. Il conviendra alors de ne manifester ni joie s'il s'agit d'expériences agréables ni déplaisir s'il s'agit d'expériences désagréables. Car toutes ces expériences variées du Samsara et du Nirvana ne surgissent que sous le pouvoir de l'esprit en interdépendance avec les canaux, les lettres des canaux, les nectars des éléments, et l'essence des vents de sagesse transcendante. Si l'on résume ces expériences, elles se résument en cinq groupes de trois, soit quinze. Si l'on veut encore résumer celles-ci, elles se résument dans les trois Samadhis. Lorsqu'elles surgiront en moi, il me faudra les reconnaître individuellement en pensant par exemple: "ceci est l'expérience du corps, ceci est l'expérience de l'esprit, etc..", et il faudra les laisser surgir sans réaction à leur égard."
En bref, il faut penser: "Je vais m'engager sur la voie du Vajrayana
qui est la seule voie foulée par tous les Bouddhas. Je m'efforcerai
ensuite à la pratique jusqu'à ce que les expériences
correspondantes naissent dans mon continuum mental. Lorsque ces expériences
naîtront avec la pratique, je les traiterai en accord avec le Dharma."
CHAPITRE III
LES INSTRUCTIONS SUR LA VISION PURE VISANT A PRODUIRE UNE GRANDE JOIE
Si l'on s'interroge maintenant sur les raisons nécessitant l'application diligente à la voie des mantras et aux expériences des diverses étapes, il est dit dans le Traité:
"La vision pure est en rapport avec la roue ornementale (des qualités) inépuisables du corps, de la parole et de l'esprit des Sugatas (Bouddhas)."
Les raisons d'un tel effort sont donc l'obtention du fruit (de la bouddhéité). Le terme Sugata (Ceux qui Vont dans le Bonheur) désigne ceux qui sont allés avec bonheur de la voie des deux accumulations (du mérite et de la sagesse transcendante) au fruit des quatre corps. Leurs qualités particulières sont: la roue ornementale des inépuisables (qualités) du corps, la roue ornementale des inépuisables (qualités) de la parole, et la roue ornementale des inépuisables (qualités) de l'esprit.
I- LA ROUE ORNEMENTALE DES INEPUISABLES QUALITES DU CORPS
Celle-ci a deux aspects: l'inconcevable secret du corps et (la manifestation) de toutes les formes.
L'inconcevable secret du corps signifie que personne ne peut prendre la mesure du corps des Bouddhas. Il est dit dans le dKon mChog bTsegs pa (skt. Ratna Kuta):
"Le Bodhisattva Shugs 'Chang (skt. Vegadharin) qui désirait percevoir les limites de la proéminence crânienne du Bouddha, se rendit dans ce but au sommet de la Montagne Centrale, au royaume des Trente-Trois Dieux et au royaume de Brahma. Dépassant les milliards de mondes au-delà de ce monde, il parvint dans le monde Padmo Can (skt. Padmavati) où réside le Tathagata Padmo'i dPal Gyi sNying po (skt. Padma Shri Sara Raja), et il ne vit jamais les limites de la proéminence crânienne."
Manifester toutes les formes signifie que quelque soit la forme nécessaire pour discipliner les divers êtres à entraîner, qu'il s'agisse d'une noble émanation (corps d'émanation) ou d'une forme de lapin, de tigre, de lion, de bateau, de radeau, de pont, etc..., (le Bouddha) la prend et accomplit ainsi le bien des êtres.
II- LA ROUE ORNEMENTALE DES INEPUISABLES QUALITES DE LA PAROLE
Celle-ci comporte également deux aspects:
En ce qui concerne l'inconcevable secret de la parole, la parole du Bouddha, même si on l'entend de très près, n'est jamais trop forte. Et même si on l'entend d'une très grande distance, elle n'est jamais trop faible. C'est ainsi que Maudgalyayana se rendit au paradis occidental de bDe ba Can (skt. Sukhavati) et par delà un milliard de mondes, jusqu'au royaume de 'Od Zer Can (skt. Prabhavati) où réside le Tathagata 'Od Zer Can nas 'Byung ba (skt. Prabhavat) avec sa suite. Et il entendit la voix du Bouddha toujours aussi forte.
Quant au deuxième aspect, à savoir la manifestation de toutes les voix, il s'agit du pouvoir d'enseigner le Dharma dans les langues de toutes les sortes d'êtres, depuis les pures langues célestes jusqu'aux langues des Nagas, des Rakshas, des ogres etc...
III- LA ROUE ORNEMENTALE DES INEPUISABLES QUALITES DE L'ESPRIT
Elle comporte également deux aspects:
L'inconcevable secret de l'esprit signifie que personne d'autre que le Bjouddha ne peut connaître la totalité des objets de savoir, comme son esprit les connaît lui-même. A ce sujet, on rapporte l'exemple de l'ignorance de Maudgalyayana qui, bien qu'étant un grand Arahat doué de pouvoirs miraculeux, demeurait dans l'ignorance quant au lieu de renaissance de sa propre mère, alors que le Bouddha le connaissait. Il y a aussi l'exemple du chef de famille dPal sKyes, que les autres Arahats, ne trouvant pas en lui de germe pour sa libération, refusaient d'ordonner. Le Bouddha lui donna sa permission, parce qu'il savait que lors d'une vie antérieure, la septième avant la vie présente, dPal sKyes était né sous la forme d'un chien et ayant alors été chassé par un sanglier, il avait couru autour d'un Stupa sacré, créant ainsi un germe de vertu.
Quant au deuxième aspect de manifestation de tous les esprits, il signifie que le Bouddha possède la connaissance transcendante qui connaît complètement la nature et le détail de tous les phénomènes. Par nature des phénomènes il est entendu que le Bouddha connaît et maîtrise la vérité primordiale et ultime des entités. Quant au détail, il s'agit de la connaissance qui connaît dans leurs détails individuels sans les confondre, les relations de cause à effet de tous les phénomènes tels que le caractère acéré de l'épine, la rondeur du pois, la forme carrée des pierres dites de Phawang, les couleurs variées du paon, etc...
Le terme ornemental signifie ce qui contribue à l'embellissement, et il est utilisé ici parce qu'il est beau que les deux objectifs, le personnel et celui d'autrui, se trouvent spontanément accomplis sans effort.
Quant à la roue, il s'agit de la roue de la divine activité (des Bouddhas). Lorsque les Tathagatas ont réalisé le parfait éveil, ils ont tourné la roue du Dharma et ont ainsi amené à l'éveil cent milliards d'êtres vivants. Chacun de ces êtres enseignant alors la doctrine a aussi amené à l'éveil le même nombre d'êtres qui, chacun à leur tour, ont de nouveau enseigné la doctrine aux générations suivantes avec les mêmes résultats. En bref, il s'agit donc de la roue de l'activité divine pour le bien d'autrui qui ne s'arrêtera pas tant que le Samsara sera plein d'êtres (à libérer) .
En ce qui concerne les termes "vision pure", il faut les comprendre ainsi: réalisant intérieurement (lors de l'éveil) que tous les phénomènes du Samsara comme du Nirvana ne sont en fait que le jeu de notre seule connaissance transcendante immuable, il apparaît alors qu'il n'y a rien de tel qu'un "mauvais" Samsara qu'il faudrait rejeter et un "bon" Nirvana qu'il faudrait chercher ailleurs. Les deux apparaissent donc comme étant d'une seule saveur. Comme ceux qui auparavant étaient de simples êtres ordinaires, deviennent par la méditation de la voie, des Bouddhas, les Bouddhas et les êtres vivants partagent donc la même nature. Le yoga qui était jusqu'à présent la voie, devenant le fruit, la voie et le fruit ont donc une unique saveur. Alors que les pensées conceptuelles devaient auparavant être rejetées, sous l'effet de l'entraînement, toutes les pensées conceptuelles devenant vérité-en-soi, ce qui devait être rejeté (les pensées) et leur antidote sont d'une saveur unique. La conduite à suivre et celle à rejeter ne sont pas deux, ce dont il faut se libérer et ce qu'il faut obtenir ne sont pas deux, le Samsara et le Nirvana sont d'une seule saveur, d'une seule matière, un même état. On obtient donc toutes ces qualités inconcevables.
Comment réfléchir à cela? "Etant entré sur la voie du Vajrayana, et en traitant conformément au Dharma toutes les expériences qui surgiront sur la voie, je deviendrai un tel Bouddha aux qualités inconcevables, telles que ces roues ornementales des inépuisables (qualités) du corps, de la parole et de l'esprit. Ce faisant, je mettrai en branle le mouvement incessant de la roue de la divine activité de l'accomplissement spontané et sans effort du bien des êtres vivants." Il convient donc de méditer dans cette pensée et de produire dès maintenant un esprit de joie.
Le mieux serait de méditer sur les objets de méditation décrits ici (dans ce texte), à raison de quatre séances quotidiennes. Sinon, on pourra se contenter de trois ou au moins de deux séances par jour. Il ne faudra pas passer à la méditation de l'étape suivante avant d'avoir produit l'expérience correspondant à l'étape précédente. Toute séance débutera par les préliminaires de la prise du refuge et par les autres prières. La base de la séance sera constituée par la méditation de l'objet principal de l'étape où l'on est engagé. Toute séance sera conclue par la dédicace du mérite et par le maintien de la vigilance et de l'attention à l'égard du sens de la méditation.
De cette manière, le maître à la grande compassion et habile dans la méthode, enseignera d'abord au débutant la vision impure et amènera ainsi son esprit à renoncer au Samsara. Par la vision de l'expérience commune, il produira l'aspiration à l'éveil parfait pour le bien d'autrui. Par la vision de l'expérience non-commune, il produira la joie à l'égard de la voie des mantras. Par la vision pure, il produira la joie à l'égard du fruit de (la voie) des mantras.
Ainsi viennent donc d'être énoncées toutes les étapes
des instructions visant à transformer (le disciple) en digne réceptacle
pour l'initiation qui produit la maturation et qui est la première
étape sur la voie du profond véhicule tantrique.
COLOPHON
Comme elle concentre le sens profond des Trois Corbeilles dans la Triple Vision préliminaire, cette méthode de la Triple Vision est le moyen pour transformer les êtres pleins de foi en réceptacle pour l'initiation. Elle établit les fondements de la voie.
Comme elle concentre la fondation, la voie et le fruit dans chacune des (visions munie des) trois éléments de la base pour l'apparition des apparences, de la cause des apparences et de l'essence propre de ces apparences, cette manière d'expliquer la Triple Vision est unique.
Si l'on comprend bien ces différentes distinctions, on obtiendra une compréhension claire du sens de nombreux enseignements, tels que la pratique séparée de chacun des sept enseignements communs du Samsara et du Nirvana, ou la pratique de leur ensemble, etc...
J'ai composé ce Bel Ornement de la Triple Vision en introduisant d'abord chaque section par des vers en résumant le sens, puis j'ai abondamment expliqué son sens avec des citations des écritures pour produire la confiance, et enfin j'ai ajouté une méditation résumée de chaque étape.
J'en confesse tous les défauts éventuels aux Lamas racine et de ma lignée, ainsi qu'à tous les Bouddhas et leurs fils. Grâce à cette excellente vertu, puissent tous les êtres qui ont été ma mère, parvenir à la contrée de la félicité de l'union!
Ce Bel Ornement de la Triple Vision, exposé des préliminaires de la voie, en accord avec le Traité Racine (des Paroles de Dorjé), fut composé à la requête du roi du Dharma à la connaissance inégalée Kun dGa' bSam 'Grub bKra Shis rGyal mTshan dPal bZang po, qui est le descendant de la précieuse lignée (des Khon) comptant de nombreux fils et neveux qui furent de grandes incarnations maintenant levé le parasol blanc (de la doctrine) de ceux que l'on connaît sous le nom de vénérés Sakyapas et qui sont les maîtres de la doctrine du Bouddha dans le monde. Moi qui suis né dans cette lignée religieuse, le moine de Shakya (Shakyamuni), dKon mChog Lhun Grub, j'ai eu la bonne fortune de recevoir le nectar des enseignements et d'être constamment sous le regard de compassion de mes saints maîtres aux actes conformes au Dharma. Il s'agit principalement du sublime guide , roi du Dharma, Ratna Wardha qui est sans différence avec Dorjé Chang, des maîtres à l'inégalable compassion Mus Chen Sangs rGyas Rin Chen et 'Jam dByangs Kun dGa' bSod Nams Grags pa rGyal mTshan dPal bZang po à l'infinie connaissance. J'ai pris comme base (de cet écrit) les écrits des vénérés fondateurs qui sont le deuxième Dorjé Chang, j'ai extrait les meilleurs passages des traités explicatifs des autres saints êtres détenteurs de la lignée des fondateurs et j'y ai aussi ajouté les instructions particulières de mes trois saints Lamas. La composition de ce Bel Ornement fut ainsi achevée l'année du Lièvre d'eau femelle du cycle dit mDzes Byed (An 1543 ap. J.C.), le seizième jour du mois de Khrums (huitième mois lunaire), jour où les étoiles étaient dans un alignement auspicieux. Le scribe en fut l'érudit mGon po Rin Chen dPal bZang po.
L'exposé explicatif de la Triple Ligne, qui constitue la base de la voie, fait l'objet d'un autre texte.
Dans sa totalité, il s'agit de l'enseignement développé,
sans les citations il s'agit de l'enseignement moyennement développé,
et sans les citations ni les explications supplémentaires, il s'agit
de l'enseignement résumé. Selon les circonstances et les
besoins, on se servira de l'enseignement développé, moyennement
développé ou du résumé.