Pierres
de
cathédrales
Médaille d’Argent
XXV ème grand concours international 1994
Académie Internationale de LUTECE
Pierre GRAND’EURY
http://monsite.wanadoo.fr/poesiepge/
Nouvelle Pléiade – PARIS –
tous droits réservés pour tous pays
Table des poèmes
Pierres de cathédrale 3
Ô douce nuit 5
Le Petit Prince 7
Nuit des Césars 8
Contrastes 9
C’est le temps 10
Cet enfant qui vient de naître 11
Un enfant jouait 12
Le fil bleu 13
Le silence est l’âme des choses 14
Mozart – enfant 16
Noël 18
L’essentiel 19
L’onde 21
Donne-lui 22
L’Homme-oiseau 24
La neige et l’enfant 26
L’Homme-géode 28
La paix 29
Un sourire 30
Chanson de geste 31
Solitudes 33
Pierres de cathédrale
Pour combattre la laideur
Il faut bâtir une cathédrale
Modèle d’harmonie
Pour vaincre la haine
Il faut bâtir une cathédrale
Temple d’amour
Pour soulager la souffrance
Il faut bâtir une cathédrale
Havre d’apaisement
Pour échapper au superflu
Il faut bâtir une cathédrale
Condensé de l’essentiel
Pour échapper au vacarme
Il faut bâtir une cathédrale
Abîme de silence
Pour aider les pauvres
Il faut bâtir une cathédrale
Puits de charité
…
Pour libérer les prisonniers
Il faut bâtir une cathédrale
Ouverture sur l’infini
Pour exalter ceux qui doutent
Il faut bâtir une cathédrale
Jaillissement de foi
Pour rassemble les égarés
Il faut bâtir une cathédrale
Flèche de reconnaissance
Pour bâtir une cathédrales
Il faut des pierres
Pierres invisibles de fondation
Pierres de colonne
Pierres de flèche
Nobles clés de voûte
Pierres essentielles
Par leur présence
Par la place qu’elles occupent
Alors la flèche transpercera le soleil
Qui fécondera la terre par une pluie d’étoiles
Alors la terre rejoindra le ciel
Alors la matière deviendra Esprit !
Ô douce nuit !
Dans la nuit d’un abri
Tremblent des femmes , des enfants
Des hommes , abrutis
Par le fracas des bombes , assourdissant
Ô douce nuit
Chante une voix d’enfant
Venue du fond des temps
Nuit de paix !
Dans la nuit d’une ville
Se livrent des femmes , des enfants ,
Des hommes , aux instincts vils
Des chalands , pour de l’argent comptant ..
Ô douce nuit
Chante une voix d’enfant
Venue du fond des temps
Nuit de cristal !
Dans la nuit d’un tribunal
Un homme savoure sa victoire .
Son ennemi paiera , c’est normal ,
Pour une faute dérisoire .
Ô douce nuit
Chante une voix d’enfant
Venue du fonds des temps ,
Nuit de pardon !
…
Dans la nuit d’un combat
Des hommes s’affrontent .
La haine arme leur bras ,
Leur rage à tuer fait honte .
Ô douce nuit
Chante une voix d’enfant
Venue du fond des temps
Nuit d’amour !
Dans la nuit froide de l’oubli
L’handicapé , le paumé , le larron ,
Egrènent tristement les jours de leur vie
En maison , dans la rue , en prison .
Ô douce nuit
Chante une voix d’enfant
Venue du fond des temps
Nuit de délivrance !
Le Petit Prince
Du bord de la planète
Le Petit Prince contemplait la Terre . .
« Regarde la face noire que j’y ai faite «
Dit le renard , Malin
« j’en suis fier ! «
( de la planète du renard , on ne voyait
de la Terre que la face cachée )
Le petit prince prit la Terre sous son bras ,
Aux antipodes la propulsa !
«Regarde la face ensoleillée »
Dit le Petit Prince ,
Egalement fier !
« le soleil l’illumine pour moitié ;
Jamais la nuit ne l’envahira tout entière ! «
Et le Petit Prince s’endormit ,
Ravi du bon tour joué au Malin !
Aux souffrances , aux angoisses de la nuit
Succèdera toujours la naissance d’un matin !
Nuit des Césars
Nuit des césars
Pour les privilégiés
Applaudissant les stars
Médiatisés
Etalant leur or
Sous les ors des décors
Par le paraître figés
De clinquant plaqués !
Et la nuit des clochards !
Et la nuit des égarés !
Et la nuit des désespérés !
Et la nuit des angoissés !
Et la nuit des handicapés !
Ces stars préfabriquées ,
Ces admirateurs abusés ,
Se retrouveront
Avec
Les clochards ,
Les égarés ,
Les désespérés ,
Les angoissés ,
Les handicapés ,
Dans une égale nudité
Face à une mort annoncée !
Contrastes
La nuit n’est pas nuit
S’il n’y a pas d’étoiles !
L’ombre n’est pas ombre
S’il n’y a pas de lumière !
Le rachat n’est pas rachat
S’il n’y a pas de pardon !
L’amour n’est pas amour
S’il n’y a pas don de soi !
Le service rendu
N’est pas Service
S’il n’y a pas gratuité du cœur !
C’est le temps …
Alors le renard dit au Petit prince :
« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose
Qui fait ta rose si importante ! «
C’est le temps que tu as perdu
A contempler les étoiles
Qui fait les étoiles si brillantes !
C’est le temps que tu passes
A aimer l’Autre
Qui rend l’Autre si cher à ton cœur !
C’est le temps que tu as perdu
A rêver
Qui rend la rêverie si enrichissante !
C’est le temps que tu passes
A vivre
Qui rend la Vie si impérieuse !
C’est le temps que tu as passé
A écouter Mozart
Qui rend Mozart si émouvant !
C’est le temps que tu consacres
Aux autres
Qui te fait de Dieu modeste apôtre !
Cet enfant qui vient de naître
Enfant qui vient de naître !
Sur quelle eau mèneras-tu ta barque ?
Pureté de l’eau qui sourd du rocher ?
Trouble de l’eau fétide de l’étang ?
Bondissement de l’eau en cascade argentée ?
Blanchissement de l’écume sous le vent rugissant ?
Enfant qui vient de naître !
Par quel air seras-tu porté ?
Légèreté de l’air à l’aube naissante ?
Puissance destructrice d’une tornade sauvage ?
Surexcitation d’une couche turbulente ?
Violence électrisée d’un nuage d’orage ?
Enfant qui vient de naître !
De quel feu brûleras-tu ?
Feu sacré qui détruit toute souillure du monde ?
Immatérielle flamme qui réchauffe les cœurs ?
Braise pâlotte qu’éteint d’un souffle la Bête immonde ,
Lumière dans la nuit pour tous ceux qui ont peur ,
Va , petit bonhomme !
Maître de l’eau qui t’emporte ,
Mène ta barque pour qu’elle guide les pécheurs !
Maître de l’air qui te porte ,
Sois dans le ciel l’étoile qui attire les cœurs !
Maître du feu que tu portes ,
Brûle de l’amour qui ranime les ardeurs !
Va , petit bonhomme !
Pur comme l’eau de roche ,
Léger comme l’air du matin ,
Ardent comme le feu sacré ,
A la vie tu t’accroches !
Le monde t’appartient !
Tu es l’humanité !
Un enfant jouait ..
Une eau lentement sourdait . .
Un enfant auprès d’elle jouait ..
Cette eau répandait sa pureté
Originelle
Cet enfant rayonnait sa pureté
Originelle
Je fermais les yeux..
Afin qu’aucune souillure
Ne trouble cette eau pure ,
J’imaginais de la recueillir
Dans une coupe de cristal !
Afin qu’aucune souillure
Ne trouble cette âme pure ,
J’imaginais de la contenir
Dans une immense cathédrale !
La coupe devenait Terre !
La cathédrale devenait Univers !
L’eau restée pure
Fécondait la terre
Aux temps des labours ..
L’âme restée pure
Embrasait l’univers
Du feu de l’Amour ..
Je rouvris les yeux !
L’eau , déjà , était troublée !
L’enfant , déjà , était souillé !
Le cristal s’est brisé ..
La cathédrale s’est fissurée ..
L’homme était passé par là !
Le fil bleu
Quand on n’a pas tout donné ,
On n’a rien donné
Capitaine GUYNEMER
A tous les pilotes
de la Patrouille de France
Morts en plein ciel de gloire
En haut d’une boucle
L’avion t’a trahi !
En haut d’une boucle
L’azur s’est dérobé !
En haut d’une boucle
Ton avion s’est arrêté !
En haut d’une boucle
La mort t’a ravi !
En haut d’une boucle
Un fil bleu s’est détaché
Du drapeau de fumées
Que la patrouille tissait
Dans le ciel Salonnais !
En virevoltant ,
Il est retombé ..
Il s’est déposé ,
Délicatement ,
Sur le drapeau maculé
De sueur et de sang
Recouvrant ton corps brisé !
En haut d’une boucle
Un panache bleu s’est figé .
Un fil bleu est retombé ..
Ton âme a ricoché
Sur le sol Salonnais ..
Pour l’éternité !
Le silence est l’âme des choses
(proverbe français)
Dans l’excitation du matin
Je n’ai pas entendu
L’eau jaillir de la source ,
L’oiseau gazouiller ,
L’enfant vagir ;
Dans le tourbillon de la journée ,
Je n’ai pas entendu
Les joies et les peines
Des hommes au travail ,
Des handicapés , des malades ,
De chacun de mes frères ;
Dans le tumulte du jour ,
Je n’ai pas entendu
L’agonisant qui tremble devant la mort ,
L’abandonné qui n’a plus de courage ,
Le supplicié qui hurle son innocence ,
Le désespéré qui veut être aimé ,
La vague qui meurt sur le sable ,
Le soleil qui décline ,
La mort qui vient .
…
Par le bruit insensibilisé ,
Je n’ai pas remarqué
La souffrance qu’on endure ,
La peur qui défigure ,
La faim qui torture ,
Le pardon refusé ,
La pureté profanée ,
La beauté saccagée !
Ami ,
Prends le temps du silence ..
Alors tu vibreras
Au bruissement des étoiles ,
A la note qui perle de l’archet ,
A la plénitude du désert !
Alors ,
Tu seras en harmonie
avec la Terre ..
Alors tu trouveras
La paix ,
Dans le silence !
Alors tu pourras entendre ,
Au tréfonds de ton cœur ,
Crépiter
Le feu ardent de l’Amour !
Mozart – enfant
« je me penchais sur ce front lisse,
sur cette douce moue des lèvres ,
et je me dis .. voici Mozart – enfant !
voici une belle promesse de vie ..
Protégé , entouré ,cultivé ,
Que ne saurait-il devenir ?
Mais il n’est point de jardinier pour les hommes ..
Mozart est condamné !
Antoine de SAINT EXUPERY
Cet enfant-soldat (!) qui saute sur une mine ,
Son jeune corps rougissant la blanche étamine !
C’est Mozart qu’on assassine !
Cet enfant retenu par des fers ,
Cet enfant prisonnier de guerre !
C’est Mozart qu’on enterre !
Cet enfant déraciné , sans demeure ,
Cet enfant orphelin , en pleurs ,
C’est Mozart qui se meurt !
Cet enfant , au travail forçé réduit ,
A douze ans , à six ans même , si petit ,
C’est Mozart qu’on détruit !
Ce garçonnet , cette fillette , souillés ,
Pour survivre , aux vices d’adultes livrés ,
C’est Mozart outragé !
Mais rien n’est perdu !
Mozart a tout prévu !
Massacré , emprisonné , torturé ,
Déraciné , profané ,
Mozart nous a légué
Pour émerger des noirceurs de la nuit ,
Son éternelle « petite musique «
Angélique
Comme de ces enfants martyrs ,
L’innocence flétrie !
Ami ,
Chaque enfant que tu contribues à sauver
Est une note que tu ajoutes à la partition
De la symphonie universelle de l’amour
Qu’est chargée d’écrire l’Humanité !
Noël
Dans la nuit argentée ,
Une étoile a guidé
Les rois Mages empressés
Vers l’Enfant-humilité ..
La richesse ,
Devant la pauvreté ,
S’est agenouillée !
Dans la nuit de l’égoïsme ,
Apporte , Ami,
Ton geste de partage .
Dans la nuit froide de solitude ,
Apporte , Ami ,
Ta présence .
Dans la nuit froide de désespérance ,
Apporte , Ami ,
Ta lumière d’espoir .
Dans la nuit froide de haine ,
Apporte , Ami ,
Ton message de paix .
Dans la nuit froide de dénuement ,
Apporte , Ami ,
Un peu de ton pain .
Dans la nuit froide de tristesse ,
Apporte , Ami ,
Le réconfort de ton sourire .
Dans la nuit froide du néant ,
Apporte , Ami ,
L’infini de ton amour .
Alors la nuit se réchauffera
Au feu de tes actions !
Alors l’amour vaincra la haine !
Alors les lumières d’espoir
Deviendront poussières d’étoiles !
Alors Noël sera la fête
De l’Humanité réconciliée !
L’essentiel
Alors le renard dit au petit prince :
« voici mon secret ; il est simple :
on ne voit bien qu’avec le cœur !
l’essentiel est invisible pour les yeux ! »
Antoine de SAINT-EXUPERY
Mes yeux sont éblouis
Par le clinquant de la gloire ?
Alors la célébrité n’est pas essentielle …
Mes yeux sont aveuglés
par le brillant de l’or ?
Alors la richesse n’est pas essentielle…
Mes yeux sont abusés
par les faux-semblants ?
Alors le paraître n’est pas essentiel …
Mes yeux sont attirés
par le superflu ?
Alors l’excès n’est pas essentiel …
Mon cœur a compati
A la souffrance de mon ami ?
Alors cette souffrance est essentielle !
Mon cœur a pleuré
Sur les larmes d’un enfant ?
Alors ces larmes sont essentielles !
…
Mon cœur a pardonné
La méchante parole de mon voisin ?
Alors le pardon est essentiel !
Mon cœur a vibré
Au chant de l’oiseau ?
Alors l’harmonie avec la nature est essentielle !
Mon cœur a aimé
Jusqu’au don total ?
Alors l’amour est essentiel !
Mon cœur s’est réchauffé
Au feu de l’amitié ?
Alors l’amitié est essentielle !
En tissant , ensemble ,
La toile de la fraternité ,
Nous développons notre aptitude
A voir avec le cœur !
En nous laissant guider
Par notre cœur ,
Nous trouvons les meilleures occasions
De servir !
Mais notre cœur
Sera éternellement lourd
De la nostalgie
De l’essentiel
Qu’il aura négligé !
L’onde
D’onde en onde ,
D’ascendance en ascendance ,
Le vol du planeur se poursuit ..
De réunion en réunion ,
D’action commune en action commune ,
L’amitié se développe ..
Que cesse l’onde ,
Que se délite l’ascendance ,
Et la trajectoire se dégrade !
Que cessent les occasions de rencontre ,
Que l’assiduité se relâche ,
Et l’amitié se meurt !
« Le merveilleux chez Mozart
Est que le silence qui suit sa musique
Est encore du Mozart « ( * )
Il en va ainsi pour les moments
De partage d’amitié !
Le temps qui suit l’ « au revoir «
Est encore amitié !
(*) Sacha GUITRY
Donne - lui ..
Dans le tumulte et l’excessif ,
Donne - lui la sérénité ,
La simplicité !
Dans les angoisses du doute ,
Donne - lui la référence ,
L’assurance !
Dans la nuit de la désespérance ,
Donne - lui la lumière ,
Ta prière !
Dans le froid de la tristesse ,
Donne - lui ta chaude amitié ,
La charité !
Dans le vide de l’indifférence ,
Donne - lui la réalité
De son identité !
A cause de la sécheresse des cœurs ,
Donne - lui l’eau de la terre
Qui désaltère !
A cause de l’injuste intolérance ,
Donne - lui l’occasion
Du pardon
…
Pour canaliser son enthousiasme débordant ,
Donne - lui
Des frères à aider ,
Des actions communes à partager ..
Pour consumer l’ardeur qui l’emplit ,
Donne – lui
Des frères à aimer ,
Des actions communes à partager ..
Pour lutter contre l’égoïsme , le confort de l’argent ,
Donne - lui
Des miséreux à aider ,
Des actions communes à partager ..
Sur son itinéraire d’homme parmi les hommes ,
Donne –lui
Des convergences qui rassemblent ,
Des bouts de chemin à parcourir ensemble .
L’homme – oiseau
Je connais des oiseaux
Au plumage chatoyant
Tristes comme des corbeaux !
Je connais des oiseaux
Rapides comme la flèche
Mais rasant toujours l’eau !
Je connais des oiseaux
Menant sans risques
Leur vie de tourtereaux !
Je connais des oiseaux
Au regard d’aigle
Seigneurs des cimes au blanc manteau !
Je connais des oiseaux
Distraits
A tête d’étourneau !
Je connais des oiseaux
Se contentant des plaines
A l’abri des roseaux !
Je connais des oiseaux
Rêvant d’exotisme
Couverts d’oripeaux !
Je connais des oiseaux
Soucieux de leur parure
Et fiers d’être beaux !
Je connais des oiseaux
Rapaces
Enserrant leur magot !
Je connais des oiseaux
Qui partent à l’aventure
Et reviennent penauds !
Je connais des oiseaux
Qui se brûlent les ailes
A vouloir voler trop haut !
Je connais des oiseaux
Jacassant
A tout propos !
Je connais des oiseaux
Silencieux et discrets
A l’abri des ormeaux !
Je connais des oiseaux
Gonflant leurs plumes
Pour paraître plus gros !
Je connais des oiseaux
Qui ne savent voler
Qu’en solo !
Je connais des oiseaux
Qui ne savent voler
Qu’en troupeau !
Quel oiseau sommes-nous ?
Gerfaut ?
Vanneau ?
Tantôt dans l’azur infini ,
Tantôt dans les brumes des marais ,
Notre corps d’homme-oiseau
Prépare notre âme
A son ultime envol
Pour l’immortalité !
La neige et l’enfant
J’ai trouvé d’un chamois
Les empreintes
Dans la neige
A l’orée d’un bois .
J’ai laissé de mes pas
Les empreintes
Dans la neige
Et me suis assis , las .
Et j’ai pleuré !
Un enfant passant par là,
Me questionna :
« Pourquoi pleures-tu ? «
« Cher enfant , vois-tu ,
J’ai désiré
( était-ce bien raisonnable ? )
Laisser pour l’éternité
La marque de mon passage ,
Et je pleure à l’idée
Que cette neige,
Par le soleil sublimée ,
Va en eau se transformer ,
Détruisant mes empreintes à jamais «
…
L’enfant me répondit :
« Comment ramasserai-je
Des gentianes dans les prés ,
Dans les rochers le génépi ,
Si la neige que tu as foulée
Ne devient pas l’eau pure
Dont a soif la nature ? «
Alors j’ai compris
Qu’il faut
Que cette neige devienne eau
Pour être utile à autrui !
De joie mon cœur se remplit
Que cette eau qui ruisselle
Garde , par une mystérieuse alchimie ,
De mon passage un souvenir éternel !
La neige fond
L’Homme meurt !
Mais son âme ruisselle
Vers l’Univers
Imprégnée du souvenir
De ses actes passés !
L’homme – géode
A coups de martelet ,
J’ai taillé une géode ;
Par éclats successifs ,
J’ai brisé son enveloppe !
Et j’ai découvert
Un cœur d’améthyste !
La gangue enrobait le cristal ..
L’Homme est une géode !
Très souvent ,
Plus ou moins ,
La haine enrobe l’amour ,
L’orgueil enrobe l’humilité ,
L’égoïsme enrobe la générosité ,
Le vice enrobe la vertu ,
L’avarice enrobe l’esprit de charité ,
La violence enrobe l’esprit de paix ,
L’inutile enrobe l’essentiel !
Mais
A force de volonté et d’efforts
Que vole en éclats la haine !
Que vole en éclats l’orgueil !
Que vole en éclats l’égoïsme !
Que vole en éclats le vice !
Que vole en éclats l’avarice !
Que vole en éclats la violence !
Que vole en éclats l’inutile !
Alors
Ressurgit
La divine limpidité
Du cristal de l’âme !
La Paix
Semer l’amour
Pour récolter la paix !
Mettre son énergie
Au service de la paix !
Pratiquer la tolérance
Pour parvenir à la paix !
Menacer de la terreur
Pour imposer la paix !
Se battre , ô paradoxe ,
Pour gagner la paix !
Respecter l’ennemi
Pour purifier la paix !
Donner sa vie
Pour engendrer la paix !
Un sourire
Un sourire ,
C’est la lueur d’un feu follet
Dans la nuit du désespéré !
Un sourire ,
C’est la réponse inespérée
Au cri de l’angoisse de l’égaré !
Un sourire ,
C’est un coup de risée
Pour le marin encalminé !
Un sourire ,
C’est une goutte de rosée
Pour la fleur desséchée !
Le sourire est pour l’amitié
Ce qu’est la respiration pour l’humanité !
Le sourire d’un jour
Alimente pour toujours
Les feux de l’Amour !
Alors , Ami ,
Sèche les pleurs
A la chaleur de ton sourire ..
Soulage la douleur
Au baume de ton sourire ..
Ranime l’ardeur
A la force de ton sourire
Rayonne l’amour
Au détour de ton sourire !
Chanson de geste
Geste de fraternité
Que cette main qui donne
Au pauvre .
Geste d’amitié
Que ce bras qui enveloppe l’épaule
Du copain .
Geste de réconfort
Que ce sourire à l’adresse
Du malade .
Geste de compassion
Que cette larme non retenue
Devant le cercueil .
Geste de courage
Que cette vérité affirmée
Seul contre tous .
Geste d’abnégation
Que cette vie offerte pour sauver
Son prochain ;
Geste de confiance
Que cette espérance ardemment portée
Contre tout espoir .
Geste de justice
Que ce combat sans cesse mené
Pour le respect de l’autre .
Geste de pardon
Que cette main qui balaye d’un revers
La faute .
Geste d’amour
Que ces deux mains
Tendrement enlacées .
Geste d’accueil
Que ces bras qui s’ouvrent largement
Pour mieux étreindre .
…
Geste après geste
Chaque homme écrit
La Geste de la Vie !
Solitudes
Solitude de l’homme
dans la foule..
Solitude du pauvre
Parmi les riches ..
Solitude du croyant
Face à son Dieu ..
Solitude de l’agonisant
Face à la mort ..
Solitude de l’égaré
Dans un monde en marche ..
Solitude ?
Mais aussi ..
Unicité dans l’entité !
C’est dans l’unique qu’existe le tout !
Unicité de l’étoile
Dans l’Univers !
Unicité de l’infiniment petit
Dans l’infiniment grand !
Unicité du cristal
Dans les pierres de cathédrales !
Prix et autres récompenses
attribués à Pierre GRAND’EURY
sociétaire de : - l’Académie des Poètes Classiques de France
l’Académie Internationale de Lutèce
la Société des poètes français
- médaille d’Argent : 25 ème grand concours international 1994
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour les recueils
Pierres de cathédrale et Comme une eau qui chemine
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille de Vermeil : 26 éme grand concours international 1995
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour le recueil
Au fil du cœur
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille d’ Or : 27 éme grand concours international 1996
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et le Prix d’honneur au grand concours littéraire international 1999
de l’Académie Poétique et Littéraire de Provence
pour le recueil
la Sulamite
Poèmes lyriques d’après « le Cantique des cantiques «
( poésie classique – illustration Françoise GRAND’EURY )
promotion au mérite poétique 1999 ( plaquette de bronze ) de l’Académie
des Poètes Classiques de France
médaille d’ Or - coupe de Lutèce : 31 ème grand concours international 2000
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et Prix Miréio DORYAN de l’Académie des Poètes Classiques de France
pour le recueil
Dans l’argile du temps
Je pétris mon chemin
Dieu cisèle l’Amour
( poésie classique – illustration par Françoise GRAND’EURY )
médaille d’OR - Prix Martin SAINT-RENE ( dit le PRINCE des POETES )
2003
de l’Académie des Poètes Classiques de France
pour le recueil
Au fil de la vie
( poésie classique – illustrations de Françoise GRAND’EURY )
Prix et autres récompenses
attribués à Pierre GRAND’EURY
sociétaire de : - l’Académie des Poètes Classiques de France
l’Académie Internationale de Lutèce
- médaille d’Argent : 25 ème grand concours international 1994
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour les recueils
Pierres de cathédrale et Comme une eau qui chemine
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille de Vermeil : 26 éme grand concours international 1995
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour le recueil
Au fil du cœur
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille d’ Or : 27 éme grand concours international 1996
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et le Prix d’honneur au grand concours littéraire international 1999
de l’Académie Poétique et Littéraire de Provence
pour le recueil
la Sulamite
Poèmes lyriques d’après « le Cantique des cantiques «
( poésie classique – illustration Françoise GRAND’EURY )
médaille d’ Or - coupe de Lutèce : 31 ème grand concours international 2000
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et Prix Miréio DORYAN de l’Académie des Poètes Classiques de France
pour le recueil
Dans l’argile du temps
Je pétris mon chemin
Dieu cisèle l’Amour
( poésie classique – illustration par Françoise GRAND’EURY )
promotion au mérite poétique 1999 ( plaquette de bronze ) de l’Académie
des Poètes Classiques de France