Dans l’argile du temps

Je pétris mon chemin,

Dieu cisèle l’Amour !

 

 

à l’Homme en quête de Dieu

 

 

 

«  En cette fin de siècle où la science et la technique bondissent dans l’espace et le temps comme pour préparer l’âge d’or , Pierre GRAND’EURY survole notre planète avec l’immense douleur de constater que l’âme n’a pas toujours suivi ces progrès fabuleux car l’élan donné par les élites vers la fraternité , la justice et l’amour est souvent brisé .

Avec son admiration pour les artisans de la paix , sa tendresse émerveillée et paternelle pour l’enfance , il se révolte devant tant de détresses , de crimes et de guerres qui souillent et meurtrissent l’Humanité : dans ce recueil , sa sensibilité est toujours à vif .

Mais il y a en lui la force et la lumière vivifiantes de l’amour et de la foi qui réveillent et entretiennent son espoir en la rédemption de l’Homme et son élévation .

" Même dans la douleur et la désespérance

Sous les noirs tourbillons d’un vent démentiel

Il puise dans l’amour toute sa fulgurance "

Dans ce recueil , parmi quelques pantoums qui jonglent avec la symétrie ondoyante des retours mélodiques , on découvre des sonnets dont la juste cadence nous conduit vers le relief , l’éclat , l’ampleur du couronnement final .

Le mouvement symboliquement ascendant des lignes à la fois souples et franches des illustrations de son épouse Françoise GRAND’EURY soulignent dans ce recueil l’élan spirituel et artistique vers l’infini ... »

Marie-Thérèse HORTE-MALET

Sociétaire de

- Société des Gens de Lettres

- Académie des Poètes Classiques de France

- Société des Poètes Français

- Société des Poètes Classiques

 

 

 

Table des poèmes

 

Je pétris mon chemin 5

A l’ombre du silence 6

Au creuset de la nuit 7

Au creux de ton amour 8

Au creux d’un clair-obscur 9

Aux moines assassinés 10

Beauté mystique 11

Comme un torrent fougueux 12

Dans le champ de l’amour 13

Dieu qui sait attendre 14

Dire « je t’aime » 15

Ecoute le silence 16

Enluminer l’amour 17

Epiphanie 18

Espérance 19

Et dans la nuit j’attends 20

Evasion 21

Femme bénie 22

Fin d’orage 23

Il avait 17 ans 24

Je porte dans mon cœur 25

La beauté dévoilée 26

La Cène 27

L’airain de la nuit 28

Laisser aller le temps 29

L’alchimie de la nuit 30

L’âme de la plume 31

Le cantique de Salomon 32

Le silence de Dieu 33

Le triomphe de Dieu 34

Le vol de l’épervier 35

L’ébène de la nuit 36

L’enfant martyr 37

Les chœurs de Kostroma 38

L’Homme blessé 39

L’oisillon 40

Lorsque l’aube s’éveille 41

Mon âme 42

Mystérieux destin 43

Ne jamais oublier 44

Nos mains 45

Ombre luminescente 46

Prendre le temps 47

Silence de l’amour 48

Sillage d’or 49

Sous l’arche de granit 50

 

Une pépite d’or 51

Dieu cisèle l’Amour 52

 

Je pétris mon chemin

 

Dans l’argile du temps, je pétris mon chemin.

J’avance pas à pas au rythme de la vie.

Le jour succède au jour, avenir sibyllin,

Instants inachevés comme une symphonie !

J’avance pas à pas au rythme de la vie.

Au jardin du bonheur je cueille le jasmin.

Instants inachevés comme une symphonie !

Un éternel éden offre au lys un écrin.

Au jardin du bonheur je cueille le jasmin.

La rose s’abandonne à mon âme ravie.

Un éternel éden offre au lys un écrin.

Le chant pur d’un enfant transcende l’harmonie.

La rose s’abandonne à mon âme ravie.

Mais soudain c’est l’horreur, souillure du satin…

La mort de cet enfant rompt la pure harmonie.

Pourquoi, mon Dieu, cet Homme, odieux assassin ?

Car soudain, c’est l’horreur, souillure du satin .

Des larmes sur la Croix… amère nostalgie !

Pourquoi , mon Dieu, cet Homme, odieux assassin ?

Par le sang est rougie une glaise pétrie.

Des larmes sur la Croix…, amère nostalgie !

Déjà l’aube bleuit dans un ciel cristallin …

Par le sang est sauvée une glaise bénie !

Dans l’argile du temps, je pétris mon chemin

 

 

A l’ombre du silence…

 

Le bruit répand ses flots, tumultueux torrent …

Je n’ai pas entendu le lancinant murmure

De l’enfant épuisé par la faim qui l’emmure

Dans le ghetto mortel d’un monde indifférent.

Les ors brûlent de feux où tout n’est qu’apparent …

Je n’ai pas reconnu l’oiseau sous la ramure,

Cet humble roitelet dont la noble parure

Nimbe de son éclat le voile transparent !

Par le vacarme fou, la lumière aveuglante,

Mon cœur est abusé, comme l’onde cinglante

Trouble la vision d’un monde harmonieux.

Pour que je puisse encor écouter la souffrance,

Cueillir l’humilité dans ce monde orgueilleux,

Je laisse aller mon âme à l’ombre du silence …

 

 

 

Au creuset de la nuit

 

Lorsque le jour se fond à l'airain de la nuit

Mon âme s'abandonne au sommeil de la Terre

Epousant le silence , apaisant , éphémère,

Qui perle du cosmos , imperceptible bruit .

C 'est le temps où l'Amour , chaude flamme qui luit ,

Irradie en mon coeur une douce lumière

Comme naît le parfum d'une rose trémière

Au creux de sa fraîcheur où la paix me conduit .

Que j'aime cet instant d'une beauté sublime ,

Ce lent basculement du soleil dans l'abîme

Où se perd à jamais mon doux rêve éveillé .

Au creuset de la nuit se consume le jour

Gardant le souvenir d'un coeur émerveillé

Par l'éclat fulgurant d ' un pur élan d'amour .

 

 

 

A mon épouse

 

 

au creux de ton amour

 

Au creux de ton amour j’ai déposé mon coeur

Comme un papillon d’or sur une fleur se pose.

A l’ombre d’un laurier se cache la tiédeur .

Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose .

Comme un papillon d’or sur une fleur se pose

Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur

Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose .

Le nectar d’un pistil épanche son odeur .

Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur

Tu rayonnes de joie au présent d’une rose

Le nectar d’un pistil épanche son odeur

L’apollon se complaît dans sa métamorphose

Tu rayonnes de joie au présent d’une rose

De tes sens éveillés je me fais moissonneur

L’apollon se complaît dans sa métamorphose

L’écume de la mer sème au vent sa blancheur

De tes sens éveillés je me fais moissonneur

Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose

L’écume de la mer sème au vent sa blancheur

Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose

Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose

Au frisson du désir se mêle ta douceur

Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose

Au creux de ton amour j’ai déposé mon coeur

 

 

Au creux d’un clair-obscur

 

 

Comme un prisme de pierre ajouré de vitraux

Au choeur illuminé d’un flamboyant gothique

La flèche qu’irradie une sainte relique

Concentre sur l’autel les célestes faisceaux .

Comme un dôme d’amour fleurdelisé d’émaux

Au coeur enrubanné d’une faveur mystique

La flèche qui résonne au plain-chant d’un cantique

Condense en son foyer les échos sidéraux.

Cathédrales de feu au creuset de la pierre ,

Vous êtes pour le monde un espoir , un mystère ,

Emergeant des blés mûrs pour rejoindre l’azur .

Pour l’Homme seul , priant , à genoux sous la voûte ,

Cherchant sa destinée au creux d’un clair-obscur ,

En cavatine d’or , vous sublimez le doute !

 

 

 

Aux moines assassinés

 

 

Vous étiez les témoins d'un amour sans limite

Que vous aviez offert à vos amis de coeur.

Au même Dieu ces voix s'unissaient en un choeur

D'où montait vers le ciel un chant cosmopolite.

Mais il fallut qu'un jour une horde maudite

Fasse taire à jamais ce Te Deum vainqueur

D'une haine absolue et lourde de rancoeur.

Vous serez les témoins d'une paix interdite !

Vous avez espéré dans un monde inconnu

Un possible secours... personne n'est venu !

Votre sang a coulé sous le fil d'une lame !

Dans cette cathédrale où votre cierge luit

Vos larmes de martyr opalisent la flamme

Et moirent de fils d'or le linceul de sa nuit !

 

 

 

Beauté mystique

 

 

 

L’opale sur l’autel au for d’un clair-obscur

Diffuse en perles d’or le feu d’une lumière

Comme luit une étoile émergeant de la terre

Lorsque l’aube au lever se consume en azur .

L’Homme dans la tourmente , en quête d’un coeur pur ,

Rayonne en chants d’Amour le froid de sa misère

Comme monte d’un choeur une ultime prière

Ajoutant à l’encens le parfum d’un fruit mûr .

Mystérieuse flamme en opale moirée ..

Etonnante espérance en l’Homme restaurée ..

L_ infini transcendé par le bois d’une croix ..

Moirure de l’amour , traits de feu d’un cantique ,

Sur la pierre d’autel , à l’unisson des voix ,

C’est Dieu qui se révèle en sa beauté mystique .

 

 

 

Comme un torrent fougueux

 

 

J’ai ciselé ton corps au burin de l’amour

Sculptant dans le satin la courbe délicate

D’un sein abandonné qu’une main douce flatte

Lorsque tombe la nuit pour que meure le jour

J’ai puisé dans tes yeux au merveilleux contour

L’eau vive d’un bonheur où ta splendeur éclate

A l’ombre de ton âme et sa flamme écarlate

Féconde le sillon d’un champ prêt au labour

Au galbe d’une épaule où mon coeur s’abandonne

J’ai trouvé la douceur d’un parfum qui se donne

Au souffle du matin dans un premier baiser

Au creux de ta pudeur dont je force l’armure

Je love le désir que je veux apaiser

Comme un torrent fougueux qui se rend et murmure

 

 

Dans le champ de l'Amour

 

 

L'Amour a du soleil l'éclat incandescent

Qui réchauffe mon coeur prisonnier de la pierre

Quand sa lourde froidure à la chaude lumière

S'abandonne et se meurt en souffle évanescent.

L'Amour a du cristal l'éclat éblouissant

Qui transperce mon âme en quête de prière

Quand Dieu semble échapper dans sa nuée altière

A mon désir profond de son Feu tout-puissant.

L'Amour a du mistral la force de la Vie

Qui conduit pas à pas mon âme inassouvie

Vers l'Homme écartelé sur le bois de la Croix.

Dans le champ de l'Amour fleurit mon âme en peine

Bénissant l'Eternel à l'unisson des rois

Qui chantent dans la nuit la beauté de leur reine !

 

 

" je ne fais rien ...

je ne fais que dégager la statue qui s’y trouve déjà "

Michel ANGE

Dieu qui sait t’attendre

 

En toi redonne vie à Dieu qui sait attendre

Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’amour

Au pied de ce calvaire où tu viens me surprendre

Quand le désespoir naît à la chute du jour

Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’amour

Réanime le feu qui veillait sous la cendre

Quand le désespoir naît à la chute du jour

Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre

Réanime le feu qui veillait sous la cendre

Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour

Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre

La mort offrait sa proie à l’oeil noir du vautour

Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour

Laisse ton âme aller au vent qui vient la prendre

La mort offrait sa proie à l’oeil noir du vautour

Mais déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre

Laisse ton âme aller au vent qui vient la prendre

Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour

Car déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre

Comme l’épi se donne au champ prêt au labour

Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour

Le fleuve se confie au secret d’un méandre

Comme l’épi se donne au champ prêt au labour

En toi renaît enfin ce Dieu qui sut attendre

 

 

 

Dire " je t'aime "

 

 

Pouvoir dire " je t'aime " au soleil triomphant

D'une nuit de souffrance et d'angoisse mortelle

Quand l' Homme encor subit sa faute originelle

Mais place dans cet astre un fol espoir d'enfant .

Pouvoir dire " je t'aime " à ce corps palpitant

Qui se donne à jamais dans l'étreinte charnelle

Dont l'Amour sacralise en extase éternelle

L'ardente passion , le désir haletant .

Mais , un soir , il faudra partir sans réticence ,

Dans un geste élégant , sans haine ou violence ,

Le coeur enrubanné de la faveur de Dieu .

Il faudra bien , alors , dans un élan suprême ,

Enfin rasséréné par ce dernier aveu ,

Savoir dire à la Vie un ultime " je t'aime " !

 

 

Ecoute le silence ...

 

 

Quand le soleil rejoint son lit impérial

Et réduit notre Terre à l'étoile qui pleure

L'éclat magnifiant sa gloire antérieure ,

J'écoute le silence éthéré, glacial .

Lorsque la Mort étend son linceul nuptial

Et fige dans l ‘ onyx le temps qu' un soir effleure

Comme l'ombre envahit le seuil de la demeure ,

J'écoute le néant du froid abbatial .

Alors l’âme s'unit à la frêle harmonie

Qui perle du cosmos comme une symphonie

Et vibre à l'unisson...Dieu , que ce chant est beau !

C’est la voix du silence .. Exhumé de ses voiles ,

Monte , comme un murmure émergeant du tombeau ,

Le bruissement pur et fécond des étoiles !

 

 

Enluminer l’amour

 

 

Qui peut, mieux qu’un poète , enluminer l’amour ?

Sur un parchemin d’or naît une ligne pure

Comme au creux du désert ondule la courbure

Du sable de la dune au fugace contour .

Il grave au diamant l’ivoire de la tour

Où l’Homme cherche Dieu , diaphane parure

Pour l’âme s’exhalant de cette créature

En quête d’infini lorsque se meurt le jour .

Dans la plus froide nuit , sa plume reste ferme .

Le poète résiste au doute qui l’enferme .

Des perles de la pluie émerge un arc-en-ciel .

Même dans la douleur et la désespérance ,

Sous les noirs tourbillons d’un vent démentiel ,

Il puise dans l’amour toute sa fulgurance !

 

 

 

Epiphanie

 

Je laisse aller mon âme au long de ce chemin

Vagabonde , éthérée, abandonnée aux ailes

D’un zéphir exhalé du coeur des asphodèles

Unissant leur fragrance à l’odeur du jasmin .

J ‘ abandonne mon corps au creux du parchemin

Que déroule la vie et dont la trame frêle

Enserre en filigrane un destin où se mêle

Au rubis de l’Amour la froideur d’un carmin .

Je ne puis oublier les souffrances du monde

Que distille le Mal en un cancer immonde .

Peut-on rester en paix lorsqu’on tue un enfant ?

Le rubis devient sang et l’âme à l’agonie

Erre , seule , perdue , aux marches du couchant ..

Mais je veux croire encore à Ton épiphanie !

 

 

 

Espérance

 

Dans le froid de la nuit , quand tout semble perdu ,

Lorsque la rose d’or , sur le déclin , s’étiole ,

Attendre l’aube bleue et l’oiseau qui s’envole

Comme naît par miracle un jour inattendu .

Dans un monde sans foi , quand le sang répandu ,

Au nom d’un Dieu trahi , profane l’acropole ,

Espérer que la vie , en cette nécropole ,

Renaisse du tombeau d’un Satan confondu ...

Dans le froid , dans le sang , émerge l’espérance

Arrachée au néant de l’horrible souffrance

D’un monde sans amour , flétri , déliquescent .

Au plus noir de la vie attendre la lumière

Qui jaillit du cosmos en or incandescent ,

Rayonnement divin au creux d’une prière ...

 

" c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière"

Edmond ROSTAND Chantecler

 

 

et dans la nuit j’attends ...

 

 

La rosée au matin sublimant le soleil

Auréole d’opale une larme de joie

Que la beauté du monde en ce jour qui flamboie

Fait perler de mes yeux embués de sommeil .

Le chant de cet oiseau surpris dans son réveil

S’accorde à l’unisson d’un monde qui tournoie

Comme au souffle divin toute ma vie ondoie

Enchâssant dans ses plis un calice vermeil .

Mon âme a tant rêvé d’être l’enluminure

Qui pare mon corps d’homme en quête de droiture

Quand le coeur s’abandonne aux élans de l’amour !

Mais devant moi le Mal a dressé la barrière

De notre humanité qui me cache le jour ...

Et , dans la nuit , j’attends que perle La lumière !

 

 

à Marie-Thérèse HORTE-MALET

 

Evasion

 

Ne plus être lesté du pesant de la rime

Qui freine votre élan , votre inspiration ,

Comme un voile filtrant l'illumination

D'un trait brûlant d'amour né du creux de l'abîme .

Laisser aller sa plume au hasard du sublime

Qui vous emporte au loin de la convention

Régissant , strictement, une construction

Où l'auteur est soumis à l'ordre qui le brime !

Pouvoir jouir des mots , de cet enchantement

Qui naît de la pudeur de leur enfantement

Aux doux feux opalins d'une âme vagabonde ...

Je suis libre à jamais ; ces vers sont un ballet .

Ils dansent dans mon coeur aux limites du monde ...

Je veux les lire encor ... mon Dieu ! ... C'est un sonnet !

 

 

 

Femme bénie

 

 

Ô toi, femme bénie à genoux près du feu

Contemplant ton enfant dans son lit de dentelle !

Ton chant sculpte en son coeur l’or d’une ritournelle ..

Qu'à jamais ton amour illumine son jeu ...

Ô toi, femme bénie abandonnée à Dieu

En consacrant ta vie à cette aube immortelle !

Que s'embrase ton âme à l'astre qui constelle

La voûte de ton coeur dans un ultime adieu ...

Femme, bénie es-tu , source féconde et pure

Ruisselant comme un baume au creux de la blessure

Que le Mal, à jamais; grave dans notre chair ...

Comme un soleil levant, incandescente flamme ,

Tu réchauffes le monde au feu de ton éclair

Irisant dans la nuit l'opale de son âme ...

 

 

Fin d’orage

 

 

Dans un monde où le Mal se montre tout puissant ,

L’Homme puise en son corps la force de la Vie

Qui l’arrache aux tourments de son âme asservie

Aux tourbillons malsains de ce vent mugissant .

Sous les coups répétés d’un combat oppressant ,

Il résiste , il espère , attendant l’éclaircie

Tel un bateau frappé par les flots en furie

Cherchant à se soustraire au cyclone naissant .

Comme l’Homme meurtri par ses luttes passées

Le bateau s’abandonne aux ultimes risées

Pour , enfin , s’arrimer au dernier quai, sans heurt ...

Dans un assaut rageur le vent abat les voiles .

Mais l’orage se rend à ce jour qui se meurt

Au pas lent de la nuit qui se donne aux étoiles !

 

 

Il avait dix-sept ans...

 

Il avait dix-sept ans, du soleil plein les yeux,

Le coeur brûlant d'amour .. il la voyait si belle,

D'une splendeur pareille à ce pur asphodèle

Abandonnant au vent son parfum capiteux ...

La vie est une fête en ce jour glorieux !

Dans l'arche de ses mains se love la dentelle.

La robe nuptiale est pour sa jouvencelle

Qui lui donne en retour la pureté des cieux.

Mais la mort l'attendait , ignoble,intolérante,

Car c'est au nom de Dieu que son sang amarante

A coulé lentement, à l'ombre d'un tilleul ...

Il ne connaîtra pas la douceur éternelle

D'un bonheur partagé...la robe est son linceul ...

Il avait dix-sept ans et la vie était belle...

 

 

aux dix-sept jeunes algériens

massacrés au nom de Dieu !

 

 

 

je porte dans mon coeur ...

 

Je porte dans mon coeur la souffrance du monde

Peut-on dormir en paix au meurtre d’un enfant ?

L’Homme prie à l’autel lorsque l’orage gronde

L’épouvante s’engouffre en un flot écumant .

Peut-on dormir en paix au meurtre d’un enfant ?

Je voudrais tant pouvoir chasser la bête immonde

L’épouvante s’engouffre en un flot écumant

La terreur pétrifie une glèbe inféconde

Je voudrais tant pouvoir tuer la bête immonde

Douloureuse infamie en ce mal répugnant

La terreur pétrifie une glèbe inféconde

Quand l’Homme saura-t-il garder un coeur aimant ?

Douloureuse infamie en ce mal répugnant

Une fois seulement , une seule seconde ...

Quand l’Homme saura-t-il garder un coeur aimant ?

Ivre d’un fol espoir mon âme vagabonde

Une fois seulement , une seule seconde ...

Voir notre Dieu vainqueur , définitivement

Ivre d’un fol espoir mon âme vagabonde

Au pied d’ une croix d’or où renaîtrait l’enfant

Voir notre Dieu vainqueur , définitivement

Une terre enfin libre où Son amour abonde

Au pied d’ une croix d’or où renaîtra l’enfant

Je porte dans mon coeur ... l’espérance du monde !

 

 

la beauté dévoilée

 

 

Cette pierre de lave en sa morne froideur

Garde le souvenir d'une vague écumante

Qui jaillit de la terre en volute fumante

Pour immortaliser son antique splendeur .

L'eau glauque de la mare en sa fétide odeur

Garde le souvenir d'une onde frémissante

Qui perla de la roche en gerbe éblouissante

Pour chanter la beauté du lys en sa candeur .

Au tréfonds de mon coeur brûle une ardente flamme

Née au feu de l'amour où se love mon âme

Comme la sainte hostie en un calice d'or .

Mais que jaillisse l ‘eau , que perce la coulée ,

Que le fond de mon coeur mette à nu son trésor ,

Alors s’altèrera la beauté dévoilée !

 

 

la Cène

 

 

Sous le soleil brûlant scintille l’or des blés.

Leurs épis mûrs et lourds s’inclinent vers la terre,

Prêts à s’abandonner sur cet autel de pierre

Pour devenir le pain des hommes rassemblés .

Sous le soleil brûlant l’ocre des sols sablés

Moire de sa chaleur la grappe qui resserre

Dans ses grains colorés la sève séculaire

Qui deviendra le vin pour des hommes comblés .

Au plat de la patène , au creux du lourd ciboire ,

L’Homme désemparé vient se nourrir et boire ...

Et le pain devient Corps , et le vin devient Sang !

Par cette offrande pure à mon corps qui frissonne

Au cri désespéré du Christ agonisant ,

Au doux feu de l’Amour , mon âme s’abandonne ...

 

 

l’airain de la nuit

 

 

Déjà le jour se fond à l’airain de la nuit .

Dans une flamboyante et royale plongée

Le soleil disparaît , astre d’or qui s’enfuit.

Mon coeur est lourd du sang dont la terre est gorgée .

Dans une flamboyante et royale plongée

Un silence éthéré , comme un souffle , bruit .

Mon coeur est lourd du sang dont la terre est gorgée.

L’enfant blême repose où la mort l’a conduit .

Un silence éthéré , comme un souffle , bruit

Emergeant du cosmos , sidéral hypogée .

L’enfant blême repose où la mort l’a conduit .

Je me brûle au soleil lourd de son périgée .

Emergeant du cosmos , sidéral hypogée

C’est le temps de l’amour, chaude flamme qui luit .

Je me brûle au soleil lourd de son périgée .

Je m’accroche à l’espoir d’une aube qui bleuit .

C’est le temps de l’amour , chaude flamme qui luit

Quand l’Homme émerveillé touche à son apogée .

Je m’accroche à l’espoir d’une aube qui bleuit

Mais qu’il est long ce temps d’une vie outragée .

Quand l’Homme émerveillé touche à son apogée

Au creux de sa splendeur l’âme s’épanouit .

Mais qu’il est long ce temps d’une vie outragée .

Déjà le jour se fond à l’airain de la nuit .

 

Laisser aller le temps ...

 

 

Que s’arrête le temps, une seconde encor...

Que se fige en l’instant la perle de rosée

Gardant le souvenir de mon âme apaisée

Lorsque naît la beauté dans un silence d’or .

Que dans l’éternité se fige le décor

D’une chambre dorée où la belle épousée

Se donne éperdument , à peine apprivoisée ,

Pour trouver dans l’amour le plus divin trésor .

Prendre le temps d’aimer dans un monde sordide

Comme un rayon épouse un pétale livide

Ou le nuage plein féconde le désert .

Laisser aller le temps au rythme de sa vie

En cueillant en chemin les fruits d’un ciel ouvert

Aux aspirations d’une âme inassouvie ...

 

 

l'alchimie de la nuit

 

 

Dans une rougeoyante et sinistre plongée

Vers l'univers glacé des mondes chancelants ,

Le soleil transcendait les stigmates brûlants

Témoins du sang versé dont la Terre est gorgée .

Nimbé de la fraîcheur d’une rose ouvragée ,

Emergeant du néant aux confins scintillants ,

Le soleil porte en lui les espoirs jubilants

De l' Homme qu ' il conduit jusqu'à son apogée .

Mystérieusement , dans ce monde abyssal ,

Se transforme en beauté la souillure du Mal !

Chaque soir rougissant renaît en matin clair !

Comme un ostensoir d'or rayonnant sur l'autel ,

Le soleil prend pour l'Homme accablé dans sa chair

La parure et l'éclat du Phénix immortel !

 

 

L’âme de la plume

 

 

La courbe d’une lettre enferme pour toujours

Le temps d’une pensée au détour éphémère

D’un souvenir lointain jailli d’une chimère

Où fantasme et désir se mêlent à nos jours .

Le plein s’enfle du vent mugissant dans les tours

D’un château de granit d’où le cri d’une mère

Vient déchirer le voile à la froidure amère

Qui la dissimulait à l’oeil noir des vautours .

Le délié se donne au parfum d’une rose

Comme l’eau d’une source au jardin qu’elle arrose ,

Fragile en sa beauté , pure d’éternité !

Chaque lettre d’amour , de haine ou d’amertume

Mêle au souffle du coeur la sensibilité

D’une larme arrachée à l’âme de la plume !

 

 

Le cantique de Salomon

 

 

Dans l’airain de l’amour , où son feu t’a conduite ,

J’ai sculpté le chemin qui mène à ton enclos

Où je veux t’amener , dans ce doux nid bien clos ,

A pousser les soupirs d’une femme séduite

Vers la voûte étoilée à l’éclat sans limite

Je laisserai monter de ces bourgeons éclos

Le parfum délicat dont use le héros

Pour émouvoir le coeur de la belle Aphrodite

Longtemps tu m’as cherché dans cette blanche nuit

Dont une horrible angoisse encore te poursuit

Et tu m’as retrouvé ... Je veux que tu sois mienne !

Que la myrrhe et l’encens honorent ta beauté !

Qu’en ce monde souffrant notre amour parvienne

A ramener à Dieu toute l’Humanité !

l’Epoux à sa Bien-Aimée

 

 

  • le silence de Dieu...
  •  

    Lorsque le feu s'abat en bourrasques de guerre

    Broyant dans la douleur le corps de l'enfant nu

    S exhale dans la nuit d'un silence inconnu

    Son âme lacérée au tranchant de la pierre.

    Ces larmes d'innocents qui ravinent la terre

    Sculptent dans cette glaise un sillon ingénu

    Enluminant l’éden que mon coeur a connu

    Riche des parfums lourds d’un immortel parterre .

    Le dégoût me submerge en flot torrentiel...

    J'attends le bras vengeur qui descendra du ciel

    Pour détruire la haine au fil de son épée !

    Le fracas de l'horreur qui résonne en ce lieu

    Rougit du sang versé l'azur de la nuée

    D'où tombe sur les morts le silence de Dieu...

     

     

    le triomphe de Dieu

     

     

    Chanter Dieu rayonnant de l’aube jusqu’au soir

    Cueillir au frais matin les perles de rosée .

    Déjà le jour se donne à l’ellébore noir

    L’oiseau lance un chant pur , aubade improvisée

    Cueillir au frais matin les perles de rosée

    S’enivrer d’un soleil riche d’un fol espoir .

    L’oiseau lance un chant pur , aubade improvisée

    Un cantique fervent jaillit d’un promenoir

    S’enivrer d’ un soleil riche d’un fol espoir

    Goûter à l’infini l’embrun d’une risée .

    Un cantique fervent jaillit d’un promenoir

    De la montagne naît l’onde fleurdelisée

    Goûter à l’infini l’embrun d’une risée

    Sculpter dans l’or sacré le feu d’un ostensoir .

    De la montagne naît l’onde fleurdelisée

    La lumière se fond au cristal d’un miroir

    Sculpter dans l’or sacré le feu d’un ostensoir

    Découvrir au vallon la source apprivoisée .

    La lumière se fond au cristal d’un miroir

    Le sycomore épouse une brise alizée

    Découvrir au vallon la source apprivoisée

    Transcender en son coeur l’opalin reposoir .

    Le sycomore épouse une brise alizée

    Chanter Dieu rayonnant de l’aube jusqu’au soir

     

     

    à Yizhak RABIN

    tombé au champ d'honne

     

     

    le vol de l'épervier

     

  • Tu venais de chanter à la face du monde
  • Ce bel hymne à la Paix qu'avait repris en choeur

    Le peuple illuminé par le feu de ton coeur

    En qui se consumait toute la haine immonde .

    Tu partais saluant tes amis à la ronde

    Du geste auguste et sûr d'un général vainqueur

    S'apprêtant à goûter la suave liqueur

    Que l'on trouve à l'abri lorsque l'orage gronde.

    Tes paroles de paix, en arabesques d'or,

    Moiraient le parchemin que tu serrais encor,

    Dans cette main tendue en signe de victoire.

    Une balle a troué ce vélin d'olivier !

    Ton sang a fécondé le calice de gloire

    En confiant ton âme au vol de l'épervier !

     

     

  •  

    L'ébène de la nuit

     

     

    Cette étoile lovée au creux froid de l'ébène

    Reflète la pâleur de l'enfant épuisé

    Par l'angoisse et la faim , sous le regard blasé

    D'un monde indifférent au mal qui le gangrène !

    Ce murmure émouvant , comme une cantilène ,

    Exhale la douleur de cet enfant brisé

    Par l’horrible tourment qui lui fut imposé !

    Se peut-il que l'amour soit réduit à l'obscène ?

    Se peut-il que la nuit se confonde à la mort

    Qui transcende une étoile en larme de remord

    Et peuple le cosmos de ces cris d'agonie ?

    Je frémis à l’écho de ce sinistre choeur ..

    Mais déjà l'aube pointe en cette Epiphanie !

    Des cendres de la nuit monte un encens vainqueur !

     

     

    " Quiconque reçoit en mon nom

    un petit enfant comme celui-ci

    me reçoit moi-même.

    Mais si quelqu'un scandalisait

    un de ces petits qui croient en moi,

    il vaudrait mieux pour lui

    qu'on suspende à son cou une meule de foin

    et qu'on le jette au fond de la mer "

    Matthieu 18 5 et 6

    L'enfant martyr

     

    Les cris de cet enfant sous les coups du bourreau

    Résonnent dans la froide et morne indifférence

    D'un monde perverti par la concupiscence...

    Que sorte pour ce monstre une arme du fourreau !

    Les pleurs de cette fille inondent le carreau

    D'une sordide rue où sa pure innocence

    Est odieusement contrainte à l'indécence ...

    Que soit soumis cet homme au fil du hachereau !

    L'enfant a la candeur de la blanche orchidée

    Qui revêt pour son Dieu la robe d'hyménée

    Dont les plis d'organdi renferment un trésor.

    Dans son temple sacré brûle une ardente flamme

    Qui, même après l'horreur, nous éblouit encor,

    Incandescente étoile en cette nuit infâme !

     

     

     

    les Choeurs de KOSTROMA

     

     

    Cette voix cristalline à l'écho de la pierre

    Monte comme un encens du coeur de l'ostensoir

    Qui brille sur l'autel , opalin reposoir

    D'où jaillit comme une eau le feu de la prière .

    Cette voix caverneuse , à jamais prisonnière

    De la fange putride où naît le désespoir ,

    Vibre comme l'airain sous les coups de boutoir

    De l'Homme enseveli recherchant la lumière .

    La marne devient roc , le cristal diamant

    Quand se mêlent ces voix en un choeur triomphant

    Qui forge à l'unisson la ferveur d'un cantique .

    Chantez Dieu ! Que l'amour , en cet alleluia ,

    Sublime la froideur de la voûte gothique

    Et porte jusqu'au ciel les chants de KOSTROMA !

     

     

     

    L'Homme blessé

     

    Quand l'ombre opalescente, où son âme repose,

    S'incline, amère et froide, aux pieds de sa douleur,

    L'Homme blessé gémit , contemplant la pâleur

    D'une flamme promise au déclin d'une rose.

    Plus jamais sur son coeur , dans une apothéose ,

    Ne tombe la rosée où perle la blancheur

    D'une aube nuptiale, éphémère fraîcheur,

    Argentant la pudeur d'une anémone éclose !

    Pourquoi tant de tristesse au creux de cette nuit

    Où l' Homme a consumé le mal qui le détruit ?

    Combien de temps encor lui faudra-t-il attendre ?

    Mais Dieu, dans sa bonté, fera poindre le jour

    Où le flambeau sacré renaîtra de sa cendre

    Sous le souffle puissant et royal de l'Amour !

     

     

    " mon âme , comme un oiseau ,

    a échappé à l’oiseleur "

    psaume 123

    L’ Oisillon

     

     

    Sortant de sa coquille aux fragrances de feu ,

    L’oisillon découvrit une cage dorée .

    Tel un festin royal , la graine picorée

    Avait le goût du miel qui perlait en ce lieu .

    L’oiseau voulut un jour déchirer l’azur bleu ,

    Espoir de liberté qui s’ouvrait à l’orée

    De l’espace idyllique où ni vent ni marée

    Ne venaient perturber ces temps offerts par Dieu .

    L’Oiseleur , Père sage , en sa noble clémence ,

    Voulant parachever cette munificence ,

    Lui donna libre choix de ne pas obéir ...

    Transgressant l’interdit , l’oiseau franchit la porte ...

    Soudain l’azur est feu , la tourmente l’emporte ...

    Plus jamais l’Oisillon ne verra l’or bleuir !

     

     

     

    Lorsque l'aube s'éveille ...

     

    Lorsque l'aube s'éveille au creuset de la nuit ,

    Monte de l'univers la fraîcheur d'un murmure

    Qui perle du matin , comme une enluminure ,

    En arabesques d'or , s'empanache et séduit .

    C'est le temps du silence ... et le soleil qui luit

    Ruisselle lentement , diaphane jaspure

    Retenant dans ses rets l'éclat d'une nature

    Où notre coeur se fond au cosmos qui bruit ...

    Tiré de cette glèbe au parfum de rosée ,

    Tout mon corps s’abandonne au chant de l'hyménée

    Et vibre à l'unisson d'un pur enchantement !

    Née au feu de l'Amour , mon âme épanouie

    Epouse la beauté de cet enfantement

    D'un univers divin , sublime d' harmonie ...

     

     

    lorsque l'enfant s'endort

     

     

    Lorsque l'enfant s'endort sur le sein de sa mère

    Perle de la nuée en fines gouttes d'or

    Un silence divin qui fige le décor

    Pour une éternité dans sa splendeur altière .

    Son sourire angélique illumine la Terre ,

    Douce lueur filtrant du voile de tussor

    Qu'il serre dans sa main , voluptueux trésor

    Dont la trame retient un temps que rien n'altère .

    Ce silence divin .. ce sourire vainqueur ..

    Cette mère tenant son enfant sur son coeur ...

    Ce moment qui se donne au sourire d'un ange ...

    Espérer une fois , sublime réconfort ,

    Voir notre humanité transcender en louange

    L'ineffable beauté d'un enfant qui s'endort !

     

     

     

    Mon âme

     

     

    Comme une chevelure abandonnée au vent

    Déploie en vagues d’or son intime fragrance ,

    Mon âme vagabonde au gré de son errance

    Dévoilant les trésors de mon amour fervent .

    Je rêve d’infini comme au soleil levant

    L’homme désespéré cherche la fulgurance

    D’une flamme naissant au creux de la souffrance

    Qu’apaise une prière au cloître d’un couvent .

    Dans son voyage intime aux confins de ce monde

    Tout être s’égratigne à l’abject , à l’immonde ,

    Jalonnant son parcours de larmes et de sang .

    Mais je veux espérer , ranimer cette flamme

    Qui toujours brillera pour l’enfant innocent ...

    Au feu brûlant d’amour , j’abandonne mon âme .

     

    Mystérieux destin

     

     

    Sur les chemins rugueux d’une terre escarpée ,

    L’Homme blessé se donne au feu qui le conduit

    Vers l’extase sublime où son coeur est séduit

    Par le mystique éclat d’une étoile jaspée .

    Lorsque l’aube s’éveille , émouvante épopée ,

    Au soleil triomphant d’une sinistre nuit ,

    Son âme exulte et vibre à l’insondable bruit

    Qui perle de l’abîme en grave mélopée .

    Un total abandon à l’amour éternel !

    Communion sacrée à l’éther immortel !

    Mystère d’un destin de bonheur et de sang !

    Jailli du pur Alpha d’une gerbe de feu

    A l’ultime Oméga d’un parcours flamboyant ,

    Emanant du cosmos , l’Homme retourne à Dieu !

     

     

    Ne jamais oublier

     

    Ne jamais oublier le cri de cet enfant

    Affamé , torturé , victime expiatoire

    D'un monde décadent et froid comme l'ivoire

    Dans lequel l'Homme sculpte un démon triomphant !

    Ne jamais oublier le silence angoissant

    Qui plane sur les morts comme une sombre moire

    Recouvre d'un linceul la coupe d'un ciboire

    Dont l'or perle du coeur de l'Homme agonisant ...

    Vois , déjà l'aube naît au berceau des étoiles

    Comme un léger zéphir au creux des blanches voiles

    Et je veux croire encore au doux feu de l'Amour .

    Mais l'enfant violé , les meurtris de la guerre

    Resteront à jamais sous l'oeil noir du vautour

    Qui s'arrache au soleil pour fondre sur la Terre !

     

     

    Nos mains

     

     

    Deux mains ont effleuré le velours d’une envie

    De sentir crépiter au creux d’un pur désir

    Le doux feu d’un amour toujours prompt à saisir

    Le coeur émerveillé d’une femme ravie .

    Deux mains ont caressé le satin d’une vie

    Tissant à l’infini la trame d’un plaisir

    Que distille en nos coeurs le pouvoir de choisir

    D’entrelacer deux corps d’une joie assouvie .

    Elles ont découvert ce lumineux chemin

    Que nous trace la vie au détour d’un destin

    En se griffant parfois à la blanche aubépine .

    Recueillant l’or des blés qu’un divin moissonneur

    Transcende en un trésor dans leur coupe opaline ,

    Nos mains ont défriché les sentiers du bonheur ...

     

     

    " la lumière est l'ombre de Dieu"

    Jean d'ORMESSON

    de l'Académie Française

     

     

    Ombre luminescente

     

    L'incandescente flamme irise l'opaline

    Du calice béni reposant sur l'autel

    Quand l'Homme agenouillé dans un geste immortel

    Adore dans la nuit Sa présence divine.

    Cette croix rougeoyante, à l'aube coralline,

    Illumine la nef , témoin sacramentel

    D'un feu mystérieux qui , pour l’Homme mortel

    Sublime la douleur en larme cristalline.

    Emergeant de l'opale ou fusant du métal

    Perle l'astre sacré, pur et transcendantal,

    Fulgurance infinie au coeur de la matière...

    Comme une onde brûlante exhalée en ce lieu

    Chemine vers le monde une humaine lumière,

    Ombre luminescente à l'image de Dieu !

     

     

     

    prendre le temps

     

    Prendre le temps d’aimer , à l’ombre du silence ,

    Le langoureux murmure étonné du ruisseau

    Qui courtise une rose au pied d’un arbrisseau

    Effleurant sa pudeur dans une révérence .

    Se plaire à sublimer , dans sa magnificence ,

    La beauté d’un sourire au chevet du berceau

    Lorsque l’enfant s’éveille en radieux faisceau

    Illuminant les cieux de sa pure innocence .

    Laisser aller son âme à l’écoute de Dieu

    En confiant son coeur , pour toujours , en tout lieu ,

    Au doux feu de l’amour qui réchauffe le monde .

    Harmoniser sa vie à la marche du temps ,

    Au babil de l’enfant , au murmure de l’onde ,

    Pour offrir à son corps un éternel printemps !

     

     

     

    Silence de l’amour

     

     

    A l’ombre du silence émerge de la nuit

    L’insondable froideur d’une étoile nacrée

    Dont la pâle lueur encore inaltérée

    Jalonne mon chemin d’un or qui m’éblouit .

    A l’ echo de l’amour s’élève un faible bruit ,

    Murmure opalescent sous la voûte sacrée

    De cet homme perdu dont l’âme torturée

    Trouve la paix de Dieu à l’aube qui bleuit .

    Au soleil qui paraît dans sa magnificence

    J’aime m’abandonner comme , sans réticence ,

    Un enfant qui se love au doux sein maternel .

    Alors vibre en mon corps cette extase infinie

    De mon âme éblouie en quête d’éternel ,

    Silence de l’amour qui perle en symphonie ...

     

     

    Sillage d’or

     

     

    Au plus noir de la nuit , l’horizon incertain

    Fige dans son contour une courbe où repose ,

    Comme dans un écrin le rubis qu’on expose ,

    Le brillant d’une étoile à l’infini lointain .

    Tel un aigle royal de son regard hautain ,

    Je survole la lande où la brume se pose .

    Comme un feu tamisé qu’un prisme décompose ,

    Chaque lumière prend l’éclat mat de l’étain .

    L’intime d’un amour au clair d’une bougie ?

    Un cierge qui consume un flot de nostalgie ?

    Déjà la nuit m’arrache à cette humble clarté ..

    Fulgurance d’un trait sur de nocturnes toiles ,

    Mon sillage amalgame à notre humanité

    Une poussière d ‘or qui tombe des étoiles ...

     

     

     

    " dans le silence , on entend Dieu "

    Marthe ROBIN

     

    sous l’arche de granit

     

    Ecoute le silence enchâssé dans la pierre ..

    En fines gouttes d’or il se pose sur toi .

    Sous l’arche de granit le Dieu d’amour , ton Père .

    Trancende en pur cristal le feu de ton émoi ...

    En fines gouttes d’or il se pose sur toi .

    Emergeant du cosmos il épouse la Terre ,

    Trancende en pur cristal le feu de ton émoi ...

    A genoux dans la nuit l’Homme se fait prière

    Emergeant du cosmos il épouse la Terre .

    Un silence de mort , un silence d’effroi

    A genoux dans la nuit , l’Homme se fait prière

    Larmes de désespoir , larmes de désarroi

    Un silence de mort , un silence d’effroi ..

    Du vide de ton coeur jaillit une lumière !

    Larmes d’un fol espoir , larmes source de foi ..

    Ecoute le silence enchâssé dans la pierre ..

     

     

    " les paillettes d’or se recuillent

    dans des fleuves de boue "

    Père ARMOGATHE

     

    Une pépite d’or

     

    Sur notre humanité le mal étend son voile ,

    Un funeste linceul pour un agonisant .

    Dans le froid de ses plis , comme au coeur du gisant ,

    Brûle le feu sacré de Dieu qui se dévoile .

    Dans la plus sombre nuit toujours brille une étoile

    Comme luit sur l’autel la braise opalisant

    Le marbre d’un calice au breuvage apaisant ,

    Une arabesque d’or à l’obscur d’une toile .

    Tel un souffle divin né d’un gouffre abyssal ,

    L’amour jaillit du sein d’un néant sidéral

    Pour nous purifier des viles flétrissures .

    Contre toute espérance , en quête d’un trésor ,

    L’Homme dans sa folie orne d’enluminures ,

    Au creuset de l’horreur , une pépite d’or !

     

     

    Dieu cisèle l’Amour

     

     

    Ecouter le silence éthéré de la pierre

    Quand au pied de l’autel où l’Homme vient s’asseoir

    Le cantique se rend à la chute du soir

    Comme dans l’océan s’apaise la rivière .

    Attendre dans la nuit que brille une lumière

    Pour l’Homme agenouillé devant un ostensoir

    D’où perle un clair-obscur comme renaît l’espoir

    D’une paix retrouvée au creux de la prière .

    Quand tout semble perdu , laisser aller son coeur

    Au souffle de la vie , indicible douceur

    D’un zéphir apaisant sur un front nostalgique .

    Au fil de la souffrance , esquisser le contour

    D’un monde transcendé par une foi mystique .

    Dans l’argile du temps , Dieu cisèle l’Amour .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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