Le monastère de la Croix Glorieuse


Monastère des Petits frères de la Croix, inspiré de Charles de Foucault. La communauté a été fondée en 1980. Il s'agit d'une congrégation monacale cloîtrée. Actuellement, il y a six Petits Frères de la Croix qui y vivent. Le monastère comprend une hôtellerie pour les gens qui veulent aller y faire une retraite.
Le monastère se trouve à St-Agnès, près de Clermont, dans un décor absolument merveilleux et calme, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-haut.


L'église du monastère et sa fresque iconographique

Source: Dépliant "Un art de la beauté, la fresque iconographique du monastère de la Croix Glorieuse"



L'église du monastère a été construite en 1991. Les fresques sont l'oeuvre d'un prêtre iconographe de Québec, Sylvain Lalande, selon la technique utilisée pour les icones byzantines portatives, dont le support est traditionnellement revêtu de poudre d'albâtre mêlée à de la colle animale. Il employa comme couleurs des pigments de nature végétale et minérale, dilués dans une émulsion à l'oeuf. Les auréoles et les fonds de couleur dorée ont été obtenues par l'application de feuilles d'or (24 carats) sur une mixtion résineuse. L'oeuvre s'inspire d'images de diverses fresques byzantines, un type de représentations qui se retrouve dans les églises et monastères aussi bien orthodoxes que catholiques de rite oriental byzantin, en Grèce, en Turquie, dans les pays slaves, au Moyen-Orient, en Europe de l'est et dans les milieux de la diaspora.




Le thème illustré est "La Communion des saints intercesseurs et amis de Dieu autour du Trône de l'Agneau, le Christ Glorieux". Cette fresque entend transmettre une intuition de la "Beauté de Dieu" contemplée dans la Gloire du Ciel, cette Beauté qui sauve le monde du nihilisme et de la dénaturation de ce qui est "splendeur du Vrai". A l'instar de certaines fresques romanes ou de mozaiques réalisées dans des églises romaines de l'époque byzantine, le Christ Pantrocrator (Tout-Puissant) fut choisi comme figure centrale de l'oeuvre. La teinte de ses vêtements, bleu azur et pourpre violacé, est légitimée par ces représentations antiques et par une série de fresques russes de l'Église de la Résurrection de Rostov (1675). L'intention était de présenter le Christ Jésus dans son état de Gloire lumineuse, transfigurant sa chair et ses vêtements.
La fresque du Saint des saints sur fond d'or laisse émerger, en son centre, le Fils unique de Dieu par nature, rassemblant tout dans l'unité en son propre Corps Mystique - l'univers visible et invisible, le cosmos, les êtres créés, les anges et les humains... La gloire du Christ est symbolisée par une traditionnelle "mandorle" (forme d'amande) qui l'entoure. /.../ Le Père, l'Inengendré, bénit son Fils Bien-Aimé (signe de la main au faîte de la fresque) à qui il communique sa propre Gloire: l'Esprit-Saint, le Souffle d'Amour qui pénètre toutes choses, resplendit par les luminosités d'or qui nimbent les saints (symbolisme des auréoles).
L'universalité du message du salut dans le Christ est représentée par 4 points rouges s'élançant aux 4 points cardinaux de l'univers. Trois animaux et un ange y symbolisnet les 4 évangélistes. Situé au centre du cosmos étoilé, le Christ est entouré par des esprits invisibles, des Séraphins aux six ailes, puis par des Anges adorateurs volant sur des nuées. Tout contre "le plus beau des enfants de l'homme" figurent - en état d'intercession pour l'humanité - la sainte Vierge Marie, la Théotokos et l'ami de l'Époux divin, saint Jean Baptiste.




Derrière le précurseur du Christ figurent quelques personnages de l'Ancienne Alliance: pères dans la foi,  prophètes, justes et rois. On y retrouve, de gauche à droite au premier rang: Abraham (1) et Isaac (2), Moise (3), le prophète Samuel (4), les prophètes Elie (5), Jérémie (6) et Isaie (7). Au second rang: Noé et son arche (8), Jacob et l'échelle (9), Ruth la Moabite (10), les rois Salomon (11) et David (12), puis le prophète Daniel (13).




Derrière la Vierge apparaissent les témoins de la Nouvelle Alliance scellée dans le Sang du Rédempteur; ce sont les 12 apôtres siégeant sur des trônes de gloire pour juger les tribus d'Israel. Au-dessus d'eux se tiennent "le gardien du Rédemteur", saint Joseph et "l'apôtre de la Résurrection", sainte Marie-Madeleine.




Au-dessous de ces deux groupes bibliques sont représentés, en 2 sections distinctes, des saints et bienheureux des Eglises de l'Orient et de l'Occident. Parmi les saints de l'Orient: des pères du désert, des moines et fondateurs, des personnages ayant contribué à l'essor de la vie chrétienne. On y retrouve, de gauche à droite au premier plan: saint Jean Chrysostome (14), saint Nicolas de Myre (15), saint Jean Damascène (16), ste Théodora l'iconophile (17), st Vladimir (18), st Serge de Radonège (19) et st Séraphin de Sarov (20). Au second rang, on retrouve st Antoine du désert (21), st Macaire d'Egypte (22), st Pacôme (23), ste Marie l'égyptienne (24), st Hilarion (25), st Sabbas (26) et st Silouane de l'Athos (27).




Parmi les saints de l'Occident, on retrouve des figures qui ont marqué l'Eglise latine, sa vie religieuse et monastique, ainsi que l'histoire de l'Église du Québec. De droite à gauche au premier rang: st Augustin (28), st Thomas d'Aquin (29), le Bienheureux Mgr François de Laval (30), st Jean de Brébeuf (31), ste Kateri Tékakwita (32), la Bhse Marie de l'Incarnation (33), le Vénérable frère Charles de Jésus (34), et petite soeur Madeleine de Jésus (35). Au second rang, st Benoît (36), st François d'Assise (37), st Bruno (38), ste Thérèse de l'Enfant-Jésus (39), ste Marguerite Bourgeois (40), la Bhse Catherine de St-Augustin (41) et le Bhx frère André (42). Sous le marche-pied du Christ, apparaît la figure du fondateur du Monastère de la Croix Glorieuse, le père Michel-Marie de la Croix, initiateur de cette oeuvre iconograpique.





Aux extrémités gauche et droite de cette fresque principale, on aperçoit deux personnages contre les poutres des côtés. Sur un fond bleu et turquoise émergent les "deux colonnes de l'Église", st Pierre et st Paul.






La fresque centrale est encadrée par deux murs latéraux sur lesquels sont illustrées les deux Théophanies de Notre Seigneur: son Baptème au Jourdain, dans le côté gauche, et sa Sainte Transfiguration au Mont Thabor, dans le côté droit.


Note: Au petit magasin du monastère, j'ai acheté deux petites icones plastifiées représentant la Vierge et l'enfant. Elles ressemblent énormément à celles que j'ai vues en Bulgarie...! Recherches effectuées, il s'agit de la Vierge "platytera" (ou du perpétuel secours), et de la Vierge dite de Vladimir. Celles que vous voyez ici ont probablement été réalisées en Roumanie.






Site web de l'iconographe Sylvain Lalande
(Vous pouvez y voir d'autres icônes, bien qu'elles soient un peu pâles...)



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