Je
sonne donc à la porte d'un très anonyme bungalow de la
banlieu d'Ottawa.
Une femme, de stature assez imposante, viens m'ouvrir. Elle est
plutôt jolie et porte une longue robe noire, très chic, qu'elle
avait dû acquérir à une époque où elle était plus mince. Elle
s'assure de mon identité, me fait refermer la porte derrière moi
et m'ordonne de m'agenouiller devant elle pour lui baiser les
pieds. En m'exécutant, je ne manque pas de remarquer qu'elle
porte de magnifiques sandales de cuir verni noir à talons très
hauts et ses ongles d'orteils sont peints d'un rouge vif.
Me
faisant relever, elle me fait signe de me diriger
dans la pièce de droite, située au bout d'un long corridor.
L'atmosphère y est assez lugubre. Les murs et les plafonds sont tout noirs.
Même l'unique fenêtre est drapée d'un tissus de cette couleur et l'éclairage
est minimal.
La pièce est encombrée de meubles bizarres tandis que des
sangles de cuir pendent des murs.
La
femme m'ordonne d'enlever mes vêtements. Rendue à mes
sous-vêtements, j'hésite mais elle me fait signe de tout
enlever. J'ai, tout à coup, l'impression que l'éclairage de la
pièce est beaucoup plus intense que je l'avais d'abord cru.
Ainsi nue, devant cette femme complètement habillée, je me sens
humiliée. Je suis toute tremblante et j'ai même un peu peur. Faut dire que
mon éducation de petite campagnarde, catholique-romaine, ne m'a
pas tellement bien préparée à vivre ce genre de situation.
Elle
semble jouir de mon désarroi mais je crois, quand même,
percevoir un peu de compassion de sa part. Avec calme et
assurance, elle me fait part que je dois l'appeller Maîtresse
Ingrid et me signifie de m'assoir sur un petit tabouret devant
elle. Puis, elle m'explique que je peux mettre fin à la session
en tout temps
en utilisant un "mot de passe". Elle me demande de lui montrer
le contenu de mon sac et, lorsque j'en extrait la caméra, elle semble
particulièrement intéressée par son fonctionnement.
Lorsque Maîtresse Ingrid me fait pivoter pour lui présenter mes poignets dans mon dos,
elle y attache des bracelets de cuir. Je sens le cliquetis d'un
cadenas qui se referme et je me retrouve ligotée et à sa mercie.
Les tremblements de mon corps, qui avaient
cessés, reprennent de plus belle. Une poussée d'adrénaline
monte en moi car j'ai vraiment peur. De me retrouver dans cet
état d'impuissance est tout à fait contraire à ce que je
recherche dans ma vie de tous les jours.
Au
cours des minutes qui suivent, je suis ligotée dans toutes
sortes de positions et sur différents appareils, dont la croix
St-André, qui est appuyée contre l'un des murs de la pièce. Pendant ce
temps, Maîtresse Ingrid semble éprouver un malin plaisir à
utiliser la caméra Polariod pour me photographier.
Puis, survient le moment où je me retrouve
allongée sur un drôle de banc, les jambes en l'air, écartées à
leur limite, et les chevilles ligotées
bien haut à une barre transversale qui est fixée à une des
extrémités
du banc.
Pendant que je suis maintenue dans cette position, Maîtresse Ingrid
badigeonne la crevasse entre mes fesses avec un produit
graisseux et met en marche un vibrateur qu'elle insère dans
l'embrasure
de mon anus.
Immédiatement, j'ai l'impression que tout mon corps se
met à vibrer et j'ai peur de devenir folle tellement c'est
violent. Mais, avant que j'aie le temps de m'habituer à cette
sensation, totalement nouvelle pour moi, Ingrid applique un
autre vibrateur sur mon "clito". C'est évident qu'elle essaie de
me faire orgasmer mais, après quelques minutes de ce traitement,
c'en est trop pour moi et je lui lance le mot de passe.
Heureusement, elle arrête tout immédiatement. Pendant que les
tremblements de mon corps s'estompent lentement, Ingrid nettoie
mes fesses et mon sexe. Lorsque je redevient plus calme, elle
me détache les chevilles et je peux m'assoir, les poignets
toujours ligotés devant moi.
Elle
ouvre alors une penderie et en ressort une paire de sandales à
talons hauts et un déshabillé qu'elle me fait porter, après
avoir libéré mes poignets. Lorsqu'elle me fait parader devant
elle, je me sens humiliée. Les sandales sont trop grandes pour
moi et le déshabillé est trop petit.
Ingrid
m'amène alors dans une chambre à coucher où elle me fait assoir
devant un miroir et commence à me maquiller et à me coiffer d'une perruque
foncée. D'un grand tiroir, elle sort un soutien-gorge, une
corselette et une paire de bas de dentelle noirs. Comme nous
nous en retournons au donjon et qu'elle s'apprête à prendre une nouvelle
photo, je lui demande la permission d'enlever les sandales
qu'elle m'a fait porter pour les remplacer par une des paires de
chaussures que j'ai apporté.
Les
dernières
photos prises, Ingrid prend le temps d'engager la conversation afin
de connaître mes impressions sur notre session. Elle veut surtout
savoir pourquoi j'ai refusé de jouir complètement. Au cours de
cette
conversation, elle m'apprend qu'elle est d'origine allemande et
que son époux, un ex-client, est son esclave.
Une
fois démaquillée et débarrassée de mes vêtements féminins, nous
nous disons adieu et je reprends la route pour Montréal. Ai-je
besoin de vous spécifier que je n'ai pas assez du trajet de retour
pour digérer tout ce que je viens de vivre au cours des
dernières heures?
Deuxième rencontre:
Pendant les
jours qui suivent ma première rencontre avec Ingrid, régulièrement mes
pensées sont consacrées à cette femme et aux nouvelles
expériences qu'elle m'a fait vivre. Heureusement que j'ai des
photos en main car, sans elles, j'aurais l'impression d'avoir
rêvé. Je me rend compte, également, que j'ai été chanceuse
d'avoir été initiée par cette femme si chaleureuse et compréhensive.
Par contre, je ne
suis pas
particulièrement impressionnée par ma transformation en
femme. Je trouve que j'ai l'air vraiment ridicule arrangée ainsi
et ce n'est pas un genre d'humiliation qui m'excite. Mais, d'avoir pu porter mes chers talons
hauts devant elle est toujours excitant, chaque fois que j'y
pense de nouveau.
Tout comme
j'ai trouvé particulièrement excitant d'avoir dû m'exhiber
complètement nue devant cette inconnue. Cela me surprend et me
perturbe. Ce qui me perturbe également c'est de ressentir de
l'excitation à la vue des photos qui me montrent ligotée.
Pourtant, lorsque j'ai vécu ces situations, après avoir vaincu
ma peur, j'avais seulement ressenti un état de relaxation et de
bien-être. La montée d'adrénaline et de peur ne
m'était revenue seulement lorsque j'ai senti l'application du
lubrifiant froid entre mes fesses. Mais, lorsque j'ai entendu le bruit du vibrateur, alors j'ai vraiment paniqué.
Relativement à cet épisode, en
particulier, je me sens quand même un peu déçue d'avoir
été incapable de le vivre jusqu'au bout. Et, en regardant la
photo qui me montre étendue sur le banc, les jambes en l'air et
les chevilles attachées à la barre transversale, je me sens
excitée et je ressens un profond besoin de revivre ce genre de
situation.
Au bout de trois
longues semaines, finalement, je n'en peux plus et je reprends
rendez-vous avec Ingrid. Dans les jours qui précèdent cette
nouvelle rencontre, je décide de mettre toutes les chances de
mon côté afin d'en profiter au maximum. Ainsi, dans un
sexshop de la ville, je me procure un corset et un "butt plug".
Et, à partir du catalogue Sears, je commande une paire de
ballerines à talons plats.

Le jour de la
rencontre, avant mon départ pour Ottawa, j'enfile, sous mes
vêtements d'homme, corset, bas, ballerines et butt plug. Le
corset a pour but de me procurer un tour de taille plus mince
et, surtout, de me préparer à la sensation d'être ligotée.
Malheureusement, il est un peu trop grand et pas assez rigide.
J'espère que le
butt plug va me préparée suffisamment pour que je me rende
jusqu'au bout de l'invasion du vibrateur entre mes fesses. Mais,
j'ai de la difficulté à l'introduire et c'est très douloureux.
Surtout que, dans mon inexpérience, je n'utilise aucun
lubrifiant. Je me demande même si je pourrai l'endurer pendant
les deux heures et demi que dure le trajet. Dès que je m'assois sur le
siège de mon auto, la douleur augmente encore. J'ai très envie
de retourner à mon appartement pour l'enlever mais la
peur de me faire voir avec mes petites ballerines l'emporte.
Je sais que c'est
ridicule, parce qu'en ce début d'après-midi, l'immeuble semble
désert et la gérante de l'immeuble n'a même pas levé les yeux
lorsque je suis sorti de l'ascenseur. Mais comme c'est la
première fois que je m'expose en public avec, à mes pieds, des
chaussures féminines et je me sens crispée. Pourtant, elles
me font tellement de beaux pieds et la sensation des bas de
nylon sous mes pantalons est tellement agréable.
Ingrid, elle, les
remarque immédiatement dès que je me présente à sa porte et ne
manque pas de me complimenter sur mon choix. Avant même
qu'elle me fasse enlever mes vêtements, elle remarque aussi que je porte
un corset, ce qui la fait sourire. Par contre, elle
semble plutôt surprise de voir le butt plug entre mes fesses et
elle me fait signe de passer à la salle de bain pour le retirer
immédiatement.
En me faisant
vider mon sac, elle a l'air toute heureuse de retrouver ma caméra
Polaroid mais, surtout, elle est folle des talons hauts que je lui
montre. J'ai même l'impression qu'elle aime ce genre de
chaussures autant que moi. C'est probablement pour cette raison que, sans
perdre un instant, elle me fait parader devant elle en me
faisant mettre chacune des trois paires que j'ai
apporté. Je me compte chanceuse de porter une pointure plus
grande que la sienne car c'est sans doute elle, plutôt que moi,
qui aurait essayé mes chaussures.
Contrairement à la
première fois où je suis venue chez elle, je me sens
relativement à l'aise devant elle et je crois même que j'éprouve
beaucoup de plaisir et de fièrté à lui montrer que je peux me
mouvoir sans grandes difficultés sur des talons de six pouces de
hauteur. Par contre, même si elle m'a permit de conserver mes
bas et mon corset, je me sens encore gènée de me retrouver
devant elle le sexe complètement nu et presqu'en érection.
Toujours perchée
sur une paire de Dorseys rouge vif
, elle me fait passer dans sa chambre
et commence à me maquiller. Puis, vient la perruque et la séance
de photo commence. Elle a l'air de vraiment bien s'amuser et moi
aussi.
Mais, maintenant,
c'est le temps de passer aux choses sérieuses et je dois lui
présenter mes poignets dans mon dos pour qu'elle les attache. Sur la croix en X, Ingrid ne manque
pas de torturer mon sexe mais je n'ai pas à subir de trop
grandes souffrances. En réalité, cela me procure plus de
sensasions agréables que de douleurs.
Mais, lorsqu'elle me fait
allonger sur le banc, les jambes en l'air et écartées et qu'elle
fixe mes chevilles à la
barre tranversale, une incroyable poussée d'adrénaline
m'envahit. De vibrants souvenirs de ma première session
remontent dans ma mémoire. C'est le moment que je voulais
absolument revivre mais, en même temps, c'est aussi celui que j'appréhendais le plus.
Lorsque
que je sens les doigts d'Ingrid appliquer le froid lubrifiant entre mes
fesses, mon corps se met à trembler d'une manière incontrôlable.
Et, quand je commence à sentir le vibrateur s'introduire dans
l'ouverture de mon anus, je n'arrive pas à me détendre.
Pourtant, je suis bien consciente qu'il faudrait que j'y arrive,
si je veux pouvoir goûter
les sensasions que je suis venue chercher.
Ingrid doit
comprendre ce que je ressens car elle éloigne le vibrateur
presque tout de suite. Puis, elle me pénètre de nouveau mais plus lentement,
cette fois. Après plusieurs
mouvements de va et vient, je finis par m'habituer un peu
et je réussis à me détendre. Lorsque, sans prévenir, elle applique un
deuxième vibrateur sur mon sexe, je suis tellement surprise que
je n'offre aucune résistance et un orgasme survient
presque tout de suite.
Pendant qu'elle me
laisse récupérer quelques minutes, Ingrid en profite pour nettoyer
mon sexe et mes fesses. Je me sens tellement bien et l'action de ses mains sur
mon corps ressemble à une caresse. Je me sens
vraiment heureuse et, chaque fois que je peux voir son visage,
Ingrid semble toute rayonnante, elle aussi.
Ce qui est
particulièrement sensationnel avec elle c'est que je ne sens
jamais que nous sommes limités dans le temps. Même après qu'elle
eut défait mes liens et que je me sois rhabillée, elle me laisse
le temps d'échanger mes impressions avec elle.
Aujourd'hui, le
chemin du retour est encore plus agréable que la dernière fois.
Et, ce n'est pas parce que je n'ai plus à supporter le butt plug
entre mes fesses, croyez-moi. J'ai vraiment adoré l'expérience
que je viens de vivre et je ne peux m'empêcher de penser qu'il
aurait été vraiment dommage que je m'en sois privée plus longtemps.
Troisième rencontre:
Au cours des jours et des semaines qui suivent, en regardant les photos prises au cours de
mes deux rencontres avec Ingrid, je revis fréquemment tout le plaisir quelle
m'a fait
découvrir. Je sais
maintenant que chaque fois que j'aurai l'opportunité de me
soumettre à une femme en qui j'ai confiance, j'éprouverai le même
genre d'excitation que lorsque j'ai visionné la scène du film qui m'a amené à
faire la connaissance de cette dominatrice.
Mais, aussi surprenant que cela puisse
paraître, la pensée qui remonte le plus souvent à la surface et
qui me procure encore des frissons de plaisir c'est
d'avoir pu m'exhiber sur des chaussures à talons hauts devant elle. Et, j'ai maintenant l'impression qu'il
me faudra absolument assouvir ce besoin un de ces jours.
À première vue, je ne vois vraiment pas
comment je pourrais réaliser ce fantasme. Mais, plus les jours
passent et plus j'examine les photos sur lesquelles je porte
perruque et maquillage, plus j'ai l'impression que je pourrais
faire mieux qu'Ingrid et, qui sait, peut-être pourrais-je oser sortir
"en
femme" sur mes échasses favorites.
Quelques semaines
plus tard, comme par hasard, je dois assister à un congrès dans
la ville de New York. Je ramasse mon courage et je me rends dans
une boutique spécialisée pour les travestis de cette ville
(Lee's Mardis Gras a fermé boutique quelques années plus tard,
suite au décès de son proprio, un travesti notoire).
Le jour de mon
arrivée dans la métropole américaine, j'ai
tellement peur de me faire voir dans ce genre d'établissement
que je demande au chauffeur de taxi de me
déposer à un coin de rue plus loin et je marche plusieurs fois
devant la boutique sans jamais oser y entrer.
Malgré tout, le lendemain, j'y retourne et, cette
fois, j'entre. Je fait le tour de cette vraie caverne d'Ali Baba.
Je fini par choisir une revue et un vidéo. Mais, à la caisse, je n'ai pas suffisamment d'argent
comptant sur moi.
Je dois donc me rendre dans un des rares guichets
automatiques de l'époque pour obtenir une avance de fonds, à
même ma carte de crédit et revenir à la boutique pour prendre
possession des mes achats. Il fait chaud à New York, par cette
belle journée d'automne, mais c'est bien plus l'excitation que
me procure la situation qui me fait abondamment transpirer.
De retour à Montréal, j'éprouve quand même des regrets
d'avoir manqué de courage pour essayer quelques-unes des paires de talons
hauts qui se trouvaient en montre dans la boutique.
Par chance, deux
semaines plus tard, je dois me rendre de nouveau à New York et
je me promet bien de profiter de cette occasion qui pourrait ne
jamais se
représenter.
Vers la fin de ma première
journée dans la métropole américaine, je me rends de nouveau à la
boutique et, après avoir observé deux ou trois hommes essayer
des chaussures à talons, je m'exécute à mon tour. Mes premiers achats
consistent en une paire d'escarpins à talons de quatre pouces
et une autre paire à talons de six pouces
.
Quelle montée d'adrénaline mais, surtout, quel bonheur de
pouvoir me pavaner librement, devant les personnes présentes,
sur ces magnifiques chaussures.
Mais mon budget
n'est pas encore épuisé (à cette époque, l'argent ne faisait pas partie
de mes principales préoccupations), je m'approche du secteur où
se trouvent les perruques. Je les examine puis je
trouve assez de courage pour demander de l'aide d'un commis.
Quelques instants
plus tard, je suis assise devant un grand miroir, en train
d'en essayer quelques exemplaires. J'ai de la difficulté à
croire que j'oserai, un jour, porter en public ce drôle de
couvre-chef. Mais j'ai tellement peur que pareille opportunité ne
se représente pas que je choisis celle recommandée par le
commis, même si elle me donne l'apparence d'un épouvantail. En plus,
ce dernier, ayant sut faire diminuer suffisamment mon niveau de stress, je pousse
l'audace jusqu'à profiter de ses services pour acquérir du
fond de teint et tout un nécessaire de maquillage.
De retour à mon
appartement de Montréal, comme c'était prévisible, mes deux
ou trois premières soirées passent à essayer de me féminiser. Mes débuts sont plutôt difficiles. Le maquillage
de mes yeux et du contour de mes lèvres s'avère
beaucoup plus difficile que j'aurais pu l'anticiper. De plus, le fond de
teint Max Factor, tant vanté par le commis de chez Lee's Mardis
Gras, ne semble pas cacher l'ombre des poils de mon visage
autant que je l'aurais souhaité. Malgré tout, je fini par me
convaincre que le résultat atteint est nettement supérieur à ce
qu'Ingrid a accompli.
Et, en dépit de toutes ces difficultés, je me met quand même à rêver
que de me transformer en femme n'est pas un objectif hors
d'atteinte.
C'est
dans cet état d'euphorie qu'au cours des semaines qui suivent,
mes principales préoccupations consistent à acquérir tout ce qui
me manque pour compléter ma transformation. Le catalogue Sears
est de nouveau mis à contribution pour me procurer une longue
jupe noire et un haut fleuri. Puis, je m'enhardie au point d'oser aller magasiner dans des boutiques de la rue
St-Hubert et à la pharmacie du coin. Je fini même par acheter une jupe-culotte rouge que
je fais transformer chez la couturière de mon nettoyeur habituel
afin qu'elle devienne une micro mini-jupe.
Des
essais répétés avec tous ces accessoires finissent par me
convaincre qu'il me serait tout à fait envisageable de me rendre, de nouveau,
chez Ingrid et de la surprendre sous
les traits d'une femme.
Plusieurs choses, cependant, continuent
de m'inquièter. Parmi celles-ci, j'ai peur de m'aventurer dans
un escalier et sur le trottoir juchée sur les talons vertigineux,
que je porte habituellement à l'intérieur de mon appartement.
Cela me peine beaucoup de devoir concèder quelques pouces sur
leur hauteur car tout le mal que je me donne pour essayer de prendre
l'apparence d'une femme a pour but, justement, de pouvoir
porter mes talons hauts sur la rue. Mais, je suis si
proche de mon but, qu'il n'est pas question que je m'empêche de
vivre l'expérience pour une simple question de hauteur de talons. Je
fais donc l'acquisition d'un paire d'escarpins noirs dont les talons
ne dépassent pas un pouce et demi de hauteur.
C'est toute une concession, vous allez me dire, mais je n'ai pu
trouver mieux, dans un si court laps de temps.
Un bon soir (sans égard aux
dangers auxquels je m'expose), je m'empresse de les enfiler pour
faire le tour du parc près de chez moi. Mes souliers
n'étant pas de très bonne qualité, mes talons font un bruit d'enfer.
J'ai l'impression que je vais réveiller tous les habitants du
quartier. Mais, tout le stress que me procure la situation ne
diminue en rien le plaisir de cette première longue
marche sur la rue.
Le lendemain, je prends rendez-vous avec Ingrid et m'arrange
pour prendre congé au bureau.
Le
jour fixé pour le rendez-vous, tout se passe sans anicroche jusqu'à ce que
je me retrouve devant la porte d'entrée du bungalow de ma
dominatrice préférée. Je sens
qu'elle hésite avant de m'ouvrir. Mais, dès que je
m'identifie et qu'elle entend ma voix, elle redevient la "petite
fille" qui m'avais tant fascinée au cours des deux rencontres
précédantes. Elle n'en revient tout simplement pas et, au lieu
de me faire entrer chez elle, elle me fait tourner sur moi-même
pour mieux m'examiner et elle insiste pour aller me présenter à
sa voisine d'à côté.
J'hésite, bien sûr, mais je me sens tellement flattée par cet
accueil inattendu que je la suis. Je ne regrette pas ma décision
d'avoir porté des talons bas car la voisine est dans sa
cour arrière et le chemin qu'Ingrid me fait emprunter est
parsemé d'embûches.
De
retour chez Ingrid, je me sens légère comme une plume et c'est
avec plaisir que j'accepte de continuer à parader devant elle,
comme elle m'a demandé de le faire devant sa voisine. Pendant
que nous examinons le contenu du sac que j'ai apporté, nous
dégustons un
verre de vin qu'Ingrid nous a servi comme pour fêter l'occasion.
Le
reste de l'après-midi passe très rapidement à essayer des
vêtements et des chaussures. Mais, pour Ingrid, il n'est pas
question que je la quitte sans qu'elle me fasse connaître les
joies de ses vibrateurs. Comme au cours de nos rencontres
précédantes, je me retrouve donc, presque nue et ligotée les jambes en l'air sur le
tabouret que je connais si bien maintenant. J'imagine que je ne
vous surprendrai pas, non plus, en vous disant que, dans cette position,
je jouis très rapidement d'un des meilleurs orgasme de ma vie. Ma vie, qui à
compter de ce jour, ne sera plus jamais pareille, j'en suis
maintenant convaincue.
Épilogue:
Lors de notre dernière rencontre, Ingrid
avait laissé miroité la possibilité qu'elle vienne me rendre
visite à Montréal, pour que l'on fasse des sorties
"en femme" toutes les deux. Les semaines ont passé sans qu'une
telle opportunité se présente. Mais le goût de vivre ce genre
d'expérience devenait de plus en plus fort pour moi.
D'autre part, j'ai
fini par réaliser que mes visites chez elle représentaient
beaucoup de temps et d'argent. J'ai donc commencé à parcourir
les petites annonces dans les journeaux spécialisés et j'ai pris
contact avec une transexuelle de Montréal, qui s'affichait comme dominatrice
professionnelle. Quelques semaines plus tard, j'en ai rencontré une
autre qui était née femme, celle-là. Puis, j'ai rendu
visite à un travesti de la rive sud de Montréal
(voir
).
Toutes ces
expériences ont été plutôt frustrantes et dispendieuses, compte
tenu du plaisir que j'ai pu en retirer. Mais, un bon jour, j'ai
vu l'annonce d'une femme à la recherche d'un "esclave/travesti". Je lui
ai écrit et elle m'a répondu en me demandant de lui faire parvenir
une de mes petites culottes. Puis, nous avons échangé nos
numéros de téléphone et, après plusieurs longues converstions
téléphoniques,
qui se sont échelonnées sur plusieurs semaines, j'ai finalement
rencontré Liz (voir
).
Ma vie de femme soumise, à temps partiel, prenait ainsi un tout
nouveau tournant.