La chronique sport du célèbre Informatix™

Salut,

Devant le silence affiché par mon site d'origine, et ayant toujours des chroniques à vous proposer, j'ai décidé de me faire temporairerement héberger sur la page d'un ami... Suis-je dénigré par les forumistes ? Je m'en fous, on ne me fera plus taire !

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Avec plusieurs copains, nous avions prévu une " soirée CART ", afin de vivre le dénouement de cette saison dans une ambiance de folie… Tout était prêt : les bières, les pizzas , le coca, les copines (on a réussi à les endoctriner…) et bien sûr l’écran 16/9.

Eurosport avait prévu de retransmettre la course en direct mais en raison de la coupe du monde de Rugby, ils nous ont amputé notre soirée d’une heure et quart, sans prendre la peine d’enregistrer la première partie de la course ! (on était fou de rage).

Après avoir loupé 136 tours de course (arrgh !), nous étions enfin dans le vif du sujet… L’ambiance commençait à chauffer, les pros-Montoya et les pros-Franchitti s’échangeaient quelques insultes, jusqu’à ce que Paul Tracy ne jette un froid dans l’assistance : après son abandon (moteur cassé), il a dit " j’espère que la vie de Greg (Moore) pourra être sauvée ".

Quelques minutes plus tard, le médecin chef du CART prenait la parole : " J’ai le regret d’annoncer que Greg Moore est décédé "…

Choqué, j’en lâchait ma bière sur le tapis, mon sang se glaça, ma copine (grande admiratrice du jeune canadien) éclata en sanglots, le monde s’écroulait…

Nous avons fini de regarder la course sans un mot, et Montoya à soulevé sa coupe dans l’indifférence la plus totale… Après Rodriguez à Laguna Seca, le CART venait de perdre un de ses plus solide espoir.

Je comptais vous écrire prochainement sa biographie, mais celle-ci se transforme à présent en hommage…

 

GREG MOORE

Greg est né le 24 Mai 1975 à Vancouver (Canada), il aimait le Français (qu’il parlait très bien), la philosophie, les voyages (en Italie, chez Max Papis) et les bastons en Kart, avec Dario Franchitti, Paul Tracy et Max Papis.

Greg pratiquait le VTT, le base ball, la natation et le footing.

 

1986 : Greg commence à pratiquer le Kart, il amasse les coupes et les récompenses en tous genres, il est champion du Canada à l’âge de 13 ans.

1990 : Il remporte le championnat d’enduro Kart (courses de 4 heures, sans changement de pilote, c’est très éprouvant).

Il est recruté par la filière Player’s, qui lui propose plusieurs options : la formule Atlantic (F3 américaine), la F1600 et la F2000.

1991 : Greg est trop jeune, pour la formule Atlantic, il choisit donc de participer au championnat F1600. Il signe 2 poles et remporte une course, il termine 3ème du championnat (il est Rookie de l’année).

1992 : C’est à présent F2000 que Greg vient faire ses armes, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas les choses à moitié : 4 victoires et 3 pole, il est champion dès sa première année !

1993 : A lieu de passer par la formule Atlantic, Greg choisit de s’engager directement en Indy Light (F3000 américaine).

Cette décision fait scandale : faire courir un gamin de 17 ans (il n’en a pas encore 18) dans une série aussi relevée tient de la folie, c’est le meilleur moyen de briser une carrière.

Réponse de l’intéressé : " Je suis un gamin, mais un gamin mature ", apparemment, c’était aussi l’avis de Gerry Forsythe, qui l’engage dans son équipe…

Greg termine toutes les courses de la saison (12 au total) et finit 7 fois dans le top 10.

Il termine 9ème du championnat, la machine est lancée.

1994 : C’est lors de la première épreuve de la saison à Phoenix, que Greg remporte sa première victoire en Indy Light, et devient le plus jeune pilote à remporter une course dans cette série.

Et ce succès en appellera deux autres : à Loudon et Nazareth.

Il termine 3ème du championnat.

1995 : A l’âge de 19 ans, Greg écrit une nouvelle page de l’histoire du sport automobile : il remporte 5 courses consécutives (record), pour un total de 10 victoires en 12 courses (record).

Il est le plus jeune champion Indy Light de l’Histoire.

Greg se tourne maintenant vers le CART : il effectue un galop d’essai dans la voiture de Jacques Villeneuve à Homestead et signe des temps largement meilleurs de ceux du Québécois multicolore… Barry Green (propriétaire du Team KOOL-Green) l’aurait volontiers engagé pour suppléer au départ de Villeneuve en F1, mais filière Player’s oblige, c’est chez Forsythe que Greg fera ses début en CART.

1996 : Greg se retrouve donc dans la cour des grands, avec une voiture qui rendrait vert de jalousie n’importe quel autre pilote aux dents longue : un châssis Reynard, un moteur Mercedes et des pneus Firestone.

A 21 ans et pour sa première saison en CART, Greg possède le matériel pour s’imposer.

Sa première course :

Avec un matériel pareil, et devant l’arrogance de ses propos (du genre de ceux d’Irvine, mais en plus modéré) Greg est attendu au tournant, le moindre faux-pas lui serait quasi-fatal.

Et il est au rendez-vous ! Pour sa première séance de Qualif, Greg signe le 6ème temps, à 2 dixième de la pole de Paul Tracy.

La course de Greg sera conforme à ce que l’on attendait d’un jeune pilote de sa trempe : gêné par un accrochage entre Robby Gordon et Michael Andretti, il se retrouve en queue de peloton.

Et là commence une folle remontée : il dépasse à droite, à gauche, il prend des trajectoires à la limite de la sortie de route, à chaque dépassement, Gerry Forsythe ferme les yeux en priant pour qu’il n’y ait pas de casse…

Après une heure et demie de folie furieuse, Greg franchit la ligne d’arrivée en 7ème position, à 4 secondes de Jimmy Vasser ; sans ses déboires en début de course, il aurait pu s’imposer…

La suite de la saison sera tout aussi reluisante pour le fougueux Canadien : 3 podiums (2ème à Nazareth, 3ème à Cleveland et Surfers paradise).

Il se qualifie 3ème à Michigan, et mène quelques tours de cette même épreuve, c’est la première fois qu’il se trouvait dans cette position.

Après ses 3 podiums et ses 7 top 10, Greg s’offre la 9ème place du championnat avec 84 points.

1997 : Greg connaît enfin la consécration : à Milwaukee, il devient le plus jeune pilote à remporter une course de CART.

Et décidément dame chance lui sourit beaucoup en ce début de saison : à Dértoit, alors qu’il est troisième à l’entame du dernier tour, les deux pilotes qui le précède (Blundell et Gugelmin) abandonnent coup sur coup, une deuxième victoire consécutive s’offre à lui !

Après un début de saison absolument incroyable (il est pendant plusieurs courses le dauphin de Paul Tracy au championnat), Greg s’endort sur ses lauriers, il est victime de son précoce succès : il abandonne 7 fois consécutives, dont 5 sur sortie de route ou accrochage.

Mais, ses deux victoires et ses 3 deuxièmes places, assorties de quelques places d’honneur, lui permettent de terminer l’année à la 7ème place, avec 111 points.

1998 : Du nouveau chez Forsythe : Greg se voit nommé un co-équiper, il s’agit de Patrick Carpentier, Jeune Québécois, Rookie de l’année 1997.

C’est la première fois que cette équipe aligne deux voitures, il faut maintenant voir si les deux pilotes seront compétitifs.

A Homestead, Greg signe la première pole de sa jeune carrière, mais en course, il s’incline face à Michael Andretti pour quelques centièmes…

Après sa victoire à Rio de Janeiro, Greg est pour la première fois de sa carrière en tête du championnat.

La saison avance et le moteur Mercedes montre ses limites sur les circuits routiers et urbains : il manque de souplesse et pénalise tous les pilotes qui en sont équipés.

Greg doit donc se concentrer sur les circuits ovales, et en particulier sur les super-ovales, sur lesquels le moteurs Mercedes est le plus puissant.

A Michigan, Greg est constamment dans le peloton de tête mais ne parvient pas à aller plus vite que ceux qui le précède, il doit attendre les drapeaux jaunes pour piquer des places.

Et justement, la chance lui sourit à nouveau : le drapeau jaune sort à 5 tours de la fin, Greg est alors en troisième position, derrière Vasser et Zanardi, les deux comparses de chez Chip Ganassi.

Lorsque le pace car s’écarte (dans le dernier tour), Greg fait l’extérieur à Zanardi avant de plonger à l’intérieur pour déborder Vasser, c’était imparable…

Greg remporte la 4ème course de sa carrière.

La suite de la saison, est moins reluisante : 5 accidents consécutifs et une mise en probation pour prise de risques inutiles.

Greg dégringole au championnat, et se retrouve 7ème, juste avant d’aborder la dernière course de la saison à Fontana.

Comme il s’agit d’un super-ovale, Greg fait parti des favoris, et il ne failli pas à son devoir : il mène 70 tours de cette épreuve.

Mais, ce coup-ci c’est le scénario inverse de Michigan qui se produit : Greg est en tête lors de la dernière neutralisation (provoquée par la sortie de Tracy à 4 tours de la fin), et lors du restart, il se fait " enrhumer " par Jimmy Vasser, qui tient sa revanche.

Bilan 98 : 5ème avec 140 points

1999 : La saison commence bien : pole position et victoire à Homestead… Mais le moteur Mercedes connaît de plus en plus de problèmes : il est maintenant inefficace sur les petits ovales, seul les super-ovales sont un terrain favorable à Greg…

Bien qu’il mène le championnat pendant 3 courses, on sait pertinemment que Greg ne sera pas champion cette année, et ce ne sont pas les chanceux podiums acquis à Milwaukee et Toronto qui nous ferons mentir…

Au manque de puissance du moteur Mercedes s’ajoute des problèmes de boîte et la démotivation des ingénieurs de chez Forsythe (qui déteint sur les pilotes).

A Michigan, circuit qui lui est pourtant favorable, Greg ne se qualifie qu’en 20ème position, et est trahi par sa boîte après 30 tours d’une course archi anonyme.

A 24 ans, Greg pilote déjà comme un vieil aigri : il se contente de terminer les courses sans trop forcer ; de ce fait, sa situation au championnat n’est jamais catastrophique : il est se maintient aux alentours de la 6ème place.

Il est clair que l’équipe Forsythe n’est plus ce qu’elle était, et Greg ferait bien de changer d’air avant d’être complètement étouffé par la spirale de la défaite.

C’est bien ce que Roger Penske avait senti : il l’engage pour la saison 2000 et lui promet une Reynard-Honda, Greg signe à 2 mains…

Après avoir passé toute sa carrière avec Player’s, Greg s’apprête donc à changer de couleurs, et afin de rendre hommage à sa future ex-équipe, il promet de remporter la course de Fontana…

FONTANA :

Après avoir signé le meilleur temps des essais libres, Greg est victime d’un accident de scooter dans la pit-lane, il a un doigt cassé.

Il décide de participer quand même à la course et de montrer de quoi il est capable…

Il s’élance depuis la dernière position sur la grille (il était forfait pour les qualifs), et remonte le peloton de manière impressionnante : il dépasse 15 voitures en 10 tours.

Mais alors qu’il s’apprêtait à dépasser à dépasser Tony Kanaan pour le gain de la 12ème place, la Reynard de Greg décroche violemment par en travers à 360 km/h…

La voiture rebondit sur l’herbe, part en tonneau (4 au total), et va se désintégrer sur le mur intérieur, curieusement dénudé de pneus…

Les secours arrivent immédiatement, et par solidarité (et sécurité), Patrick Carpentier est rappelé au stand, où on lui inventera un problème électrique…

50 minutes plus tard, le pace car entre en piste et le médecin du CART prend le micro, Greg est mort…

Alors que des pilotes comme Michael Andretti ou Paul Tracy ont collectionné les crash et ne se sont jamais fait mal, un seul accident aura suffit à nous enlever Greg Moore.

Qui a dit que le sport Automobile était une science exacte ?

Après avoir été à l’enterrement de Gonzalo Rodriguez en Septembre dernier, Roger Penske est allé à celui de Greg (qu’il considérait déjà comme un de ses pilotes) la semaine dernière.

Voilà ce que l’on peut appeler une année noire.

NB : Par respect envers Greg Moore, je n’ai pas mis d’images de l’accident, mais pour ceux qui le désire, je peux leur envoyer une vidéo au format AVI.

Ecrivez-moi.

 

INFORMATIX

kris.jantzen@caramail.com

 

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