Prête oreille attentive aux critiques
Et accusations viles à toi adressées
Par certains milieux inquiétés
De ta perpétuelle hystérie,
De ton incessante musique épanouie,
De ta permanente fête
Qui, pour eux, te rendent insensée et bête.
Ô combien cruelles et révoltantes,
Combien invectivantes mais en partie patentes
Ces remarques qui me font de la peine:
"L'émotion est nègre et la raison hélène.".
Sensiblerie, paresse, faiblesse
Combinées aujourd'hui à la misère et à la séchéresse,
Semblent ipso facto être les qualificatifs
Qui te rendent vulnérable dans leur statut agressif.
Afrique, ma chère Afrique,
Ô mère que je ne peux renier,
Je suis en larmes devant le sérieux léger
Que tu accordes à ton essor culturel et économique.
Il est encore temps, j'en ai la conviction,
Il est temps que tu te ressaisisses
Et que tu mettes la tenue de l'ambition,
Pour aller à la conquête de ton Moi,
Dans ce monde où ta place hypothétique
Se réclame à travers des décennies et des mois
Etre conquise dans son teint juridique.
Afrique, ton devenir est inhérent
A cette conquête et à ce combat déterminants,
Seuls dignes de te restituer ton identité
TA LIBERTE,
Seuls capables de te rendre ton bonheur
Et promouvoir ta dignité et ton honneur
Jusqu'ici et pendant des siècles bafoués
Par un Occident qui a, avec opiniâtreté,
Réduit ton peuple à l'assujettissement.
Afrique! Je m'élève et réclame infiniment l'avènement
D'une Afrique nouvelle:une Afrique libre,
Prospère, à sa juste valeur digne du calibre
Qu'elle mérite et dont je serai fier,
Tout comme les générations à venir dans leur part entière.
Guy Philippe MFEGUE |
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Yaoundé, Mai 1993. |