aanval.gif (2137 bytes)

Royale Union Saint-Gilloise

Pierre Vansintjan

 

Olympic - Union 0-0

Il y a quasiment un an, à l'occasion de la venue de l'Olympic au Parc Duden, mon pote Denis, supporter des Dogues et entraîneur des juniors de Gerpinnes, m'avait accompagné pour y voir nos équipes favorites et un festival Michel Minko.
On avait donc décidé de remettre ça. Entre-temps il est devenu entraîneur de la première où il a fait monter ses juniors, ce qui ne l'empêche pas, loin s'en faut, de suivre les nouvelles pousses de son club.
En guise d'apéritif on alla donc voir ses "gamins" se dérouiller les jambes à Courcelles et nous montrer qu'un vrai footballeur doit bien souvent beaucoup plus se battre contre lui-même que contre ses adversaires pour arriver à un résultat.
Ce qu'il s'égosilla à leur seriner tout au long du match au point de rester sans voix le lendemain devant la contre-performance de son équipe première.

Après quoi on passa aux choses sérieuses en prenant par monts et par vaux la direction de la Neuville en se remémorant le match de l'an dernier et en se demandant ce que serait le match du soir compte tenu de ceux de la semaine précédente.
Les choses ont bien changé pour les deux équipes qui ont connu des départs (Ilir Kepa, Pedro Gomez, Michel Minko... ) et sont tributaires de blessures de titulaires (Atti Affo, Yves Soudan et tous ceux qu'on ne connaît que trop bien chez nous).
L'Olympic vécut sur des charbons ardents toute la saison passée et s'efforce de les éviter cette année. L'Union sortait d'une série de quatre victoires consécutives au moment de recevoir les Dogues l'an dernier et affronte une toute autre situation en ce début de printemps.

Les auspices n'étaient donc pas très encourageantes.
Les déplacements à la Neuville ne sont et ne furent jamais aisés (mon précédent datait de... 35 ans lorsque les deux clubs jouaient la remontée en première division; Paul Vandenberg dirigeait une excellente équipe mais on n'y gagna que 0-1).
En outre on pouvait s'attendre à ce que les Dogues se soient faits "remonter les bretelles" (selon l'expression imagée de Denis) après leur gaspillage de points par la fenêtre à Roulers.
En entrant au stade on vit Kiki Marion, Olivier Fieuw et Roger Hénuset se diriger vers leurs places de spectateurs et Roger nous apprit avec un pincement visible au coeur que sa blessure l'empêchait de jouer.
Vers quoi était-on parti ??

Et puis le match commença et, comme Michel Dewolf proche de nous comme à Tournai, on le vit tout de suite.
L'Union imprima immédiatement un rythme d'enfer à la partie, au moins digne de la deuxième division. Ça rappelait le trop rare match à domicile contre Lebbeke.
Mais l'Olympic, surtout à domicile, est un client d'un tout autre calibre comme disent les Allemands. Il fut probablement surpris de ce départ en flèche de visiteurs qui n'entendaient pas du tout laisser leurs hôtes tirer les premiers, mais réagit en conséquence en élevant également son niveau de jeu.
On eut ainsi une heure et demie de football plus que rythmé ("à l'anglaise" commenta Denis) sans aucun temps mort et qui passa comme un météore.
A chaque fin de mi-temps on fut surpris qu'on y était déjà.

On n'en croyait pas ses yeux.
Etait-ce là un match entre deux équipes de la deuxième colonne du classement de la troisième division ?
Etait-ce là cette Union que l'on vit moribonde contre Tournai six jours plus tôt ?
Etait-ce la même équipe qui avait procédé par balles statiques dans le paquet en ignorant mobilité et ailes, et qui développait maintenant un jeu fluide et rapide fait de déviations en un temps et d'exploits techniques avec, électrisé sous les projecteurs, un Rachid Baouf absolument étincelant qui emmenait toute son équipe dans le plus fou des tourbillons ?
Je l'avais évoqué tantôt mais on se demandait si Michel Minko n'était pas revenu de sa Chine lointaine avec vingt centimètres et un turbo en plus.
Etait-ce là le résultat de la leçon de football que nous avait donnée Tournai en première mi-temps ? Si oui, un grand merci aux Tournaisiens, grands pédagogues en plus, car elle fut rapidement assimilée.

L'Union développa ainsi une chorégraphie footballistique de haut niveau durant cette première mi-temps comme on n'en vit même pas dans sa meilleure période de la saison dernière.
Comme faits saillants, on put noter :

- à la 12ème minute un coup franc d'Alain Peetermans vers Gaby Mundingayi sur la gauche qui se livra à un superbe effort "à la M'Penza" avant de tirer au-dessus (peut-être avait-il regardé le match de la veille).
- à la 22ème minute l'occasion la plus franche du match avec Rachid Baouf perçant par la droite pour se présenter seul devant Dominique Michel et placer au-dessus.
- à la 26ème minute un solo de Rachid Baouf ponctué d'une superbe passe à Miguel Capilla appelant la balle sur la droite et dont le tir à ras de terre passa malheureusement un peu à gauche du second piquet.
- à la 36ème minute Miguel Capilla reçut au second piquet un centre de la gauche mais il tira un poil trop tard et son envoi fut dévié en corner par un arrière olympien revenu en trombe.
- à la 40ème minute un premier coup de semonce de l'Olympic désireux de rappeler à l'Union qu'il était là aussi avec un coup franc en cloche du n°6 (désolé, je n'avais pas de feuille de match) bien capté par Xavier Bravo attentif.

On croyait s'être installé depuis à peine un quart d'heure et c'était déjà le moment de la buvette.
Une buvette au moins aussi somptueuse que celle de Tournai et où on retrouva Roger qui ne semblait plus du tout avoir un pincement au coeur et qui se montrait un sensationnel public relations. On n'avait même pas le temps de demander si le moral allait mieux, on se retrouvait déjà avec une chope en main.
Personnellement l'Union m'avait rappelé en première mi-temps le comportement qu'avait (autrefois) Anderlecht après une contre-performance suivie d'une engueulade maison du grand Constant. J'abordai le problème le plus diplomatiquement possible avec Roger et il répondit sans esquive (comme en toutes circonstances) que tout le noyau s'était bien expliqué dans la semaine et qu'on avait remis tous les points sur les nombreux "i" qui en manquaient.

Le résultat de cette franchise collective était en tout cas tangible et on reprit ses places avec confiance. Denis peut-être un peu moins, encore que son expérience d'entraîneur lui faisait attendre de voir qui allait craquer le premier.
Personnellement, n'ayant jamais vu l'Union jouer à un rythme pareil en première mi-temps cette saison et pensant au besoin qu'avait éprouvé le Standard la veille d'un peu souffler en seconde mi-temps, je me demandais aussi où on allait, d'autant qu'on n'avait pas trois buts d'avance.
Eh bien, on alla jusqu'au bout ! Denis trouva même que l'Olympic termina le match plus fatigué que l'Union.

Au reste une bonne nouvelle nous attendait.
Pascal Hofman, après plusieurs semaines d'absence pour blessure, reprenait le collier. Il convient de noter qu'à l'énoncé de la composition des équipes avant le match le préposé au micro salua très courtoisement sa visite. De tels gestes sont rares de nos jours.
Il remplaça Stacy Rampelberg. Celui-ci n'avait pas démérité, loin de là.
Il faut d'ailleurs souligner que tous les jeunes envoyés au feu dans ce match se comportèrent remarquablement et s'intégrèrent sans problème à la dynamique d'ensemble. Vincent Masijn débuta le match. Gaby Mudingayi, en lequel certaines mauvaises langues voyaient déjà un nouveau "Polle Gazon", donna un bel aperçu de ses possibilités. Olivier Perez et David Salomonowicz montèrent en cours de seconde mi-temps et tous les cinq eurent à coeur de montrer qu'on pouvait leur faire
confiance à condition de les introduire dans un contexte positif et non pas défaitiste comme la semaine passée.
Mais le temps était venu de faire appel à la précieuse expérience de Pascal.

La seconde mi-temps eut ainsi la même physionomie athlétique que la première, ce qui est extrêmement rare dans un match de football.
On put noter :

- à la 49ème minute Miguel Capilla subtilisa le ballon sur la gauche à un adversaire et centra à droite à Gaby Mudingayi dont la reprise fut déviée en corner.
- à la 51ème minute une sortie en kamikaze de Xavier Bravo devant Efimov sur un contre olympien "tranchant"; deuxième coup de semonce.
- à la 56ème minute un superbe une-deux sur la gauche entre Yves Cums et Vincent Masijn, le tir d'Yves frôlant le piquet droit.
- à la 67ème minute le remplacement de Rachid Baouf, souffrant d'une pointe à l'attache d'un adducteur (dixit LA LANTERNE), par Olivier Perez.
- à la 76ème minute Vincent Masijn fut victime de crampes, ce qui n'était pas étonnant pour un jeune aligné dès l'entame d'un match "plein". David Salomonowicz le remplaça.
- à la 78ème minute un tackle in extremis d'Alain Peetermans sur Efimov (un gabarit impressionnant à la Koller). Troisième coup de semonce.
- à la 86ème minute un save déterminant de Xavier Bravo sur un contre olympien suivi d'une intervention limite-limite dans le rectangle sur Efimov. Quatrième coup de semonce et heureusement dernier. On aurait pu perdre tout le bénéfice des efforts déployés dans cette partie folle. Rappelez-vous le match de l'an dernier au Parc Duden lorsqu'après le retour de l'Olympic à 2-2 l'arbitre fut aussi "gentil" pour Denis Janssens dans le rectangle.

Et on en resta là. Cette seconde mi-temps avait passé aussi vite que la première.
C'est le neuvième match nul de l'Union cette saison. "Encore un nul !" pourrait-on dire comme on l'avait fait à Tournai.
Il convient toutefois de relativiser. Tous les nuls et tous les 0-0 ne se ressemblent pas.
On a vu un très beau match qui donne raison à ceux qui prétendent qu'on joue mieux en troisième division qu'en deuxième.
L'Union est chichement payée de ses efforts. Oui et non.
Il faut quand même noter que l'Olympic a tenu le coup face au rythme qu'elle a imposé et qu'il s'est créé les occasions de gagner le bras de fer en fin de partie.
En outre la liste des faits saillants relevés est nettement plus mince que d'habitude dans des matches de moindre niveau.
Les deux équipes se sont en fait livré une sensationnelle bataille pour la direction des opérations sur un rythme fou. Mais ce rythme fou a quelque peu handicapé leur lucidité en zone de conclusion, d'où le faible nombre de réelles occasions.
L'Union s'est montrée convaincante pour partir vers l'avant à ce rythme mais doit encore apprendre à peaufiner sa finition sur ce même rythme.

Ce qu'on retiendra surtout de ce match c'est qu'il nous a rassuré sur les possibilités de l'Union. Manifestement (et quand elle le veut) elle vaut plus que les barrages, même avec des jeunes inexpérimentés.
Et en continuant à jouer comme ça on les aura évités définitivement avant la venue d'Ingelmunster au Parc Duden et on ne devra plus spéculer sur une décontraction éventuelle des leaders en cas de titre assuré.

"Le jour succède à la nuit" disait Alexandre Dovjenko dont les couleurs nationales étaient les mêmes que celles de l'Union.
Et comme les journées ne vont faire que s'allonger d'ici la fin de la saison...

Referendum :

Vous connaissez mon point de vue sur la question.
Tout le monde s'est vidé les tripes avec une mention spéciale pour Rachid Baouf.
Donc :

Rachid BAOUF 4
Xavier BRAVO 2
Miguel CAPILLA 2
Thierry CAPOUET 2
Yves CUMS 2
Alain DE NIL 2
Pascal HOFMAN 2
Denis JANSSENS 2
Vincent MASIJN 2
Gaby MUDINGAYI 2
Alain PEETERMANS 2
Olivier PEREZ 2
Stacy RAMPELBERG 2
David SALOMONOWICZ 2

(Dans un système LANTERNE j'aurais donné 9 à Rachid, 7 à David et Olivier, et 8 à tous les autres)

Classement :

Strombeek a dû se contenter d'un nul contre Walhain tandis que Sottegem a perdu et que Wetteren a fait du kip kap avec Roulers.
Cela donne :

9. Torhout 23 31
10. Olympic 23 28
11. Sottegem 23 27 (7 v.)
12. Union 22 27 (6 v.)
13. Wetteren 23 26
14. Strombeek 23 25
15. Lebbeke 23 17
16. FC Roulers 23 9

Dimanche prochain importantissime match Union-Wetteren.
L'année passée on avait fait 0 sur 6 contre eux. Cette saison on est déjà allé faire match nul là-bas. Il n'y a AUCUNE raison qu'on ne gagne pas ce match si on joue avec le même fighting spirit que contre l'Olympic. Et l'Olympic, Sottegem et Strombeek seront de coeur avec nous.

Autres matches :

Olympic - RC Tournai
Sottegem - Strombeek (Allez Peter ! Il faut gagner en même temps que nous !)

ag_back.gif (1338 bytes)buttonwr.gif (2669 bytes)This page was last updated : 22-03-99 19:26

1