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Royale Union Saint-Gilloise

Pierre Vansintjan

 

Union - Mons 0-0

Après une trêve de Noël bienvenue pour recharger les accus on reprit hier le chemin du Parc Duden avec une affiche alléchante.
Les leaders du championnat venaient nous rendre visite et on espérait voir l'Union, sur sa lancée du match contre Hekelgem et malgré les échauffourées strombeekoises qui avaient relégué Kiki Marion à l'infirmerie, prendre sa revanche du match aller perdu dans des conditions malheureuses, et plus encore de celui du printemps dernier qui laissa un goût de cendres à ses supporters.
En outre la chambrée était belle malgré la grisaille humide, les supporters montois ayant fait le déplacement en nombre (1.500 spectateurs d'après la presse, la plus belle assistance de la saison jusqu'ici; autant qu'à Denderleeuw-Waregem et deux fois plus qu'à Maasland-Deinze en deuxième division).

D'emblée les Montois montrèrent qu'ils étaient concentrés sur leur sujet et que, informés de la victoire d'Ingelmunster la veille, ils étaient venus pour gagner et conserver un leadership ravi le week-end précédent aux hommes du "Caje".
On vit donc dans les premières minutes une nuée de maillots rouges planter leur tente dans notre camp avec conviction, avec à la 6ème minute un fameux "chouffelage" de notre défense qui fit passer des frissons dans le dos des supporters jaunes et bleus.
Mais occuper en masse le camp adverse laisse de l'espace derrière et, sur le contre de ce chouffelage miraculeusement éclairci, Yves Cums parvint à récupérer le ballon sur la gauche et à adresser une superbe transversale (tout à fait dans la foulée de ses assists contre Hekelgem) à Miguel Capilla sur la droite qui reprit au ras du poteau gauche, Dirk Rosez étant resté de marbre sur cette phase.
Ç'aurait pu être le premier tournant du match aurait dit Jean-Paul Colonval.

Sans doute vexés, les Montois revinrent encore plus décidés dans notre camp pendant un quart d'heure.
A la 14ème minute un corner de la gauche fut repris de la tête heureusement à côté par Mustapha Douai, idéalement placé et non tenu au deuxième piquet.
Trois minutes plus tard Xavier Bravo dut faire un bel arrêt sur un envoi tendu à distance du capitaine Dimitri Mercier et on parvint à lancer à nouveau un contre par Miguel Capilla sur la droite qui trouva sur la gauche Arie Van der Padt (remplaçant Kiki et se montrant mieux à son affaire que lors de ses précédentes apparitions au Parc Duden) dont la fusée ne passa pas loin de l'objectif. Deuxième tournant de match avorté...
A la 23ème minute Miguel Capilla se lança dans un beau rush, toujours sur la droite, mais garda un fifrelin de trop la balle, ce qui permit cette fois à Mons de lancer un contre se terminant par un envoi, cadré lui, qui nécessita un save miraculeux de Thierry Capouet à même la ligne ("à la Deflandre").
Troisième tournant de match avorté... On avait en effet très nettement l'impression à ce moment qu'un but des Montois aurait d'ores et déjà fait tomber la décision, tellement ils mettaient la pression sur l'Union en jouant à un rythme supérieur, pour tout dire digne de la division 2.

Mons éprouva alors le besoin de souffler, sans que l'Union puisse en profiter pour autant, et on n'eut plus que deux occasions de vibrer avant la pause.
A la 30ème minute on revit la même phase qu'à la 7ème. Yves Cums, sur la gauche toujours, adressa une aussi belle transversale vers la droite, à Jürgen Simeons cette fois, qui tira lui aussi au ras du piquet.
Quatrième tournant de match avorté...
Et cinq minutes plus tard sur un corner montois rentrant de la gauche par Geert Knaepen, le ballon fut dégagé de la tête au second piquet par Arie Van der Padt (!) via ledit piquet (!!).
Si Arie avait repris de la tête sur le piquet un corner de l'Union, ç'aurait été mieux mais ce n'était tout simplement pas possible à ce moment.
Cinquième tournant de match avorté, donc...

A la pause les sentiments étaient mélangés.
On avait incontestablement subi la mainmise de Mons sur le match. "Mainmise" plutôt que "domination" car en final les Montois s'évertuèrent plus à monopoliser le ballon et empêcher l'Union de jouer plutôt qu'à créer le danger.
C'est d'ailleurs de plus en plus une mode en football par les temps qui courent.
Combien de fois, et même au plus haut niveau, ne voit-on pas une équipe s'adjuger d'emblée la direction des opérations pour neutraliser son adversaire et s'en remettre au hasard plutôt qu'à une construction rationnelle pour espérer concrétiser ses efforts ?
Les visiteurs eurent ainsi, en tout et pour tout, quatre occasions de marquer.
A trois reprises un défenseur (parfois occasionnel) était à la bonne place et la quatrième fois le visiteur plaça sa tête à côté.
De l'autre côté l'Union, dont son adversaire s'évertuait à lui maintenir la tête sous l'eau, put se dégager à trois reprises et avoir à chaque fois une occasion tactiquement beaucoup plus nette de marquer (il ne restait que le gardien).
Et une pour chacun de ses trois avants, ce qui attestait de la mobilité de ceux-ci.

C'est une règle d'or du football que lorsqu'on ne concrétise pas ses efforts on risque de s'en mordre les doigts par après.
On l'observa une fois de plus et heureusement pour l'Union.
Quatre minutes après la reprise (et après une initiative un peu désinvolte de Laurent Zaccaria) on eut un véritable tournant du match.
Mais un tournant psychologique éminemment plus subtil qu'auraient pu l'être ceux avortés en première mi-temps.
Pressé par un adversaire, Dirk Rosez s'empara des mains du ballon que lui avait envoyé un de ses partenaires. Comme quoi il y a toujours intérêt à faire de pressing sur le gardien adverse, même si celui-ci est un vieux renard de 38 ans ayant évolué sur tous les terrains importants du pays et ayant connu les matches européens.
Monsieur Bréda ne put que le sanctionner et on se demande bien ce qui prit aux Montois de venir rouspéter en nombre auprès de lui après une faute aussi évidente.
Cela permit à l'Union de remplacer Xavier Bravo, qui s'était mal reçu sur une intervention en fin de première mi-temps, par Patrick De Vlamynck qui faisait ainsi ses grands débuts en compétition pour l'Union.
Dans l'énervement qu'on devine Mons plaça un mur fébrile pour le coup franc, indirect rappelons-le. Yves Cums parvint à passer à Pascal Hofman qui envoya une "caramelle" monumentale dans le paquet de joueurs.

Cela ne donna finalement rien, me direz-vous. Eh bien si ! Les Montois perdirent les pédales dans cette histoire et surtout le fil de leur jeu, dans le même temps que les Unionistes sortirent en bloc la tête hors de l'eau. On peut faire confiance à Freddy Smets pour les avoir secoués durant la pause; en janvier les comparaisons sont faciles : la période des cadeaux est finie (un truc que Ruud Gullit utilisa avec succès lors d'un mémorable match de coupe d'Angleterre il y a deux ans, faisant passer ses troupes de 0-2 à 4-2 en seconde mi-temps).

Nos gars perçurent que leurs adversaires s'étaient tellement énervés qu'ils en perdaient leurs moyens et le combat changea d'âme.
Quatre minutes après l'erreur de Dirk Rosez (mais nettement moins après le botté du coup franc suite à tout le "zieverage" qui s'ensuivit) une attaque générale de l'Union faillit porter le coup de grâce aux Montois lorsque Laurent Zaccaria, monté opportunément en ligne, voulut faire une passe subtile qui ne trouva pas de répondant auprès de ses partenaires au lieu de tirer lui-même.

Puis le match devint de plus en plus confus avec un énervement grandissant de part et d'autre. Si les Montois avaient perdu leur jeu, ils n'avaient quand même pas perdu leur défense. Une défense qui n'a encaissé que neuf buts en maintenant seize matches depuis le début de la saison.
L'Union tentait à son tour de mettre la pression mais avec nettement moins de conviction que leurs adversaires en première mi-temps.
Il faudra quand même qu'on m'explique un jour pourquoi un adversaire mettant la pression sur l'Union s'amène toujours avec cinq ou six joueurs dans son rectangle alors que dans l'autre sens l'Union n'en délègue jamais que deux au maximum.
Freddy Smets nous apprend dans ses déclarations au SOIR que les Montois s'entraînent deux fois par jour; c'est déjà un début de réponse...

On ne put plus alors que relever quelques anecdotes.
Mons parvenait quand même à faire de temps à autre des incursions dans le camp de l'Union. Sur l'une d'elles à la 62ème minute, l'Union dut concéder un coup franc méchamment bien placé que Patrick De Vlamynck sauva avec brio.
Dans la même minute Roger Hénuset remplaça Laurent Zaccaria. Notre capitaine (qui fait la une de la page consacrée par LE SOIR à la troisième division aujourd'hui) relevait de blessure et n'avait pas entamé le match. De son côté Laurent, qui avait déjà joué handicapé à Strombeek, s'était montré moins net qu'à l'habitude dans ses interventions. Eternel dilemme d'aligner ou de ne pas aligner un joueur de base qui n'est pas en pleine possession de ses moyens.

Deux minutes après, un belle infiltration par la gauche se termina par un centre à Miguel Capilla qui reprit immédiatement, malheureusement juste à côté.
A la 78ème minute Freddy Smets fit descendre Jürgen Simeons pour permettre à Alain De Nil de faire acte de présence.
Aux 79ème et 82ème minutes Patrick De Vlamynck dut effectuer deux interventions, la deuxième pour éclaircir un chipotage monstre en défense.
Entre les deux il y eut à l'entrée du rectangle de l'Union une intervention sur Garett Kusch qui fit retenir la respiration de tous les supporters jaunes et bleus jusqu'à ce qu'on constate que Mr. Breda restait de marbre.
Deux minutes après, Dirk Rosez dut faire une sortie devant Miguel Capilla.
Et ce fut tout.

On pourrait croire à la lecture de ce qui précède qu'on eut un match animé et pas mal de spectateurs étaient de cet avis.
Personnellement, je le trouvai passablement décousu. Mais, à lire la presse, il semble que je sois trop difficile.

Toujours est-il que Mons et l'Union sont les deux équipes ayant fait le plus de matchs nuls jusqu'ici.
Cela fait huit sur seize pour chacun d'eux maintenant et cela facilite les pronostics. Cela traduit aussi un manque d'audace et/ou un manque de moyens de leur part. Lorsque Mons produisait une accélération en première mi-temps, l'Union avait peine à suivre. Le 0-0 à la mi-temps indiquait un manque de continuité dans l'effort chez les Montois. Et en seconde mi-temps l'Union "essaya" de faire quelque chose mais en ayant visiblement peur de son adversaire et sans soutenir ses avants.
Si on veut bien se rappeler comment l'Union joua à domicile contre les deux premiers du classement il y a tout juste un an, c'est le jour et la nuit.
Les tableaux publiés par notre ami Danny sont particulièrement révélateurs à cet égard. On a déjà fait plus de matches nuls que lors de toute la saison passée et on est tout droit parti pour battre le record de la saison 91-92 (14 matches nuls sur 30). Et on est devenu premiers... de la deuxième colonne, en outre !

A la reprise du championnat après les fêtes on fit savoir que le tour final restait l'objectif. A quatre matches et douze points de la fin de la dernière tranche on est onzième avec huit points de retard sur le premier.
La troisième tranche commence le 21 février avec la visite d'Ingelmunster.
Un objectif s'atteint autant avec la tête qu'avec les pieds. Il faudra gagner ce match et notre entraîneur a quatre semaines pour résoudre un système qui donne pour le moment l'impression d'avoir plus d'inconnues que d'équations.


Referendum :
Yves CUMS 6
Rachid BAOUF 5
Miguel CAPILLA 5
Patrick DE VLAMYNCK 5
Thierry CAPOUET 3
Pascal HOFMAN 3
Arie VAN DER PADT 3

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