Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union - Hamme 1-3 Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse. Sur les 7 matches de compétition joués jusqu'ici au Parc Duden l'Union en avait joué 2 bons (contre Denderleeuw et Lebbeke) et 5 variant entre le médiocre et le mauvais. Une pénible victoire contre Vaux Chèvremont, une victoire miraculeuse contre Walhain et 3 nuls affligeants contre Strombeek, Gand et l'Olympic. Au cours de chacun de ces cinq matches l'Union joua une première mi-temps laborieuse parfois et éxécrable souvent. Mais on évita chaque fois le ridicule de la défaite à domicile. A croire que ça devenait une tactique délibérée, histoire d'en garder sous la semelle pour la seconde mi-temps. Ou alors les gars s'alignaient avec la peur au ventre devant leur propre public. Ne disait-on d'ailleurs pas qu'ils réservaient leurs meilleures prestations à leurs fidèles (et fortunés) supporters qui faisaient les déplacements ? La prestation tournaisienne incitait à le croire. On ne fut donc pas étonné, lors de ce 8ème match au Parc Duden, de voir à nouveau une Union complètement pataugeante en première mi-temps, d'autant que les trois matches nuls consécutifs qui le précédaient n'incitaient pas à l'optimisme. En outre le onze de départ était à nouveau changé. Vous me direz : "Never change a winning team"; cela veut-il nécessairement dire qu'il faut changer une équipe qui ne gagne pas ? C'est là une conception toute personnelle de la logique. Mais les méandres de la logique de notre entraîneur sont particulièrement ardus à suivre. Après le nul de Wetteren ne déclara-t-il pas : "Evoluer avec 4 attaquants pour forcer la décision, cela ne sert à rien. Les deux titulaires doivent faire la différence." (LA LANTERNE). Comprenne qui pourra... Une nouvelle arithmétique en quelque sorte, où la soustraction est remplacée par la division. On avait donc, une fois de plus, deux attaquants au départ. Michel Moyaux avait raté dernièrement des goals tout faits qui pesèrent lourd dans une logique de victoire par 1-0; il se retrouvait donc sur le banc. Kiki Marion retrouve la condition; il était donc titulaire d'emblée. Miguel Capilla est le meilleur buteur de l'équipe et sauva encore les meubles contre l'Olympic; il se retrouvait donc... sur le banc ! En effet il paraît qu'Arie Van der Padt brille de mille feux en réserve; il se retrouvait donc titulaire. Et en défense la demi-prestation catastrophique d'Alain Peetermans contre l'Olympic avait été mise sur le compte d'un off-day; il avait déjà retrouvé sa place à Wetteren et était à nouveau titularisé au centre de la défense, Laurent Zaccaria faisant une fois de plus les frais de l'opération. Pendant la première demi-heure tout ce qu'on vit de l'Union fut un festival de balles en hauteur balancées à destination de fantomatiques kamikazes (ce n'étaient même pas toujours les avants titulaires) et régulièrement récupérées avec le sourire par les défenseurs adverses qui, eux, les relançaient avec discernement vers leurs milieux de terrain. Heureuse équipe de Hamme à qui André Van Maldeghem a inculqué un jeu rationnel et dont on se demande ce qu'ils ont fait jusqu'ici pour se présenter en position de quatorzièmes au départ (à 16h45 ils étaient déjà douzièmes et ça m'étonnerait que ça s'arrête là). A l'Union on était revenu au bon vieux kick and rush d'il y a quarante ans. Comme si on avait devant un Dublin, un Ferguson ou un Wright. Des gars qui reçoivent le ballon avant leur adversaire direct et tirent dans le cadre sans viser (comme aussi Radzinski la veille contre Genk). Mais on n'a pas des joueurs comme ça... Les spectateurs tournaisiens d'il y a trois semaines auraient en tout cas été fort surpris. Il n'y eut donc de faits saillants à relever durant cette période que du côté des blauw en zwart. Et le premier fut le but d'ouverture à la 8ème minute. Un contre partit sur la droite et se termina par un centre qui paniqua toute la défense, Roger Hénuset ne pouvant que dégager le ballon dans les pieds de Diomi Ndongala qui put posément ajuster son tir. Cinq minutes plus tard un corner permit à Peter Hallaert de tirer sur la latte. Et juste après on fut tout heureux de voir une tête de Jan Jacobs frôler le cadre sur un centre de la droite de Diomi Ndongala. A chaque arrivée de joueurs de Hamme dans notre rectangle c'était la panique dans notre défense. Ainsi à la 22ème minute un de leurs contres à seulement 2 contre 5 permit à Filip Seymortier d'adresser de la droite un beau tir à ras de terre qu'on fut tout heureux de voir arrêté par Xavier Bravo. Vers la demi-heure Hamme éprouva un bref instant le besoin de souffler. Cela permit à Kiki Marion de faire une percée timide sur la gauche et d'obtenir un corner qui ne donna rien. Puis on vit un beau tir mais de trop loin d'Yves Cums terminer une phase de jeu où on vit tous les joueurs de champ dans le camp de Hamme. Les visiteurs retrouvèrent rapidement leur souffle et, après que l'Union eut obtenu un coup franc sans effet, en forcèrent un à la 36ème minute sur un solo de Diomi Ndongala (qui en faisait voir de toutes les couleurs à notre défense). Coup franc dans l'axe impeccablement converti par Tom Verdegem. De la grisaille au départ le ciel évoluait de plus en plus vers l'obscurité. Le temps était humide et chagrin, l'Union jouait comme un candidat tout désigné à la descente et les spectateurs de ma génération commençaient tout doucement à se remémorer avec effroi un certain match de l'hiver 1961 contre Liège où dans la semaine qui suivit tout non-Unioniste nous salua en nous demandant "Quoi de neuf ?". Anecdotiquement Michel Moyaux remplaça Thierry Capouet deux minutes après et juste avant la pause un beau centre-tir lobé de Pascal Hofman lécha la latte (le gardien Kris Willequet était de toute façon bien placé). Après moins d'un quart d'heure en cette première mi-temps les supporters avaient scandé sur l'air des lampions le nom de Miguel Capilla. Freddy Smets n'avait pas été jusqu'à se mettre de l'ouate dans les oreilles et la partie reprit avec notre meilleur buteur en lieu et place d'Arie Van der Padt, une fois de plus invisible. Notre avant batave n'a que 26 ans et ne doit donc pas être usé mais il faut bien reconnaître que jusqu'ici on n'a rien vu de positif de sa part dans un match de compétition. Il a été blessé mais s'il n'est pas entièrement guéri il faut le laisser tranquille, et s'il l'est il est nettement moins percutant que Kiki Marion qui a été dans le même cas. Et on eut donc droit à la xième version de l'Union prenant enfin un match au sérieux. Mais c'est la première fois qu'on le faisait avec deux buts de retard... Qu'importe puisque l'essentiel est de participer. Donc on eut un baroud d'honneur durant la première moitié de cette seconde mi-temps. A la 49ème minute une combinaison entre Yves Cums, Kiki Marion et Michel Moyaux échoua à cause de la lenteur de ce dernier. A la 55ème minute un centre de la gauche de Kiki Marion permit à Miguel Capilla d'effectuer une belle tête qui fut détournée en corner. A la 56ème minute il y eut un ballon très chaud dans le rectangle de Hamme. A la 57ème minute Kiki Marion fit un beau tir de loin. Mais les visiteurs restaient dangereux et sur un contre à la 59ème minute un visiteur tira à bout portant sur Xavier Bravo. Retenez ceci car le match aurait pu être définitivement terminé à ce moment. Cela n'empêcha pas l'Union de poursuivre son forcing et à la 65ème minute Kiki Marion lança Miguel Capilla sur la gauche qui centra au cordeau vers Michel Moyaux qui surgit pour réduire la marque à bout portant de la tête. Dans la forme délicate qui est la sienne pour le moment on ferait peut-être bien de viser plus souvent sa tête plutôt que de le lancer à ras de terre. La preuve, c'est que trois minutes plus tard il effectua un brillant solo semblant tout droit mener à l'égalisation mais qu'il poussa alors trop sa balle et la perdit. A la même minute Freddy Smets prit sa meilleure décision du match en remplaçant Alain Peetermans par Laurent Zaccaria. Ce dernier commanda bien mieux sa défense en la faisant jouer plus haut et en annihilant plusieurs fois les contres adverses sur hors-jeu. L'Union sentait son adversaire plier et mettait le turbo. Le miracle contre Walhain allait-il se répéter ? C'était oublier un peu vite que les joueurs de Walhain faisaient leurs premiers pas dans la division tandis que ceux de Hamme avaient une année d'expérience de division 2 dans les jambes et en outre ce vieux renard d'André Van Maldeghem comme coach. Ils finirent donc par piger comment réagir au piège du hors-jeu et à la 78ème minute un contre fut sauvé in extremis par Xavier Bravo en corner. L'Union n'eut pas le temps de percevoir ce signal d'alarme. Une minute après, un contre encore plus royal permit à Bruno Buyl de foncer absolument seul dans l'axe pour récupérer une longue passe. Xavier Bravo sortit et arriva le premier sur le ballon pour... tirer à côté ! Vous devinez la suite. Le toit de la tribune est heureusement haut, ce qui permit à notre président-bourguemestre de ne pas s'y fracasser la tête de stupeur et de rage. Il était clair que le match était définitivement perdu. Xavier avait l'air fin comme on dit mais que celui qui n'a jamais fauté lui jette la première pierre. Il avait avant ça fait deux arrêts déterminants et ce n'est pas sa faute à lui si tous les joueurs de champ ont joué comme des patates en première mi-temps réservant une mission impossible à ceux de la seconde. Et ce n'est pas une erreur non plus d'avoir joué plus haut à l'initiative de Laurent Zaccaria. La défense joua beaucoup mieux avec lui, aussi bien en sécurité qu'à la relance. Et comme aurait dit Gullit, la phase du 3ème goal était tactiquement correcte puisque le gardien était sorti à temps. Je pense que l'erreur provint de ce qu'il voulut dégager avec son mauvais pied. Evidemment ce winning-goal amena du flottement et à la 83ème minute un fameux cafouillage entre Denis Janssens et Xavier Bravo se termina par un tir de Hamme... sur la latte. Nos gars mordirent sur leur chique et voulurent éviter une humiliation mais en si peu de temps et avec toujours la poisse de Michel Moyaux balle au pied, que pouvaient-ils encore faire ? A deux reprises il eut encore une occasion franche qu'il gâcha chaque fois : en se faisant isoler par Laurent Zaccaria d'abord, en tirant à côté après avoir récupéré le ballon dans le rectangle ensuite. Et nous voilà maintenant avec 3 points sur 12 pour les quatre derniers matches. Et ce alors que dans son dernier éditorial notre manager se remet à parler de tour final, lui qui jouait les rabat-joie sinon les Cassandre dans celui du match d'ouverture contre Strombeek. Il est grand temps de travailler et de se reprendre car si pour le moment on est retombé dans le ventre mou du classement on n'a jamais que deux victoires et un nul d'avance sur Lebbeke qui est avant-dernier. Après le match de Wetteren Freddy Smets déclarait : "Quand une équipe manque de fond de jeu, l'entraîneur peut être mis en cause. Quand une équipe se permet de gâcher autant d'occasions, je ne peux pas les mettre moi-même." (LA LANTERNE). C'est tout à fait exact mais où était ce dimanche le fond de jeu que l'Union avait montré à Tournai ? Il faut restabiliser l'équipe et pour ça d'abord restabiliser la défense. Personnellement, Laurent Zaccaria m'y paraît indispensable. Alain Peetermans serait sans doute plus utile en milieu de terrain défensif. Et on peut espérer aussi que ce match aura montré qu'il vaut mieux aligner ses meilleurs avants dès l'entame du match et pas quand ça ne sert plus à rien. Vous vous rappelez ce Tour de France où Pedro Delgado était arrivé en retard au prologue ? Tout le Tour il a couru après ce handicap. Referendum : A la pause on était parti pour un zéro sur toute la ligne. Ça a heureusement changé en seconde mi-temps. Il me paraît toutefois logique de n'accorder que la moitié des points à une équipe qui ne joue que la moitié du match. Donc : Miguel CAPILLA 3 Kiki MARION 3 Michel MOYAUX 3 Laurent ZACCARIA 3 Xavier BRAVO 1 Yves CUMS 1 Pascal HOFMAN 1 Classement après 12 journées : 1. MONS 26 2. Ingelmunster 25 3. Hekelgem 23 4. RC Tournai 22 5. Heirnis Gand 20 6. Torhout 18 7. Denderhoutem 17 (5 v.) Walhain 17 (5 v.) 9. Olympic 17 (4 v.) Union 17 (4 v.) 11.Strombeek 14 Prochain week-end : Torhout-Union Denderhoutem-Heirnis Gand Walhain-Sottegem Vigor Hamme-Olympic |