Union - Lebbeke: 3-0 Après le match
décevant contre Walhain il y a deux semaines l'Union devait une revanche à ses
supporters.
Elle avait déjà commencé à le faire à Sottegem dimanche dernier et tout le Parc Duden
attendait la confirmation. Une attente confiante, encore renforcée par les quatre buts
marqués le matin même par le filleul de notre ami Danny avec son équipe de jeunes.
On apprit en outre au moment même du coup d'envoi la pénible disparition de Gaston Van
Bree, notre ancien capitaine des années 40.
Nos gars ne pouvaient donc que se mouiller le maillot et ils le firent au-delà de toute
espérance.
Non seulement ils se réconcilièrent avec leur public (qui n'était pas vraiment fâché
et ne demandait qu'à faire exploser ses décibels rentrés) mais ils nous offrirent à la
fois une de leurs meilleures exhibitions depuis que votre serviteur a repris le chemin du
stade il y a plus de deux ans mais aussi le match le plus limpide et le moins énervant
depuis ce temps.
Et pourtant on s'attendait à un match "dur". Après trois défaites
consécutives les visiteurs avaient empilé un 4-0 bien tassé la semaine avant au FC
Roulers et ce score avait fort impressionné le staff technique... qui ne semblait pas
avoir regardé le classement actuel des Roulariens.
Et puis, Gaston Van Biesen, notre milieu de terrain à quatre poumons de la premère
moitié des années 50, ne venait-il pas de Lebbeke (relisez l'ouvrage de Rudy Ecrepont) ?
De fait, après moins de quinze secondes Michel Moyaux était envoyé dans les
pâquerettes pour sa première touche de balle. C'était le premier coup franc du match
mais il n'y en eut pas beaucoup d'autres, nos gars puisant dans ce premier contact musclé
un supplément de tonus pour imposer leurs vues et le plus rapidement possible.
Il n'y eut en effet pas de round d'observation dans ce match et, une fois n'est pas
coutume, le préposé au marquoir fut rapidement à l'ouvrage dans le sens souhaité.
Dès la 2ème minute Rachid Baouf expédia un centre-tir canon de la droite.
C'était une première alerte et il n'y en eut pas de deuxième.
Quatre minutes plus tard Miguel Capilla, en position dangereuse à la limite du rectangle
sur la gauche, eut aussi droit aux pâquerettes.
La défense de Lebbeke érigea un mur qui n'impressionna pas le moins du monde Pascal
Hofman qui envoya une fusée intersidérale dans la lucarne. Mis à part la position un
peu plus à gauche, ça rappelait très fort un goal similaire historique de Frans Laureys
contre Anderlecht il y a... quarante ans. Cette fois-là Henri Meert avait tenté
d'arrêter le ballon et s'était retrouvé avec lui et une brûlure à la main dans le
but. Cette fois-ci Kris Janssens, le gardien visiteur, resta figé sur place et entendit
l'explosion du public avant de voir le ballon. Ça valait de toute façon mieux pour ses
poignets.
Et ce n'était pas fini. Deux minutes après, une attaque générale donna lieu à une
phase confuse où Kris Janssens repoussa en catastrophe à deux reprises le ballon qui
finit par échoir à Roger Hénuset qui expédia lui aussi une fusée, hélas un peu trop
haut.
C'était la déferlante dans toute sa splendeur à 21 dans le camp de Lebbeke.
Au point qu'une minute plus tard les visiteurs parvinrent à développer une infiltration
par la gauche qui nécessita un arrêt vigilant de Xavier Bravo.
On y était allé tellement à fond qu'il fallut souffler un peu, ce qui permit à Lebbeke
de s'enhardir et à leur milieu de terrain Carlos Morbey de se faire apprécier sur la
droite. C'est ainsi qu'à la 17ème minute un centre de la droite à ras de terre
nécessita une intervention super-vigilante de Xavier Bravo.
Emoustillés, nos gars retroussèrent encore un peu plus leurs manches et, deux minutes
après, une nouvelle attaque en force unioniste envoya cette fois Alain De Nil dans les
pâquerettes après lui avoir fait faire un superbe vol plané.
Ça rappelait un peu le Coréen qui s'était fait exclure contre le Mexique juste après
avoir marqué un but. Ici ce ne fut qu'une carte jaune et un nouveau coup franc avec mur
pour nos tireurs d'élite. Olivier Fieuw faisait sa rentrée après l'agression dont il
avait été victime à Mons et il semblait en vouloir encore deux fois plus que tous ses
coéquipiers. Il passa le ballon en finesse à Pascal Hofman qui nous gratifia d'une
nouvelle fusée... sur le piquet !
Et ça continua. Six minutes plus tard, à quelques secondes d'intervalle, l'Union créa
encore deux situations brûlantes. Une action entre Michel Moyaux et Alain De Nil sur la
droite se termina par un tir de ce dernier dans le filet latéral.
Le temps de récupérer le ballon et Pascal Hofman lançait Yves Cums sur la gauche qui
centrait à Miguel Capilla en belle position mais malheureusement trop entouré.
Une minute après, Xavier Bravo devait à nouveau faire une intervention à ras de terre
et franchement déterminante cette fois.
Il y avait vraiment de quoi être vexé. On dominait de la tête et des épaules et notre
gardien avait été mis plus à l'ouvrage que celui de nos adversaires !
Aussi poussa-t-on le turbo. On ne pensait pas que c'était possible, mais si. A croire que
notre entraîneur a doté notre équipe d'une boîte d'au moins six vitesses.
Et cela donna une fin de première mi-temps des plus chaudes.
A la 27ème minute Rachid Baouf nous gratifia d'un nouveau centre-tir de la droite. Une
minute après, il força un corner.
A la 32ème minute une belle attaque générale fut développée par la droite.
Et deux minutes après vint enfin la délivrance. De la gauche Olivier Fieuw adressa un
centre impeccable à Miguel Capilla en position d'avant-centre dos au goal, qui l'amortit
de la poitrine, se retourna et marqua le but salvateur faisant exploser les gradins.
Miguel est devenu la nouvelle coqueluche du public qui en a fait son cri de guerre sur
fond musical de Tequila, notre fanfare n'étant pas en reste bien entendu.
Aussi ne vous étonnez pas si je vous dis que personne n'entendit notre pauvre speaker de
service annoncer au haut-parleur son but. Personne ne l'avait de toute façon raté.
Et on n'était pas rassasié. Ce fut cette fois Kris Janssens qui dut effectuer une belle
intervention sur un centre de la gauche de Michel Moyaux à cinq minutes du repos. Une
minute après, nouveau coup franc pour Pascal Hofman de la droite mais trop de biais pour
un shot direct. Dans le paquet Olivier Fieuw obligea le gardien à dégager en corner.
Celui-ci fut botté par Alain De Nil avec une nouvelle tête d'Olivier sauvée en corner
par Kris Janssens.
Et ce fut la fin de cette mémorable première mi-temps.
Depuis quand l'Union n'avait-elle plus mené 2-0 à domicile au repos ?
Le temps fut maussade et frisquet toute la journée. Cela nous changeait aussi du match
contre Walhain. En mal pour les orteils des spectateurs mais en bien pour l'équipe dont
les pions de base défaillants d'il y a quinze jours avaient retrouvé tout leur tonus.
Laurent Zaccaria effectuait sa rentrée comme arrière droit.
L'arrière gauche de l'équipe nationale fut un cauchemar pour Guy Thys.
A l'Union cette saison c'est l'arrière droit qui évolue de match en match.
C'est curieux de la part d'un entraîneur fermement persuadé qu'une bonne équipe se
bâtit à partir d'une bonne défense. Et une des premières caractéristiques d'une bonne
défense, c'est d'être stable. Mais tant que ça marche, pourquoi pas ? Avec des joueurs
bougeant tout le temps en fonction des circonstances mais aussi du placement de leurs
coéquipiers cela donne un jeu fluide (voire même chorégraphique dans ses meilleurs
moments) fort agréable à regarder.
Laurent ne rata donc pas sa rentrée et sous une température plus nordique Alain
Peetermans retrouva toutes ses sensations.
Et pendant ce temps les bancs des deux équipes s'échauffaient. Michel Delph doit
éprouver des sentiments totalement opposés à ceux d'Alain Peetermans vis-à-vis de la
température car il le faisait en imper. Croyait-il qu'il avait été aimablement invité
pour faire nombre en l'absence de Jürgen Simeons à nouveau parti en stage d'études ?
"La suite lui prouva que non" aurait dit Brassens, et nous permit d'apprécier
son art de la pirouette.
Qu'allait nous réserver la seconde mi-temps ?
L'Union allait-elle payer sa débauche d'efforts ou nos adversaires allaient-ils
s'effondrer tout à fait ? Comme Walhain, Lebbeke vient de monter et n'a pas encore
nonante minutes dans les jambes. Ce fut donc la deuxième alternative, même si le score
ne le reflète que très imparfaitement.
De toute cette mi-temps on ne vit que trois fois Lebbeke. Comme en première mi-temps,
direz-vous, mais cette fois sous une pression nettement plus forte de l'Union et les deux
dernières fois en fin de match quand nos gars commencèrent à souffler.
A la 63ème minute Xavier Bravo arrêta un beau tir de Rosenilton Torres.
A la 83ème Joris Cornet, bien isolé devant le goal, rata complètement son tir, et à la
86ème Xavier Bravo arrêta sur la ligne une reprise suite à un corner.
Entre-temps ce fut une déferlante quasi continue de l'Union et particulièrement dense
durant le quatrième quart d'heure. Qu'on en juge :
50ème : "Pêche" d'Olivier Fieuw.
52ème : Slalom dévastateur d'Alain De Nil par la gauche, centrant idéalement à Yves
Cums dont la reprise fut trop faible.
54ème : Rebelote Alain De Nil - Yves Cums.
55ème : Centre de la droite de Rachid Baouf à Michel Moyaux nécessitant une
intervention de Kris Janssens.
58ème : Nouveau slalom d'Alain de Nil.
59ème : Rush de Roger Hénuset.
60ème : Centre de Rachid Baouf intercepté par Kris Janssens.
69ème : Infiltration de Michel Delph (qui, avec Thierry Capouet, était monté au jeu à
la 66ème en remplacement de Rachid Baouf et Yves Cums, ce dernier étant blessé).
71ème : Mouvement Michel Moyaux - Arie Van der Padt (entré au jeu à la 62ème en
remplacement de Miguel Capilla recevant une standing ovation)
76ème : Attaque Michel Delph - Arie Van der Padt - Michel Moyaux.
81ème : Encore et toujours un slalom qui fait mal d'Alain De Nil par la gauche.
90ème : Après un nombre incalculable d'hors-jeu, Michel Moyaux est enfin lancé "on
side" (comme disent les Anglais) par Laurent Zaccaria mais tire juste à côté.
92ème : Attaque Arie Van der Padt - Michel Moyaux - Michel Delph que celui-ci conclut
victorieusement donnant au score une ampleur (un peu) plus en rapport avec la physionomie
du match.
Et ce fut le coup de sifflet final.
Les impressions dégagées par la première mi-temps se confirmèrent en seconde.
Ça fait trois victoires consécutives avec un goal average de 12-5 en 5 matches (et pas
11-5 comme l'indique LA LANTERNE à qui il faudrait signaler que l'Union marqua quatre
buts et non pas trois contre Walhain), de quoi rendre jaloux beaucoup d'équipes. On a
marqué à chaque match. Notre seule défaite a de larges circonstances atténuantes et
depuis deux matches on n'encaisse plus de goal. Les commentaires du public étaient
unanimes sur le chemin de la sortie et mettaient en exergue
l'amélioration de notre attaque et l'émulation (que l'on souhaite saine) entre nos
avants (cinq candidats pour seulement deux places la plupart du temps; ah, si on pouvait
faire des roulements en cours de match comme en basket !).
Et l'Union joue bien, pratiquant un jeu très fluide où tout le monde bouge de façon
solidaire. Toujours sur le chemin de la sortie, l'annonce au haut-parleur du dernier
résultat d'Anderlecht, combinée à l'article de notre manager sur la division 3 dans LA
BUTTE, donnait presqu'envie de téléphoner à nos voisins mauves pour leur dire de venir
voir au Parc Duden comment jouer de façon rationnelle.
L'esprit de corps qui était déjà apparu contre Denderleeuw semble bien être revenu
plus durablement et le prochain test est à Ingelmunster.
Le classement actuel est :
1. RC Tournai 11
Torhout 11
3. Ingelmunster 10
Union 10
5. Mons 9
Ce sera donc un beau test que ne doivent pas craindre nos gars.
On a beaucoup glosé sur le 11-0 d'Ingelmunster-Gand de la semaine passée mais ce match
ne dut guère être normal. Avant ça les deux équipes n'avaient, respectivement, marqué
que 4 buts et encaissé que 4 buts. Au reste Gand vient d'aller faire match nul à Tournai
et Ingelmunster n'a gagné que 0-1 au FC Roulers, bon dernier avec un point comme évoqué
plus haut.
Nos gars ont une double revanche à prendre et une victoire à Ingelmunster me paraît
l'étape suivante pour affirmer leurs ambitions pour la tranche comme pour la série.
C'est parfaitement faisable à condition d'améliorer leur pourcentage de concrétisation
encore beaucoup trop bas par rapport aux efforts déployés.
Ceux qui ont vu les deux derniers matches de l'Union sont d'accord pour dire que, dans les
deux cas, le score aurait dû être doublé.
La chorégraphie footballistique c'est très agréable à voir, mais un beau mouvement qui
ne débouche pas sur un tir ne sert à rien. De ce côté-là il y a encore du pain sur la
planche.
Referendum :
C'est de nouveau un match (après Ingelmunster et le SK Roulers la saison dernière, et
Denderleeuw cette saison-ci) où toute l'équipe a bien joué (y compris notre gardien, en
gros progrès et particulièrement inspiré dans les plongeons à terre; ce serait
peut-être exagéré de le comparer à Runje mais il y a un peu de ça. Il faudrait encore
le perfectionner dans les sauts aériens.) et il me paraît peu équitable de donner des
points à certains joueurs et pas à d'autres.
Alors voilà :
Miguel CAPILLA : 3
Yves CUMS : 3
Alain DE NIL : 3
Olivier FIEUW : 3
Roger HENUSET : 3
Pascal HOFMAN : 3
Rachid BAOUF : 2
Xavier BRAVO : 2
Michel DELPH : 2
Michel MOYAUX : 2
Alain PEETERMANS : 2
Laurent ZACCARIA : 2 |