Union - Vaux 2-1 (coupe) En cette mi-août
ensoleillée l'Union reprenait contact avec la compétition à l'occasion de son premier
match de coupe contre Vaux Chèvremont qui opère en première division provinciale
liégeoise avec les mêmes couleurs que les défunts sang et marine.
Toujours dans le vent, l'Union nous offrit un match dans la foulée du Mondial,
c'est-à-dire qu'on aurait très bien pu ne venir qu'au repos. La première mi-temps fut
d'une nullité abyssale. L'Union joua sans entre-jeu et, soit procéda par des passes
téléphonées à des joueurs statiques, soit balança des balles en hauteur vers de
fantômatiques avants complètement isolés. Et cela sur un rythme tout ce qu'il y a
d'estival, ne troublant jamais la sérénité des visiteurs qui prirent ainsi de plus en
plus confiance en leurs chances. Paraîtrait que l'Union spécule sur la durée...
Comme on sait, Michel Minko nous a quitté. En outre Alain De Nil et Roger Hénuset
n'étaient pas là pour blessure. Rachid Baouf, fraîche acquisition du RWDM, est censé
remplacer Michel. Il aurait fait bonne impression dans les matches de préparation mais il
ne sortit guère de l'anonymat au cours de cette première mi-temps. On aurait pu dire la
même chose de Michel Moyaux si celui-ci ne s'était réveillé juste avant la mi-temps en
reprenant un centre de la droite d'un très beau tir cadré à la retourne que dévia le
gardien adverse. Le public put alors se réveiller aussi pour entendre l'arbitre siffler
la fin de la mi-temps.
Sans doute eut-on l'occasion d'entendre la voix de Freddy Smets dans le vestiaire car au
retour sur le terrain les joueurs donnèrent l'impression d'avoir découvert qu'ils
avaient un dérailleur à leur disposition. Ils enclenchèrent donc la vitesse
immédiatement supérieure; pas plus, il fait chaud et la saison commence seulement.
Cela suffit pour s'assurer le monopole du ballon et repousser les visiteurs dans leur
camp. A la 48ème minute une passe tranchante d'Yves Cums permit à Olivier Fieuw de
déborder sur la gauche. Son centre ne donna rien de concret mais l'Union avait enfin pris
son adversaire de vitesse, ce qu'on attendait depuis une heure de la part d'une équipe
classée deux divisions plus haut. Et puis on se rendit compte que Freddy Smets avait
aussi procédé à un changement à la pause. C'est Rachid Baouf qui fit les frais de la
sieste généralisée de la première mi-temps et il céda sa place à un autre nouveau
venu : Miguel Capilla (ex-Strombeek).
Celui-ci, de silhouette élancée, est doté d'une pointe de vitesse non négligeable et
à la 51ème minute il partit sur la droite depuis le milieu du terrain, dribbla deux
adversaires en pleine course, entra dans le rectangle et tira sur la base du deuxième
piquet, le ballon rebondissant sur un arrière qui le dévia dans son but un peu comme
l'Ecossais Boyd lors du deuxième but du Brésil pendant le match inaugural du Mondial,
mais à l'autre piquet. Je ne sais pas depuis quand on n'avait plus vu un but pareil au
Parc Duden. Il y a deux ans par José Barroso, curieusement affublé de rayures bleues et
noires, peut-être ? Mais cette fois c'était dans le bon sens et aussi bien l'équipe que
la (maigre) assistance versa dans l'euphorie. Si bien qu'on eut une remise en jeu dans le
même esprit que celle de la France après le but de Suker. Les joueurs de Vaux
Chèvremont s'amenèrent dans notre camp, ce qui arrive généralement quand on remet la
balle en jeu, et passèrent la balle à un de leurs partenaires tout à fait isolé à
droite dans le rectangle. J'étais trop loin pour voir s'il y avait moyen de faire un
miracle mais une chose est sûre c'est que Xavier Bravo (qui a remplacé Pedro Gomez qui
nous a aussi quittés) n'en fit pas. Et on pouvait recommencer. Une minute après, Miguel
Capilla reçut le ballon en bonne position suite à une floche d'un arrière adverse mais,
sans doute surpris, tira au-dessus provoquant des commentaires exagérément ironiques du
public.
Il est en effet clair qu'il fut pour une grande part dans l'accélération du jeu
constatée dans ce quatrième quart d'heure et si la finition instantanée n'est
peut-être pas son fort, ses capacités de débordement sur l'aile semblent prometteuses.
Espérons qu'il les confirmera devant une opposition plus relevée. Il y a pas mal de
temps qu'on cherche un équivalent sur la droite des montées de Denis Janssens, Yves Cums
ou Olivier Fieuw sur la gauche. C'est le même problème dans l'équipe de Hollande avec
Overmars qui n'a pas non plus d'équivalent à droite (quand on compare, il faut regarder
vers le haut). A la 57ème minute un beau tir de Laurent Zaccaria fut dévié en corner
par le gardien et puis, peu à peu, l'Union se mit à chercher son deuxième souffle. Du
côté de Vaux Chèvremont on trouvait ça très bien et on fit des changements à
profusion. Sans doute faisait-on monter les meilleurs tireurs de penalties (il n'y avait
pas de prolongations prévues à ce stade).
Et puis, à 101 ans d'âge, nos gars nous rappelèrent que le dernier quart d'heure existe
toujours. A la 78ème minute on vit enfin Jürgen Simeons (qui n'avait jusque-là jamais
rappelé le joueur virevoltant et déroutant de la saison dernière) s'infiltrer entre
deux adversaires par la droite et centrer, pour une fois à la perfection, à Michel
Moyaux, pour une fois idéalement placé. C'était le soulagement général, même si on
observa avec anxiété nos adversaires remettre la balle en jeu.
Heureusement notre défense avait retenu la leçon. On eut encore deux occasions. La
première sur un très beau tir de Pascal Hofman recevant le ballon à un mètre de Alain
Peetermans sur coup franc à la 80ème minute. La seconde par Michel Moyaux lancé par
Olivier Perez (entré au jeu pour Olivier Fieuw à la 76ème minute) à la 84ème minute.
De plus en plus ravanellien, Michel parvint ensuite à attraper une carte jaune pour
conduite énervante. Les gars restèrent attentifs et on évita les penalties. On
atteignit le comble du ridicule quand Freddy Smets changea Jürgen Simeons par David
Salmonowicz à la 89ème minute pour casser la cadence (tout ce qu'il y a de plus
symbolique) de Vaux Chèvremont.
Cela étant, que dire de la "prestation" de l'Union ? D'abord que le championnat
ne commence heureusement que dans trois semaines. L'équipe n'est pas mais alors pas du
tout au point. Espérons qu'elle le soit d'ici-là. On peut objecter que Roger Hénuset et
Alain De Nil n'étaient pas là. On peut aussi dire que sans eux contre une équipe de
première provinciale c'était le désert dans l'entre-jeu, tout au moins dans le rôle
offensif de celui-ci. Ce match n'est franchement pas encourageant pour une équipe qui
ambitionne la montée. Il est clair que Michel Minko n'a pas été remplacé et contre
Denderleeuw, notre prochain adversaire en coupe dimanche prochain au Parc Duden (où
Denderleeuw a presque toujours gagné si je me souviens bien), il ne suffira pas de jouer
un peu moins lentement en seconde mi-temps. La seule note positive de ce match est la
prestation de Miguel Capilla en seconde mi-temps. On a aussi pu compter sur les points
forts de l'équipe de la saison passée que sont Laurent Zaccaria, Pascal Hofman et Yves
Cums mais pour le reste...
Referendum :
Si le tarif est resté le même que l'an dernier, je trouve un peu bizarre d'accorder
autant de points après un match pareil. En conséquence de ce que je viens de dire :
Miguel CAPILLA 15
Pascal HOFMAN 12
Laurent ZACCARIA 9
Yves CUMS 6
Olivier FIEUW 3 |