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Royale Union Saint-Gilloise

Pierre Vansintjan

 

Union - Strombeek

Pour un 3 mai il faisait fameusement frisquet et cela fit mettre un pull de plus à la tactique habituelle de notre coach. On savait qu'il fallait gagner et Freddy Smets, toujours aussi imperturbable, aligna une équipe à deux avants, en l'occurrence Michel Moyaux (droit d'aînesse oblige) et Kiki Marion, et avait en outre retiré Michel Minko de l'entrejeu. La veille Jürgen Klinsmann avait marqué 4 buts et fait 2 assists dans un match tout aussi capital pour Tottenham. C'était un bon présage pour notre Jürgen mais une fois de plus il se retrouva sur le banc. Il avait notablement contribué à asseoir définitivement la victoire le dimanche avant à Wavre lorsqu'il avait enfin pu monter au jeu mais il en fallait apparemment plus pour ouvrir les oeillères de notre entraîneur.

On commença donc le match comme ça, sans doute en se disant que Strombeek n'avait plus rien à gagner dans ce championnat et se contenterait de faire de la figuration intelligente. Et le plus étonnant c'est que cela marcha... pendant dix minutes. Il y avait en effet longtemps qu'on n'avait plus vu l'Union prendre la direction des opérations à l'entame du match. Ça nous rappelait presque les matches contre Ingelmunster et le SK Roulers. Seulement on était au trentième match de la saison et après dix minutes l'Union éprouva déjà le besoin de souffler un peu. Il y a des équipes qui parviennent à plier un match en dix minutes. Seulement l'Union en 29 matches avait marqué 37 buts soit un but toutes les 70 minutes. Alors vous conviendrez qu'il aurait fallu un fameux coup de main céleste pour en marquer un durant ces dix premières minutes.

Strombeek commença alors à venir montrer ses beaux maillots rouges à notre défense et à de plus en plus prendre confiance devant une équipe dont la défense, à l'image de Roger Hénuset étonnamment fébrile, se révéla nettement crispée. D'un autre côté cela donnait plus d'espace à l'Union pour contre-attaquer à condition de récupérer le ballon et de le relancer convenablement vers nos avants solitaires pas très difficiles à neutraliser. Cela marcha une fois, à la 18ème minute, lorsque Michel Moyaux fit une superbe déviation vers Yves Cums sur la gauche qui fit près de quarante mètres balle au pied avant de tirer de biais sur la base du poteau droit. On aurait marqué qu'on aurait sans doute crié au génie tactique. Mais était-ce vraiment à un milieu de terrain de se trouver à la réception de cette déviation et de foncer vers le but ? Et bien entendu Strombeek reçut le message cinq sur cinq et revit son jeu de position, si bien qu'il fallut attendre les cinq dernières minutes de la mi-temps pour éprouver d'autres émotions offensives. A deux reprises Kiki Marion parvint à s'infiltrer dangereusement. La première fois il centra à Michel Moyaux qui fit une belle reprise de la tête sur laquelle Wim Moyson fit un bel arrêt. La seconde fois il centra à Olivier Fieuw qui rata la plus belle occasion du match. Mais encore une fois était-ce à un arrière de se retrouver en position de concrétisation ?

Et on se retrouva ainsi à la mi-temps avec un indigent 0-0 et aussi des craintes en ce qui concernait Roger Hénuset qui s'était vu octroyer une carte jaune bien légère par Mr. Ameel pour un contrôle visiblement involontaire du bras, et que le jeu avait déjà amené par la suite à faire des interventions décidées. Tout le monde était branché sur les transistors et on attendait fébrilement le résultat à la mi-temps de Wetteren-FC Roulers. On annonça 0-1 au soulagement général et on se dit qu'il valait mieux le taire aux joueurs dans l'état d'énervement où ils étaient mais le speaker du stade l'annonça aussi. Quelques minutes après, toutefois, on annonça 1-1 et les mines s'allongèrent. D'un autre côté on voyait Jürgen Simeons s'échauffer et on se dit que le coach avait enfin compris. Pensez-vous... Si Jürgen monta effectivement au jeu, ce fut pour remplacer... Kiki Marion, le joueur qui avait marqué 4 buts dans les 3 derniers matches et fait deux propositions d'assist dans les cinq dernières minutes de la première mi-temps. Selon La Lanterne Kiki aurait été blessé. Son centre à Olivier Fieuw s'étant produit à la 45ème minute, ça me paraît bizarre quand même.

Et on reprit non pas de la même façon qu'en première mi-temps mais pire. On savait qu'à tout moment Wetteren pouvait nous contraindre au test-match et on parvint à se créer exactement deux occasions en 45 minutes... A la 62ème minute un très beau corner d'Alain Peetermans frôla successivement les têtes de Jürgen Simeons et Denis Janssens. A la 71ème minute on crut un moment revoir le duo magique Stas de Richelle - N'Gapy sur un coup franc de la droite de Pascal Hofman, "inch-perfect" comme aurait dit Emlyn Hughes, aboutissant sur la tête d'Yves Cums qui le reprit magistralement de la tête, nécessitant un arrêt tout aussi magistral de Wim Moyson qui savait où il devait se trouver.

Pour le reste, rien... Notre défense était tellement fébrile (à l'exception de Laurent Zaccaria d'un sang-froid sans faille) que nos milieux de terrain soit ne remontaient jamais suffisamment vite le terrain (à l'image de Michel Minko, monté au jeu à vingt minutes du terme en remplacement d'Olivier Fieuw, et visiblement diminué) pour soutenir nos deux malheureux avants, soit les abandonnaient carrément à leur sort. Ce qui diminuait encore le rendement potentiel de Michel Moyaux à force de l'énerver. Il finit par passer sa rage sur le juge de touche, coupable à ses yeux de ne pas avoir signalé une incorrection d'un adversaire direct qui l'avait bousculé pour prendre le ballon dans une phase qu'on voit à longueur de match sur tous les terrains de football. Il reçut bien évidemment une carte jaune tout en donnant l'impression qu'il n'avait pas encore tout dit et qu'il n'attendait qu'une autre occasion pour continuer. Pour un joueur de son niveau d'expérience c'est vraiment affligeant.

Et en face ? En face on était relax et on jouait au football en disposant posément ses pions sur le terrain partout où il le fallait. Un Strombeekois dans le camp de l'Union ne devait jamais chercher à qui passer le ballon; il y avait toujours au moins un gars clairement démarqué pour le recevoir. La seule chose qui manquait à Strombeek pour prendre sa revanche du match aller c'était un minimum de rythme. Notre défense parvint ainsi chaque fois à s'en sortir en concédant, parfois en catastrophe, un nombre élevé de corners sur le botté desquels il y avait régulièrement six maillots rouges dans le rectangle, les autres n'en étant pas très loin à l'exception d'un depuis l'entrée au jeu de Jürgen Simeons, quand même... Oui, bien sûr, Monsieur l'entraîneur, Strombeek n'est de toute façon pas parvenu à en profiter. Mais l'Union n'est jamais parvenue non plus à se dégager suffisamment vite de ces situations pour lancer une contre-attaque valable.

Si bien que le public, pourtant nettement plus nombreux que d'habitude (on dut faire la file aux guichets !), ne finit plus par regarder le match que d'un oeil et suivit essentiellement ses transistors ou ses voisins qui en avaient un. D'autant qu'on s'intéressait aussi au sort des deux autres clubs bruxellois de nationale. Il fallut donc le goal du Parc Astrid et le penalty raté de Radzinski pour secouer la torpeur automnale de ce match. C'est à peine si on se rendit compte de la montée au jeu de Michel Delph à six minutes de la fin pour pallier à la blessure d'Yves Cums. Et puis l'arbitre siffla la fin et on ne savait toujours pas quoi de Wetteren. Quelques longues minutes s'écoulèrent avant qu'on apprenne enfin que le score n'avait plus changé là-bas.

Ce fut une curieuse sensation. On était qualifié pour le tour final après avoir livré une caricature de football et cela laissait un goût amer dans la bouche. A se demander si Freddy Smets disposait d'une boule de cristal qui lui avait indiqué le résultat de Wetteren. Mais non, il aurait alors déclaré forfait ou aligné la réserve pour ménager ses titulaires...

Pour le referendum, disons que quasi toute l'équipe a livré un match très, très moyen, alors on donne des points à tout le monde :

Yves Cums 4 Laurent Zaccaria 4 Alain De Nil 2 Olivier Fieuw 2 Pedro Gomez 2 Roger Hénuset 2 Pascal Hofman 2 Denis Janssens 2 Kiki Marion 2 Michel Minko 2 Michel Moyaux 2 Alain Peetermans 2 Jürgen Simeons 2

Et maintenant ? On est dans la loterie du tour final avec Ingelmunster (à qui on a pris 1 point sur 6), Mons (idem), Visé (qui a complètement perdu les pédales en fin de parcours), Tongres, sans doute Tirlemont et Hamme comme 16ème de division 2. Rappelons que la semaine passée le match RC Malines-Tirlemont fut arrêté pour émeute et que ce match est capital pour la 4ème place de division 3B. Tirlemont a 1 point d'avance sur le RC Malines. De ce tour final doit normalement émerger l'équipe remplaçant Hamme (et qui peut être Hamme lui-même). Si Waregem et Saint-Nicolas rétrogradent effectivement, deux tickets supplémentaires seront disponibles. Pour en décrocher un il faudra au moins gagner le premier match du tour final, puis le match suivant (demi-finale) ou la consolation entre les deux demi-finalistes battus.

Le tirage au sort aura lieu le 11 mai (Danny se fera un plaisir d'en informer tout le monde) et le premier match le 17, mais ce qui me paraît souhaitable, aussi paradoxal que ça puisse paraître, c'est qu'on joue le premier match en déplacement. Les résultats de ce week-end n'ont rien changé à la position de l'Union au classement away : elle en est la seconde. Si on se rappelle nos 5 derniers matches à domicile ils furent désastreux, tout au moins pour une équipe qui a l'ambition de gagner. Nos gars sont visiblement crispés à domicile depuis pas mal de temps alors qu'en déplacement lors de la dernière série ils ont perdu un match et gagné les trois autres sur un goal average global de 10-5.

Une dernière série que, soit dit en passant, l'Union termine 3ème avec 17 points. Si on eut un notable passage à vide avec un point sur douze de le 23ème à la 26ème journée, il faut noter que l'Union fut régulière tout au long de la saison comme en témoignent les points pris dans les trois séries : 15 + 17 + 17.

Il est évident que tout le monde espère un ticket. Mais il ne faut pas formuler d'espoirs trop fous. Si on a la meilleure défense de la division (28 buts contre 31 à Ingelmunster et 35 à Strombeek), il n'y a que deux équipes qui ont marqué moins de buts et ce sont les deux descendants ! Ceci, combiné à nos résultats away, montre bien que l'Union s'est montré une équipe défensive cette saison. Ça fait mal de l'écrire mais il faut admettre ce qui est. Et ne pas oublier que si dans l'ensemble on a joué une bonne saison on ne doit cette qualification qu'à l'incroyable effondrement de Wetteren qui ne reçut aucun cadeau des autres équipes flamandes lors des quatre derniers matches (2 qur 12).

Quel que soit le résultat de ce tour final il faut tirer les leçons de ce fait pour la prochaine saison. Il est URGENT d'acquérir des avants et d'en aligner trois. Si on monte, rappelez-vous la saison passée, avec l'équipe actuelle on redescend tout de suite. En outre on ne sait pas jouer défensivement très longtemps et il n'y a rien de tel pour faire fuir le public. Selon Le Soir 571, 664 et 726 spectateurs assistèrent aux matches du RWDM cette saison contre, respectivement, Ekeren, Charleroi et Beveren.

Voyez ses dernières saisons d'ailleurs : il y a deux ans il décrochaient un ticket européen avec ce système. Et cette année... Dixièmes en déplacement mais derniers à domicile avec 13 points sur 48. C'est à domicile qu'il faut récolter le maximum de ses points et quand une équipe défensive doit faire le jeu elle piétine et finit par se faire avoir en contre.

Enfin, notre manager sait ça aussi bien que nous. Espérons qu'il trouve les moyens nécessaires.

 


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