Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union-FC Roulers Dimanche dernier, après un passage à vide ponctué de trois défaites consécutives dont deux à domicile, l'Union avait stupéfié tout le monde en allant s'imposer 2-5 à Sottegem, une équipe en net redressement après un premier tour difficile. A cette occasion Freddy Smets avait déclaré qu'il était soulagé de se rendre compte que c'étaient les absences et les retours de blessure de plusieurs titulaires qui avaient causé ce passage à vide et que l'Union avait dorénavant retrouvé son fond de jeu. Conjugué à une étonnante défaite à domicile de Wetteren devant Eeklo, ce résultat avait brusquement ramené l'espoir de se qualifier quand même pour le tour final. Après pas mal de jours de pluie Zeus lui-même s'en était mêlé et nous gratifia d'un dimanche ensoleillé pour nous convier à ne pas baisser les bras et à aller encourager en masse nos favoris. Mais le scepticisme des supporters ne s'efface pas d'un simple rayon de soleil et ce n'est que le dernier carré des irréductibles qui s'était déplacé. On terminait les vacances de Pâques mais quand même... Mais les décibels de notre fanfare sont inversement proportionnels à l'assistance et c'est sur un air guilleret que débuta ce match qui devait nous montrer nos gars plus motivés que jamais. Ce qu'on vit tout d'abord, ce furent les Roulariens. Dès la 3ème minute Pedro Gomez dut effectuer un de ses saves les plus spectaculaires de la saison en repoussant en vol plané au ras des paquerettes un centre de la gauche qui s'annonçait mortel. Comme il faut toujours voir les choses positives dans la vie, on se dit que notre keeper était en forme. Pour ses équipiers, c'était autre chose. C'est pas qu'ils étaient pas en forme mais enfin la sauce tardait à prendre. Il y a trois semaines les gars m'avaient paru fatigués. Ils ne donnaient pas l'impression d'avoir beaucoup récupéré. Comme, hélas souvent tout au long de cette saison, nos deux avants, Kiki Marion et Michel Moyaux n'étaient guère soutenus par l'entrejeu qui remontait le terrain avec des semelles de plomb. Une fois sur toute la mi-temps Michel Moyaux reçut le ballon dans de bonnes conditions et tira au goal mais le gardien avait suivi. On ne peut décemment pas demander un rendement de 100% à un avant. Même Del Piero ne marque pas toujours. Et ce fut tout ce qu'il y eut à dire sur cette mi-temps qui fut, vous l'aurez compris, exécrable. On n'y eut pas un seul moment l'impression que l'Union était motivée par la possibilité d'encore pouvoir accéder au tour final. En face ce n'était pas beaucoup mieux mais nos adversaires avaient d'autres préoccupations en tête et leur classement leur permet de jouer relax. Aussi pour passer le temps tentait-on sur les gradins de trouver des diversions. On se fixa rapidement sur le n 9 adverse, un rouquin jouant à droite et ponctuant chacun de ses duels perdus d'ahanements à rendre Monica Seles jalouse, bientôt repris en choeur par le public. Ne me demandez pas son nom, son numéro ne figurait pas sur la feuille de composition des équipes. Et ce n'était pas le seul : Kiki Marion jouait avec un autre numéro que celui communiqué. En outre la page 9 de la Butte manquait. Quand je vous disais que c'était un typique match de fin de saison... Ça ne pouvait pas être pire en seconde mi-temps et ce ne le fut pas. On peut penser que Freddy Smets s'époumonna quelque peu dans les vestiaires car l'Union, non pas haussa le rythme (il n'y en avait pas), mais en conféra un à la partie. C'était loin d'être infernal mais enfin le diesel se mettait tout doucement à tourner. Le ballon du match avait été offert pour l'anniversaire de Michel Moyaux et celui-ci se rappela au bon souvenir de tout le monde en se montrant d'une grande mobilité sur tout le terrain, participant à la construction du jeu et revenant même faire des interventions en défense à l'occasion. Par rapport au match contre Wetteren, c'était le jour et la nuit. L'Union prit donc l'ascendant dans le quatrième quart d'heure et vers la fin de celui-ci Freddy Smets se décida enfin à passer à un système à trois avants en lançant Jürgen Simeons dans la bataille. Apparemment ces deux-là doivent s'entendre aussi bien que Leekens et Scifo mais enfin la sagesse prévalut (sans doute le fera-t-elle aussi bientôt chez les Diables Rouges). Ce qui parut curieux, c'est que ce fut au détriment de Michel Minko. Celui-ci n'avait pas son abattage habituel, c'est vrai, mais de là à le retirer... Dans le cinquième quart d'heure l'Union se remit à piétiner, sans doute essoufflée. A la fin de celui-ci Michel Delph remplaça Yves Cums qui clopinait. Et à l'entrée du légendaire dernier quart d'heure on vit l'inconcevable : Alain De Nil tira au goal pour la première fois de la saison ! Un beau tir d'ailleurs, qui aboutit malheureusement sur la latte alors que la keeper adverse était bel et bien battu. Cela relança les gars à défaut de la mécanique et ils se mirent à piétiner plus haut et avec plus de décision. Kiki Marion parvint à faire des incursions dans le rectangle par la droite et tout le monde s'y mettait en repoussant tant et plus les Roulariens dans leur rectangle, ce qui ne donnait pas beaucoup d'espace. Mais à force d'insister cela finit par payer : à sept minutes de la fin dans une grappe de joueurs Kiki Marion parvint à placer une belle volée dans les filets. Ce fut l'explosion et les joueurs fêtèrent l'évènement encore plus que lors du but décisif contre Wavre en décembre. Ils eurent le grand mérite de se concentrer et de maintenir le résultat (et aussi un certain suspense en laissant le flanc droit de la défense béant mais les Roulariens étaient heureusement maladroits). Freddy Smets cassa aussi le rythme en offrant un "applausvervanging" à Michel Moyaux à 5 minutes de la fin, ce qui permit au jeune Vincent Masijn de faire son entrée dans l'équipe. Ce n'était jamais que la troisième victoire à domicile depuis le nouvel an et elle se fit longuement attendre. En gagnant la sortie on apprit que Mons n'avait pas laissé passer l'occasion contre Wavre (6-0), que l'ACHE rejoignit la veille. Plus tard la TV nous apprit que Wetteren avait à nouveau perdu, cette fois à Sottegem (3-2). Là aussi c'est le passage à vide, inimaginable il y a trois semaines. La situation est donc à deux matches de la fin : 3. Mons 48 4. Union 45 (13 victoires, 34-28 buts) 5. Wetteren 45 (13 victoires, 38-33 buts) 6. Virton 41 (ou 43, le doute subsiste) et dans la tranche : 1. Mons 20 2. SK Roulers 17 3. Wetteren 14 Avec 4 points Mons s'adjuge aussi bien la tranche que la troisième place. Ses deux derniers matches sont Strombeek-Mons et Mons-ACHE. Un match nul à Strombeek est certainement dans ses cordes et le dernier match paraît couru d'avance même s'il ne faut jamais dire jamais en football. Autant dire que c'est quasiment fait. Le quatrième sera donc qualifié pour le tour final puisque le SK Roulers a gagné une tranche. Les deux deniers matches de l'Union sont Wavre-Union et Union-Strombeek. Il est parfaitement possible de les gagner tous les deux. Mais il faut aussi songer à la différence de buts puisqu'elle est paraît-il déterminante en cas d'égalité de points et de victoires (et heureusement pas, j'espère, les résultats entre les deux équipes; pour mémoire c'est 0-6 contre Wetteren). Donc, malgré toute la compassion qu'on peut avoir pour Wavre, il faut faire un carton là-bas puis battre Strombeek sans se préoccuper des résultats de Wetteren dont le calendrier est moins facile en théorie (Gand-Wetteren et Wetteren-FC Roulers) mais en fin de saison tout est possible. De nombreuses rumeurs circulent sur le nombre d'équipes de troisième division qui seraient amenées à pallier les défections d équipes de deuxième division en mauvaise situation financière. On sait que Waregem a demandé sa rétrogradation volontaire et il semblerait que Saint-Nicolas ait fait de même. Il faut surtout ne pas s'occuper de ça et terminer quatrième. Si on n'y parvient pas il sera toujours temps alors, et seulement alors, de voir si les malheurs d'un autre club peuvent provoquer un miracle pour l'Union. Referendum : Pedro Gomez 4 Roger Hénuset 4 Pascal Hofman 4 Kiki Marion 4 Michel Moyaux 4 Laurent Zaccaria 4 Michel Minko 3 Jürgen Simeons 3
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