Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union - Wetteren On était aux trois quarts du match. Le score était toujours de 0-0 et un coup de pied arrêté fut octroyé à Wetteren. Sur le botté de celui-ci par la gauche Michel Minko fut tout heureux d'arrêter sur la ligne au deuxième piquet le heading impeccable d'Ivan Desloover, l'ex-"barometer" de Waregem (comme l'appelait Rik De Saedeleer à la belle époque de Filip Desmet et cie) qui fait maintenant les beaux jours de la défense de nos visiteurs en compagnie de Patrick Van Veirdeghem sous la houlette de Leo Vanderelst, l'homme qui nous propulsa vers Maradona il y a douze ans. Cette phase de jeu, à elle seule, résuma le match entre deux prétendants à la troisième place de la division, qualificative pour le tour final. Notre monsieur quatre poumons revenait dans l'entrejeu en compagnie d'Yves Cums, tous deux ayant été mis au repos forcé il y a huit jours pour cumul de cartes jaunes. Un repos qui leur fit le plus grand mal car ils ne parvinrent jamais, tout au long de ce match, à faire preuve du tonus qui fut le leur jusqu'au point d'orgue contre l'Olympic. Michel n'eut aucun de ses jaillissements de panthère noire qui secouent tout le stade et Yves aucun de ses déboulés tranchants sur son aile gauche. Non pas qu'ils jouaient mal mais ils apparurent visiblement fatigués et toute l'équipe avec eux. On n'arrête pas de seriner qu'un match dure nonante minutes. On perd parfois de vue qu'un championnat à seize dure trente journées. Durant les trois premiers quarts de ce championnat l'Union fit preuve d'une bonne condition physique (nettement meilleure que la saison dernière, contre des adversaires moins forts il est vrai). Rappelons-nous les victoires à l'arraché contre Eeklo, Wavre et Strombeek et la résistance héroïque de notre défense à l'aller contre Namur. Dans ces conditions nos deux médians ne sentirent pas beaucoup de soutien autour d'eux et furent inévitablement amenés à reculer face à une équipe bien organisée, aux réactions collectives rapides et en nombre, et plus désireuse de gagner que Mons la semaine passée. Le football est ainsi fait qu'une équipe visiteuse a difficile à traduire à la marque sa supériorité mais la différence était flagrante. D'un côté Wetteren apparaissait comme une équipe bien structurée, dotée de vrais avants (avec notamment Sydou Doumbouya qui donnait le tournis à notre défense) et où tout le monde savait visiblement ce qu'il avait à faire et le faisait sans perdre de temps au profit exclusif de l'équipe. De l'autre côté l'Union s'alignait comme une équipe fatiguée, plus guère concernée par le classement et aspirant aux vacances. Nos deux médians n'y étaient pas et devaient en outre se débattre contre une équipe décidée avec, parmi leurs équipiers, deux divas jouant toutes seules. Alain De Nil était aussi improductif que d'habitude et Michel Moyaux s'était visiblement levé du pied gauche, ne semblant chercher que la façon dont il parviendrait à faire attraper une carte jaune par Ivan Desloover. Ce qu'il trouva finalement, après quoi il ne fit vraiment plus rien à tel point que sa bête noire ne s'occupa même plus de lui, vu l'absence totale de danger qu'il présentait pour la défense adverse dont il était même parfois l'allié objectif en restant en position hors-jeu lorsqu'un de ses partenaires récupérait un mauvais dégagement et voulait relancer la mécanique. Deux joueurs qui n'étaient pas à leur niveau normal et deux autres qui s'isolaient de la collectivité, ça faisait beaucoup pour les six autres d'autant que les impondérables inhérents à chaque match étaient également de la partie. C'est ainsi que Pascal Hofman fut amené à démontrer sa polyvalence en jouant à trois places différentes au fil des retraits d'Olivier Fieuw (pour blessure) et de Didier Fiérin (fort mal à l'aise sur le plan offensif). Seul Roger Hénuset, admirable de courage, joua non pas à son niveau normal mais en surrégime, se battant pour quatre là où il fallait se battre au moins pour sept ou huit. Dans ces conditions les détails de scénario furent simplement anecdotiques. Il y avait dix degrés de plus que contre Mons au thermomètre (une paire de chaussettes suffisait largement) mais il y avait au bas mot seulement deux tiers de l'assistance correspondante. Comme on sait, Jurgen Simeons était absent pour cause de stage de ski. L'Union retrouvait enfin ses culottes bleues grâce aux équipements jaunes et verts des visiteurs et, contrairement à l'habitude, commença le match dos au marquoir. L'arbitre était de division 1 et donna longtemps l'impression qu'il n'irait pas dans ses poches. A la 7ème minute l'Union développa son seul mouvement offensif convenable avec Alain De Nil et Kiki Marion à la construction et Michel Moyaux à la conclusion. Ce dernier contrôla trop long le ballon et la phase avorta. Sans doute aurait-on eu un autre match (comme dit Eric Gerets) si on avait marqué. Mais une contrariété de ce genre doit fustiger les joueurs et non pas les entraîner dans les lamentations pendant 25 minutes. Il fallut attendre la demi-heure pour avoir coup sur coup deux occasions mais ce fut un feu de paille aussi bien qu'un avertissement que la défense wetterenoise reçut cinq sur cinq. Le public se montrait peu courtois à l'égard d'Ivan Desloover, lui rappelant à tue-tête son tackle fatal sur Lozano. A la 75ème minute une hésitation d'Yves Cums permit à Johan Vandevelde de faire un solo (un peu dans le style de Barroso avec Denderleeuw l'an dernier mais plus court), d'entrer dans le rectangle par la droite et de marquer le seul but du match sous les regards d'une défense totalement figée, en ce compris le pauvre Pedro Gomez dont la détente tardive fut vaine. Mais toute l'équipe est fatiguée et on le vit bien durant cet autrefois légendaire dernier quart d'heure où Wetteren appliqua à la lettre le principe "La meilleure défense c'est l'attaque". Deux ou trois minutes après un tir de Kristof Aris s'écrasa sur la latte alors que notre gardien était battu et les visiteurs maintinrent quasiment une Union exsangue dans son propre rectangle jusqu'à la fin du match. Wetteren a sans doute accompli un grand pas vers le tour final. Rattraper six points sur eux en quatre matches est illusoire. On peut toujours rêver et spéculer sur un accident montois mais on n'est pas les seuls puisque le FC Roulers nous a rejoints (et doit encore venir !) et la situation de Virton n'est toujours pas claire. Aujourd'hui le télétexte de la BRT tient compte du 5-0 de tapis vert de Virton-Wavre. A noter en outre le classement fantaisiste de la division fourni par LE SOIR qui accorde deux points de trop au FC Roulers. En outre, selon les sources d'information de Danny, à égalité de points et de victoires la différénce de buts au général serait déterminante et là on n'est pas spécialement bien parti avec notre attaque famélique. De plus, pour que la 4ème place soit qualificative pour le tour final il faudrait que le SK Roulers (ou le troisième du général) gagne la dernière tranche. Reste une hypothétique conséquence des problèmes financiers de certains clubs. Dans la semaine on a annoncé que Waregem demandait une rétrogradation volontaire en troisième division. Mais ne rêvons pas inconsidérément. Il faudrait non pas un miracle (gagner à Sottegem, nettement plus autoritaire en ce second tour qu'au premier, en serait déjà un) mais une série de miracles pour que l'Union joue le tour final et avec quoi ? Freddy Smets saura-t-il redonner du tonus à cette équipeépuisée ? Il y a quelques années il connut la même situation avec le RWDM. A-t-il trouvé la recette depuis ? Ses réactions à chaud (voir LA LANTERNE) ne furent pas très encourageantes. Et la remontée immédiate est-elle vraiment sage ? L'Union a-t-elle les moyens financiers d'engager de nouveaux joueurs pour remplacer ceux dont le départ serait opportun et ceux qu'on voudrait garder mais qui ne sont pas maîtres de leur avenir ? A ce sujet Olivier Fieuw vient de resigner pour un an et ça c'est une bonne nouvelle. Pour le référendum il convient de noter que la défaite de la semaine passée fut collective alors que celle-ci ne le fut pas et il serait injuste pour ceux qui ont fait tout leur possible de ne pas attribuer de points. Donc : Roger HENUSET : 8 Pascal HOFFMAN : 5 Michel MINKO : 5 Yves CUMS : 4 Alain PEETERMANS : 4 Laurent ZACCARIA : 4
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