Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union - Eeklo Eeklo venait nous rendre visite avec la flatteuse réputation d'être la deuxième équipe de la division en déplacement (dixit D.Adiansens dans LA BUTTE) : 4 victoires pour seulement 2 à domicile. L'honnêteté commande de dire qu'on n'en eut jamais l'impression sur la pelouse ce dimanche. Etait-ce le +1 affiché au thermomètre ? Toujours est-il qu'en première mi-temps on ne vit qu'une équipe d'aimables touristes aux beaux maillots tricolores à la galloise, rappelant celle de Rita Berlaar lors des barrages de 1996. Devant un tel adversaire l'Union eut difficile à retrouver la surmotivation dont elle fit preuve il y a deux semaines contre Ingelmunster. D'autant que dès la 2ème minute elle manqua d'un rien d'ouvrir le score et que dès le quart d'heure elle y parvint à la suite d'un corner "moderne" de la gauche (et non de la droite comme me le firent écrire mes doigts frigorifiés hier). Alain De Nil fit une courte passe à Michel Minko qui réussit une infiltration canon dans le rectangle des visiteurs, que n'aurait pas désavouée Selymes, et centra sur un plateau à "Kiki" Marion qui reprit à bout portant dans un paquet de joueurs. Durant cette période l'Union développa encore d'autres situations potentiellement dangereuses qui échouèrent régulièrement pour l'une ou l'autre raison. On vit même une fois trois Unionistes devant le but adverse à la réception d'un centre de la droite... qui passa derrière. En outre l'équipe était remaniée suite aux retours de suspension de Yves Cums et Denis Janssens ainsi qu'aux blessures de Roger Hénuset et Didier Fiérin. Ce dernier était remplacé sur son aile par Alain Peetermans qui avait effectué une prestation remarquée comme pare-choc de la défense contre Ingelmunster. Et le temps n'avait en rien arrangé la frilosité de la composition de notre ligne d'attaque. Jurgen Simeons était toujours réserviste de luxe et Skelley Tutu n'était pas sur la feuille de match. Les rouages tournaient donc un poil moins bien et il faut bien dire que la forme rebelle de Michel Moyaux n'arrangeait pas les choses. Ce dernier faisait généralement suivre une bonne chose par une autre qui l'était beaucoup moins (mauvais contrôle à la réception du ballon dans une situation intéressante, passe croquée après avoir mis un adversaire dans le vent...). D'où mon expression de développement de situations "potentiellement" dangereuses. On ne marqua donc pas dans le deuxième quart d'heure le deuxième but qui était dans l'air et on commença tout doucement à lever le pied au cours du troisième quart d'heure. Dans les gradins notre infatigable fanfare nous aidait à battre la semelle en cadence et on se réchauffait les doigts en signant une pétition anti-fusion. Le soleil avait fait une courte apparition à la fin de la première mi-temps mais cela ne dura guère et toute la seconde mi-temps se déroula sous un ciel de plus en plus sombre émaillé par moments de quelques très fines particules de neige. Roger Hénuset s'était échauffé pendant la pause, nous donnant une excellente démonstration des gestes techniques à effectuer pour marquer un but. Son entorse n'était visiblement plus qu'un mauvais souvenir et il remplaça Laurent Zaccaria à la reprise sans que celui-ci ait le moins du monde démérité. Peut-être s'était-il blessé ? Dans un tel contexte l'Union eut dur à conserver de l'allant dans ce match et Eeklo vint de temps à autre timidement rendre visite à notre défense. Mais il en fallait d'autres pour émouvoir celle-ci, de plus en plus sécurisante au fil des matches et devenue deuxième de la division derrière celle d'Ingelmunster. (Mais avant ce match-ci on était la dernière attaque de la division...) On eut donc un quatrième quart d'heure particulièrement médiocre. Dans le cinquième on commença à se secouer un peu, ébauchant des mouvements bien pensés mais pas suffisamment rapides ou devant être conclus par des joueurs qui ne sont pas des marqueurs spécifiques comme Olivier Fieuw, par ailleurs de plus en plus efficient dans le jeu d'ensemble de l'équipe. Freddy Smets fit enfin monter au jeu Jurgen Simeons à vingt minutes de la fin mais, à l'étonnement général, à la place de Kiki Marion. Il finit par se résoudre à remplacer Michel Moyaux (dont les problèmes se situent visiblement au niveau de la condition physique) par Michel Delph sept minutes plus tard et les deux nouveaux joueurs abattirent définitivement Eeklo par leurs combinaisons soutenues par notre inépuisable monsieur quatre poumons qu'est Michel Minko. Cela donna une belle pêche de Jurgen Simeons sous la latte qui ressortit immédiatement du but à douze minutes de la fin mais que l'arbitre accorda et ce fut justifié. Les joueurs d'Eeklo n'étaient pas très contents et le firent savoir à l'arbitre puis, franchement vexés, consentirent enfin à sortir de leur sieste polaire. Cela donna un dernier quart d'heure animé dans la tradition du club, qui réveilla tout le monde. Notre défense était toujours aussi sécurisante mais cette fois même Pedro Gomez dut faire une intervention. Comme le jeu d'équipe était également toujours aussi bon et qu'on trouvait enfin de la motivation aussi bien que de l'espace, cela donna quelques contres de plus en plus appuyés dont Michel Delph parvint à en concrétiser un à la dernière minute du gauche, un peu dans le style de Czerniatynski lors de son but égalisateur historique contre la Hongrie au Mundial espagnol de 1982. Ce ne fut pas un match mémorable, même si c'est le meilleur score depuis le match d'ouverture (avec comme alors un but de Michel Delph), mais il permit de toute façon à l'équipe d'entretenir ses automatismes collectifs. Comme le dit notre manager, Serge Trimpont, dans son éditorial, cette saison doit préparer la suivante. Il est clair qu'on a retrouvé une véritable équipe et c'est par ça qu'il fallait commencer. L'étape suivante c'est de trouver des finisseurs et il faudra fatalement attendre l'intersaison pour ça. Espérons que notre entraineur les trouvera et abandonnera alors sa frileuse tactique actuelle. Et pour ce qui est des barrages c'est un bon classement final qu'il faut espérer plutôt que la troisième tranche. Si je ne m'abuse, il y a deux ans Denderleeuw ne remporta pas de tranche et participa au tour final comme troisième. Mais ce sera dur : Strombeek, co-6ème avec l'Union la semaine passée, se retrouve... onzième après sa défaite à Wetteren (3-0). Referendum : Cette fois-ci on n'a pas eu une performance collective du même tonneau qu'il y a deux semaines, aussi citerai-je : Cums : 6 Fieuw : 6 Marion : 6 Minko : 6 Hénuset : 3 Simeons : 3 en faisant remarquer que la piètre prestation de nos adversaires permettait difficilement à nos défenseurs de briller. P.S. : Pour ceux d'entre vous qui consultent le télétexte pour connaître les résultats, signalons que ceux-ci ne tiennent toujours pas compte de la victoire sur tapis vert de Virton contre Wavre. Ça ne change pas grand chose à la situation catastrophique des Wavriens mais ça change beaucoup pour Virton qui a deux points de plus et dépasse ainsi l'Union pour s'octroyer la 4ème place. Voir LE SOIR (aussi sur le Web) pour un classement correct.
|