Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union - Ingelmunster Avec une encourageante cinquième place à mi-parcours après les hésitations du début de championnat l'Union avait la perspective de recevoir à domicile au second tour les quatre équipes qui la précèdent. Cela commençait aujourd'hui avec Ingelmunster, deuxième au général et vainqueur de la première tranche. Autant dire un véritable test des progrès constatés, chiffres à l'appui, en novembre et décembre avec trois victoires consécutives au Parc Duden contre des équipes de la deuxième moitié du classement. On peut dire que le test, non seulement confirma ces progrès, mais révéla en outre que l'amélioration se poursuit encore de match en match, doucement mais sûrement. Ce fut la meilleure performance de l'Union à domicile cette saison devant un adversaire auquel elle imposa de plus en plus son jeu au fil du temps. En première mi-temps les visiteurs, soucieux de justifier leur rang, n'hésitèrent pas à attaquer d'emblée mais l'Union leur répondit du tac au tac et on eut une première période aussi agréable à suivre que lors de la venue de Zottegem mais d'un à deux crans supérieure en qualité. Les attaques les plus dangereuses provenaient des jaunes et bleus et le keeper d'Ingelmunster dut effectuer deux arrêts déterminants pour préserver ses filets, notamment sur un tir de Moyaux à la conclusion d'une très belle attaque. Un petit goal d'avance aurait été mérité mais on prenait son mal en patience, s'habituant aux difficultés de concrétisation rencontrées depuis le début de la saison et se remémorant les deux derniers matches. En seconde mi-temps on ne peut pas exactement dire qu'il n'y en eut plus que pour l'Union (il y eut quand même deux contres dont des équipes de division 2 de l'an dernier en auraient sans doute concrétisés au moins un) mais ce fut quand même du 90-95%. Le jeu des Unionistes s'assimilait à un rouleau-compresseur de plus en plus implacable et soumettant la défense adverse à rude épreuve par son esprit collectif sans faille. La défense se montrait impériale dans la récupération avec Hénuset comme roc central et dans la relance intelligente avec Peetermans, notre autre Alain, qui effectuait une rentrée des plus remarquées. Le gardien adverse dut à nouveau effectuer un arrêt déterminant sur un tir de loin dans la lucarne que tout le monde (et sûrement Jan Ceulemans) voyait déjà au fond des filets. Bref, si un petit goal aurait été mérité au repos, trois ou quatre goals d'écart auraient dû concrétiser la domination écrasante et variée de l'Union en cette seconde mi-temps. On éprouva des sentiments mitigés au coup de sifflet final. L'équipe avait franchement bien joué à tous les niveaux, sans temps mort et avec un coeur à l'ouvrage gros comme ça. Mais comme le dit très bien Laurent, on a perdu deux points. Il faut donc prendre patience cette saison et continuer à progresser sereinement pour préparer la montée l'année prochaine. Certes ce serait émulant de pouvoir participer au tour final grâce à un bon classement (plus envisageable que la troisième tranche à mon avis). Mais ce serait déjà une récompense en soi pour tout le travail dépensé pour rebâtir l'équipe. Le tour final est une loterie et pour en émerger il faudra sûrement un meilleur pourcentage de concrétisation que celui de l'Union actuelle. La défense tourne bien, l'entrejeu s'affirme et le rôle de Peetermans, impressionnant de sobriété et de lucidité dans l'art de trouver le coéquipier démarqué, sera vital dans ce deuxième tour. Reste l'attaque, encore et toujours. Il ne faut pas lui jeter la pierre mais au contraire l'encourager, aussi bien de la part des supporters que de ses équipiers. On voit encore trop souvent deux joueurs seulement devant se débrouiller avec le ballon dans une forêt de défenseurs adverses. On pourrait peut-être se le permettre avec deux joueurs comme Simeons mais on n'a qu'un et on ne lui fait pas suffisamment confiance à mon avis. La manière dont il parvenait à s'approprier le ballon en seconde mi-temps dans des conditions souvent acrobatiques était elle aussi impressionnante. Mais n'avoir devant soi que deux joueurs dont un seul est vraiment dangereux par sa technique pure est du pain bénit pour une défense. C'est vrai, comme dit Laurent, que Kiki Marion fait penser à Frédéric Pierre. Avec lui et Simeons à ses côtés, Moyaux pourrait shooter dangereusement au goal plus qu'une fois en une mi-temps. Il reste treize matches pour peaufiner le jeu offensif de l'Union pour l'année prochaine et si Freddy Smets y parvient il aura vraiment fait une très bonne saison. Et, après tout, si cette attaque était au point pour la fin de la saison, elle le serait fatalement pour le tour final. Rêvons, rêvons...
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