Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Union - Wetteren 2-1 C'est rafraîchis par une belle douche froide prise à Hamme qu'on reprit le chemin du Parc Duden après trois semaines de disette footballistique locale. Comme dans les écuries les plus huppées de formule 1 les rumeurs battaient bon train sur la préparation de la prochaine saison comme si celle en cours ne comportait plus que la liquidation des affaires courantes. Rumeurs défaitistes au demeurant avec revue à la baisse de l'effectif et des ambitions. Exactement ce qui attire le public (on se demande où LE SOIR a vu 1100 spectateurs; un apéritif trop arrosé à la buvette peut-être). Et aussi ce qui motive une équipe pour participer à un tour final. On se demandait donc ce qu'on allait voir face aux rutilants jaunes et verts de Wetteren venus gagner 0-1 il y a deux ans et obtenir un nul blanc sans se fatiguer outre mesure l'an dernier au lendemain d'un désastreux Belgique-Bulgarie. Il était logique de pronostiquer 1-0 mais il fallait une fameuse dose de méthode Coué pour y croire, d'autant que Wetteren est dans une situation tout aussi inconfortable que l'an dernier. Comme d'habitude les deux équipes étaient profondément modifiées par rapport à la dernière édition. Cinq nouveaux joueurs étaient alignés à Wetteren où seulement trois titulaires avaient débuté l'an dernier : Ronny Schollaert, David De Ridder et Bart Gyselinck (peut-être un quatrième avec Jurgen Sermijn, LA DERNIERE HEURE écrivant "Sennijn" à l'époque). A l'Union aucun titulaire n'avait entamé le match la saison dernière ! Tout au plus Roger Henuset était-il monté au jeu au repos. Les indisponibilités de Denis Janssens et Thierry Capouet avaient retitularisé Jean-Luc Walschap (aux côtés de Laurent Zaccaria) et donné sa première sélection en première à Christophe Locci sur le flanc droit. Le match débuta et, de fait, le premier quart d'heure ne fut pas brillant. Dès la 4ème minute, sur un contre rapide (les contres de tous les visiteurs ont été rapides cette saison; ceux de l'Union jamais), le très actif capitaine David Deridder envoya un ballon convaincant que Thierry Coppens sauva en corner. A la 6ème Laurent Zaccaria fit une incursion assez étonnante dans le rectangle adverse mais qui en final ne donna rien du tout. Il n'y avait pas que les spectateurs qui étaient étonnés; ses partenaires aussi. Sur le contre David Deridder se mit à nouveau en évidence et c'est cette fois Roger Henuset qui éclaircit une situation qui avait grand besoin de l'être. A la 12ème une belle mêlée se produisit dans le rectangle de l'Union avec notamment Sydou Doumbouya, très actif lui aussi. Laurent Zaccaria toucha même le ballon de façon très suspecte mais l'arbitre, Mr. Colemonts, resta de marbre. Il faut dire que le trio arbitral ne parut pas très en forme dans ce match. Le placement du juge de touche côté gradins, notamment, fut souvent approximatif par manque de vitesse de démarrage. Une éclaircie à la 14ème, toutefois, Yves Cums ayant l'occasion de nous montrer que sa vista est restée intacte malgré sa longue absence et lançant "lumineusement" Frederik Vanderbiest sur la gauche. Celui-ci s'infiltra avec autorité dans le rectangle pour...passer le ballon à on ne sait même plus qui, tellement la présence de nos gars aux avant-postes fut fantômatique ce dimanche, au lieu de tirer alors qu'il était bien placé pour conclure. Le réveil de l'Union ? Voire... Dès la 18ème Wetteren nous rappelait aux réalités en développant une très belle combinaison déjouant le piège du hors-jeu et permettant à un des joueurs de percer comme dans du beurre pour se retrouver nez à nez avec Thierry Coppens magnifiquement sorti de son but pour s'emparer du ballon. Cette fois on se secoua vraiment et dans la minute suivante on développa DEUX belles actions coup sur coup. Lindonjohnson Modesto reçut sur la gauche un ballon qu'il centra à Olivier Bilwani lequel reprit instantanément de volée à ras de terre malheureusement à côté du piquet droit. Marquez pas de chance, c'était vraiment une belle combinaison. Puis immédiatement après, Christophe Locci déboula comme un grand sur son flanc droit avant d'adresser un centre-tir qui amena un corner. Une fois de plus personne n'avait suivi valablement son initiative. Le ton baissa alors et on n'eut que trois actions à noter dans la seconde moitié de cette mi-temps. A la 27ème David Deridder (encore) tira un corner à la rémoise du côté gauche, reçut le ballon en retour et expédia un beau tir à ras de terre que Thierry Coppens arrêta. A la 35ème sur un autre corner de David Deridder (encore et toujours) Jurgen Sermijn put reprendre le ballon de volée à mi-hauteur et Thierry arrêta à nouveau. Enfin, à la surprise générale et alors qu'on se demandait ce qu'on faisait dans ce match, un coup franc fut tiré depuis le flanc droit par Frederik Vanderbiest et aboutit au second piquet à Lindon totalement, mais alors totalement, isolé et ce fut 1-0 ! Il ne se passa plus rien de notable avant la pause et on se retrouvait comme à celle contre Hamme à l'aller en menant de façon flattée grâce à une bourde organisationnelle de taille des visiteurs. Si bien que les impressions étaient une fois de plus on ne peut plus mitigées au repos. Au vu du jeu développé par nos gars on ne comprenait pas plus pourquoi on menait que pourquoi on était si bien classés. On préféra changer de conversation et se rabattre sur la nouvelle rumeur en date de la division rapportée par certains journaux. Schoten aurait aligné lors des 21ème et 22ème journées un joueur suspendu au cours de ses deux matches gagnés à domicile contre l'Union et... Hamme ! Les GSM cartonnant comme de coutume, notre ami Peter Borghs en était tout marri et le fut encore plus à la fin du match (voir plus loin). Mais déjà les joueurs revenaient des vestiaires (et certains spectateurs des points de vente liquides). Le match avait commencé sous un ciel gris incertain mais voilà que le soleil lui aussi revenait après avoir déjà illuminé les pelouses anglaises la veille (et la nouvelle haircut bagnarde du Spice Boy). On reprit donc mais pas de façon très motivée, ni d'un côté ni de l'autre. Il fallut attendre la 58ème minute pour noter la première action valable de cette seconde mi-temps. Jean-Luc Walschap fit une belle anticipation sur la gauche suivie d'une passe encore plus belle à Olivier Bilwani sur la droite qui tira à côté. Comme dit ci-dessus c'était une action valable. Je ne me suis pas amusé à noter les (nombreuses) actions non valables de l'Union favorisées par la liberté d'espace procurée par Wetteren dans son souci d'égaliser et auxquelles Olivier fut d'une manière ou d'une autre "associé". Disons que ce fut sa mi-temps la plus catastrophique à domicile depuis le début de la saison. Cette action avait-elle titillé Wetteren ou euphorisé l'Union ? Les deux sans doute. Immédiatement après, un coup franc échut aux visiteurs. Il fut botté par David Deridder (encore et toujours et toujours; vous allez dire que je fais une fixation, mais une chose est sûre : un meneur de jeu pareil, on n'a pas !) vers la gauche où, comme à l'entraînement, Jurgen Sermijn le reprit posément de la tête dans le coin supérieur droit (1-1). (N.B. : LA DERNIERE HEURE dit que ce serait Kurt Pacqué qui aurait botté le coup franc; l'un a le numéro 9, l'autre le 19). Ce n'était pas une reprise fulgurante mais remarquablement placée, un peu comme le but de Flo contre Feyenoord en semaine. Dudek est un bon gardien mais il ne put aller la chercher; Thierry non plus, ici.On n'avait pas fini d'avaler le calice qu'une double invraisemblance se produisit. D'abord trois joueurs de l'Union se retrouvèrent dans le rectangle adverse. Du jamais vu ! Ensuite l'un d'eux, en l'occurrance Lindon, reçut le ballon d'un partenaire et se retrouva immédiatement par terre d'où il le transmit d'une talonnade arrière à Olivier Bilwani qui, deuxième invraisemblance, n'essaya pas de tirer mais laissa venir le gardien et passa sur sa gauche à Yves Cums qui n'eut qu'à le pousser dans le but vide (2-1) ! Les joueurs de Wetteren protestèrent avec véhémence auprès de l'arbitre, sans doute parce que Lindon avait joué le ballon à terre. Comme nous le serinent à longueur de match les commentateurs de Canal+, c'est interdit par le règlement. Aussi loin que je remonte dans ma mémoire je n'ai pas souvenance qu'on ait cité cette règle avant les années 90. Je suppose que, depuis, on se retrouve beaucoup plus souvent par terre. Toujours est-il que Mr. Colemonts ne voulut rien savoir et que ça nous arrangeait bien. La suite se résume à peu de choses. En retentant d'égaliser Wetteren ouvrit des boulevards à l'Union dont les contres furent régulièrement gâchés par la maladresse de ses avants (Olivier, bien sûr, mais il ne fut pas le seul). A force de rater des goals de plus en plus tout faits ceux-ci finirent par effrayer leur entraîneur qui pour casser le rythme adverse effectua ses trois changements réglementaires dans les dix dernières minutes. On put ainsi relever : A la 68ème minute un coup franc de la gauche repris de la tête par Kiki Marion sur la latte. Olivier se retrouva au rebond pour réexpédier le ballon de la tête... au-dessus. A la 72ème Christophe Locci entama avec Olivier un une-deux qui avait toutes les chances d'enterrer le match mais le deux fut lamentablement loupé. A la 81ème minute, à l'ahurissement général, Joël Crahay remplaça Laurent Zaccaria par le jeune Francis Mangubu (qui a repris le numéro de Frédéric Hinnens) qui faisait ainsi lui aussi son entrée en première. Ça doit être un cas d'école : remplacer à dix minutes de la fin son libero titulaire avec un seul but d'avance face à un adversaire qui presse pour égaliser ! A la 83ème Lindon (pas Olivier, Lindon !) fut remplacé par Walter Degeyndt qui se montra aussi maladroit qu'Olivier dans les dernières minutes mais il avait la circonstance atténuante d'entrer à froid (enfin, à tiède). A la 87ème un coup franc pour Wetteren (j'ai oublié de noter par qui, sans doute DDR) aboutissant au piquet gauche où il fut repris par Bart Gyselinck sur le piquet !! A la 89ème le summum de la maladresse unioniste avec un contre à trois contre un échouant lamentablement. A la 90ème le vervanging applaus d'Yves Cums par Soufiane Chairi. Dans les arrêts de jeu un contre encore plus lamentablement raté par Olivier. Et enfin le coup de sifflet final. Une véritable délivrance. Comment se terminera cette saison pour l'Union, je suis incapable de le dire. Mais une chose est sûre elle a été la championne des matches incroyables, que ce soit dans la victoire ou la défaite. C'est notre quatrième victoire consécutive à domicile. Il faut sans doute remonter à l'époque de Laurent Stas de Richelle pour trouver pareille performance. On a aussi déjà un point de plus que notre total de la saison passée. Referendum : Il est clair que, malgré son assist sur le winning goal, ce n'est pas Olivier Bilwani qui a fait gagner le match. Et si le déroulement de la seconde mi-temps le fit déjà oublier aux spectateurs à la mémoire courte, il est tout aussi clair que si on retire trois points de cette affaire c'est grâce à Thierry Coppens. Pour le reste Roger Henuset se montra une fois de plus le métronome de l'équipe et les plus anciens ne peuvent qu'évoquer Léon Close à son sujet. Yves Cums confirme de match en match son retour en condition. Notre ami Narcisse nous disait la semaine passée que si on avait permuté Olivier et Diomi c'est l'Union qui aurait gagné 1-4. Il est clair que si Yves avait pu disposer d'un avant à lancer comme Sydou Doumbouya, sa performance aurait encore été non pas meilleure mais d'un rendement plus élevé. Si Nicolas Flammini a paru un peu en demi-teinte par rapport à ses précédentes prestations, on a pu noter un regain d'énergie et de mobilité de la part de Kiki Marion. Espérons qu'il continue. Donc : Thierry COPPENS 10 Roger HENUSET 7 Yves CUMS 5 Christophe LOCCI 2 Kiki MARION 2 Lindonjohnson MODESTO 2 Frederik VANDERBIEST 2 Classement : Malines ayant reçu la leçon à domicile contre Hamme (0-3), on gagne une place. De son côté Strombeek a concédé le nul à Zultse (0-0) et redonne des ambitions à Hamme.
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