Royale Union Saint-Gilloise
Pierre Vansintjan
Cyber journée 22 mai Tout est bien qui finit bien Notre ami Didier, comme tout supporter, a une deuxième équipe dans son coeur. Il fut un temps en Belgique où c'était l'Union, mais comment faire quand on est déjà unioniste ? Réponse : habiter ailleurs qu'à Saint-Gilles. Il s'est ainsi installé avec sa famille depuis quelques années sur les verts coteaux de Wauthier-Braine et suit avec attention les résultats de Tubize, un club ayant remplacé dans ses couleurs le bleu de l'Union par le rouge et qui est entraîné en outre par son ami Théo Buelinckx, un ancien du Parc Duden. Ayant, comme tous les cyber-fans de l'Union et de Strombeek, été très sensible à l'accueil de nos amis tournaisiens en novembre dernier, il nous convia ce samedi à un mirifique cyber-barbecue dans le plus pur esprit "Que le meilleur gagne" seyant à tout supporter bien né. On se retrouva ainsi à dix sur son accueillante pelouse sous une légère brise ensoleillée des plus agréables avec notre hôte, sa charmante épouse et leur bambin Arnaud s'initiant déjà au maniement des sirènes portatives, ainsi que Danny, les VDL Brothers (alias Michel et Laurent), votre serviteur, Nicolas et ses parents. Ces derniers nous rejoignirent en cours de route après une excursion touristique à Tubize leur faisant déjà repérer le lieu de l'action du soir. Peter, lui, avait d'autres obligations et nous rejoignit au stade à l'heure H. Entre-temps Didier nous fit admirer un de ses chefs-d'oeuvre personnel qu'il avait retrouvé récemment, à savoir un dossier on ne peut plus complet sur les deux saisons 1982-1984 de l'Union avec montées à l'appui sous la férule d'André Colasse. C'était du temps où lorsqu'Ekeren nous rendait visite, il se contentait d'un 0-0. On put ainsi se remémorer les glorieux matches contre Nijlen et surtout contre Ninove avec ses dix mille spectateurs et le goal légendaire de Bassem. Un travail de vrai supporter à en faire tomber par terre d'admiration votre serviteur. De son côté Danny nous contait en termes passablement étonnés la première réunion de comité à l'Union où il avait été invité. Pendant ce temps Didier s'activait à nous concocter un solide barbecue dans tous les sens du terme, enrichi par les savantes autant qu'exquises salades préparées par son épouse. Aussi, à l'arrivée de nos amis tournaisiens, on cessa de saliver plus longtemps et on rendit des honneurs largement mérités à la cuisine copieuse de nos hôtes. Les aficionados de Tubize sont plus chauds que ceux du Lyra et c'est avec une bonne heure d'avance qu'on se mit en route, survitaminés, pour le stade Leburton où l'assistance était nettement plus dense (et sonore) qu'à Lierre. On attendit Peter à la buvette (pourquoi l'aurait-on attendu ailleurs ? L'endroit était accueillant) et après avoir pris les réserves de carburant d'usage on alla s'installer aux premier et deuxième rangs de la tribune en prenant connaissance du caractère très convivial du stade avec en toile de fond un parc que l'on devinait superbe. Un seul regret : on devait observer à distance le banc (et surtout l'entraîneur) de Tournai qui se trouvaient en face. Le match était effectivement couru et on put y reconnaître plusieurs personnalités comme Vincent Langendries (Monsieur "bouquet de goals" de la Champions League à la RTB), Michel Dewolf, Ariel Jacobs, Serge Trimpont (mais oui), le président de Rhode-Verrewinkel, ainsi que Guy Thelen et Roger Hénuset qui s'installèrent juste derrière nous et que l'on salua bien évidemment. Guy Thelen nous confirma que Frédéric Noël, le troisième membre de Blue Line, est bien totalement guéri de la grave maladie qui l'affecta. L'actualité, malheureusement, alterne bonheurs et malheurs et on observa une minute de silence à la mémoire de Pascal Debrouwer emporté par son amour pour l'Everest. Le match commença alors et l'on perçut tout de suite que les deux équipes étaient concentrées sur leur sujet. Tubize arborait des maillots rutilants rouges et bleus en place de ses jaunes habituels et il y avait de quoi en avoir mal aux yeux. Mais les Rats étaient visiblement moins crispés que samedi dernier et il fallait autre chose pour les émouvoir. Après quelques minutes durant lesquelles Tubize fit quelques incursions dans le camp tournaisien où Rémy Desse faisait de l'excellent travail sur le flanc gauche de la défense, les Rats prirent lentement mais sûrement la direction des opérations, faisant preuve d'un métier évident et supérieur à celui de leurs adversaires. Les cyber-unionistes avaient un intérêt particulier à suivre la rencontre car deux joueurs locaux rejoindront l'Union la saison prochaine : Frédéric Hinnens et Nicolas Flammini. Ce dernier avait d'ailleurs fait l'objet d'un reportage à l'occasion de l'article de présentation du match dans LE SOIR. Les circonstances du match ne leur permirent guère de briller et en outre Nicolas Flammini dut rapidement quitter le jeu pour blessure. Le match prit tournure assez vite. A la 22ème minute Aland Devillers fit une montée autoritaire sur le flanc droit, effaçant un opposant comme à la parade et centrant à Leonardo Gaziano et Frédéric Carbel s'amenant de concert devant le dernier défenseur local ne sachant qui prendre. Frédéric Carbel, qui faisait sa rentrée, en profita pour ouvrir le score et poser les fondations d'une victoire envisageable de son équipe. L'effet psychologique de ce but fut évident. Tubize marqua le pas et Tournai gagna encore en assurance, notamment au niveau du jeu collectif nettement mieux huilé qu'au match précédent. Les locaux essayèrent bien sûr de se secouer mais leurs avants furent bien muselés par la défense tournaisienne qui ne fut jamais mise hors de position tout en devant concéder deux coups francs dangereux. Sur l'un d'eux (qui procura une carte jaune à Vicu Mesinschi dont l'impulsivité fait toujours frémir ses supporters) le tir de Giuseppe Varricchio, préposé au botté des coups francs, fut remarquablement placé dans le coin supérieur droit et Stéphane Alexandre alla tout aussi remarquablement le détourner en corner. Là aussi il y avait de quoi marquer le coup pour Tubize, d'autant que Stéphane Alexandre livra tout au long du match une performance trois étoiles qui rappela aux Unionistes avec un petit pincement les deux points perdus à Tournai en novembre. Et à la mi-temps, malgré l'avance minimale, les choses s'annonçaient bien pour Tournai. L'équipe semblait nettement mieux au point que contre le Lyra et Tubize s'était essentiellement montré dangereux sur phases arrêtées. Pendant ce temps Arnaud était devenu la mascotte de Michel et Laurent. Il est à l'âge des questions et les mettait à quia dans le genre "c'est une bonne question et je ne vous remercie pas de me l'avoir posée". Chacun des deux frères reporta sur l'autre le soin de lui expliquer ce qu'est un hors-jeu. Le match avait commencé un peu en retard et l'arbitre fit reprenre la partie assez vite, en tous cas pour les intrépides qui étaient partis à la buvette. A leur retour on put déjà leur dire qu'une situation chaude s'était produite devant le but de Tournai mais s'était terminée par un tir à côté. On pouvait aussi noter que Rémy Desse s'était positionné plus classiquement en milieu de terrain sur le flanc droit, là où il avait fait des ravages en première mi-temps à l'Union. Tubize n'avait pas d'autre alternative que pousser et, très classiquement le match se plia en une minute. Vers la 56ème minute Nkombe Ekueta, bien placé, conclut une attaque locale en tirant au-dessus et sur la rapide remise en jeu Rodrigo Palomino fila sur l'aile gauche et centra à Leonardo Gaziano totalement isolé devant le but et n'ayant que l'embarras du choix pour ajuster sa tête. Il le fit dans le coin inférieur droit, totalement hors de portée du gardien Stéphane Lemmens (on ne sait pas s'il est de la famille de son collègue homonyme néo-international de Beveren). Pour le spectateur neutre il était évident que la décision était tombée. Tubize se remit bien sûr courageusement à l'ouvrage mais le coeur n'y était plus beaucoup et Stéphane Alexandre fit le reste. En outre l'équipe locale laissait de plus en plus d'espace pour les deux guépards de Tournai dont au moins deux contres tranchants n'échouèrent que d'un fifrelin (Rodrigo Palomino semblant tirer dans le gazon au moment de conclure et un but étant annulé pour un hors-jeu qui ne nous parut pas évident là où nous nous trouvions). La fanfare locale, elle, ne se laissa pas démonter et joua avec conviction sans discontinuer pendant tout le match, nous faisant nous demander ce que cela aurait donné si Tubize avait gagné. Il n'y avait pas photo et Tubize admit sportivement sa défaite. On se dirigea tout naturellement vers la buvette au pied de laquelle on se désaltéra (c'était bourré à l'intérieur). On salua au passage les joueurs tournaisiens qui partirent rapidement en car puis on observa la fanfare qui nous avait accompagnés et qui continuait toujours à nous montrer à tue-tête l'étendue de son répertoire. On lui demanda par boutade de jouer "C'est l'Union qui sourit" et ils démarrèrent au quart de tour ! La fraîcheur de la soirée nous incita à entrer dans la buvette où on finit par trouver une table. Les supporters tournaisiens commençaient à trouver leurs voix et Nicolas les mitrailla avec son Sony Mavica pour ensuite regretter qu'ils ne se manifestent pas plu à Tournai où il éprouve les pires difficultés à animer ses cyber-supporters. On papota pas mal de divers sujets, Nicolas et Peter notamment sur des problèmes de sites, puis Nicolas toujours avec votre serviteur au sujet de Linux. Et tout le monde s'intéressa à son appareil de photos numériques. C'est vous dire si l'atmosphère était détendue. Détente encore augmentée avec la venue à notre table de Roger Hénuset posant lui aussi pour la cyber-éternité et nous disant qu'il ne manquerait pas de nous informer de son prochain concert. Pendant ce temps Danny remplissait son agenda de projets de cyber-jounées. Il devenait tard pour Arnaud et les parents de Nicolas reconduisirent nos hôtes tandis que Peter rentrait lui aussi. A leur retour on mit tout naturellement le cap sur Wauthier-Braine et le Castelli Romani, le restaurant de... Casimir Jagiello. Dame ! On a l'habitude maintenant d'aller rejoindre des équipes fêtant des victoires importantes. L'ambiance était plus calme qu'au Visbank il y a huit jours mais quand même à la fête. On s'y associa avec une pizza reconstituante, l'effet des vitamines de nos hôtes commençant tout doucement à se dissiper. On vida bien sûr la cagnotte qu'on avait constituée et Nicolas, euphorique, voulut absolument suppléer ce dont on le remercia. L'essentiel est que nos trois clubs se soient sauvés. Un pour tous, tous pour un; il devient temps de s'enquérir s'il n'y a pas de webmaster d'Artagnanesque aux Francs Borains qui nous rejoignent et dont le nouvel entraîneur est... Casimir Jagiello avec qui on discuta des problèmes de blessures que dut affronter Tournai. Il rassura d'ailleurs nos amis tournaisiens en leur apprenant que la direction de leur club a pris conscience du danger et procédera aux renforts nécessaires en conséquence. Et on le félicita encore, ainsi que tous les joueurs que Nicolas mitrailla à coeur joie. La semaine passée il nous envoya un fichier zip; il y en aura bien trois cette fois-ci. On put aussi enfin faire la connaissance de Hakim Sahli que les problèmes de fourrière avaient empêchée en mars et il se révéla ultra-sympathique tel que son frère nous l'avait décrit. Les meilleures choses ont une fin et on clôtura cette saison à oublier au plus vite sur le plan sportif mais qui nous permit de faire connaissance de manière plus que positive. On piétine déjà d'impatience à l'idée des prochains matches entre nos clubs, de préférence le plus loin possible de la fin de saison. Ou alors chacun une tranche et tous au tour final ! |