COMMENT REPRODUIRE VOS ROSIERS



 
Bouturage

Prélever des boutures (bouts de tige de 0,5 à 1 cm) de 6 à 8 cm de longueur avec au moins deux séries de 5 ou 7 feuilles.

Il faut prélever des boutures saines. Eviter de bouturer des tiges ayant subies des dommages par des insectes ou maladies.

Ne conserver que 2 feuilles de chacun des pétioles.

Tremper la bouture dans de l'hormone de bouturage (Stim root) numéro 1.

Placer la bouture dans un pot de 10 cm rempli à ras bord de substract. Je recommande d'utiliser le mélange à semis "Pro Mix" qui donne d'excellents résultats. On peut faire aussi un mélange de un tiers de terre à jardin, un tiers de mousse de tourbe et un tiers de sable fin (on peut aussi ajouter un peu de perlite).

On place le pot à la mi ombre et on conserve le tout humide (mais pas détrempé).

On peut afin de conserver un bon degré d’humidité couper une bouteille de deux litres de boisson gazeuse et en recouvrir le pot, ou encore recouvrir le pot de plantation d’une jarre de verre (gros pot de mayonnaise ou de confiture) . D’autres préconisent d’enfermer hermétoquement le pot de plantation dans un sac à congélation grand format (4 litres). Ces outils, bouteilles de plastique, pot, sac… constituent une mini-serre temporaire.

Au bout de quelques temps on verra des feuilles se développer, signe que la bouture commence à s'enraciner. C’est alors, si vous avez décidé d’utiliser la technique de la mini-serre qu’il faut retirer bouteilles de plastique, pot, sac… et laisser la bouture à l’air libre.

Vous pouvez vérifier l'état de votre bouture de temps en temps, il suffit de tenir la bouture entre deux doigts et de renverser délicatement le pot dans le creux de votre main et de dégager la motte de substract. On verra tout d'abord une cicatrice au niveau de la coupe (une enflure blanchâtre) c'est signe que la bouture est saine, puis un peu plus tard on verra apparaître des racines.

Lorsque les racines occupent une bonne superficie du pot (ou sortent par les trous), il est temps de rempoter dans un pot de plus grand volume ou de planter à l'endroit désiré au jardin.

Un autre petit truc: plantez vos boutures directement en pleine terre autour du rosier d'origine. A la fin du printemps suivant, vous n'aurez qu'à enlever la bouture avec une motte de terre et la planter ensuite à l'endroit désiré.



 
Marcottage

Une autre technique de reproduction consiste à effectuer le marcottage d’une ou plusieurs longues tiges.

Il s’agit de sélectionner une tige longue et souple du rosier que vous désirez reproduire. Vous coucherez délicatement cette tige vers le sol. Au point de contact entre le sol et la tige, pratiquez une légère blessure (enlever une portion d’écorce avec un exacto ou un couteau bien aiguisé, bien désinfecter avec de l’alcool avant l’utilisation), à l’aide d’un pinceau déposez sur la blessure un peu d’hormone d’enracinement (" Stim Root ") et enterrez cette portion de tige.

Afin de bien maintenir la tige dans le sol déposez une pierre sur le dessus. Vous pouvez également utiliser un petit piquet de tente en acier, ou fabriquer avec un support à vêtement en métal, un " U " que vous enfoncerez dans le sol de part et d’autre de la tige.

Laisser le tout en place jusqu’au printemps prochain.

Le printemps venu avec une petite pelle (ou plantoir), dégager la tige avec la motte de terre. Vous verrez alors que la tige s’est enracinée au niveau de la blessure. Séparer cette tige du plant mère et replanter à l’endroit désiré.

Je recommande, afin de favoriser un bon enracinement et une bonne croissance de votre nouveau rosier, de transplanter le nouveau plant dans un pot noir de 4 litres et d’appliquer de l’engrais de croissance (10-52-10) aux deux semaines pendant six semaines. Lorsque les racines occupent un plus grand volume dans le pot, transplanter au jardin.

Le marcottage et le bouturage de tiges offre l’intérêt de produire des rosiers identiques au rosier d’origine.



 
Semis

Vous pouvez également reproduire vos rosiers par semis. Il s’agit de cueillir des fruits mûrs (cynorrhodons) en janvier ou février.

Afin d’obtenir des cynorrhodons (fruits du rosier, de couleur orange, rouge ou brun), laisser en place quelques fleurs fanées. Au bout de quelques temps vous verrez croître un fruit ressemblant à une petite tomate.

Attention cependant de ne pas laisser des fleurs fanées sur le plant n’importe quand. Ainsi un rosier remontant donnera une deuxième floraison beaucoup plus faible que la normale si vous laissez en place les fleurs fanées. Je recommande de laisser monter les fruits lors de la dernière floraison.

Après avoir cueilli les fruits, laissez-les sécher complètement. Ouvrez ensuite le fruit et séparez les graines de la pulpe.

Procéder alors comme un semis de n’importe quelle autre plante, à l’intérieur ou à l’extérieur tôt au printemps.

Il est recommander de faire tremper les graines quelques heures dans de l’eau tiède avant de procéder au semis.

Pourquoi cueillir les fruits en plein milieu de l’hiver ? Tout simplement parce que les graines ont besoin d’une période de froid pour germer. C’est ce qu’on appelle la stratification.

Soyez alors patients, les graines de certaines variétés de rosiers peuvent prendre plusieurs mois (parfois plus de douze mois) pour germer. Lors de l’apparition de deux vraies feuilles, repiquez au jardin.

Si le semis de rosiers peut représenter un intérêt certain auprès d’amateurs, cette méthode de reproduction donne souvent des résultats décevants. En effet la pollinisation libre des fleurs dans la nature donne souvent des graines dont la plante sera différente du cultivar d’origine. Trop souvent hélas, le nouveau rosier présente des caractéristiques d’un intérêt moindre. Par contre, de nombreux cultivars vendus sur le commerce proviennent de pollinisation spontanée et libre. C’est ce qu’un appelle un " sport ", c’est à dire une mutation d’un rosier. Ainsi le " Pink Grootendurst " est une mutation, un " sport ", du " F.J. Grootendurst " (voir les descriptions de ces rosiers dans la section des rosiers rustiques pour le Québec).



 
Prélèvement des drageons

Certains rosiers (Albas, Rugosas, Indigènes…) ont tendance à drageonner, c’est à dire qu’ils émettent non loin du plan mère des tiges. Ces tiges proviennent de racines du rosier mère et ces racines émettent des tiges qui dans un premier temps permettent au buisson d’occuper une plus grande superficie et aussi de se reproduire.

Une simple technique permet d’obtenir de nouveaux rosiers à partir de ces drageons. Il suffit de creuser pour dégager la tige et voir si celle-ci porte à sa base des racines. Si tel est le cas, il suffit alors de couper la racine principale, celle qui relie ce drageon au plan mère et de dégager alors ce nouveau plan. Il vous d’agira alors de le replanter dans un pot pour lui permettre de croître et d’améliorer la qualité et la quantité de ses racines en vue d’un éventuel emplacement au jardin. Rabatter le nouveau plan pour lui permettre de se ramifier.

Je suggère lors de la mise en mot d’utiliser un mélange léger, du type " terreau de rempotage " et d’ajouter une bonne poignée de farine d’os moulue.

Vous pouvez également le replanter directement au jardin à un emplacement de votre choix, en veillant bien sur à bien amender votre sol et y ajouter de la farine d’os moulue.

Au cours des premiers mois, fertiliser avec un engrais soluble de type 10-52-10 à toutes les deux semaines pendant six à huit semaines.

Attention toutefois, ne pas fertiliser si vous faites ces opérations au cours des mois d’août, septembre ou octobre. Rabattez plutôt la tige à une quinzaine de centimètres du sol pour permettre aux racines de se propager et de s’établir dans le sol.



 
Boutures de racines

On peut également faire la reproduction de rosier en prélevant des racines. Il est évident que cette technique s’applique uniquement aux rosiers bien établis et franc de pied (non greffés).

Il s’agit d’aller prélever des portions de grosses racines et de les replanter dans des pots.

Cette technique s’applique assez facilement aux rosiers rugosas et Albas ainsi qu’à tout autre rosier arbustif.

Je compare souvent un rosier à un iceberg. La partie souterraine est souvent plus impressionnante que la partie aérienne. Si un jour vous avez à déménager un rosier arbustif âgé de cinq à dix ans, vous comprendrez alors la signification de cette comparaison !

Donc, il s’agit de sélectionner un rosier mature, bien établi. Creusez pour dégager quelques bonnes racines. Ces racines devront être saines et porter idéalement des radicelles. En dégager une portion de 10 à 30 cm. A l’aide d’un sécateur propre, bien affuté et stérilisé, couper cette portion de racine.

Bien la nettoyer à l’eau courante et la couper en portion de 3 à 6 cm. Enfouir ces portions de racines dans un pot de 10cm, à une profondeur de 4 à 6cm en utilisant un bon terreau (le même que pour les boutures, voir plus haut).

Conservez humide, sans détremper. Au bouts de quelques semaines vous apercevrez des tiges émerger du sol.

A l’apparition d’une tige munie de deux séries de feuilles, fertilisez avec un engrais soluble de type 10-52-10. Lorsque les racines occuperont un bon volume du pot ou dépasseront par les trous, il sera alors temps de rempoter dans un plus grand pot et de procéder à l’installation définitive au terrain. Fertilisez avec un engrais granulaire de formulation 1-2-1 (5-10-5 ou 6-12-6).



 
Division de rosiers

Une dernière technique qui en fera sursauter quelques uns. La division des rosiers !

En effet on peut sans aucun problème procéder à la division de certains rosiers. Il s’agit ni plus ni moins que de faire à la peu près la même opération que le prélèvement des drageons, mais à un stade plus avancé.

Certains rosiers (Albas, rugosas, certains rosiers indigènes…et nombres d’autres) finissent au cours des ans à occuper une bonne superficie de notre terrain. On aura beau couper les tiges au ras du sol, celles-ci donneront toujours de nouvelles feuilles et le rosier continuera d’occuper une plus grande superficie.

Il s’agit alors de procéder à la division. Procédez de préférence au printemps. Evitez d’effectuer cette opération en août, septembre.

Délimitez la périphérie des portions de rosiers que vous désirez retirer.

Choisissez l’endroit au jardin où vous désirer installer ce nouveau rosier et préparer la fosse de réception. Creusez plus profondément et d’une plus grande largeur que nécéssaire cette fosse (il est plus facile de combler au besoin que de devoir creuser d’avantage) . Arrosez avec abondance l’intérieur de la fosse pour ameublir le sol.

Passez maintenant au rosier à diviser

Creusez une légère tranchée à l’extérieur du rosier près des tiges que vous désirez retirer. Rabattez les tiges de la portion à extirper et écartez-les du centre du rosier.

A l’aide d’un outil bien aiguisé (une demie-lune ou une pelle ronde tranchante), fendez en profondeur le sol entre le rosier mère et la portion à retirer, de façon à rejoindre de part et d’autre votre tranchée.

Dégager alors la motte. Ceci pourra vous demandera certains efforts. N’hésitez pas à recourir à une hache tranchante si le besoin se fait sentir. Soulevez la motte à l’aide d’une pelle carrée, coupez au sécateur les racines qui sont encore rattachées au plant mère et retirer.

Si la motte est volumineuse, divisez-la de nouveau à l’aide d’une scie et replanter les portions dans des pots ou aux endroits que vous aurez préparé sur votre terrain.

Bien combler la fosse , en y incorporant une poignée de farine d’os moulu, et arroser abondamment. Recouvrir d’une bonne couche de compost de fumier. Fertilisez aux deux semaines pendant six semaines (sauf à l’automne).

Pendant l’enracinement coupez les feuilles jaunies ou flétries pour empêcher toute infestation d’insectes ou de propagation de maladie.

Rabattez au besoin. Vous verrez dans peu de temps de nouvelles tiges se montrer le bout du nez. Vous aurez alors en très peu de temps une nouveau rosier semblable en tout point au rosier d’origine.

Le désavantage de cette technique est l’effort qu’on doit y mettre. Le principal avantage est de voir éclore des fleurs plus tôt que les autres méthodes décrites.

Quelque soit la technique de reproduction ou de propagation que vous utiliserez, vous verrez qu’il est possible de reproduire chez soi des rosiers afin d’agrandir sa roseraie ou d’en faire profiter parents et amis. Et puis si vous adaptez une de ces techiques sans en suivre toutes les procédures et que votre méthode apporte des résultats satisfaisants, continuez sans rien changer à vos habitudes.



 
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