XXe siècle: Peinture d’Ouzbékistan

À côté des oeuvres classiques des fondateurs de l’art plastique, sont représentées dans le domaine de la peinture et de la sculpture, celles des auteurs modernes qui travaillent aujourd’hui avec beaucoup de succès. Dans les oeuvres, variées d’après leur genre et leur manière artistique, sont représentées l’histoire et l’actualité de l’Ouzbékistan. La personnalité et l’activité historique d’Amir Temour joua un rôle particulier dans la fondation et la structure de cet Etat.

La peinture nationale a fait son apparition en Ouzbékistan au début du XXe siècle et pendant plusieurs dizanes d’années elle est passé par des voies compliqueés dans son développement.

Au début des anneés 1920, la réorganisation de la société n’exerçait pas une influence sérieuse sur les changements des styles de l’art. La liberté de l’orientation créatrice ne se limitait pas à l’idéologie officielle. Mais déjà vers la fin des années 1920 - le début des années 1930 la pression idéologique a forcé beaucoup de peintres à se séparer de la tendance romantique de l’activité créative et de la stylistique exotique de l’Orient.

La ruine des illusions de mythification sur les thèmes de l’Orient a été accompagnée par l’apparition de nouveaux mythes, de caractère social.

C’est à partir de ces deux types d’attitudes envers l’Orient et la réalité à savoir, l’attitude commémorative (mythe national romantique) et l’attitude futurologique (mythe social) qu’a été formé tout le spectre des genres plastiques dans l’art ouzbèque.

La séléction des oeuvres de peinture faite dans notre album représente aussi des tendances importantes éveillées par une telle genèse de l’art du XXe siècle. À côté des peintures réalistes crées par les peintres de l’âge mûr, il existe le courant dont les adhérents tâchent de s’abstraire de la réalité et créer leur propre réalité.

En Ouzbékistan, la recherche de nouvelles formes et l’écart des canons de la méthode du réalisme socialiste se sont dessinés à la fin des années 1970 et se sont fortement manifestés au milieu des années 1980 (les années de la "perestroïka"). Pour la première fois dans les oeuvres de la peinture d’Ouzbékistan ont apparu des intonations d’estimation négative, suscitées par la nouvelle évaluation de l’histoire nationale dans la période de réorganisation, Cependant cette tendance de l’analyse sociale aigue n’a pas connu un développement ultérieur. Elle a existé jusqu ‘au début des années 1990.

Par ailleurs, l’équilibre des forces dans l’art a changé. Les formes réalistes qui dominaient dans l’art d’Ouzbékistan dès les années 1930 perdent leur actualité et cèdent la place aux allégories et aux paraboles compliquées.

Dans cet album sont présentées les oeuvres de peintres éminents d’Ouzbékistan - A.Abdoullaev, R.Akhmedov, N.Kousibaev, M.Nabiev qui étaient à la source de la peinture nationale.

Pendant plusieurs années, ayant reçu une bonne éducation académique, ils ont travaillé sur la création de toiles représentant nos contemporains - les portraits, les tableaux de genre, les paysages du pays natal. Dans ces oeuvres on ressent l’influence de l’école artistique académique russe, fondée sur la recherche du monde intérieur de celui qu’on peint, sa psychologie, son état affectif.

La génération suivante des peintres est représentée par les noms de peintres rénommés, tels que R.Tchariev, V.Bourmakin, I.Taldikin, G.Zilberman qui travaillent sur la création de portraits, des paysages et des tableaux de genre. Dans leurs toils se ressent une attitude plus libre envers des canons de la peinture. Les proportions contrastes et dynamiques des couleurs s’introduisent plus facilement. R.Tchariev a créé un portrait beau et délicat d’un vieillard des régions du sud de l’Ouzbékistan.

Les paysages présentés dans l’album représentent essenliellement les monuments architecturaux de l’époque des temourides, mais ce ne sont pas de simples croquis. Ces oeuvres sont le reflet de humeur particulière du peintre. Les oeuvres des peintres H.Khoudaïberguenov, S.Rakhmanov, I.Khaïdarov, A.Younoussov et d’autres appartiennent à cette catégorie. L’humeur lyrique de ces oeuvres se joint à des reflexions philosophiques.

L’accroissement de la conscience nationale et l’intérêt, qui a découlé de ce fait, pour les traditions artistiques nationales á savoir, la sculpture et la peinture préislamique et bouddhique, la miniature, l’achitecture et les arts appliqués de la période musulmane ont animé le spectre méthaphorique des émotions asociales. Dans les toiles apparaissent des personnages et des sujets mythiques et épiques tantôt au style de l’art bouddhique (Z.Ibragimov, D.Oumarbékov) tantôt dans l’esprit de la miniature de la période musulmane (A.Nouriddinov, G.Kadirov, O.Kosokov, I.Valikhodjaev). La recherche de la décision philosophique poètique prend souvent chez les peintres une forme verbale.

A côté des idoles des steppes
Une louve a couru
Le temps a tressailli
D’angoisse

L’apparition en Asie Centrale au début des années 1990 d’Etats souverains et la formation de nouvelles priorités, ainsi que l’interprétation plus profonde de l’histoire nationale ont renforcé les tendances philosophiques romantiques dans la peinture.

Les tendances sociales grotesques perdent leur importance au début des années 1990, à l’exception des genres qui se développent par inertie, tels que le portrait, le tableau de genre etc.

Mais dans l’oeuvre des peintres de la génération moyenne (âgés de 35-55 ans) on observe des métamorphoses sérieuses qui prennent leur commencement au milieu des anneés 1980. L’art s’écarte de plus en plus du métier et se rapproche de la philosophie et de la réflexion, de la quête des sens dissimulés et de la symbolique sacrée.

La fantasmagorie, la transformation des représentations et des sujets mythologiques et folkloriques introduits dans le nouveau canevas caractérisent l’oeuvre de cette génération de peintres, la plus dynamique, tels que S.Alibékob, V.Akhounov, A.Nouriddinov, Z.Saïdjanov, B.Djalalov, D.Oumarbékov, G.Kadirov et d’autres.

Les oeuvres présentés à cette exposition ne représentent pas nalurellement tous les courants de la peinture d’Ouzbékistan. Leur présentation permet seulement de définir les orientations gènèrales dans l’appréciation des potentiels créatifs et de l’art national. En même temps l’accès libre des peintres ouzbeks aux traditions de l’art européen et mondial témoigne que la peinture et la sculpture de l’Ouzbékistan d’aujourd’hui ne se considèrent pas comme un élement isolé dans le processus artistique de nos jours.

ALLONS-Y



© ACiD Rust, 1996-97. Fait le 11/27/96.

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