la giclee

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  la rencontre est fulgurante, record battu...nos regards se croisent, se touchent, se figent l'un dans l'autre. Une danse primitive commence..Le rythme endiable entre dans ma peau...aucun mot ne doit sortir de nos bouches closes. La parole est interdite puisque la voix est deja la..Il y a dans l'atmosphere une electricite qui plane et qui me transporte comme une extase precedant l'epilepsie....et ce sont mes entrailles qui giclent, se liberant ainsi de la glace.
  Maintenant je la suis dans la rue, elle me guide, elle est beaute et la rue est labyrinthe magique...Les rats dans l'egout s'associent  a cette parade amoureuse comme si leur espece n'avait ete cree et programme que pour cet instant...les poivrots qui pissent sur
les murs sont des lutins et lui, tiens, c'est un satyre antique.
La procession continue dans l'escalier...ses pas defient l'apesanteur et l'aiguille de ses talons m'injecte une musique suave et cruelle. Sa croupe qui fait rebondir toute la rondeur de l'univers m'envoute et me fait bander douloureusement.
 
Nous sommes dans sa chambre, nous sommes toujours silencieux ....Elle m'offre un bourbon et vient en boire dans ma bouche en feu. Il y a des masques africains, des tetes reduites, des fioles contenant des embryons, et une odeur sauvage et enivrante. Au moment ou je m'approche de son corps vibrant, ma jambe gauche se deboite comme ume jambe de poupee, je suis effare mais le desir est plus fort que la perte d'un membre...je pose ma main sur son teton erige et ma main  reste colle comme une araignee...puis s'ecrase par terre...je plie ma jambe pour la ramasser mais celle ci craque et me laisse homme tronc. Malgre tout je ne quitte pas la belle inconnue des yeux, elle se contorsionne, ses doits caressent le haut de ses cuisses tatouees d'ou emane une  odeur de forge...bon dieu, me dis je, qu'est ce que c'est que cette femme la??????? puis au moment ou je lui demande de m'amener a elle, ma tete se dessoude de mes epaules et roule  sur le parquet dans un bruit incongru. Cependant il m'est toujours possible de la voir sur le lit, caressant mon torse, aggripant ma bite, l'arrachant, la mettant a sa bouche puis la laissant glisser en elle comme un trophee qu'elle introduit dans ses tenebres.
 
Elle m'incube, me succube me vaudouise, dans un concert de gemissements, gargouillis, et claquements de chairs. Je crois voir dans ses yeux le vertige du monde, je crois sentir le pouls de sa vie dans ses mains et la legerete de la mort dans les spasmes. Elle rit tout en malaxant ses seins, elle est est une machine autonome qui conduit aux grandes spheres, elle connait le chemin.

Des pensees circulent dans ma tete comme des etincelles, je pense a Christophe Colomb qui imaginait que la terre avait la forme d'un sein avec un teton passage pour le paradis, je pense a Ulysse et ses sirenes,
je pense a Rimbaud lorsqu'il faisait l'amour a la femme ethiopienne, je pense a des vieux mythes qui remontent a la surface, je pense a elle et sa reputation. Je me souvenais maintenant des bruits qui courraient sur elle: nymphomane, dingue, suceuse de bites, salopes...tout ca gratuit. Desormais j'etais dans sa tourmente, prisonnier de ses fantasmes, de sa transcendance et je l'en remerciais mille fois de me dechiqueter ainsi, de m'inoculer son venin. Rien ne pouvait m'atteindre car c'est l'immortalite qu'elle m'injectait et si elle m'avait mis en pieces, ce n'etait que pour me recracher et me rendre a ma veritable unite.
..
.Elle me prend par les cheveux  et fourre ma tete dans sa poitrine, ses tetons ont un gout  exquis, le lait commence a sortir puis se met a gicler violemment comme une source qu'on libere..mon ejaculation est un flot continu...tres vite le sol est inonde de nos substances melees...les masques flottent comme des bienheureux, les tetes reduites ont  les coutures harmonieuses... le flot se repand dans la rue emmenant les proivots enfin combles et les rats joyeux... les enfants plongent du pont dans la riviere lactee et les meres s'y jetent aussi suivis des hommes. Deja c'est un ocean et les poissons s'y nourrissent a volonte. Finis les proies, finis les predateurs...les oiseaux comme toutes autres creatures se sont  adaptes sans mal; nul besoin desormais pour eux de voler loin de la pourriture terrestre.
 
la terre n'est desormais plus qu'une mer de la substance dans laquelle il fait bon evoluer et c'est la beaute quand le soleil perce, qui irise l'infini architecture filandreuse et mousseuse que notre coit a infanter.
  Plus rien a dire .                                                                                  
 




Courbet. L'origine

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