Il a appris à vivre avec les rumeurs
Abid n'a pas peur d'une transaction
par Serge Emond
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CHICOUTIMI (SE) - L'idée de se retrouver au coeur d'une importante
transaction n'a pas encore réussi à envahir les pensées de Ramzi Abid.
A sa troisième saison dans la Ligue junior majeur du Québec, Abid a déjà appris à
vivre avec les rumeurs et à ne pas s'inquiéter des choses qu'il ne peut contrôler.
Les Saguenéens récoltent cette année ce qu'ils ont semé au cours des trois saisons
précédentes.
La campagne 1998-99 est difficile. Plusieurs personnes estiment qu'une seule solution
pourrait permettre à l'équipe d'éviter une sécheresse trop longue. Ils pourraient
être obligés de sacrifier leurs principaux éléments, Ramzi Abid et Mathieu Benoit,
dans le but de préparer l'avenir.
«Non, je n'ai pas peur d'une transaction, a fait remarquer Abid, hier, après avoir
passé quelques minutes dans le bureau de son entraîneur, Christian La Rue. Je sais que
tout est possible au hockey junior mais il ne faut pas s'arrêter aux rumeurs.
«Consciemment, je ne pense pas à la possibilité d'une transaction. J'y pense peut-être
un peu inconsciemment. Pas plus que ça. J'ai entendu des rumeurs à mon sujet l'an
dernier et au cours de l'été. Ça ne me dérange plus maintenant.»
Les rumeurs ont commencé à circuler dans le cas de Ramzi Abid et il est évident
qu'elles ne ralentiront pas dans les prochaines semaines. L'approche de la période
ouverte aux transactions dans la LHJMQ (de la mi-décembre à la mi-janvier) ne fera que
les alimenter.
S'il est certain que les Saguenéens seront tentés par la possibilité de laisser aller
des vétérans de qualité pour préparer l'avenir, Ramzi Abid assure qu'il ne cherchera
pas à provoquer les choses. Peu importe le rendement de l'équipe d'ici la mi-janvier, il
n'a pas l'intention de cogner à la porte de Christian La Rue pour demander une
transaction.
«J'ai passé deux belles années à Chicoutimi et je n'ai pas l'intention de demander un
échange, a noté l'attaquant de 18 ans. Par contre, je sais bien que la balle est dans
leur camp. Je n'ai aucun contrôle sur ce que les Saguenéens décideront de faire.»
Abid, Mathieu Benoit et Marc Bouchard ont passé quelques minutes en compagnie de leur
entraîneur, hier après-midi.
La Rue a demandé à ses hockeyeurs de se mettre un peu moins de pression sur les épaules
dans les prochaines rencontres.
«Ils ne doivent pas se sentir écrasés et avoir l'impression qu'ils doivent absolument
marquer cinq ou six buts dans un match, a expliqué Christian La Rue. Dimanche, on a eu
l'impression qu'ils se mettaient plus de pression afin de ramasser des points.
«Ils doivent jouer en se mettant moins de pression sur les épaules. Ils ont le dos large
mais ils n'ont pas le dos aussi large que l'ensemble des 22 joueurs de l'équipe.»
LE QUOTIDIEN, le Mardi 10 novembre 1998