Les années '80 sont difficiles
Les Saguenéens de Chicoutimi n'ont pas fait exception à la règle. Pour ce groupe de sportifs et d'hommes d'affaires, les premières années de l'histoire des Saguenéens se sont déroulées sous le signe de la prospérité. En novembre 1980, après un peu plus de huit saisons d'existence, les Saguenéens montraient une moyenne de 3152 amateurs pour chaque rencontre locale. Ils avaient connu leur meilleur résultat en 1978-79 avec 131 651 personnes (moyenne de 3600) et leur pire en 1974-75 avec 91 796 spectateurs. Le début des années '80 (et l'apparition de la grille faciale complète) annonce des moments plus difficiles. La moyenne de spectateurs passe de 2844 personnes en 1980-81 à 2092 en 1981-82. «C'est une indication de prudence pour les années à venir», signale le président de l'équipe, Serge Simard. Une crise majeure éclate le 17 novembre 1983 alors que les Saguenéens annoncent qu'ils font face à un déficit accumulé de 86 000 $ et qu'ils ont un grand besoin de liquidité. L'équipe lance une nouvelle campagne de vente d'abonnements de saison et se tourne vers la ville. Quelques jours plus tard, cette dernière confirme une aide d'une valeur de 10 000 $ en publicité. En avril 1983, Denis Cantin avait présenté une offre d'achat de 100 000 $ aux actionnaires et il se disait prêt à prendre la responsabilité des dépenses du prochain camp d'entraînement. Il répète sa proposition à la mi-novembre. A ce moment-là, note le président André Lajoie, les actionnaires veulent garder l'équipe. «Les Saguenéens sont à vendre», lance André Lajoie, le 28 février 1984.
Exactement deux mois plus tard, l'équipe change de mains. Elle est achetée par un
nouveau groupe d'actionnaires. Plusieurs d'entre eux faisaient partie des propriétaires
précédents. Le 7 mai, Daniel Bédard est nommé président. Malgré quelques moments
difficiles, il demeurera en poste pendant toute la saison. Lorsque la campagne 1985-86
débute, Marcel Dionne est le nouveau président. |
LE QUOTIDIEN, le Mercredi 31 Décembre 1997 |
"Si la ville avait accepté, nous serions peut-être encore là", -Daniel Bédard
"Les Saguenéens agonisent", titre Le Quotidien du 18 avril 1986. L'équipe a besoin de 100 000$ pour survivre. La fin du mois est particulièrement mouvementée. La ville se porte garante de la dette jusqu'à concurrence de 175 000$ et obtient en retour la garantie de la franchise.
"Lorsque nous avons pris l'équipe, elle avait une dette de 180,000$, rappelle aujourd'hui Daniel Bédard. À la fin de la saison 84-85, nous avions épongé le déficit et laissé un surplus de 56 000$. Dan Walker avait réalisé tout un travail.
"À un certain moment, j'ai fait une offre à la ville avec Jean-Marc Couture. Nous étions prêts à offrir 100 000$ mais nous voulions les conditions qui ont finalement été accordées aux propriétaires actuels. Si la ville avait accepté, nous serions peut-être encore propriétaires aujourd'hui".
Le 15 septembre 1986, les 26 actionnaires acceptent de laisser aller leurs actions pour transformer la compagnie en corporation sans but lucratif. "Ce changement assurera la survie de l'équipe pour toujours", indique le nouveau président, Gratien Maltais. L'idée est bonne mais elle ne se réalisera pas avant plusieurs années.
Gratien Maltais démissionne le 16 novembre 1987 et est remplacé, deux semaines plus tard, par Bernard Larouche.
Le 11 avril 1988, les Saguenéens frappent encore une fois le creux de la vague. Les actifs de l'équipe sont remis à son principal créancier, la Banque Royale, dans l'espoir d'obliger les autorités municipales à bouger. "Avant 1987-88, nous avions un déficit accumulé de 208 000$, explique Bernard Larouche. Il est maintenant supérieur à 300 000$".
Pour les Saguenéens, l'été 1988 est particulièrement chaud. Raymond Spence, Jean-Marc Couture et le groupe Cegerco apparaissent tour à tour dans le portrait. Pendant un bon bout de temps, Raymond Spence semble devenu le nouveau propriétaire de l'équipe mais il doit éventuellement déménager dans la région de Montréal. À la fin de juillet, c'est plutôt la Corporation de développement économique de chicoutimi (CDEC) qui se retrouve avec les Saguenéens sur les bras. Elle confie le poste de président à Gaston Vachon.
Le 3 juillet 1989, Gaston Vachon annonce un déficit de 35 000$ pour la saison qui vient de prendre fin. "C'est très positif. Il faut se rappeler que l'équipe ne valait plus rien", précise celui qui entreprend alors une deuxième année à la présidence.
La CDEC conservera les Saguenéens pendant deux ans et l'expérience coûtera plusieurs milliers de dollars.
Au printemps 1990, la vente des Saguenéens refait la manchette une nouvelle fois. Jean-Marc Couture et Normand Tremblay ont fait une offre mais ils ne sont pas seuls dans la course. Raymond Malenfant et un groupe formé des entreprises Cegerco, Multisoda et Autocar Jasmin sont aussi intéressés à l'équipe.
Le conseil municipal accepte finalement de vendre l'équipe pour 160 000$ au groupe de Cegerco, qui devra former une société en commandite. La ville conserve un droit de premier regard si les nouveaux propriétaires décident un jour de vendre leur récente acquisition.
Le 20 juin 1991, après une saison extraordinaire où les Saguenéens participent pour une première fois au tournoi de la coupe Memorial, Jeannot Harvey se retire et laisse l'équipe à ses partenaires, Yvon Mimeault et Jasmin Gilbert. Ceux-ci poursuivront l'aventure pendant encore un an.
Marc Tremblay, Yvon Bouchard et Benoit boulianne entrent officiellement dans le décor le 28 mai 1993. Après avoir racheté l'équipe à Yvon Mimeault et Jasmin Gilbert, la ville la cède au nouveau trio de propriétaires, le 6 juillet, pour 160 000$ payables en quatre ans.
Malgré bien des crises, Yvon Bouchard et Marc Tremblay sont toujours aux commandes de l'équipe. Ils ont perdu leur partenaire, Benoit Boulianne, à la conclusion de la saison 1996-97. Pour le reste, le duo est en train de battre un record d'endurance.
Le Quotidien, le 31 Décembre 1997.
En Bref
-"Il y en a qui préfèrent regarder leur moustache et faire attention à leur chevelure. C'est un club sans intelligence", lance Orval Tessier pendant la saison 1978-79.
-"Nous avons une peur noire de Jimmy Mann". Elle est aussi d'Orval Tessier.
-"Michel Bergeron échangerait sa mère pour aider son équipe", déclare Gilles Hamel après être passé des Draveurs de Trois-Rivières aux Saguenéens.
-"J'ai trouvé ca plus fatiguant que plaider trois causes dans la même journée", note le président Serge Simard, le 8 janvier 1982, après avoir rencontré les joueurs et répété sa confiance à l'endroit de Michel Morin.
-"Je suis dans la ligue depuis cinq ans et je suis allé en finale quatre fois. Ma méthode m'a bien servi", note Mario Bazinet après avoir été congédié par les Saguenéens.
-"Je ne pense pas avoir mérité tout ca. J'ai été plus qu'un coach pour les Saguenéens", avance Mario Bazinet en parlant de toutes les histoires qui ont suivi son congédiement.
-"Le meilleur reste à venir", lancent les Saguenéens en août 1981. C'est le slogan de la saison. Les Saguenéens ratent les séries.
-"Si Marc Denis est échangé, Benoit Boulianne quittera les Saguenéens", promet boulianne, le 28 novembre 1996, dans l'espoir d'éteindre les rumeurs sur le départ prochain de son gardien de but.
-"S'il n'y a pas 2500 personnes pour la fête de Marc Denis et Réal Paiement, nous comprendrons", dit Yvon Bouchard, le 7 janvier 1997. Les Saguenéens ont attiré 2501 spectateurs lors du match en question.
Le Quotidien, le 31 Décembre 1997.