Les Saguenéens sont éliminés
Le fruit de leur faiblesse défensive
par Serge Emond
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MONCTON (SE) - Les Saguenéens de Chicoutimi auront payé jusqu'au tout dernier moment
pour leur faiblesse défensive.
La saison 1997-98 des Saguenéens a pris fin hier, sur la patinoire du Colisée de
Moncton. Au grand plaisir de 6444 spectateurs, ils ont encaissé un revers de 6-2 face aux
Wildcats de Moncton.
Dans leur série contre les Wildcats, les hockeyeurs chicoutimiens ont donc baissé
pavillon en six parties.
Après leur victoire de vendredi à Chicoutimi, les Saguenéens avaient droit d'espérer
de belles choses, hier. Ils n'ont pratiquement pas eu le temps de le faire.
Après 20 minutes, ils accusaient déjà un recul de 4-0. Malgré une bonne deuxième
période où ils ont marqué deux fois sans réplique, les Saguenéens n'ont jamais été
en mesure de se rapprocher assez de leurs rivaux.
«Tu ne peux pas commencer un match aussi important en commettant autant d'erreurs, a
reconnu l'entraîneur des Saguenéens, Christian La Rue. On leur a fait des cadeaux. Sur
les quatre premiers buts, si on fait exception du filet marqué en avantage numérique,
ils ont chaque fois profité d'un cadeau de notre part.
«Malgré tout, nous avons failli revenir. Par contre, c'était continuellement à
l'arraché. Ils ont finalement marqué le gros but.
«Je ne veux pas commencer à pointer du doigt des joueurs, la défensive ou l'offensive.
Nous avons perdu en équipe. C'est malheureux mais c'est comme ça.»
Les Wildcats ont retrouvé leur aplomb au troisième tiers pour gagner la première série
de leur jeune histoire.
Si les Saguenéens se sont retrouvés en position inconfortable dès le premier tiers, ce
fut encore une fois en raison de leurs erreurs défensives. Eric Jenkins a ouvert le match
en ratant complètement une tentative de sortie de zone. Sa passe a atterri sur la palette
de Daniel McLeod qui n'en demandait pas tant. 1-0 Wildcats après un peu plus d'une minute
de jeu...
Les Saguenéens ont mis beaucoup de temps avant de se remettre du coup. Ils ont commis
d'autres bourdes pour aider les Wildcats à s'installer sur un bon coussin.
Alors qu'on les croyait déjà en vacances, les Saguenéens ont profité du deuxième
tiers pour connaître leurs derniers bons moments de la campagne. Ils ont largement
dominé leurs adversaires. Après des filets de Ramzi Abid et Bruce Richardson, en
avantage numérique, ils ont même semé un petit vent de panique chez leurs rivaux.
Pour les Chicoutimiens, ce deuxième engagement a pris fin trop rapidement. Lorsque le
troisième a pris sa place, les vainqueurs avaient retrouvé leur aplomp.
«Effectivement, la deuxième période a fini trop vite, a encore dit La Rue. Nous avions
un bon tempo et nous n'avons pas été capables de le conserver en troisième.»
Les Wildcats ont confirmé leur victoire exactement comme ils avaient marqué leur premier
but de la soirée. Cette fois, ce fut au tour de Daniel Archambault de voir sa tentative
de sortie de zone aboutir sur le bâton de Sébastien Roger. Ce dernier en a profité pour
signer son troisième filet de la soirée.
A 5-2, les carottes étaient cuites pour les Saguenéens...
Outre McLeod et Roger, Shane Reagh et David Comeau ont en raison de Rémi Bergeron.
Celui-ci a fait face à 32 tirs. Son vis-à-vis, Jean-François Damphousse, a reçu onze
lancers en deuxième période et seulement sept pour le reste du match.
LE QUOTIDIEN, le mardi 31 mars 1998
Une triste fin de carrière junior
Richardson en a gros sur le coeur
par Serge Emond
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MONCTON (SE) - Bruce Richardson en avait gros sur le coeur, hier soir, quelques minutes
après l'élimination de son équipe aux mains des Wildcats de Moncton.
Pour Richardson, cette défaite contre Moncton a aussi mis un terme à sa carrière dans
la Ligue junior majeur du Québec.
Le revers en six parties, il l'a principalement expliqué par le fait que les Saguenéens
n'ont pas obtenu la contribution de tout le monde durant la série.
«Ca fait mal en ... Ca passe tellement vite», a d'abord laissé tomber le hockeyeur de
20 ans. L'an passé, tout le monde était prêt à aller à la guerre, à manger les
bandes pour gagner. Nous avions également été disciplinés. Je me souviens que nous
perdions 3-0 contre Rimouski devant 5000 personnes et que nous avions gagné quand même.
«Ce soir (hier), ce n'était pas terminé après une période même s'ils menaient 4-0.
Je ne suis pas certain que tout le monde y croyait. Je pense que ce ne sont pas tous les
joueurs qui étaient prêts à payer le prix pour gagner.
«On peut me reprocher d'avoir commis des erreurs mais j'ai toujours donné le maximum à
chaque présence. Je respecte Moncton. Ils ont sorti avec force. Ils ont travaillé comme
une équipe. Ils étaient 22 à tirer dans la même direction, en plus des entraîneurs.
«De notre côté, nous étions peut-être une dizaine de joueurs et les entraîneurs à y
croire vraiment. Je me suis levé. J'ai dit aux gars qu'il fallait toujours y croire. Avec
notre façon de jouer en deuxième période, j'ai cru que tout le monde y croyait. Ils ont
marqué un cinquième but. Malgré cela, il ne fallait pas lâcher.»
En passant, Richarson a été le meilleur attaquant de son équipe, hier.
A l'autre bout du vestiaire, Marc Bouchard a signalé que la meilleure équipe a gagné.
«Ils ont gagné donc ils formaient la meilleure équipe», a indiqué le capitaine des
Saguenéens.
Bouchard a aussi noté que son équipe a entamé le dernier match exactement comme
l'ensemble de la série.
«Nous avons mal commencé ce match et nous avons mal débuté la série en perdant les
deux premiers matches à Chicoutimi, a repris Marc Bouchard. Nous n'avons pas été
constants.
«Quand on a joué au hockey, nous étions capables de rivaliser avec eux.
Malheureusement, nous avons perdu.
«A la fin de la première période, tous les joueurs étaient passablement découragés.
Quand la deuxième a débuté, nous étions replacés. Nous avons marqué deux fois mais
le troisième but n'est jamais venu. Il aurait fallu obtenir le troisième but. Ce fut à
l'image de toute la série. Nous n'avons jamais marqué le gros but.»
LE QUOTIDIEN, le mardi 31 mars 1998