Chez les Sags

La marge de manoeuvre des recruteurs est mince

Par Éric Emond

 

Depuis 1994, Jean Lalonde s'occupe du recrutement chez les Sags.  D'abord responsable d'un secteur en particulier, il dirige quatre autres collègues depuis deux ans.  "Depuis quelques années, nous avons aucune marge de manoeuvre, raconte le directeur du recrutement.  Un club comme Québec ou Moncton peut se tromper à une ou deux occasions, ca ne paraîtra pas.  Ce n'est pas le cas de notre côté."

Parce que la direction de l'équipe a échangé ou vendu des choix, Jean Lalonde n'a pas repêché beaucoup de monde depuis quelques années.  Le contexte ne laisse pas de place à l'erreur.  "Ce n'est pas à moi de critiquer les décisions de mes patrons, mais il faut dire que depuis deux ou trois ans, les bons candidats se retrouvent parmi les deux ou trois premières rondes.  Après cela, ca devient difficile."

Véto

On l'a dit, les recruteurs n'ont pas droit à l'erreur.  Un exemple.  Au printemps 1995, tout le monde s'entendait pour repêcher un gardien de 15 ans au 5e tour:   Jean-Francois Damphousse.  Un des propriétaires de l'équipe, Benoit Boulianne, décide plutôt d'imposer son droit de veto et décide que l'équipe doit opter pour l'attaquant Marc Fortin d'Alma.  Damphousse appartient aujourd'hui aux Devils du New Jersey.  Fortin n'a jamais joué dans la LHJMQ.

L'année suivante, les Sags réfléchissent sur l'identité de leur premier choix.   Marc Denis vient d'être repêché par le Colorado et on craint qu'il ne revienne pas à Chicoutimi.  Il faut donc un gardien, puisqu'on avait manqué Damphousse l'année précédente.  "Damphousse a été choisi tôt en première ronde en 1996.  Notre homme, c'était Mathieu Chouinard, mais les Cataractes de Shawinigan l'ont pris juste avant qu'on parle."

Reste Frédéric Brind'Amour, un gardien moins bien coté.  "Au fil des ans, il est arrivé souvent que les trous à boucher dans notre club étaient si importants qu'on ne pouvait opter pour le meilleur joueur disponible.  "En 1996, donc, les Sags n'avaient pas le choix.  Ils devaient opter pour un gardien.  En misant sur Brind'Amour, les Sags ont laissé passer Simon Gagné et Éric Chouinard, deux attaquant qui sont aujourd'hui parmi les meilleurs du circuit.

Les études

En moyenne, Jean Lalonde rencontre annuellement 170 candidats.  Il leur demande toutes les fois s'ils accepteraient de jouer à chicoutimi.

Lorsqu'ils ont été rencontrés, Guillaume Larivière et Alexandre Arel avaient assuré qu'ils seraient au camp d'entraînement s'ils étaient repêchés par les Sags.   "Les deux joueurs étaient des bons étudiants.  Entre le moment où on les a rencontrés et le repêchage, ils avaient discuté avec deux de nos joueurs.   Ils avaient appris que presque tout le monde avait eu de la difficulté à l'école lorsque nous sommes allés à la Coupe Memorial.  C'est ce qui les a fait changer d'idée."

Les deux défenseurs ne sont jamais venus à Chicoutimi.  Des choix de 4e et un autre de 5e ronde gaspillés.  Une erreur qui fait mal.

La perle

Heureusement, il n'y a pas que de mauvais coups.  Il y a trois ans, en cinquième ronde, Jean Lalonde propose un attaquant qui n'a pas vu beaucoup d'action dans la Ligue midget AAA:  Ramzi Abid.

 

Le Réveil à Chicoutimi, 22 Novembre 1998.


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