Entraîneur adjoint chez les Sags

Gabriel Hamelin demeure un passionné du hockey

par Stéphane Bégin

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CHICOUTIMI (SB) - Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le nom de Gabriel Hamelin ne signifie pas grand-chose. Du moins pas encore. Mais lorsque l'on parle d'un passionné de hockey, il serait difficile de trouver mieux.

Entraîneur adjoint chez les Saguenéens de Chicoutimi de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Hamelin était encore au bureau à 20 h, hier soir, alors que les joueurs étaient en congé et que tout le monde avait quitté le vestiaire de l'équipe. Si l'on divisait son salaire au nombre d'heures qu'il travaille, il serait en place pour des «peanuts».

La France, la Suisse, un autre arrêt en France, le Nouveau-Brunswick et le Québec ont marqué jusqu'à présent le bilan de la carrière de l'entraîneur.

Gabriel Hamelin, qui est âgé de 38 ans, s'est fixé des objectifs de carrière, mais il ne s'est pas nécessairement fixé de temps pour y arriver.

Le second d'Alain Rajotte vit du hockey depuis de nombreuses années. Ancien porte-couleurs de Boisbriand dans le midget AAA au début des années 80 et des Patriotes de l'UQTR, Hamelin ne s'est pas dirigé immédiatement vers le hockey.

«À la fin de mes études universitaires (baccalauréat en éducation physique) et de ma carrière de hockeyeur à 22 ans, je voulais voir autre chose, vivre un autre sport. J'ai été entraîneur de gymnastique dans un club de Montréal de 1985 à 1989. Je dirigeais un groupe de 350 gymnastes», dit-il.

En 1989, Daniel Bourdages lui a téléphoné pour lui demander d'aller le rejoindre avec le Canadien de Montréal-Bourassa au midget AAA, l'endroit où il a d'ailleurs connu Martin Daoust.

Après deux ans comme entraîneur adjoint, Hamelin a alors commencé sa carrière européenne. Le même Bourdages lui a signifié que l'on cherchait un entraîneur adjoint à Strasbourg pour l'équipe senior de première division.

«En plus de ce poste, je devais aussi m'occuper des jeunes de 4 et 5 ans et les autres jusqu'au calibre junior. On s'occupait de l'école sur glace et durant la période estivale, on allait en République tchèque pour des camps d'entraînement. J'ai appris beaucoup.

«Après trois années à Strasbourg, je me suis retrouvé à Lausanne, en Suisse où j'étais adjoint de l'équipe junior. Elle évoluait en division B et on l'a fait passer en division A», ajoute Gabriel Hamelin.

Ce dernier a vécu de très belles années dans le monde du hockey, surtout qu'il pouvait bien y gagner sa vie.

«Mais en plus de ça, j'avais l'occasion de faire ce que j'aime, mais aussi de vivre une expérience extraordinaire dans un autre pays. Il arrivait que tout était dépaysant.

«Dans certaines villes, les matchs se jouaient à l'extérieur. Derrière le banc, je m'adossais à la paroi d'une montagne des Alpes et j'admirais le paysage devant moi. C'était magnifique. Je pouvais profiter de la situation, car je n'étais pas sur place uniquement pour des vacances de deux semaines, mais bien pour une plus longue période. Et j'en profitais amplement», se remémore Gabriel Hamelin.

En Suisse, il n'était pas uniquement l'entraîneur de l'équipe. En compagnie de deux autres entraîneurs québécois, il devait s'occuper des 26 équipes hockey de Lausanne, les superviser et donner les bases du hockey.

Et lors des voyages de l'équipe, c'est lui-même qui conduisait le petit autocar de 16 places avec une remorque à l'arrière pour les équipements de hockey.

Après être retourné une année à Colmar, en France, Gabriel Hamelin, son épouse Paule et leur fille Amelee, née en Suisse, ont pris la décision de revenir au Québec, parmi les leurs.

L'adaptation n'a pas été facile, surtout au point de vue financier. Le salaire d'un entraîneur adjoint au junior majeur (il était à Acadie-Bathurst la saison dernière) n'est pas le même que celui qu'il obtenait en France et en Suisse.

«Malgré tout, je demeure un passionné de hockey. J'ai toujours travaillé pour être un meilleur entraîneur et non pas pour rechercher les honneurs.

«Mais cela ne m'empêche pas de désirer devenir un jour entraîneur adjoint dans le professionnel. Je ne suis pas revenu au Québec depuis assez longtemps pour connaître vraiment la façon de faire. Mais un poste chez les professionnels m'intéresse beaucoup», de conclure Gabriel Hamelin.

Le Quotidien, 16 Février 2001


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