Marc Tremblay, le propriétaire des Saguenéens de Chicoutimi, a obtenu
gain de cause, dans sa poursuite contre Jean-Guy Villeneuve. Ce dernier a dû s'excuser.
Propos contre Marc Tremblay
Jean-Guy Villeneuve s'excuse publiquement
par Denis Bouchard
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CHICOUTIMI (DB) - Le conseiller municipal de Chicoutimi, Jean-Guy
Villeneuve, réaffirme l'intégrité du propriétaire du club de hockey les Saguenéens de
Chicoutimi, Marc Tremblay, et retire les propos qu'il a prononcés à son endroit.
Voilà comment s'est terminée, hier après-midi, la poursuite de l'homme d'affaires et
propriétaire des Saguenéens, de la Ligue Junior majeur du Québec, Marc Tremblay, à
l'endroit du conseiller Villeneuve. Les deux parties n'ont pas voulu préciser si
l'entente hors cour comporte des sommes d'argent compensatoires.
C'est Me Carl Lachance, l'avocat du conseiller municipal, qui a lu une courte déclaration
de quatre lignes, devant son client qui n'a manifesté aucune réaction.
Après un avant-midi où M. Tremblay, interrogé par son avocate Estelle Tremblay, a
expliqué comment les termes «ils ont flairé une cenne» et «quasiment siphonneux de
fonds publics» ont affecté sa vie personnelle, familiale et professionnelle, Jean-Guy
Villeneuve et son procureur ont annoncé qu'ils se rendaient à la plus importante demande
de la poursuite, soit la rétractation.
Marc Tremblay poursuivait M. Villeneuve pour atteinte à la réputation, 30 000 $,
dommages moraux, troubles, ennuis et inconvénients, 10 000 $, et dommages punitifs, 9500
$, pour des propos tenus en janvier dernier, à l'occasion d'une séance du conseil de
ville.
En janvier dernier, M. Villeneuve a fait une intervention musclée au conseil par suite
d'une demande de la Corporation de développement des Saguenéens de hausser le
cautionnement de la ville de 160 000 $ à 260 000 $. Marc Tremblay a indiqué, hier, qu'il
a été dans l'obligation de s'adresser à la ville pour maintenir les Saguenéens à
flot, parce qu'il n'en pouvait plus d'y injecter des sommes d'argent personnelles, en
dépit d'avis contraire de son comptable et de conseillers financiers.
M. Villeneuve a utilisé les termes «flairé une cenne» et «siphonneux de fonds
publics» dans une longue intervention, où il reprenait toute l'implication de la ville
pour sauver les Saguenéens et il a voulu illustrer combien la concession avait coûter
cher aux contribuables à ce jour.
Affaire réglée
Après l'accord de Me Estelle Tremblay d'accepter la proposition de la partie adverse, le
juge Gratien Duchesne, de la Cour supérieure a déclaré l'affaire réglée.
Marc Tremblay s'est dit très satisfait du règlement, lui, qui lors de son témoignage en
matinée, a clairement dit que la chose à laquelle il tenait le plus était une
rétractation de la part du conseiller Villeneuve.
«Il y a des choses, a souligné M. Tremblay, qui ne peuvent pas se dire.»
Visiblement heureux, M. Tremblay estime que les préjudices qui ont pu lui être causés
pourront être réparés.
Ni Me Lachance et ni M. Villeneuve n'ont voulu émettre un commentaire sur le contenu de
l'entente.
A titre de conseiller municipal, M. Villeneuve a eu droit à une défense assurée par une
compagnie d'assurance de la ville, Le Groupe Commerce. Les frais de la cause, qui
s'échelonne sur une douzaine de mois, ne sont pas encore connus.
Reste maintenant à savoir si cette affaire rebondira parce que certains des propos de M.
Villeneuve, pour lesquels il s'est excusé, hier, visaient «les administrateurs des
Saguenéens», dont Yvon Bouchard.
Ce dernier n'a pas entamé de poursuite à l'endroit de M. Villeneuve, mais à la lumière
de l'entente hors cour, il est dans l'ordre des choses qu'il puisse exiger le même genre
de réparation.
M. Bouchard est celui-là même qui se trouve dans l'entourage du maire Jean Tremblay. Son
nom a été mentionné comme intermédiaire dans l'affaire Marcel Demers. Il a fait le
lien entre l'avocat de M. Demers et le maire Jean Tremblay.
LE QUOTIDIEN, le Vendredi 18 décembre 1998