«Nous pouvons faire accomplir des choses
extraordinaires à des joueurs ordinaires»
- Martin Daoust
par Serge Emond
--------------------------------------------------------------------------------
CHICOUTIMI (SE) - Martin Daoust croit dur comme fer qu'un être bien
ordinaire peut arriver à accomplir des choses extraordinaires s'il prend les moyens pour
atteindre ses objectifs.
C'est avec cette philosophie qu'il dirige des équipes de hockey.
Depuis le 18 novembre dernier, Martin Daoust pilote les Saguenéens de Chicoutimi. Il a
alors succédé à Christian La Rue.
«Je persiste à dire qu'on peut faire accomplir des choses extraordinaires à des joueurs
ordinaires, avance l'entraîneur des Saguenéens. Je pense que j'en suis une preuve. Je me
considère comme un homme bien ordinaire. Il faut trouver des façons d'atteindre nos
objectifs.
«C'est la même chose à tous les niveaux. Prenons le monde des affaires. Je connais bien
l'histoire de la chaîne McDonald's. C'est un bel exemple et de volonté et
persévérance. Rien n'arrive par magie. Il s'agit d'avoir des idées et de les mettre en
application. Il est vrai que nous travaillons avec des humains dans le domaine du hockey.
L'être humain s'adapte et se transforme.»
Dans un sens, Martin Daoust ressemble à tous ceux qui l'ont précédé derrière le banc
de l'équipe chicoutimienne. Du hockey, il en mange depuis des années.
Natif de Laval, Daoust confie que le hockey a toujours fait partie de sa vie.
«J'ai toujours joué, raconte Daoust. Quand je ne jouais pas (avec une équipe
organisée), je m'arrangeais pour jouer. J'appelais du monde pour jouer dehors. Je me suis
occupé d'équipes et de ligues. J'ai organisé des tournois... J'ai été responsable des
ligues à l'Université du Québec à Montréal. J'ai été arbitre. Pas longtemps...
«Nous avons même organisé des ligues de hockey sur table. On jouait tous les jours où
c'était possible. L'été, on jouait au hockey boule.»
Après avoir pratiqué le sport qu'il adore pendant des années, Martin Daoust a tourné
son attention vers le travail d'entraîneur au début de la vingtaine. Il l'a fait après
avoir constaté que la compétition lui manquait.
«Je me considère comme un leader, poursuit le pilote chicoutimien. En plus, tu veux
toujours faire profiter les autres de ton expérience et leur donner également ce que tu
n'as pas reçu.»
Daoust a oeuvré au sein des habituelles ligues mineures avant de devenir
entraîneur-adjoint des Canadiens de Montréal-Bourassa en 1986. La saison suivante, il a
tourné son attention vers le Norois bantam AA de Montréal.
A l'exception d'un séjour d'une saison avec Gaston Drapeau et les Bisons de Granby, il
est demeuré associé au hockey mineur montréalais jusqu'en 1993. Les Elites de
Jonquière ont alors regardé de son côté.
«Les Elites m'ont donné l'occasion de monter à un niveau provincial à titre
d'entraîneur-chef, rappelle Daoust. J'ai commencé vraiment à penser à la possibilité
de gagner ma vie dans le hockey quand je suis arrivé avec les Elites. J'ai alors décidé
d'y consacrer plus de temps.
«Je veux en faire une carrière. Je me donne entre cinq et huit ans au niveau niveau
junior. Après, on verra. J'espère accéder à un échelon supérieur. Les défis
viendront avec le temps.
«Evidemment, il y a des moments difficiles. Si je n'étais pas associé au hockey,
qu'est-ce que je ferais d'autre? Je pourrais être professeur en éducation physique. J'ai
mon diplôme en enseignement. J'ai l'expérience de diriger des êtres humains. J'ai
travaillé en usine et sur la construction, j'ai planté des arbres, j'ai été serveur
dans des bars et des restaurants. La chose que j'aime avant tout, c'est le hockey.
«Il y a aussi la vie de famille qui entre en ligne de compte à un certain moment. J'ai
rencontré ma conjointe quand j'étais adjoint à Granby. Nathalie avait déjà un enfant.
Nous en avons eu deux depuis ce temps. Quand nous avons décidé de vivre ensemble,
Nathalie connaissait le milieu. Pour les enfants en bas âge, les conditions qui entourent
ce travail ne sont pas trop dures. C'est plus difficile pour le plus âgé, Francis, qui
est en troisième année.»
Martin Daoust ne s'attarde pas beaucoup à l'insécurité qui accompagne son travail. Il
l'a vécu avec les Voltigeurs de Drummondville, qui l'ont remercié après trois mois de
services. Il préfère se consacrer à l'objectif que poursuivent tous les entraîneurs,
gagner.
Daoust a connu sa part de succès dans les dernières années. Il a notamment mené les
Riverains du Collège Charles-Lemoyne au championnat canadien de hockey midget AAA, l'an
dernier. Il a inscrit la conquête de la coupe Memorial sur sa liste des buts à atteindre
dans les prochaines années.
«Ce qui me pousse dans le domaine, c'est la motivation d'accomplir des choses en équipe,
de réussir à mettre des choses en place pour gagner, mentionne encore le pilote
chicoutimien. Le plaisir est aussi profond que l'effort que tu y mets. Il n'y a pas de
plaisirs gratuits.»
LE QUOTIDIEN, le Mardi 29 Décembre 1998