Congédiement de Pronovost à Rouyn-Noranda
Daoust dit n'avoir rien à se reprocher
Par Stéphane Bégin
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CHICOUTIMI (SB) - Martin Daoust dort bien, même très bien. Blâmé directement par Jean Pronovost pour son congédiement à la tête des Huskies de Rouyn-Noranda, Daoust dit n'avoir rien à se reprocher.
De passage pour la première fois au centre Georges-Vézina de Chicoutimi, depuis qu'il a été lui-même remercié de ses services par la direction des Saguenéens de Chicoutimi en octobre dernier, Martin Daoust s'est retrouvé dans un vestiaire auquel il n'était pas vraiment habitué, celui de l'équipe en visite.
Quelques heures avant le début de l'affrontement contre les Saguenéens, Daoust a bien voulu parler de sa nouvelle expérience à Rouyn-Noranda.
Martin Daoust est arrivé dans le décor des Huskies au cours du mois de décembre à titre d'entraîneur associé à Jean Pronovost.
«On est venu me chercher pour que j'amène mes connaissances techniques et pour aider l'équipe à progresser. Je crois que les choses se sont bien déroulées, car nous avons maintenu un dossier de 12 gains et 1 verdict nul», commence par dire Martin Daoust, qui ne cache pas avoir la chance de travailler avec d'excellents hockeyeurs.
Les choses se sont gâtées par la suite. Pronovost a été dans l'obligation de s'absenter durant deux semaines pour une fête tenue en son honneur à Pittsburgh.
«L'équipe a connu une baisse de régime et les choses n'allaient pas très bien. Jean a cru que j'avais profité de l'occasion pour lui jouer dans le dos.
«Mais je n'ai rien à voir là-dedans. Ce n'est pas Martin Daoust qui a congédié Jean Pronovost. Je n'ai fait part d'aucun commentaire aux dirigeants de l'équipe sur quoi que ce soit. J'ai fait ce que j'ai toujours demandé à mes adjoints, soit d'être solidaire et fidèle. Et c'est ce que j'ai fait avec Jean», mentionne Martin Daoust.
Comme il n'a rien à se reprocher, il dort sur ses deux oreilles. Il s'était rendu à Rouyn-Noranda pour y jouer un rôle d'adjoint et ne voulait pas voler le poste de Pronovost.
Ce qu'il voulait, c'était de l'aider à gagner des matches. Malgré tout, lorsque Jean Pronovost a quitté l'équipe, le directeur général Sylvain Danis n'a pas offert le poste à Daoust, se tournant plutôt vers Robert Mongrain.
«Il est certain que j'ai été déçu de ne pas été approché pour le poste d'entraîneur en chef. Mais c'est comme ça. Je vais tout de même continuer à travailler fort pour aider Robert Mongrain et les Huskies à aller le plus loin possible», ajoute Daoust.
Pour l'an prochain, il analysera la situation à la fin de la saison. Il lui sera difficile d'obtenir le poste d'entraîneur en chef à Rouyn-Noranda étant donné que Mongrain devrait être là pour les deux prochaines saisons.
«Mais on dit que si le Rocket de Montréal se retrouve à Fredericton, Gaston Therrien ne veut pas y aller. Moi je suis partant pour Fredericton.
«Sinon, il y aura des postes qui vont se libérer dans la ligue et je ne devrais pas avoir de difficultés à me trouver un emploi ailleurs. J'ai même des offres pour la Suisse, mais ma priorité est de demeurer dans la LHJMQ», indique Martin Daoust.
Quant à son séjour chez les Sags, Daoust a été plutôt bref. Il souligne qu'il est arrivé à Chicoutimi dans un contexte difficile, contexte qui ne s'est pas amélioré lors de la tristement célèbre transaction avec le Titan d'Acadie-Bathurst.
«La vie d'un entraîneur n'est pas toujours facile. Nous nous sommes retrouvés dans une équipe en reconstruction et j'aurais aimé rester en place. Mais je ne faisais plus l'affaire.
«En plus, en moins de deux ans, j'ai connu trois directeurs généraux, trois entraîneurs adjoints et deux propriétaires. Pas facile de vivre là-dedans», de conclure Martin Daoust.
Le Quotidien, 20 Février 2001