Carl Bouchard explique sa démission
«Marc Tremblay n'avait pas confiance en moi»

par Serge Emond
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CHICOUTIMI (SE) - C'est parce qu'il avait l'impression de ne pas avoir la confiance de son patron que Carl Bouchard a quitté les Saguenéens de Chicoutimi.

Associé aux Saguenéens depuis un an et demi, Carl Bouchard était directeur des opérations hockey.
«Ma démission s'explique par deux raisons, a confié Carl Bouchard. D'abord, je n'étais pas sur la même longueur d'onde que le propriétaire Marc Tremblay au niveau du hockey. La principale raison, c'est qu'il n'avait pas confiance en moi.»
Lorsqu'il a entrepris les démarches pour congédier Christian La Rue, Marc Tremblay n'a pas fait connaître ses intentions à Carl Bouchard. Il l'a rencontré pour discuter de l'ambiance qui existait autour de l'équipe.

«A ce niveau, je n'ai rien à dire. Il est le patron. Quand il m'avait parlé, je lui avais dit que le congédiement de Christian La Rue n'était pas la solution. Il connaissait donc mon opinion. Il a consulté d'autres personnes et il a pris sa décision», a poursuivi Bouchard.

«Avec le départ de Christian, je voulais obtenir plus de responsabilités. Sans me prendre pour un autre, j'étais la personne chez les Saguenéens qui comptait le plus d'années dans la Ligue junior majeur du Québec. J'ai été associé à la ligue pendant sept ans. Je connais les équipes du midget AAA, celles du junior, notre liste de 55 joueurs et la liste de toutes les autres équipes. Quand il a engagé Martin (Daoust), il lui a dit qu'ils allaient s'occuper des échanges tous les deux. Il n'a pas besoin d'un homme de hockey, c'est un très bon homme d'affaires.»
Carl Bouchard a assuré que son départ n'a aucun lien avec l'arrivée d'un nouvel entraîneur. Il a précisé qu'il connaît bien Martin Daoust et qu'il le respecte au plus haut point.

«Je suis quand même un peu déçu, a-t-il indiqué encore. C'est Yvon (Bouchard) qui était venu me chercher. Il s'occupait alors des transactions et c'était très bien comme ça. Quand Yvon est parti, Christian a pris la responsabilité des échanges. C'était parfaitement normal puisqu'il était avec l'équipe depuis quatre ans.

«Il n'était pas question que je demande plus de responsabilités au niveau des échanges tant et aussi longtemps que Christian était en place. On discutait, on s'entendait bien ensemble. Dans les autres équipes, les transactions ne sont pas uniquement l'affaire du propriétaire et de l'entraîneur.

«Quand je parle d'avoir plus de responsabilités, je ne veux pas dire que je voulais travailler seul. Je voulais simplement diriger le dossier des transactions. J'avais l'intention de travailler en équipe, en compagnie du propriétaire, de l'entraîneur et du dépisteur-chef (Jean Lalonde). Il n'a pas pensé à moi. C'est évident qu'il n'avait pas confiance en moi.»
Avant de s'associer aux Saguenéens, Carl Bouchard a passé plusieurs années au bureau central de recrutement de la LHJMQ. Il ne ferme pas la porte sur un retour dans la LHJMQ au cours des prochaines saisons. Pour le moment, il n'a pas l'intention de perdre le sommeil en raison des derniers événements.

«J'ai encore la couronne des Saguenéens sur le coeur, a avancé Carl Bouchard. J'espère qu'il ne prendra pas les partisans en otages en se lançant dans une vente de garage. Si les Saguenéens font des échanges, ils devront le faire afin de rebâtir l'équipe pour les deux ou trois prochaines années. J'espère qu'ils vont prendre des décisions de hockey. On verra bien le 18 janvier prochain...»

LE QUOTIDIEN, le Mardi 24 novembre 1998


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