Randonnées sur la côte Vermeille Lu 29.3.99 - Sa 10.4.99

 

Lu 29.3.99

Départ de Fribourg à 8h44 pour Genève où un TGV nous mènera à Montpellier en passant par Lyon. Son allure nous donnait l'impression d'être parfois dans le FMA (Fribourg-Morat-Anet). Le dernier tronçon en train régional nous amène à Port-Vendres en passant par Avignon et Perpignan. Environ 9h de train qui fatiguent plus que 9h de randonnée! Les chambres de notre hôtel de France et du Commerce sont spacieuses mais un peu vieillottes. Un nettoyage un peu plus poussé contribuerait à lui éviter de perdre la seule étoile qui lui reste, ne serait-ce qu'en commençant par les verres de jus d'orange du petit déjeuner où les traces de rouge à lèvres témoignaient soit de la qualité du produit précité soit du peu de souci du tenancier (!)

Ma 30.3.99

Déjeuner à 8h30 et randonnée vers le Fort St-Elmes puis vers la Tour de Madeloc (656m), ancienne fortification dominant la région transformée en relais Radio-TV. A la descente, à quelques centaines de m du col de la Serre (344m), Véronique trébuche et ses cris de douleur laissent présager plus qu'une simple entorse. Or transporter, même à trois, une personne dans l'incapacité de marcher sur un sentier étroit avec des passages rocheux n'est pas évident et la progression se fait quasiment mètre par mètre. Le recours aux secours s'avère dès lors inéluctable et de sympathiques touristes danois mèneront Manuela à Port-Vendres. Elle reviendra avec une ambulance du SAMU et 4 secouristes. En attendant, nous réconfortons Véronique avec du thé, de l'aspirine et des habits chauds. Sa blessure n'était effectivement pas une simple entorse mais une vilaine fracture qui lui valut une opération à Perpignan, un rapatriement en avion par la REGA et 2 semaines d'hôpital! Question vacances ratées, difficile de faire mieux. Après ces émotions, l'équipe rentra en passant par l'ermitage de Notre-Dame de la Consolation, qui fut toutefois bien en peine de remédier à son désarroi.

Me 31.3.99

Balade par le splendide sentier du littoral bordant des falaises jusqu'à Banyuls en passant par le phare du Cap Béar et à travers une ancienne usine d'armement désaffectée. Visite de l'aquarium de Banyuls et retour un peu frustrant en train: 6 minutes pour 4h de marche! Pour le souper, il est plus avantageux de prendre des menus complets (~65-100FF) comprenant une entrée (salade ou soupe de poissons), un plat principal (l'espadon fait toujours craquer Manuela) et un dessert (Anne-Marie se relèverait la nuit pour les pruneaux au Banyuls). Noter la sympathique habitude des restaurateurs de poser spontanément une carafe d'eau plate sur les tables.

Je 1.4.99

En train jusqu'à Banyuls puis randonnée dans les vignobles à étages entrecoupés de murets de pierres sèches datant de plusieurs siècles puis passage à travers des buissons épineux jusqu'au Col de Cerbère d'où l'on aperçoit l'Espagne. C'est en fin de journée que nous fûmes victime d'une farce...de la SNCF ! En effet, l'horaire imprimé distribué dans les gares comportait une erreur et le train que nous attendions ne circulait pas ce jour-là :-)

Ve 2.4.99

En train jusqu'à Cerbère puis montée au col de Fareille (304m) par la vallée des Cerfs d'où nous montons en direction de la Tour Carreig à la recherche d'un dolmen figurant sur la carte mais pas sur le terrain... à défaut nous pourrons voir depuis les hauteurs Port-Bou, la première ville du côté espagnol. En ce soir du Vendredi Saint, nous assisterons à une magnifique procession aux flambeaux qui serpente dans les petites ruelles de Collioure: à ne pas manquer!

Sa 3.4.99

Montée au Fort Béar en passant devant la maison d'un passionné de cactus qui en détient plus de 640 espèces dans et autour de sa maison. A noter l'espèce "siège de belle-mère" dont les piquants sont, aux dires de cet expert, redoutables :-) puis montée au Col de Mala Cara en examinant des chênes-lièges dénudés: le liège est prélevé jusqu'à hauteur des premières branches et 10 ans sont nécessaires à sa régénération. Le soir, nous constatons que les prix dans les restaurants s'envolent, comme chez nous, en cette période pascale.

 

Di 4.4.99

En taxi jusque non loin du col des Gascons (386m) où un tronçon du GR10 (sentier de grande randonnée) nous conduit au col de Vallauria. Puis les choses se gâtent car les cartes nationales françaises au 1:25'000 n'ont rien de comparable à leurs homologues suisses. Une trace de sentier qui se perd et nous voilà confrontés à une traversée de buissons piquants qui nous labourent les chairs. Une épopée digne d'Indiana Jones qui annonce clairement la couleur aux deux tourtereaux qui nous ont "rejoint" pour la 2e semaine. Ayant franchi ces buissons "infranchissables", Paul-Henri mise dès lors sur les chemins "sûrs", autrement dit les routes goudronnées, lesquelles nous chauffent les pieds jusqu'à Banyuls et qui ne plaisent pas vraiment à tous, car venus, croyaient-ils, pour des randonnées sur des sentiers.

Lu 5.4.99

Comme nous avons épuisé le choix de randonnées circulaires au départ de Port-Vendres, Cerbère, Banyuls et Collioure, nous louons une petite Twingo pour nous rendre dans la Vallée heureuse au-dessus de Sorède. De Farga (219m), un sentier forestier ombragé nous mène au Roc de Médes à 683m après quelques hésitations liées aux marquages multiples dans le terrain (bleu, blanc, rouge, jaune,...) et unique sur la carte... Au retour, visite et dégustation des vins de Collioure et Banyuls dans les caves des Templiers de Banyuls. Non seulement Nicolas n'avait pas pris son GPS le jour où il nous aurait été utile mais en plus pas non plus son permis de conduire, lui le seul chauffeur à ne pas boire dans l'équipe!

Ma 6.4.99

En voiture jusqu'au col de Banyuls à 357m puis sentier des crêtes sur la frontière franco-espagnole jusqu'au col Pla de Ras en traversant les hauts de la forêt de Banyuls-sur-Mer où quelques vaches broutent avec leurs petits. La carte joua à nouveau des tours à Paul-Henri qui, ayant voulu prendre un raccourci en voiture, dut finalement faire un grand détour qui montra que les buissons ne piquent pas que les mollets (...). Finalement, tout le monde se retrouva sain et sauf à Port-Vendres regagné à pied, en voiture ou en train, avec plus ou moins d'heures de marche et beaucoup de km pour la petite Twingo et Paul-Henri !

Me 7.4.99

La brune venue de la mer hier en fin d'après-midi a fait chuter la température de 15 degrés et nous a amené la pluie. En voiture jusqu'à Argèles-sur-Mer et balade au bord de la mer à travers la réserve naturelle du Mas du Larrieu (Mas signifie "maison"). L'après-midi, spectacle de fauconnerie et de dressage au château Valmy: aigles, faucons, milans, vautours nous étourdissent par leurs prouesses et les bergers des Pyrénées savent se faire obéir des moutons sans même émettre un jappement!

Je 8.4.99

Le vent local, la tramontane, est aujourd'hui suffisamment fort pour décorner les boeufs (mais ce sont surtout les canidés qui empêchent Jacques de courir). Balade de Cosprons à Banyuls par le col de Lagostera (256m). Pour le repas du soir, si le poisson est souvent à l'honneur (dorade, rouget, espadon, soupe de poissons...), le dessert local est la crème catalane qui présente la particularité d'être recouverte d'une fine couche de sucre caramélisé grâce à un disque métallique rougi sur le feu.

Ve 9.4.99

La tramontane s'étant installée, nous retournons dans la réserve du Mas du Larrieu mais en direction de St-Cyprien en suivant le bord de mer. L'après-midi, visite de la poissonnerie de Port-Vendres où les poissons y sont encore plus nombreux qu'à l'aquarium de Banyuls! D'un côté, sur un lit de glace s'étalent rougets, dorades, loups, thons, lottes, anchois, crevettes tandis que s'ébattent en face dans de grands bassins langoustes, crabes, tourteaux, écrevisses, murènes, mérous, ...

Sa 10.4.99

Le tenancier de l'hôtel amène nos bagages à la gare, ce qui soulage Eric et Nicole qui en ont autant à eux deux pour une semaine que le reste de l'équipe réunie pour 2 semaines :-). 4 trains et 9h plus tard, retour au petit monde bien connu de Fribourg et remerciements à Paul-Henri pour le dépaysement offert pendant 1 jour, 1 ou 2 semaines de la part de Véronique, Doris, Eric et Nicole, Jacques et Colette, Manuela, Anne-Marie et Nicolas.

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