Plusieurs personnes ont décidé de sacrifier leur nom pour faire part de leurs opinions à d’autres. Multitude d’écrits furent, par mégarde de quelques bouffons, mis à l’index, dans un but toujours plus nébuleux que la justification de ces entreprises. " Pourriez-vous nous sortir de la poussière, s’il vous plaît ? " Parmi cette génération de livres corrompus, le manifeste du Parti Communiste, écrit de la main de Karl Marx et Friedrich Engels, présente une vision particulière de la société et, au cours des prochains paragraphes, phrases, mots, etc., nous tenterons de la comparer d’un œil critique au contexte actuel.

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Conclusion 1 :

Vous ne voulez rien savoir de ce qui pourrait, éventuellement, d’une façon ou d’une autre, en arriver à ce que l’on pourrait peut-être associer, de près ou de loin, au communisme.

Beurk ! (onomatopée)

Imprimez ce document et foutez-le à un endroit digne de votre imagination...

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Passons aux choses sérieuses.

D’abord, on peut remarquer que la lutte des classes sociales est un fil conducteur dans le texte. Ainsi, en faisant référence à ce que les auteurs nomment bourgeois et prolétaires, nous en sommes à même de comparer ces groupes distinctement. En ce qui a trait à la lutte des classes, il est important de noter que celles-ci semblent vouloir se placer sur une échelle graduée de conditions sociales et qu’une hiérarchie particulière s’installe entre elles.

" La grande bourgeoisie moderne supplanta la manufacture ; la moyenne bourgeoisie industrielle céda la place aux millionnaires de l’industrie "

- " La grande industrie créa le marché mondial "

La mondialisation est donc un facteur important à considérer. On entend, par mondialisation, l’envahissement du monde entier par les institutions (ou entreprises) capitalistes en recherche perpétuelle de nouveaux marchés ; leurs produits se consomment donc dans toutes les parties du globe. (voir les liens ci-dessous)

le coke au pays du soleil levant

le hamburger au pays des pharaons

On assiste, en conséquence, à la montée de la culture de masse, qui signifie l’universalisation universelle du commerce et des biens de consommation. Tout est produit dans le but de toucher le plus large éventail de clients potentiels ; on se soucie davantage de la masse, en dépit de la qualité, ou de la spécifité des produits. Cela est applicable tant et uniformément à la culture proprement dite et au commerce, et c’est sur cela que nous voulons mettre l’accent. L’avancement des modes de production signifie le sacrifice de la personnalité au profit de la pluralité.

Dans le contexte ou se trouvaient les auteurs en question, il est évident que cette situation n’apparaissait que dans une moindre mesure, mais le changement définitif occasionné par la révolution industrielle, au niveau des forces productives, a laissé entrevoir cette avenue. On a conclu, avec raison, que les manufactures ne suffiraient plus à satisfaire les ambitions de grandeur de la bourgeoisie, ce que l’on associe maintenant au capitalisme. Il faut donc se questionner sur les effets de la mondialisation sur la société. Bien que favorisant le commerce international, on fait notamment référence aux accords de libre-échange entre pays, on produit en fonction du monde et non pour les gens qui le peuplent. En d’autres termes, peut-être plus clairs, il est question d’imposer le capitalisme comme agent monopolisateur de la culture mondiale.

Cela nous amène donc à discuter de façon plus approfondie du perfectionnement des moyens de production, ce qui influe sur les rapports sociaux. L’évolution rapide de ces ressources a dépassé largement la révolution industrielle, dans la mesure où nous sommes capables en effet de définir l’industrie. C’est-à-dire que les nouvelles méthodes de production informatiques ont redéfini le rôle tenu par l’individu dans le mode de reproduction d’une société nouvelle. Ainsi, comme mentionné dans le texte de Marx et Engels, la classe des ouvriers modernes ne vivent qu’à condition de trouver du travail et n’en trouvent que si leur travail accroît leur capital. Ce qui s’accentue davantage avec la venue du perfectionnement informatique, c’est que l’ouvrier est en train de devenir une marchandise, exposé aux fluctuations du marché. C’est ce qui résume de façon assez claire les conséquences de la mondialisation, telle que nous la connaissons.

D’ailleurs, tel que l’a fait le développement du machinisme depuis le XIXe siècle, le bouleversement des forces productives, donnant lieu au rapport décideur / exécutant, a vite fait de rendre encore plus végétatif le cerveau ouvrier. On remarque, depuis l’avènement de l’industrie moderne, que l’exploitation de la classe ouvrière va de pair avec la montée du capitalisme industriel. C’est ainsi que des ouvriers sont depuis lors entassés dans des usines, de plus en plus perfectionnées, c’est-à-dire à même d’exploiter les capacités des ouvriers plus efficacement, tels des soldats au service de l’industrie. Il est déplorable que la situation ait dégénéré au point que ces soldats doivent mourir pour leur patrie... Qui plus est, " Moins le travail exige d’habiletés et de force, c’est-à-dire plus l’industrie moderne progresse, et plus le travail des hommes est supplanté pas celui des femmes et des enfants. " ; bien que cette situation soit plus ou moins bien comprise à cette époque, il est évident que les souliers fabriqués par des enfants éthiopiens sous-payés sont aussi confortables que les autres... Conséquence : la classe ouvrière s’appauvrit de plus en plus et même plus rapidement encore que la population et la richesse. Conséquence : la " grande " industrie transforme les ouvriers, et encore plus les enfants, en simples instruments de travail. Nous pouvons conclure sur ce point que, comme l’exploitation d’une partie de la société par l’autre est commune à toutes les époques de l’histoire, comme les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que celles de la classe dominante, l’individu est devenu un sous-produit de consommation (jeu de mots fortuit).

Il ne va toutefois pas sans dire que cela suscite nombre de réactions du côté des " prolétaires ". En effet, les effets suscités par l’imposition ferme de la bourgeoisie ont pour résultat de mobiliser les ouvriers, se soutenant par l’action de masse. On comprend alors que le syndicalisme est maintenant devenu ce que Marx et Engels voyaient comme réaction de la classe des prolétaires. Puisque l’industrialisation fait s’accroître la masse de la classe ouvrière, ceux-ci commencent à pendre davantage conscience de leur condition. C’est donc dire que, en réponse directe au perfectionnement de la machine rendant la condition de l’ouvrier de plus en plus précaire, les ouvriers ont commencé à vouloir former des associations de travailleurs, ou coalitions, pour la défense de leurs salaires. Il est important de noter que cela favorise une politique économique interventionniste (par rapport aux lois du travail, au salaire dit " minimum ") et qu’ainsi, l’état se retrouve avec le plein contrôle dont jouissaient les bourgeois du XIXe siècle. Malgré tout, les auteurs avaient vu juste ; on ne saurait dire à quel point leur description de la montée du syndicalisme se fut réalisée dans les plus simples détails. " Elle profite [la classe ouvrière] des dissensions intestines de la bourgeoisie pour l’obliger à reconnaître, sous forme de loi, certains intérêts de la classe ouvrière. "

Il faut aussi considérer le système d’éducation tel qu’imposé par le système bourgeois, ou capitaliste en ce qui a trait au contexte actuel. La classe des prolétaires n’a pu entreprendre de se rendre maîtresse des forces productives sociales qu’en abolissant leur propre mode d’appropriation ; cela est juste puisque la classe dominante a toujours fourni aux prolétaires les éléments de leur propre éducation. En d’autres termes, non contents d’exploiter la classe ouvrière dans les usines, on les forme depuis l’enfance à servir le système capitaliste ; on fait l’éducation en fonction du marché. C’est ce que les auteurs se sont efforcés de signifier à ce sujet et il est on ne peut plus évident aujourd’hui que le système scolaire est parfaitement élaboré pour faire des élèves de futurs " soldats de la mondialisation ". On leur fait même comprendre, sous forme de contes anodins présentant des animaux, pourquoi le système a raison d’imposer des impôts démesurés aux citoyens… Vous voyez ? Il est apparent que Marx et Engels ont vu ce problème, relié à l’éducation des classes dites " inférieures ", s’associer avec la montée de l’industrialisation et que celui-ci est bel et bien réel aujourd’hui.

Conclusion 2 :

En résumé, reprenons certaines caractéristiques de la société dépeinte dans le manifeste du Parti Communiste telles qu’elles s’appliquent aujourd’hui.

Il faut d’ailleurs se questionner sur les effets réels que cela occasionne sur les rapports sociaux. Il est manifeste que les notions de liberté et de responsabilité des individus s’en trouvent éminemment touchées. " Par liberté, dans les conditions actuelles de la production bourgeoise, on entend la liberté de commerce, la liberté d’acheter et de vendre. " Cette constatation fut faite à la fin du XIXe siècle et garde tout son sens de nos jours. En fait foi le foisonnement des transactions relevant du libre-échange ; certains pays dépendent même presque totalement du commerce international, ce qui ne va pas ralentir la mondialisation. De plus, le mode d’appropriation imposé par la société bourgeoise, a eu, et a toujours, pour effet d’accroître la dépendance des ouvriers défavorisés, le travail salarié représentant le moyen ultime de maximiser le capital et de satisfaire les intérêts de la classe dominante. La mise en place du rapport social décideur-exécutant fait en sorte que la culture n’est pour l’immense majorité des travailleurs qu’un dressage qui en fait des machines. Le commerce tel que nous l’entendons n’a eu pour effet que de redéfinir tout ce que l’on se croyait acquis en fonction du commerce, du capital et du profit individuel. " Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. " Même les pays que l’on dit plus avancés ont adopté des politiques gouvernementales favorisant de telles situations ; c’est ainsi que l’on comprend que les propos de Marx et Engels tiennent tout leur sens, en dépit de préjugés, les grandes caractéristiques sociales telles que vues par ceux-ci sont tout à fait pertinentes.

C’est pourquoi, à la lumière de ces observations, l’on doit se questionner sur les prétentions déterministes de l’homme moderne : tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée. What’s next ?

Christian Bizier, décembre 2000

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