Il s'acharna donc sur la macule et, sa grosse loupe aidant, il finit par reconnaître les signes que voici, caractères runiques qu'il lut sans hésiter :
«Larne Saknussemm ! s'écria-t-il d'un ton
triomphant, mais c'est un nom cela, et un nom islandais encore,
celui d'un savant du XVIe siècle, d'un alchimiste
célèbre!»
Je regardai mon oncle avec une certaine administration.
«Ces alchimistes, reprit-il, Alvicenne, Bacon, Lulle, Paracelse,
étaient les véritables, les seuls savants de leur époque. Ils
ont fait des découvertes dont nous avons le droit d'être
étonnés. Pourquoi ce Saknussernm n'aurait-il pas enfoui sous
cet incompréhensible cryptogramme quelque surprenante invention?
Cela doit être ainsi. Cela est.»
(...)
« Mais quelle est cette langue? »
C'est là que j'attendais mon savant, chez lequel cependant je
découvrais un profond analyste.
«Ce Saknussemm, reprit-il, était un homme instruit; or, dès
qu'il n'écrivait pas dans sa langue maternelle, il devait
choisir de préférence la langue courante entre les esprits
cultivés du XVIe siècle, je veux dire le latin.
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