CARACTERISTIQUES M F E I Cd Int Cl Soc 4 4 3 48 43 31 32 40
Marmorion, alias Mar, pour les intimes (c’est-à-dire à peu près tous les habitants de l’Empire), après avoir connu une enfance heureuse près d’un ruisseau clair et chantant, décida un beau jour de débuter une carrière de soudard, ce qui ne manqua pas de surprendre sa pauvre maman. Son caractère jovial et enjoué ne laissait pas prévoir en effet de telles aspirations, bien qu’il se fût plusieurs fois distingué dans des bagarres générales ayant suivi des agapes un peu trop arrosées, en étripant des camarades de classe avec son cure-dent fétiche (ce qui en soit représente un petit exploit ; nous tairons les ragots infamant selon lesquels lesdits camarades seraient morts de septicémie un mois après d’insignifiantes égratignures ; que voulez-vous, les grands hommes font toujours des envieux). Mais, comme on dit, il faut bien que jeunesse se passe. Le problème avec le petit Mar, c’est qu’elle ne passa pas vraiment, non qu’il fût débile profond (il savait à l’occasion faire preuve d’un discernement qui étonnait les vaches qu’il menait paître), mais sa nature joviale en enjouée le poussait à jouer avec à peu près tout être vivant qui le dépassait d’une tête et plus, et leurs joyeuses et innocentes joutes se soldaient toujours par quelques membres arrachés ou tripes répandues sur le sol. De fait, il fallait bien qu’il se rende à l’évidence : sa vocation était soudard. Joyeusement, donc, il suivit la première armée qui passa à portée, et pris part aux guerres que menait l’Empire contre les armées du Chaos. Mais, là, quelque chose d’extraordinaire se produisit : il perdit peu à peu sa bonne humeur légendaire. Etriper des monstres multiformes et des animaux mutants ne le fit bientôt plus rire. Il devint las, et en vint bientôt à négliger ses deux vieilles compagnes, son épée (la légendaire Excaliburne) et sa patte d’oie. Le contact du Chaos commençait-il à l’affecter ? Quoi qu’il en soit, lors de l’ultime bataille, il éprouva un tel dégoût qu’il se décida à arrêter les métiers des armes, et se promit d’ouvrir une petite taverne où il pourrait réjouir le cœur de ses clients par ses vins, ses talents culinaires, et son bon gros rire qui venait toujours achever ses mots d’esprit d’une finesse telle qu’on venait l’admirer de cent lieues à la ronde. Demandant à son général de le libérer de ses obligations militaires une fois la victoire assurée, il mit à profit sa solde de vétéran et le petit pécule que dix ans de pillage lui avait permis d’amasser pour ouvrir la taverne de ses rêves dans la grande ville de Kislev.
Là en était la vie de Mar lorsque notre histoire commença.